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Journaliste indépendant, Ricardo González Alfonso a été condamné à 20 ans de prison en mars 2003 pour avoir dirigé la publication de « De Cuba », la première revue indépendante à paraître depuis la Révolution cubaine de 1959.1936 jours se sont écoulés depuis le 18/03/2003, jour de l'arrestation de Ricardo Gonzalez à La Havane |
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Revolucion et Raul Paz (NAIVE) Son dernier album "Revolucion", a failli s’appeler Paz, tout simplement. Paz comme « paix », en espagnol. Paz comme Raul, car c’est son vrai nom. Donc ce disque, son troisième opus officiel, s’appelle Révolution. Ou plutôt Revolución, à l’espagnole, avec un « c ». Disons qu’il s’appelle à la fois Paz et Revolución. Paix et Révolution, tout un programme. Revolución est le titre de l’une de ses douze nouvelles chansons. À propos, Raul, pourquoi Revolución ? « Parce que c’est sans doute le mot que j’ai le plus entendu depuis que je suis né, partout, tout le temps » répond Raul. Il est né en 1969 dans la province de Pinar del Rio, à l’ouest de Cuba. Qu’on ne compte pas sur Raul Paz pour dénigrer son île et son peuple, même s’il estime que « la révolution s’y est arrêtée il y a trente ans ». C’est là qu’il a appris à chanter, aussi loin qu’il s’en souvienne, en écoutant la guajira, cette country music made in Cuba. Raul Paz fait des études musicales très poussées, pendant dix ans, à l’Institut supérieur des arts de La Havane : violon, solfège, harmonie, chant, contrepoint, et même un peu de direction d’orchestre. Une formation très classique, en somme. Mais le jeune Raul se débrouille pour pimenter tout ça. Le rock est interdit sur les radios d’Etat ? « On magouillait pour se brancher sur les radios américaines, se souvient-il. C’est comme ça que j’ai découvert Deep Purple, Led Zeppelin ou Bob Marley ». Mais Raul a obstinément besoin de changer d’air. En 1996, il quitte Cuba et, après quelques détours en Amérique Latine, il arrive à Paris officiellement pour étudier à la Schola Cantorum. Depuis, tout s’est accéléré. « Le génie de la musique cubaine, dit Raul, c’est d’assimiler ce qui arrive de partout ».Ça tombe bien : au milieu des années 90, tout bouge à Paris, carrefour de toutes les musiques du monde. Raul fréquente la scène latino, joue au New Morning, au Hot Brass, au Bataclan. Il devient l’un des chefs de file de la nouvelle vague franco-cubaine. Coup de chance : il est repéré par Ralph Mercado, fondateur du label RMM, « inventeur » de la salsa aux Etats-Unis. C’est à Miami, dans les studios de Gloria Estefan, qu’il enregistre son premier disque, Cuba Libre. Rebaptisé Imaginate pour le marché américain, le disque est un succès, avec près de 100 000 copies et le « award » de la révélation masculine décerné par la presse américaine. Raul Paz multiplie les concerts aux Etats-Unis. Sa carrière est bien lancée. Mais, après la mort de Celia Cruz et de Tito Puente, Ralph Mercado met la clef sous la porte. Fin provisoire de l’aventure américaine. Raul rentre à Paris et s’y installe pour de bon. Il prend un appartement près de la place du Colonel Fabien, « histoire de ne pas être trop dépaysé », dit-il, et signe avec Naïve, le label de Patrick Zelnik. Fruit de cette nouvelle collaboration, Mulata paraît en 2003. En France, c’est l’album de la révélation. Raul Paz réinterprète la musique cubaine en y intégrant des beats hip-hop, du dub, des riffs de rock et un groove qui n’appartient qu’à lui. Mulata se vend à 60 000 exemplaires. D’une tonalité plus pop que le précédent, ce troisième album de Raul Paz contient quelques titres qui devraient rapidement casser la baraque : Revolución, Buena suerte, Soledad, Mujeres sont de ces mélodies qui vous entrent dans la tête pour ne plus jamais en sortir. La richesse rythmique fait le reste. Quant aux paroles, ce sont de petits joyaux à lire –ou plutôt à écouter - au deuxième ou au troisième degré. « Mes chansons disent toujours plusieurs choses à la fois », dit Raul, adepte du « real maravilloso », ce « réel merveilleux » qui fait la gloire de la littérature latino-américaine. Mais nul besoin de comprendre l’espagnol pour apprécier les textes. On s’en aperçoit pendant les concerts, où ses fans, de plus en plus nombreux, reprennent en chœur des refrains qu’ils chantent, pour la plupart, phonétiquement. « Sur scène, je suis chez moi », dit Raul Paz, qui dégage en concert une énergie, une rage et une passion peu communes. Ce n’est pas pour rien si Alfredo Arias lui a confié un des rôles-titres de Mambo Mystico, sa nouvelle comédie musicale crée ce printemps à Chaillot.
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