Mois : avril 2006

  • Une délégation bolivienne présidée par le chancelier David Choquehuanca se trouve à Caracas « pour finir les négociations et garantir des marchés pour les produits boliviens », a expliqué le mandataire mardi dans la nuit à Cochabamba pendant une rencontre avec ses partisans.

    Il a déclaré que l’accord permettra à la Bolivie d’exporter de la coca au Vénézuéla et à Cuba. « Je veux dire aux agriculteurs de Santa Cruz qu’ils ne soient pas préoccupés par le soja parce que nous avons déjà un marché. Le Vénézuéla s’ engage à acheter tout le soja bolivien », a t-il ajouté.

    Morales a rejeté le TLC avec les Etats-Unis et à sa place a proposé en mars un TCP pour « promouvoir un commerce juste et équilibré » entre les peuples. Il avait alors déclaré que la proposition commerciale américaine « produira davantage de pauvreté et de chômage » .

    Morales a assuré que son initiative a été soutenue par le président vénézuélien Hugo Chávez qui a accepté de la promouvoir dans le cadre de sa proposition appelée ALBA (Alternative Bolivariene pour l’Amérique latine et les Caraïbes).

    Avec la convention entre les trois pays, la Bolivie pourra exporter des feuilles de coca vers le Vénézuéla et à Cuba, des textiles et des produits manufacturés, a expliqué Choquehuanca depuis Caracas dans une entrevue avec radio Fides mercredi.

    En Bolivie, la feuille de coca a des utilisations alimentaires, pharmaceutiques et dans des rites indigènes largement répandus. Des groupes liés au trafic de drogues l’utilisent aussi pour fabriquer de la cocaïne.

    Pour le sénateur d’opposition Oscar Ortiz, la politique commerciale internationale de Morales est un « suicide économique » pour la Bolivie qui « perdra des marchés ».

    Il a expliqué que la coopération vénézuélienne « est une aide nuisible» parce que Caracas prétend acheter le grain de soja à des faibles prix quand la Bolivie pourrait exporter huile et d’autres dérivés des oélagineux. « Nous devons vendre avec valeur ajoutée et nous devons parier la dessus », a t-il ajouté.

    L’annonce de la signature d’un TCP entre les trois pays se produit en pleine crise politique et commerciale de l’Amérique Latine.

    C’est le président du Venezuela Hugo Chavez qui a été à l’origine de cette mini-crise politique, en annonçant le week-end dernier sa décision de se retirer de la Communauté andine des nations (CAN), zone de libre-échange imparfaite regroupant aussi la Colombie, l’Equateur, la Bolivie et le Pérou, et à laquelle Caracas reproche de ne servir « que les multinationales ». Compte tenu des mirobolantes ressources pétrolières du Venezuela et de la volonté affichée de Chavez de jouer un rôle moteur dans la région, ce retrait est loin d’être anodin.

    Le nouveau président indien de la Bolivie, Evo Morales, proche de Chavez, a tenté de le faire revenir sur sa décision, mais ce dernier a fait savoir qu’il ne ferait marche arrière que si la Colombie et le Pérou renonçaient à leurs accords de libre-échange avec les Etats-Unis, signés en février et en avril derniers. Ce qui semble très improbable alors que Washington multiplie les accords bilatéraux et négocie actuellement avec l’Equateur.

  • La peau et les os sous le soleil des Caraïbes, Mikhaïl, 16 ans, lutte à Cuba, loin de son Ukraine natale, contre le mal qui le ronge depuis sa naissance quatre ans après la catastrophe de Tchernobyl.

    Il est l’une des 22.000 personnes, parmi lesquelles 18.546 enfants d’Ukraine, du Bélarus et de Russie, traités depuis le 29 mars 1990 à l’hôpital pédiatrique de Tarara, à 20 km à l’est de La Havane, pour des pathologies associées à la radioactivité.

    Tous les matins, depuis qu’il est arrivé à Cuba le 9 décembre, son crâne chauve badigeonné de pilotrophine, un produit cubain dérivé du placenta, est passé durant un quart d’heure sous une lampe à rayons infra-rouge pour traiter son alopécie, la maladie de la chute des cheveux.

    Tous souffrent de cancers de la thyroïde, de leucémies, de vitiligo, de psoriasis –autre maladie de la peau– de scolioses, d’atrophies musculaires ou de maladies neurologiques, traitées en 45 jours pour les moins graves, en trois mois pour les affections de la peau, ou en six mois ou un an pour ceux dont la vie est menacée.

    « Nous pensons que les malformations génétiques vont commencer à apparaître. Vingt ans ont passé et on ne connaît toujours pas les conséquences. Mais on lutte, avec effort et dévouement », déclare la pédiatre Maria Teresa Oliva, 51 ans, sous-directrice technique de l’hôpital.

    « Il y a plusieurs programmes d’aide à ces enfants, mais aucun n’est aussi systématique ni aussi important que celui de Cuba. Plus de la moitié (des enfants) ont recouvré la santé et un tiers d’entre eux va mieux », a déclaré le ministre ukrainien de la Santé Youri Poliachenko, lors d’une visite à La Havane début avril.

    Le ministre a renouvelé l’accord selon lequel l’Ukraine finance le voyage des enfants, tous les frais de traitement étant couverts par le gouvernement cubain.

    Chaque année, accompagnés par leurs parents, tuteurs ou des guides, quelque 800 enfants de Tchernobyl viennent à Tarara.

    Ils suivent des cours dans une école « russe » installée dans le complexe, dont ils ne sortent que pour des traitements dans d’autres cliniques spécialisées ou des excursions à La Havane, accompagnés d’un médecin ou d’un infirmier.

  • « Tu payes en dollars, il paye en monnaie cubaine et garde la différence », a répondu Bush pendant une session de questions et réponses dans le centre commercial d’Irvine, Californie. Bush répondait ainsi à un exilé cubain au sujet de la décision de son gouvernement de limiter les voyages à Cuba et le commerce avec le régime de Castro.

    « Je ne comprends pas comment nous pouvons commercer avec le Vietnam –où nous avons perdu 50.000 Américains– et avec la Chine communiste, mais nous ne pouvons pas aller à Cuba », a déclaré l’exilé en question. « Je pense que si nous ouvrons nos frontières, Castro tomberait comme un caillou dans un trou ».

    Bush a répondu que « si tu vas dans un hôtel à La Havane, l’argent va à l’hôtel… qui a un accord avec le gouvernement pour travailler, et les travailleurs cubains reçoivent leur paiement en pesos cubain qui n’a pas de valeur comparé avec le dollar américain, et il [Castro] empoche la différence ».

    En juin 2004 le président Bush a dicté une série de mesures renforçant les sanctions contre Cuba, en limitant les voyages des familles cubaines à Cuba, l’envoi de devises et en rendant plus strictes les ventes de produits agricoles à Cuba.

    La Havane a répondu quatre mois plus tard avec une contre-mesure qui a éliminé le dollar américain des transactions à Cuba, et a disposé que le nouveau peso convertible, connu populairement comme « chavito », remplace le dollar dans les magasins qui vendent en devises.

    « Cette dédollarisation a aussi été le résultat d’un processus de recentralisation qui avait été déjà entamé en 2003 », a indiqué Carmela Mesa-Lago professeur emérite d’Économie de l’Université de Pittsburgh. « Castro veut maintenir le contrôle économique absolu pour garantir son pouvoir politique », a t-il ajouté.

  • Cuba est ainsi devnu le troisième partenaire commercial du Venezuela, après les Etats-Unis et la Colombie.

    Le plus gros des échanges se concentre sur le secteur pétrolier, représenté par les 90.000 barils quotidiens de bruts Vénézuélien que reçoit Cuba, qui ont allégé dans une large mesure les problèmes énergétiques et d’approvisionnement de combustible de Cuba.
    Bien que possédant des exploitations pétrolières, Cuba ne produit pas suffisamment pour approvisionner son marché de 11.2 millions d’habitants.

    L’ambassadeur vénézuélien à La Havane, Adán Chávez, a déclaré à une journaliste de l’AP qu’en 2005 les exportations pétrolières du Vénézuéla vers Cuba ont représenté 1.800 millions de dollars.

    « Nous terminons 2005 avec près de 2.500 millions de dollars dans cet échange commercial », a spécifié Adán Chávez.

    Le diplomate en poste à La Havane, qui est le frère aîné du président du Venezuela, Hugo Chávez, a indiqué que l’idée est « de continuer à augmenter l’envoi » vers Cuba de produits non pétroliers. « En 2006 nous devrions terminer avec des échanges de quelque 3.500 millions de dollars », a t-il ajouté.

    En 2005 , le Venezuela a acheté à Cuba divers biens pour un montant de « 500 millions de dollars », a indiqué l’ambassadeur.

    Il a ajouté que l’acquisition des produits cubains « va continuer à augmenter parce qu’ils ont des médicaments, une bonne quantité de matériel chirurgical, et de matériel en rapport avec la médecine », que seront employés dans le cadre du programme médical pour les secteurs pauvres des pays sud-américains, appelé « Barrio adentro », auquel participent 22.000 médecins et techniciens de santé cubains.

    Les Cubains ont commencé à être envoyés au Venezuela depuis l’année 2000, comme faisant partie des plans de coopération dans les secteurs pétrolier, de santé, éducation et sportive.

    Adán Chávez a ajouté que pour renforcer le commerce binational, les deux gouvernements ont décidé cette année la constitution de trois entreprises mixtes pour la production de disques, cinéma, et l’édition de livres et revues, ainsi qu’une entreprise de construction.

    Les gouvernements de Cuba et du Venezuela ont prévu de développer un programme de logements populaires pour 1.000 millions de dollars.

    Adán Chávez a soutenu que ce modèle d’intégration faisait partie de l’initiative de « l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques » que promeut le dirigeant vénézuélien comme option à « l’Accord de libre Commerce des Amériques » soutenu par Washington.

    Le président Hugo Chávez, se positionne toujours en confrontation ouverte avec le gouvernement des Etats-Unis et le modèle capitaliste. Hugo Chávez, qui s’est déclaré socialiste, assure qu’il emmenera le Vénézuéla vers ce qu’il a appelé « le socialisme du XXIe siècle ».

    Sur quelques marchés de La Havane il est possible de trouver maintenant différents aliments d’entreprises privées vénézuéliennes comme Addás, Eveba, la Giralda, qui concurrencent les produits de fabricatrion espagnole, néerlandaise, italienne et colombienne.

    Au debut de l’année 2005, Cuba et le Venezuela avaient signé une convention autorisant des juges, et à des fonctionnaires et policiers de la sécurité de l’État cubain, d’agir en territoire vénézuélien.

    Les policiers cubains, pourront agir en territoire vénézuélien avec de vastes pouvoirs pour faire des recherches, capturer et meme interroger des Cubains qui résident au Venezuela (plus de 30000 réfugiés cubains sont déclarés). Des citoyens vénézuéliens qui sont requis par la justice cubaine, pourront aussi être concerné.

    En même temps, cet accord pourrait être utilisé pour soumettre à la justice cubaine des activistes de l’opposition vénézuélienne dont les actions pourraient être considérées comme des attaques contre la sécurité ou à la souveraineté cubaines.


  • Un groupe de quelques 20 jeunes a perturbé la conférence de Rivero avec des cris, insultes et slogans « antiimperialistes ».

    Selon le journal espagnol « el Mundo », bien qu’ils ne soient pas arrivés à se produire agressions physiques, la tension était évidente et « l’atmosphère remplie de violence , croissante à chaque minute », a déclaré Rivero au journal.

    La situation a obligé à suspendre la conférence pour empêcher que les éléments perturbateurs passent à l’action physique contre Rivero.

    Les jeunes partisans de Fidel Castro, cachés dans le public qui allait assister la conférence, ont qualifié l’auteur de « terroriste » et l’ont accusé de recevoir de l’argent des Etats-Unis.

    Pour Rivero, les incidents produits ce lundi à l’université de Seville étaient « parfaitement organisés » par les castristes qui l’ont obligé à suspendre l’acte.

    Le poète et le journaliste a indiqué qu’étaient présents sur les lieux des représentants du Consulat de Cuba. Une situation identique à celle du Festival International de Poésie de Grenade où un autre groupe de de radicaux l’a attendu avec des pancartes avec des injures telles que « gusano » (ver de terre).

    Les organisateurs de la conférence à Séville ont infructueusement essayé de calmer les esprits avec la demande que, une fois exposés leur avis, ils laisseraient intervenir à Rivero, mais ceux-ci ont refusé de manière tranchante.

    « Je voulais aussi parler avec eux », a dit le poète. « J’aimerais leur exposer mes impressions et qu’ils connaîssent quelle a été la réalité qui m’a poussé à abandonner Cuba ».

    « Ils ne m’ont pas laissé m’exprimer, et c’est la même chose que fait le gouvernement cubain, et c’ est regrettable », a regretté Rivero, qui a remercié les autorités et les représentants de l’Université de Séville.

    Entre présents était le délégué municipal de Culture, Carlos Marset, qui a énergiquement condamné le boycottage de la conférence de Rivero et l’a comparé avec les attitudes en son temps de l’Inquisición ou de la dictature du général Franco.

    Marset a offert à l’auteur de « Sans pain et sans mot » de sortir protégé par ses guardes du corps . « Je suis déjà passé par tout ceci à Cuba et n’ai jamais pensé souffrir de choses ainsi en Espagne, un pays qui m’a reçu avec une grande chaleur et une grande hospitalité » a déclaré Rivero.