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Journaliste indépendant, Ricardo González Alfonso a été condamné à 20 ans de prison en mars 2003 pour avoir dirigé la publication de « De Cuba », la première revue indépendante à paraître depuis la Révolution cubaine de 1959.2086 jours se sont écoulés depuis le 18/03/2003, jour de l'arrestation de Ricardo Gonzalez à La Havane |
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La chair de René Calmann Levy |
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présentation de l'éditeur
L'action se situe dans une ville portuaire gigantesque. Rien n'y rappelle Cuba. Le père du héros, Ramon, est le leader d'une conspiration mondiale en lutte pour le droit du peuple à manger et boire... du chocolat. Comme l'ensemble des membres de la Cause, l'homme est sadomasochiste. Aussi le père souhaite-t-il rendre son fils apte au " service de la douleur ". L'initiation du jeune René commence le jour de ses vingt ans, hélas c'est un bien mauvais disciple. Dans une école atroce et grotesque où l'on ne cultive que les corps, René met en déroute les fanatiques. Ce roman culte, Pipera l'a écrit à partir de 1949 à Buenos Aires. Il s'agit de son premier roman, tellement fort et insolite que les critiques l'ont comparé à Ferdydurke de Witold Gombrowicz et aux Enfants Tanner de Robert Walser.
biographies des auteurs
Né en 1912 à Cuba où il mourut en 1979, Virgilio Piñera s'exila en Argentine de 1946 à 1958. C'est là que l'auteur de Contes froids (Denoël) et Nouveaux Contes froids (Métailié) vit sa première nouvelle publiée par Jorge Luis Borges en 1947. Et c'est là aussi qu'il rencontra un autre exilé dont il allait devenir traducteur (pour Ferdydurke), Witold Gombrowicz, qui, dans une phrase mise en exergue à sa postface par la traductrice Liliane Hasson, voit dans la Chair de René «une oeuvre visionnaire et sombrement sarcastique où la chair humaine atteint son apothéose et crucifixion».
Le roman est édité à Buenos Aires en 1952, à compte d'auteur, pour ne paraître à Cuba qu'en 1995. Liliane Hasson raconte comment Virgilio Piñera s'est fait personnellement mal voir très tôt du nouveau maître de l'île : «En 1961, donc, lors du premier Congrès des écrivains et artistes de Cuba, à la Bibliothèque nationale, Fidel Castro conclut ses mémorables "Paroles aux intellectuels" par un slogan qui fera force de loi : "Dans la révolution, tout, contre la révolution, rien !"
Piñera s'empare d'un micro et murmure un "Je veux dire que j'ai très peur !" devenu légendaire : l'aveu ne manquait pas de courage. (...) Ainsi, la même année, il est arrêté au cours des rafles de la "nuit des Trois P" (prostituées, proxénètes, pédérastes).»
Après diverses humiliations (interrogatoires, emprisonnements, manuscrits confisqués), il est interdit de publication en 1969. Il mourra sans avoir vu son oeuvre romanesque éditée ni son oeuvre théâtrale jouée.
extrait
revue de presse
Virgilio Piñera ou la révolution de la chair
Extrait : Dans son troisième roman, composé dans les années 1950 et pour la première fois traduit en français, l'écrivain cubain met en scène un bouleversement radical des valeurs. Adieu esprit, âme, intériorité, place à un seul mot d'ordre : « Vive la viande ! ». Bien sûr, la confrérie des conteurs et romanciers ne s'est jamais choisi de devise commune. Les chemins de leurs fictions sont trop divers. Mais s'il en fallait une, ce vers rêveur et efficace, bref et magique, du poète américain Wallace Stevens ferait bien l'affaire : « Une autre lumière pourrait produire un autre monde.
Article publié le 30 Septembre 2005
Par Fabienne Dumontet
Source : LE MONDE DES LIVRES
Taille de l'article : 829 mots
