![]() |
Journaliste indépendant, Ricardo González Alfonso a été condamné à 20 ans de prison en mars 2003 pour avoir dirigé la publication de « De Cuba », la première revue indépendante à paraître depuis la Révolution cubaine de 1959.2086 jours se sont écoulés depuis le 18/03/2003, jour de l'arrestation de Ricardo Gonzalez à La Havane |
|
![]() |
Florina Calmann Levy |
|
![]() |
présentation de l'éditeur
Florina est une jeune femme blessée, qui veut venger sa douleur en asservissant, dans des circonstances troublantes, l'écrivain José Blazco Frías, l'homme qu'elle a aimé autrefois à La Havane. En lui mentant parfois de façon astucieuse, en proférant d'autres fois les vérités les plus dures, elle exorcise verbalement la destruction intérieure qui créé l'attirance sexuelle. Leurs joutes ont pour décor une villa en Andalousie, truffée de caméras installées par une aïeule malsaine.
Florina appartient à un cycle narratif centré sur trois thèmes récurrents dans toute l'oeuvre de René Vázquez Díaz : l'érotisme, la gastronomie et le crime. Florina évoque les désastres et les triomphes du plaisir et du bonheur ; il est le premier livre de la nouvelle trilogie à venir. La charge érotique de Florina n'est jamais frivole ni gratuite, mais se nourrit des interrogations de ses personnages, amants profondément humains dans leurs errances et leurs désirs.
La protagoniste cherche désespérément à formuler ses sensations, ses souvenirs et ses désirs, elle revendique son droit à être grossière avec l'homme de sa vie. Comme dans d'autres oeuvres de René Vázquez Díaz, le langage apparaît ici comme un personnage à part entière.
Car tout discours érotique ' comme ce qu'il y a de plus secret et de plus beau dans toute relation sexuelle ' est toujours un subtil mélange de raffinement et de vulgarité.
L'infâme Beltran, autre personnage central, misérable pornographe « à gages », méprise l'amour parce qu'il le redoute. Son discours humiliant, fait paradoxalement de Florina un plaidoyer implacable en faveur de la sensualité et contre la pornographie, dans un monde dominé par l'argent et l'amour purement commercial.
biographies des auteurs
René Vázquez Díaz est né en 1952 à Caibarién, petit village maritime à Cuba. Il est écrivain, traducteur et journaliste. Envoyé dans les années 1970 par l'État cubain en Pologne pour y suivre des études d'ingénieur naval, sa vocation pour la littérature et sa fièvre de découvrir plus librement le monde le conduisent à demander l'asile politique à la Suède. Après avoir été musicien ambulant et interprète, il a travaillé comme traducteur jusqu'à la parution de son premier roman, L'Ère imaginaire, en 1986. Il réside encore aujourd'hui à Malmö et retourne parfois à Cuba. Quatre de ses romans (L'Ère imaginaire, L'Île du Cundeamor, Un amour qui s'étiole, Fredrika au paradis) sont traduits chez José Corti, ainsi qu'un recueil de nouvelles : Exilia (à paraître en mars 2004).
« En 1974, le jeune Vázquez Díaz part effectuer en Pologne des études d'ingénieur naval. Mais, assez vite, il ne supporte pas le contrôle dont les étudiants cubains font l'objet de la part des diplomates. Il tombe amoureux d'une cuisinière polonaise, obtient un visa pour la Suède, et profite d'un 24 décembre, jour où les douaniers et les flics sont saouls, pour prendre le train. Il arrive au soir à Malmö sans argent, sans relation. Un pasteur le recueille dans un centre d'hébergement. Il passe la nuit avec les prostituées, les sans-abris. Au matin, il prend un bottin et téléphone au premier nom espagnol qu'il lit : Antonio Manzano. L'homme vient des Canaries, comme la famille de Vázquez Díaz. Il est cuisinier du plus grand hôtel de la ville. 'Sais-tu cuisiner ?'' demande-t-il au jeune homme. 'Oui' ment l'autre, qui se souvient des recettes de sa grand-mère. Et c'est ainsi que René Vázquez Díaz devint cuisinier avant d'être écrivain.
En Espagne, il vient de publier un livre de recettes cubaines. C'est aussi un livre d'investigation familiale, 'pour ne rien oublier'. Il retourne à Cuba, régulièrement, depuis 1984. Sa mère, démente, s'y éteint progressivement. Son père est mort. Sa s'ur y vit. À l'écrivain, on ne donne pas toujours un visa. La perte des traditions culinaires nationales le désespère : elle est comme un symbole d'appauvrissement. La nourriture, le plaisir du palais, ont toujours eu dans l'île la plus grande importance. L'assiette accueillait toutes les influences : espagnole, africaine, française, chinoise. Elle résumait l'histoire de l'île. Comment perdre ce mélange ' Mais la culture cubaine a toujours été relayée, et réinventée, par ses exilés. Exilés de l'intérieur (José Lezama Lima, Virgilio Piñera, Eliseo Diego), ou de l'extérieur (José Maria Heredia, Cirilio Villaverde, José Martí, Alejo Carpentier dans sa jeunesse, Guillermo Cabrera Infante, Gaston Baquero, Reinaldo Arenas, Guillermo Rosales, Jesus Díaz'). René Vázquez Díaz prolonge cette tradition. »
Philippe Lançon, L'Amateur de cigare, septembre 2003
extrait
revue de presse
