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Mission Cuba
Gérard de Villiers
SAS
(2005-06-08) |
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Cela faisait un bon moment que Malko n'avait pas remis les pieds à Cuba : plus de 15 ans (voir "Visa pour Cuba") sans voir le paradis socialiste des tropiques, dans lequel il avait bien failli rester. C'est sans doute une coincidence, mais "Mission Cuba" est le numéro 159 des aventures de Malko, comme janvier 1959, date de la révolution cubaine. Cette fois Malko Linge s'attaque à un sujet bien dans l'air du temps : la mort possible et la succession de Fidel Castro.
"Mission Cuba" s'ouvre en effet sur un malaise du Lider Maximo, qui se révelera être une attaque cérébrale. Bien entendu l'information est, comme d'habitude lorsqu'il s'agit de la santé de Fidel Castro, ultra confidentielle. Mais l'information parvient jusqu'aux oreilles de la CIA par l'intérmédiaire d'un des gardes du corps de Castro.
Dès lors la CIA décide d'envoyer Malko à Cuba pour tenter d'imposer un successeur qui soit favorable aux Etats Unis (un général réformateur, proche de l'ancien général Ochoa fusillé par Castro en 1989) en lieu et place du dauphin intronisé de longue date par Castro en la personne de son frère, Raul Castro. Le général Anibal Guevara réunit chez lui un petit groupe d'officier pret à agir une fois la mort de Castro confirmée, pour empêcher le scénario de la succession dynastique prévue par Fidel Castro.
L'intrigue, de facture très classique, se lit bien et est émaillée de bon nombre de détails véridiques sur la santé et la vie personnelle de Castro, aussi bien que sur la vie quotidienne à Cuba. Les adresses et les lieux d'interrogatoires de la police sont exacts (comme la sinistre villa Marista), et la manie du flicage et de la surveillance des Cubains, le sont également.
Après tout si c'est une manière de faire comprendre que le régime cubain est une dictature communiste comme les autres, qui n'a produit que de l'oppression, de la misère et de la propagande à destination des jobards "de gauche" bien nourri dans les pays capitalistes, pourquoi ne pas recommander la lecture de "Mission Cuba" aux touristes français...
Cela dit, ce livre n'est pas un essai politique sur l'avenir de Cuba mais bien un roman policier qui s'efforce de plonger le lecteur dans l'ambiance cubaine. De ce point de vue, c'est plutot une réussite, compte tenu du "formatage" inhérent à la série écrite par Gérard de Villiers.
Malko a beau avoir bien préparé son voyage il commet quand même quelques bourdes : lorsqu'il parle d'une "séance de répudiation" devant le domicile du dissident Oswaldo Paya, il ajoute que son père est un des fondateurs du PCC (parti communiste cubain).
En fait il confond avec Vladimiro Roca, un autre dissident (proche du groupe "la patria es de todos") dont le père est Blas Roca , membre fondateur et personnage historique du communisme cubain. Mais l'information importante, et rigoureusment exacte celle là, c'est bien l'existence des "acto de repudio" qui consistent à faire harceler les dissidents (insultes, jets de pierres, graffitis injurieux, crachats etc...) par des voisins manipulés par la Sécurité d'Etat.
D'autres erreurs sont simplement du domaine de la relecture car l'espagnol ne semble pas être le point fort de Malko Linge : un stage de remise à niveau s'impose. A chaque fois que l'espagnol apparaît dans "mission Cuba", il est truffé de fautes. Il écrit "commandante" au lieu de "comandante" pendant tout le voyage et "jineterias" au lieu de "jineteras", "quadra" à la place de "cuadra" ou "hosada" pour "posada". Quant à l'expression "gringos", elle est inconnue à Cuba où on utilise "yuma" pour désigner les étrangers. En revanche "Mamame la pingua" est correctement orthographié, comme quoi Malko semble plus doué pour certains aspects de l'espagnol que pour d'autres.....
présentation de l'éditeur
Malko parcourut une partie du cimetière sans apercevoir Joaquim. II se dirigeait vers la porte Zapata lorsqu'il entendit des pas sur le gravier et se retourna. Joaquim le fossoyeur fonçait sur lui d'une démarche . de fauve, sa longue machette à la main, un rictus haineux découvrant ses dents blanches. Molko sentit le sang se glacer dans son cerveau. La machette brandie, Joaquim chargea avec un grognement sauvage, bien décidé à le décapiter.
biographies des auteurs
extrait
revue de presse