La musique semble subversive par excellence à Cuba, car les groupes populaires aujourd'hui à Cuba sont des groupes jeunes, en majorité noirs dont les paroles et les "mouvements indécents" choquent la bonne société communiste blanche. En juillet 1997 à la suite d'un concert donné pendant le festival international de la jeunesse, la "Charanga Habanera" écope de six mois d'interdiction de jouer en public pour "obscénité". Mise en garde, ou pudibonderie exagérée des responsables du parti ? En vérité il semble que ce soient les paroles crues des chansons qui ont dérangé les vierges effarouchées du bureau politique : dans ses chansons ("super turistica", "el temba" par exemple) David Calzado et la Charanga décrivent les frustrations d'une jeunesse confrontée à la dollarisation de la société et au tourisme florissant.

Dans "super turistica" les jolies filles ne pensent qu'aux dollars : "en marchant dans Miramar (quartier résidentiel des ambassades et des étrangers) j'ai rencontré une fille au corps sculptural.../... J'ai pressé le pas pour aller à sa rencontre et je lui ai fait un compliment bien tourné. Elle a souri et répondu : je vais seulement à la Marina, la Cecilia et la Maison (restaurants pour touristes en dollars). Turistica, super turistica, tu es très chère darling, je n'ai pas ce qu'il te faut ". Ou encore dans "el temba", un jeune cubain conseille à la fille de ses rêves de se trouver "un papirriqui con guaniquiqui" c'est à dire un homme d'age mur avec de l'argent.

 
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