Son grand oncle Changuito, noir comme lencre, est le grand maître de la percussion cubaine et vit toujours à La Havane.
Sa grand-mère, Juanita, blonde comme les blés et originaire de Galice, fait encore danser tous les cubains de Miami.
Né il y a trente ans à Pinar Del Rio - terre de tabac et de musiciens (Maria Teresa Vera, Rubalcabar, Anga Diaz et Polo Montanez ) Raúl passe 15 ans de sa vie dans les différentes écoles et conservatoires de musique, passant du violon au chant classique, de lharmonie à la direction dorchestre.
Parallèlement, il fait lacteur dans les théâtres de La Havane, et joue quelques premiers rôles au cinéma (Dont " Hello Hemingway " Fernando Perez )
En 1997, résistant aux sirènes américaines, Raúl fait le choix de la France, pays dont il pressent déjà le rôle essentiel en matière de brassage culturel. Quant à lart dy vivre, il nest pas non plus étranger à ce choix. ..
Très vite il partage les scènes du New Morning, Hot Brass, Bataclan, Elysée Montmartre avec tous les musiciens afro-cubains de passage à Paris : Oscar De Leon, Los VAnVan, Ruben Blades, Albita
Et cest avec tous les latinos et africains résidents quil devient lun des chefs de file de la vague cubaine en France.
En 99, au Zenith, Raul est invité sur scène par Cheo Feliciano (LA voix du boléro) pour le concert légendaire de La Fania All Stars.
Au milieu des étoiles inoxydables de la Salsa, Ralph Mercado, patron de RMM, lhomme qui a inventé le mot " Salsa ", rencontre la voix de Raul Paz et se découvre une véritable passion pour le " French Cubano ".
La même année, cest dans les studios de Gloria Estefan que Raul Paz enregistre son premier Album " Cuba Libre ", qui sortira chez RMM. Loin de senfermer dans les standards de la salsa, il bouscule déjà le genre et explore les nouvelles tendances de cette musique avec lénergie farouche qui le caractérise.
Aux U.S.A , le disque est un succès (+ de 100 000 copies) qui vaudra à Raúl Paz le prix de la révélation masculine décerné par la presse new-yorkaise.
Sensuit une longue tournée à travers lAmérique du Nord, du Sud et du Milieu grâce à laquelle Raúl se familiarise avec la scène et le public qui consacre son tempérament de performer. Il lui arrivera même de chanter avec Celia Cruz, Tito Puente, La India ou Ricky Martin.
Mais en 2001, la fermeture de linstitution Ralph Mercado Music interrompt provisoirement lexpérience new-yorkaise.En France, il a conservé sa maison et ses amis musiciens avec lesquels il reprend la route et participe à de grands festivals : Womad, Arezzo, Roskilde.
Parallèlement, sa curiosité et son goût des fusions lentraînent vers les musiques électroniques, et " Contigo ", écrit et enregistré avec les Djs Arian & Pipi, devient un morceau culte dans tous les clubs de la Méditerranée.
Cest ainsi que Raul rencontre le producteur Mousse T et décide de mixer avec son équipe Danya Vodovoz et Ferry Ultra, dans les studios Pepermint de Hanovre, son nouvel album enregistré quelques temps plus tôt à Cuba.
Danya est russe, Ferry est Iranien : figures montantes de la scène électro (Strictly Rythm), ils se sont fait connaître dun plus large public par leurs remix du " Sex Bomb " de Tom Jones.
Leur rencontre avec Raul a été déterminante car lefficacité de leur groove enrichit très largement la qualité et la maîtrise des mélodies. Quant au mixage des voix, il permet dapprécier lhumour et le charme des textes de Raúl PAZ.
Et si la tradition est maintenue, cest dans un constant désir dinnovation : Tourneries pop ( Mulata ) , ballades librement " inspirées " de la Trova ( LLegare ), beats Hip Hop (Mi Barrio) , dub (Pelicula ), clins dil aux Caraïbes de son enfance (Mua Mua Mua, Loco Loco..) .
Entre les instruments de Cuba et les samples de Hanovre une subtile alchimie sopère, qui fait de Mulata lalbum abouti dun artiste qui, sil ne renie ni sa culture ni ses origines, revendique néanmoins la liberté daller où ça lui chante
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