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ricardo gonzalez Journaliste indépendant, Ricardo González Alfonso a été condamné à 20 ans de prison en mars 2003 pour avoir dirigé la publication de « De Cuba », la première revue indépendante à paraître depuis la Révolution cubaine de 1959.
1936 jours se sont écoulés depuis le 18/03/2003, jour de l'arrestation de Ricardo Gonzalez à La Havane
La femme du journaliste emprisonné Raúl Rivero dénonce des conditions de détention "inacceptables"


Au moins huit journalistes incarcérés seraient malades

Le 4 août 2003, Blanca Reyes a confié à Reporters sans frontières sa grande préoccupation face aux conditions de détention de son mari, le journaliste et poète cubain Raúl Rivero. "Il a perdu quarante livres [19,5 kilos] depuis son arrestation, le 20 mars", a-t-elle déclaré, en précisant qu'elle lui avait parlé au téléphone le 31 juillet dernier.

"Pour quelle raison ? Parce qu'il a faim. Aujourd'hui, je veux le faire savoir : Raúl Rivero a faim. Bien qu'il ne s'en plaigne pas, je m'en rends compte, et sa mère, qui le connaît bien, aussi", a ajouté la femme du dissident. "Placé en détention de "haute rigueur", il n'est autorisé à recevoir une visite que tous les trois mois, au lieu de tous les mois. Les visites matrimoniales sont également restreintes. Je ne peux donc lui apporter des aliments que tous les trois mois. Comme les conserves sont interdites, il se nourrit de petits gâteaux et n'a aucune protéine dans son régime alimentaire. La prochaine visite est prévue le 21 août", explique Blanca Reyes. Elle a indiqué que Raúl Rivero souffre également de problèmes de circulation sanguine pour lesquels les autorités lui transmettent les médicaments qu'elle lui apporte.

Elle ajoute : "Les conditions de détentions sont par ailleurs inhumaines et inacceptables. Il souffre de la chaleur et la prison est totalement insalubre. Je sais que les cellules sont infestées de cafards, de moustiques. Même Fidel Castro, lorsqu'il a été condamné pour avoir pris les armes contre le dictateur Fulgencio Batista, n'a pas connu de telles conditions de détention. Raúl, lui, est innocent. Je suis totalement désespérée."

Sans renoncer pour autant à exiger sa libération, Blanca Reyes demande au gouvernement de tout faire pour améliorer les conditions de détention de son mari, en lui assurant notamment une nourriture saine et équilibrée, et en mettant fin au régime spécial auquel il est soumis. La femme du dissident met également en garde les autorités s'il devait arriver quelque chose à la mère du journaliste, Hortensia Castañeda, âgée de 82 ans, visiblement très affectée par l'incarcération de son fils. "Je tiens le gouvernement pour responsable de son état de santé", a-t-elle déclaré.

Raúl Rivero est détenu à la prison de Canaleta à Ciego de Avila, une ville située à 420 kilomètres à l'est de La Havane. Il a été condamné en avril dernier à 20 ans de prison pour "atteinte à l'indépendance et à l'intégrité de l'Etat". Il est accusé d'avoir publié des articles "tendancieux" dans la presse internationale, d'avoir rencontré des diplomates américains et d'avoir collaboré avec Reporters sans frontières, "une organisation terroriste française manipulée par le gouvernement des Etats-Unis". Raúl Rivero a reçu le prix Reporters sans frontières-Fondation de France en 1997 pour son engagement en faveur de la liberté de la presse. Il est également membre de l'association de journalistes Sociedad Manuel Márquez Sterling, membre du Réseau RSF qui regroupe plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse à travers le monde.

source : Régis Bourgeat
Despacho Américas / Americas desk
Reporters sans frontières
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/ americas@rsf.org

Raul Rivero est né en 1945. Après des études de journalisme à l’université de La Havane, il se met au service de la révolution de Fidel Castro, et entre à l’agence de presse officielle Prensa Latina. Sa rupture avec le régime castriste date de la fin des années 80 : en 1989, il quitte l’Union des écrivains et artistes cubains, et signe en 1991 " La lettre des 10 ", pétition demandant à Fidel Castro des élections libres et la libération des prisonniers politiques. En 1995, il fonde l’agence indépendante Cuba Press. Il est aujourd’hui le seul cosignataire de " La lettre des 10 " à demeurer à Cuba, en dépit des pressions, des menaces et des arrestations : " dans l’espace qui existe entre partir et revenir, il faut fonder la permanence, parce que rester sera toujours un antidote contre le désenchantement et un venin contre l’oubli ". Sa liberté de circuler a été restreinte, il a été séquestré et menacé à plusieurs reprises, sa famille intimidée et ses documents confisqués. Depuis le mois de mai 2000, il faisait partie de la Société de Journalistes " Manuel Marquez Sterling ", qui s’est donné pour mission la promotion de la liberté d’expression et d’information, ainsi que la formation professionnelle de journalistes cubains.
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