Mois : décembre 2004

  • Cependant, a précisé le ministre, ce chiffre de 5% est établi en incluant les dépenses sociales, ce qui « n’est pas pris en compte dans les autres économies ».

    Pour calculer l’évolution du produit intérieur brut (PIB), les autorités de l’île communiste prennent en compte les investissements réalisés dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la sécurité sociale.

    Autant de dépenses qui ne sont jamais prise en compte dans l’évaluation du PIB des autres pays. Par ailleurs, selon les normes de la comptabilité cubaine, ces dépenses effectuées en pesos, sont comptabilisées comme des dollars, soit 25 fois plsu que leur réelle valeur.

    Selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, organisme de l’Onu basé à Santiago du Chili, l’économie cubaine a connu une croissance de 3% ces 12 derniers mois.

    Selon M. Rodriguez, « à prix constants » le PIB s’est élevé à 36,453 milliards de dollars en 2004, mais il n’a pas donné le chiffre de 2003.

    Cette croissance économique s’est produite dans « une année de difficultés extraordinaires de différente nature, auxquelles nous avons fait face à un coût élevé », a-t-il dit.

    L’île a été touchée en 2004 par deux ouragans, Charley et Yvan, et par la plus forte sécheresse depuis 40 ans. Par ailleurs, en juin le président américain George W. Bush a renforcé l’embargo.

    La sécheresse a provoqué des pertes d’un montant de 834 millions de dollars, l’ouragan Charley des dégâts pour 1,223 milliard et Yvan 923 millions, a précisé le ministre.

    Les pénuries d’électricité depuis le milieu de l’année, avec des coupures constantes et des mesures de rationnement, sont venues s’ajouter aux difficultés.

    De nombreuses industries ont dû interrompre leur production et dans le secteur de la métallurgie, « 120.000 tonnes d’acier n’ont pas été produites, obligeant à réaliser des importations coûteuses », a expliqué M. Rdodriguez.

    Cependant, a-t-il ajouté, le tourisme, l’un des secteurs moteurs de l’économie cubaine, a connu une croissance de 7,6% du nombre de visiteurs, dépassant pour la première fois le chiffre de deux millions de touristes sur un an.

    Les 2,05 millions de touristes qui ont visité Cuba ont dépensé 15% de plus qu’en 2003, selon le ministre qui n’a cependant pas donné les chiffres précis.

    En ce qui concerne le commerce extérieur, les exportations ont augmenté de 32,5% avec des revenus « de plus de 2 milliards de dollars », alors que les importations ont connu une hausse de 14,3%, a-t-il dit.

    Par ailleurs on a appris que 70% des sols cultivables de Cuba souffrent de dégradation, en raison notamment de la déforestation ou des problèmes de pollution, selon un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture cité mercredi par la presse officielle.

    Abilio Fernandez, directeur des sols du ministère de l’Agriculture, a révélé l’état préoccupant des sols cultivables dans l’île communiste à la commission chargée de l’environnement à l’Assemblée nationale, qui s’est réunie avant la dernière session du parlement jeudi.

    Selon M. Fernandez, les principales causes sont la déforestation, la pollution, le non-respect des normes de protection de l’environnement, l’irrigation avec des eaux polluées et l’absence de rotation des cultures.

    Même s’il existe des programmes pour réhabiliter 475.000 hectares, cela prendra du temps, a-t-il averti.
    Selon les données officielles, le pays compte 10,5 millions d’ha, dont 5,5 millions appartiennent à l’Etat communiste.

  • J’avais droit à vingt-cinq minutes de téléphone par semaine, et Blanca Reyes, ma femme, me faisait des synthèses de ce qui se passait. Et, tous les trois mois, pendant les deux heures de visite auxquelles nous avions droit, elle m’informait aussi, me disait que telle personne avait écrit tel article. Tout cela m’aidait à garder ma sérénité mentale. Car la première année a été très dure en prison : j’étais dans une cellule d’isolement, dans des conditions humiliantes. Je passais quatre heures à écrire, et autant à lire : comme une journée de travail. C’est ce que je m’étais fixé. Mais parfois, vu les conditions difficiles, ce rythme était bouleversé. Par exemple, il n’y avait de l’eau que quinze minutes par jour. Il fallait alors vite remplir les bouteilles, se laver rapidement. On nous sortait aussi quarante-cinq minutes au soleil, menottés, dans une cellule de mêmes dimensions (6 m2) mais sans toit. L’insomnie aussi pouvait influer sur ce programme : il y avait dans la cellule des grenouilles qui me sautaient dessus au milieu de la nuit et me réveillaient en sursaut, des grillons qui s’installaient dans un coin et m’empêchaient de dormir.

    Il faut se constituer une sorte de forteresse spirituelle pour s’en sortir. Ces nouvelles que me transmettait Blanca étaient très importantes. Savoir qu’un ami en Espagne avait écrit un article, que Gallimard avait publié un de mes livres (je mourais d’envie de voir la couverture ! C’est le genre de choses importantes pour un écrivain…). Savoir qu’il y avait des personnes que j’aime beaucoup, et qui ont été très impliquées, comme Zoé Valdés, et d’autres que j’admire sans les connaître. Je ne m’attendais pas à une telle réaction, de la même façon que le gouvernement cubain ne s’y attendait pas.

    Aviez-vous accès à des livres, à des journaux ?

    Ma femme pouvait m’apporter des livres, et j’avais aussi un petit poste de radio, qui transmettait les informations cubaines. Mais pas de télévision, et, seulement de façon sporadique, Granma (quotidien officiel du Parti communiste cubain, ndlr), rien de plus. Mais j’ai pu recevoir des livres de poésie, des romans, un dictionnaire de la langue espagnole, qui m’a aidé pour écrire mes poésies. La poésie a été un refuge ; j’ai même écrit un livre de poèmes en prison.

    C’était plus compliqué pour sortir les textes de la prison. La police avait fixé un thème : ce ne devait être que des poèmes d’amour. Alors je les donnais à un officier de la police politique et les poèmes «approuvés» étaient transmis à mon épouse. Ce livre, qui est donc passé par les yeux attentifs de la police, va bientôt sortir en Espagne. Ceux qui n’étaient pas approuvés m’étaient rendus, et il y en avait d’autres que je ne soumettais pas à la lecture, parce qu’ils touchaient à d’autres thèmes : l’expérience en prison, les histoires de détenus, des petits événements. Par exemple, un jour, un papillon est passé devant la fenêtre grillagée de la cellule, et j’ai passé toute la journée à attendre qu’il repasse. Il n’est pas revenu, alors je l’ai imaginé et j’ai écrit un texte.

    Dans une cellule d’isolement, la vie s’arrête, on reste seul avec ses souvenirs. ça a été une étape très sombre, j’avais une condamnation très lourde (vingt ans de prison, ndlr), j’avais déjà 57 ans au moment de mon arrestation, je ne savais pas quand j’allais sortir de là… parfois je me sentais étouffé, par l’éloignement de ma famille, de ma mère, très âgée, de mes filles.

    extrait d’une ITV de Jean Baret pour Libération

  • Trente et un députés français parrainant des prisonniers politiques cubains ont recommandé aux autorités espagnoles « une extrême vigilance » et « la plus grande fermeté » dans leurs relations avec le gouvernement cubain pour obtenir de nouvelles libérations, a-t-on appris lundi auprès du député du Bas-Rhin Yves Bur (UMP), à l’origine de l’initiative.

    Les élus français s’inquiètent de rester « sans nouvelles des prisonniers qu’ils parrainent » après la libération de 13 des 75 dissidents condamnés en avril 2003 à de lourdes peines de prison. « Ayant eu connaissance de l’implication de l’Espagne quant à ces récentes libérations, le groupe de parlementaires souhaite donc connaître la position exacte du gouvernement espagnol », a indiqué lundi un communiqué des députés.

    Dans ce but, ils ont adressé un courrier à M. Francisco Villar y Ortiz de Urbina, ambassadeur d’Espagne en France dans lequel ils s’affirment « certains que la poursuite du dialogue engagé avec les autorités cubaines pourrait déboucher sur de nouvelles libérations » tout en recommandant « une extrême vigilance doublée de la plus grande fermeté ». « Toujours mobilisés, les trente et un députés continueront à poursuivre leur engagement en faveur de leurs +filleuls+ jusqu’à leur libération », conclut le communiqué. Les parlementaires signataires sont associés à la campagne de parrainage lancée par le Collectif Solidarité Cuba Libre après une vague de répression sans précédent au printemps 2003 contre la dissidence cubaine, marquée par la condamnation de 75 opposants à des peines pouvant aller jusqu’à 28 ans de prison.

  • Jorge Olivera Castillo, qui travaillait avant sa détention pour le magazine « De Cuba » et collaborait avec des agences de presse étrangères, souffre du colon. Il a été libéré après avoir subi un examen médical complet.

    Agé de 43 ans, il avait été condamné à 18 ans de prison à la suite d’un vaste coup de filet dans les milieux dissidents, qui avait conduit à l’arrestation de 75 personnes en mars 2003. L’ensemble de ces opposants ont été accusé d’intelligence avec les Etats-Unis dans le but de faire tomber le régime de Fidel Castro.

    Dans un entretien avec des journalistes à son domicile, peu après sa libération, Olivera a réaffirmé son opposition politique au régime castriste et a confié qu’il envisageait de s’exiler aux Etats-Unis, un visa lui ayant été accordé avant son arrestation.

    « La dissidence ne devrait pas être considérée comme un acte criminel », a-t-il fait valoir, tout en se disant convaincu que d’autres libérations devraient suivre prochainement. « J’ai le sentiment que le gouvernement réfléchit au bien-être du pays », a-t-il commenté.

    A la surprise générale, Cuba avait remis en liberté la semaine dernière six des 75 activistes appréhendés l’an dernier. Trois avaient été libérés lundi dernier pour motifs médicaux, deux autres le lendemain, dont l’écrivain Raul Rivero, puis le journaliste indépendant Edel Jose Garcia Diaz vendredi. Avec la libération de Jorge Olivera Castillo, le total des dissidents du groupe de 75 relâchés par le régime cubain depuis cet été s’élève à 14, tous ayant retrouvé la liberté pour raisons médicales. Bon nombre des 61 autres ont été transférés à La Havane pour y subir des examens médicaux avant d’être renvoyés dans leurs prisons de province. AP

  • Liberado esta semana tras 20 meses de cárcel, el escritor nacido en 1945 en Morón, Camagüey, fue uno de los 75 disidentes detenidos en el 2003 por acusaciones de colaborar con Estados Unidos para socavar el gobierno.

    Este año, las autoridades han excarcelado a 13 presos de ese grupo por problemas de salud, seis de ellos esta semana.

     »Tengo la impresión de que ese proceso va a seguir », pues el gobierno pretende mejorar su imagen, declaró Rivero.

    Las excarcelaciones de estos activistas obedecen a un complejo conjunto de factores y negociaciones internacionales, declaró el escritor, que durante años fue periodista de medios oficiales hasta que rompió con éstos en la década pasada.

    Tras las detenciones, el gobierno español del conservador José María Aznar impulsó duras sanciones contra la isla por parte de la Unión Europea, pero el nuevo gabinete de José Luis Rodríguez Zapatero, de corte socialista, reevaluó esa política y se pronunció por el diálogo.

    Para Rivero, las presiones iniciales y el posterior gesto negociador contribuyeron a las excarcelaciones.

    Sin embargo, no espera una apertura en el sistema de la isla en su conjunto y considera que el gobierno tuvo sus triunfos de esta contienda.

    El encarcelamiento masivo  »fue un golpetazo a la oposición interna y al periodismo independiente », manifestó Rivero.

    A la pregunta de por qué fueron tan pocos los que defendieron en Cuba a los disidentes condenados, el ex preso contestó que  »las estructuras de la sociedad son muy cerradas, hay mucho control », y que además, en los cubanos influye « el miedo ».

     »Pero sí creo que ha habido progresos muy lentos hacia zonas que uno no esperaba », indicó el disidente.

    Un ejemplo de ello, aseguró Rivero, fue la aparición de las  »damas de blanco », un grupo de esposas de disidentes presos. Hasta entonces, los familiares de los detenidos temían involucrarse para no verse perjudicados o aumentar las penas de los encarcelados.

    En los próximos años habrá movimientos  »lentos » de apertura, pronosticó Rivero, pero añadió: « No creo que los cambios sean mágicos ».

    El poeta niega tener las vinculaciones con Washington que le imputó el gobierno cubano, y por las cuales lo condenó a 20 años de cárcel.

    Ahora, Rivero prefiere mirar al futuro: aunque tiene ofertas para emigrar, no quiere hacerlo, desea escribir y disfrutar de su tierra.

  • La libération de Raul Rivero est une nouvelle dont on ne peut que se rejouir, même si elle ne change rien au fond du problème, à savoir l’agonie d’un régime despotique et repressif, qui prive de liberté 11 millions de Cubains. Une fois de plus, Fidel Castro s’est livré à de sinistres marchandages pour obtenir, avec l’aide de l’Espagne, la levée des sanctions diplomatiques prises par l’Union Européenne, après la vague de répression de mars 2003. Nul doute qu’une fois la tension médiatique retrombée, d’autres opposants prendront le chemin de la prison, pour servir de monnaie d’échange pour d’autres maquignonages, dont le régime de castro est coutumier. En attendant il faut se réjouir, mais vite, car il reste encore plus de 300 prisonniers politiques à Cuba, et 11 millions de prisonniers tout court.

    Oswaldo Alfonso, du Parti libéral démocratique, est sorti de prison le même jour que Raul Rivero. Lundi, trois autres condamnés avaient été relâchés : l’économiste et journaliste Oscar Espinosa Chepe, le défenseur des droits de l’homme Marcelo Lopez et un membre de l’association nationale de « balseros » Paix, démocratie et liberté, Margarito Broche. Les mois précédents, sept détenus avaient été relâchés pour motifs de santé. Vendredi, les autorités avaient transféré à La Havane 19 prisonniers jusqu’alors détenus en province. Triés en fonction de leur état de santé physique ou psychique, plusieurs d’entre eux ont été renvoyés à leur prison d’origine.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale, Elizardo Sanchez y voit « la tradition macabre en vigueur à Cuba consistant à faire cadeau de ses prisonniers à des gouvernements ou à des dignitaires comme le commandant Cousteau, Jesse Jackson, Ted Kennedy ou Danielle Mitterrand. Le gouvernement cherche à éviter des décès en prison. A l’exception de Raul Rivero, qui se porte bien, les détenus relâchés sont les plus malades », ajoute-t-il.

    La perspective d’une amélioration des relations avec l’UE, sous l’initiative du nouveau gouvernement socialiste espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero, aurait précipité les élargissements.

  • Ces libérations interviennent au moment où le régime cubain semble avoir accepté un début de normalisation avec l’Espagne, qui, au sein de l’Union européenne (UE), demande un assouplissement des sanctions contre La Havane en échange de « gestes » du régime castriste.
    Le plus connu parmi les six dissidents libérés est l’économiste Oscar Espinosa Chepe, 64 ans, condamné l’an dernier à 20 ans de prison, qui a annoncé lui-même au téléphone à l’AFP sa libération.

    Les cinq autres dissidents sont Margarito Broche, condamné à 25 ans de prison, membre de l’Association nationale des Balseros, Paix, Démocratie et Liberté, Marcelo Lopez, 15 ans de prison, membre de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, illégale), Pedro Argüelles Moran, condamné à 20 ans, directeur de la Coopérative des journalistes indépendants de la province de Ciego de Avila, Pablo Pacheco, condamné à 20 ans, journaliste de l’agence indépendante Patria, et Jesus Mustafa Felipe, condamné à 25 ans, membre du Mouvement chrétien de libération (MCL, illégal).

    Selon Elizardo Sanchez Santa Cruz, président de la CCDHRN, qui a annoncé ces libérations, « dans certains cas, (les dissidents libérés) sont rentrés directement chez eux en province en autobus ».

    Ils ont bénéficié de la liberté conditionnelle, a-t-il ajouté.

    Ces libérations portent à 13 le nombre de dissidents du groupe des 75 libérés depuis le début de l’année.

    Le régime cubain avait lancé en mars l’an dernier la plus lourde vague de répression depuis des années en arrêtant 75 dissidents, dont 28 journalistes indépendants, parmi lesquels l’écrivain Raul Rivero, toujours emprisonné. Ils avaient été condamnés en avril à des peines de six à 28 ans de prison.

    Commentant au téléphone sa libération, l’économiste Oscar Espinosa Chepe a estimé qu’elle était due au fait qu’ »il y a des personnes très malades en prison ».

    « La situation est intenable. La pression internationale est également très forte, la presse a joué un rôle très important », a-t-il déclaré.

    « Réellement, le gouvernement a commis une très grande erreur avec nous, qui sommes des personnes totalement pacifiques et qui ne voulons que la réconciliation de la société cubaine », a-t-il estimé.

    L’économiste souffre de multiples problèmes de santé, à l’origine de son transfèrement de la prison de la province de Guantanamo (sud) à celle de Santiago de Cuba (sud) et dernièrement à l’hôpital militaire de La Havane.

    Dimanche, le président de la CCDHRN avait annoncé le transfert d’au moins 18 dissidents, détenus dans plusieurs prisons de l’île communiste, vers des centres de santé pénitentiaire à La Havane.

    Selon plusieurs sources, les transferts ont démarré vendredi, au lendemain de la rencontre à La Havane entre le ministre cubain des Relations extérieures, Felipe Perez Roque, et l’ambassadeur d’Espagne à Cuba, Carlos Alonzo Zaldivar, première rencontre officielle entre un haut responsable du gouvernement cubain et un représentant d’un pays européen depuis l’adoption en juin 2003 par l’UE de sanctions contre l’île communiste en raison de la vague de répression contre les dissidents.

    L’Espagne, ancienne puissance coloniale à Cuba, milite au sein de l’UE en faveur d’une reprise du dialogue avec les autorités cubaines.

    « Ce sont des pas en avant des deux côtés, cela donne cette impression, même s’il est encore très tôt pour tirer des conclusions », a estimé Elizardo Sanchez.

  • 24 NOVEMBRE 2004 : 15e JOURNEE INTERNATIONALE DE SOUTIEN AUX JOURNALISTES EMPRISONNÉS

    Plus de 80 % des journalistes emprisonnés sont détenus dans six pays

    Alors que la mobilisation se poursuit autour des deux journalistes français otages en Irak, Reporters sans frontières leur dédie sa 15e Journée de soutien aux journalistes emprisonnés et rappelle la situation des 198 hommes et femmes emprisonnés et des 9 disparus pour avoir voulu nous informer. Une bâche de plusieurs mètres carrés a été déroulée ce matin sur la façade de l’Hôtel de Ville de Paris, en dessous des portraits géants des deux journalistes français. Elle montre la silhouette d’un homme lisant le journal et réalisée à partir des 207 noms de ceux qui paient un trop lourd tribut à la liberté de la presse.

    Actuellement, 128 journalistes et 70 cyberdissidents sont emprisonnés à travers le monde. Des chiffres sans précédent (voir le détail sur www.rsf.org). Les plus grandes prisons de l’information sont la Chine (26 journalistes et 62 cyberdissidents), Cuba (26 journalistes), l’Iran (15), l’Erythrée (14), le Népal (12) et la Birmanie (11). A eux seuls, ces Etats maintiennent dans leurs geôles plus de 80 % des journalistes et cyberdissidents emprisonnés.

    Dans ces six pays, les sujets interdits ne manquent pas : la corruption en Chine, les violations des libertés à Cuba, les luttes d’influence entre réformateurs et conservateurs en Iran, le conflit avec l’Ethiopie en Erythrée, la guérilla maoïste au Népal ou les idées que défend le Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi en Birmanie.

    Conscientes que l’oubli est une seconde prison pour ceux qui sont injustement incarcérés, plus de 200 rédactions dans le monde parrainent un journaliste privé de liberté et rappellent sa situation à l’occasion de cette Journée. Aux côtés de personnalités comme le Cubain Raul Rivero et le Birman Win Tin, figurent des journalistes moins connus qui ont besoin du soutien de tous.

    Il en va de même des familles des 9 journalistes disparus depuis 2000. En France, les familles de Frédéric Nérac, disparu en Irak en mars 2003, et de Guy-André Kieffer, disparu en avril 2004 en Côte d’Ivoire, poursuivent leur combat pour rompre le silence.

    Les autres chiffres de la liberté de la presse :
    – 47 journalistes et 14 collaborateurs des médias ont perdu la vie depuis le début de l’année
    – 46 journalistes et collaborateurs des médias ont été tués depuis le début du conflit en Irak, en mars 2003
    – Plus de 350 médias ont été censurés dans le monde depuis janvier 2004

    Les autres prisons pour les journalistes et cyberdissidents sont l’Algérie (4), le Viêt-nam (3 journalistes et 4 cyberdissidents), la Turquie (3), les îles Maldives (3 cyberdissidents), le Rwanda (2), l’Ouzbekistan (2), l’Azerbaïdjan (1), la Corée du Nord (1), l’Egypte (1), le Laos (1), la Libye (1), le Maroc (1), le Pakistan (1), la Sierra Leone (1), la Syrie (1 cyberdissident), la Tunisie (1) et le Yémen (1).

    Ë Pour financer ses actions, Reporters sans frontières vend un magazine de photographies  » Jean Dieuzaide pour la liberté de la presse  » en vente partout, 8 euros, au profit de l’association.