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Journaliste indépendant, Ricardo González Alfonso a été condamné à 20 ans de prison en mars 2003 pour avoir dirigé la publication de « De Cuba », la première revue indépendante à paraître depuis la Révolution cubaine de 1959.2086 jours se sont écoulés depuis le 18/03/2003, jour de l'arrestation de Ricardo Gonzalez à La Havane |
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Mi sueno
world circuit (2007-03-29) |
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Pas encore mort Ibrahim Ferrer, car la figure emblématique du Buena Vista social club, entame une carrière posthume et flamboyante. Nostalgique et toujours agréable, la personnalité et le timbre de Ferrer est sans doute un des plus attachant de la vague gérontocratique du Buena Vista.
Le chanteur cubain Ibrahim Ferrer est l’artiste le plus populaire de l’épopée du Buena Vista Social Club. Sa version du boléro Dos Gardenias s’est tout de suite imposée comme l’un des moments forts du disque, en lui permettant du même coup de se faire connaître auprès du grand public.
La sortie de son album posthume Mi Sueño (« Mon rêve »), un projet qu’il avait rêvé de réaliser depuis longtemps, et qui est dédié au boléro, ce genre romantique qui est certainement le plus touchant dans la galaxie des musiques cubaines.
« Dans le passé, je n’ai jamais pu chanter des boléros... », avouait Ibrahim Ferrer, en racontant qu’on lui répétait qu’il n’avait pas assez de voix et que son timbre n’était pas assez viril... Il ajoutait en souriant : « Merci donc à Buena Vista de m’avoir aidé à me frayer un chemin… C’est comme si un petit oiseau était venu frapper à ma porte pour me dire où je devais aller… ».
Tout au long de sa carrière, Ibrahim Ferrer était surtout connu pour ses fulgurantes improvisations dans des morceaux afro-cubains très rythmiques. Curieusement, il n’était pas célèbre, et même à Cuba sa notoriété se limitait à un petit groupe d’aficionados et de musiciens. Ce n’est qu’en 1996, à l’âge de 69 ans, qu’il a été poussé à sortir de sa retraite pour participer à l’album du Buena Vista Social Club...
Mi Sueño est le fruit de sessions qui se sont déroulées dans un climat intime et chaleureux. Tout a commencé à La Havane en 2004, avec une petite formation que l’on peut sans hésiter qualifier de « all stars », puisqu’on y trouve Manuel Galban à la guitare et Cachaïto Lopez à la basse, sans oublier bien sûr Roberto Fonseca qui non seulement tient le piano avec son talent habituel mais en plus signe les arrangements et assure la direction musicale de l’ensemble.
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Ibrahim Ferrer avec plusieurs de ses vieux complices du Buena Vista Social Club : Cachaíto López (contrebasse), Guajiro Mirabal (trompette), Manuel Galbán (guitare), Jesus «Aguaje» Ramos (trombone), Demetrio Muñiz (trombone), etvRoberto Fonseca (piano). |
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présentation de l'éditeur
Avec tendresse et passion, mais toujours avec un sens du swing inimitable, Ibrahim Ferrer a transformé ces chansons connues en des créations très personnelles. Le résultat est là : un recueil de boléros irrésistible et rafraîchissant, à la fois traditionnel et étonnamment moderne, qui repose sur une interprétation sobre et inventive à la fois. Les musiciens, qui jouaient ensemble depuis des années, ont mis à profit leur expérience et leur sens de l’interaction. Quant à la complicité musicale qui s’est développée entre Roberto Fonseca et Ibrahim Ferrer, elle est l’armature du projet.
Si Dos Almas et Deuda , avec leurs improvisations vocales, contiennent ces reflets de « modern jazz » qu’Ibrahim Ferrer affectionnait tout particulièrement, Cada noche un amor est plus proche de la tradition du boléro cubain. Quant aux instrumentations, elles brillent par leur variété : Si te contara est basé sur un arrangement de cordes, Quiéreme mucho donne une place importante à la harpe, tandis que Uno et Copla Guajira recèlent de belles interventions de clarinettes. Et puis, les fans de feu Rubén Gonzáles seront ravis de l’entendre jouer sur le morceau Melodie de Rio qui est produit par Ry Cooder. Enfin, que dire de l’émotion qui se dégage du duo entre Ibrahim Ferrer et Omara Portuondo sur le standard Quizas Quizas… ?
Malheureusement, trois semaines avant la fin de l’enregistrement prévue en septembre 2005, et quelques jours seulement après un ultime concert à Marciac en août, Ibrahim Ferrer disparaît à 78 ans. Sur son lit de mort, il dicte une lettre, en demandant que l’album soit terminé. Grâce aux premières bandes de travail qui sont d’une excellente qualité, son souhait est exaucé.
Pas de doute : au-delà de la concrétisation d’un rêve, Mi Sueño est un témoignage fidèle qui a été réalisé avec amour, et qui confirme qu’Ibrahim Ferrer restera l’un des grands ambassadeurs du boléro, sans doute le plus discret et le plus stylé à la fois.
D’ailleurs, laissons-lui le dernier mot, en méditant l’une de ses déclarations au début de l’enregistrement : « Il me reste une chose à vous dire : nous rêvons ensemble et nous continuerons de le faire. Si mes jours prenaient fin demain, je partirais satisfait d’avoir accompli mon désir : chanter le boléro. »
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Mi Sueño (Mon rêve) est le dernier album enregistré par Ibrahim Ferrer avant de disparaître. (photo : Youri Lenquette) |
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biographie de Ibrahim Ferrer
