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Cuba et le Venezuela : un monde de brut

Pour commencer le troisième millénaire, Cuba s’est trouvé un nouvel et providentiel allié, un autre « comandante » en la personne d’Hugo Chavez. La phraséologie tropicalo communiste laisse place à la rhétorique « bolivarienne » du nouveau bienfaiteur de Castro : le Venezuela, dont la manne pétrolière arrive à point nommé pour sortir Cuba de son ataxie.

Mais que serait aujourd’hui Cuba sans l’avalanche de pétro dollars en provenance du Venezuela ? L’économie cubaine reste plus que jamais prisonnière d’un socialisme hyper-bureaucratisé et vivote toujours grâce aux dollars des touristes et des familles exilées aux Etats Unis. Le Venezuela et son pétrole ont remplacé le puissant allié soviétique pour maintenir sous perfusion une économie de pénurie.

Le Venezuela fournit à Cuba 100.000 barils de pétrole par jour soit l’équivalent de près de 2 milliards de dollars par an à des conditions très préférentielles. Un quart de ce montant est payable avec un crédit sur 15 ans à un taux de 2%, et le reste par l’exportation de « services » cubains au Venezuela (environ 23600 médecins cubains seraient présents au Venezuela). Cette coopération économique comporte aussi un volet politique important et même policier : Cuba et le Vénézuela ont signé une convention autorisant les juges, et policiers de la sécurité de l’État cubain, à agir en territoire vénézuélien. La police cubaine pourra donc interroger, rechercher, et même arrêter des Cubains au Venezuela où résident plus de 30000 exilés cubains. Read the full story

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L’axe Chavez Castro renforcé

Pour commencer le troisième millénaire, Cuba s’est trouvé un nouvel et providentiel allié, un autre « comandante » en la personne d’Hugo Chavez. La phraséologie tropicalo communiste laisse place à la rhétorique « bolivarienne » du nouveau bienfaiteur de Castro : le Venezuela, dont la manne pétrolière arrive à point nommé pour sortir Cuba de son ataxie.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a proposé dimanche à Cuba la construction, pour 1400 millions de dollars, d’un complexe pétrochimique à Cienfuegos (centre de Cuba), où les deux pays modernisent ensemble une raffinerie de pétrole.

Le complexe envisagé inclut une usine de fertilisants, une autre de produits pétrochimiques et une usine de traitement du gaz alimentée par bateau depuis le Venezuela.

«C’est une grande raffinerie. Cuba et le Venezuela unis, nous pourrons acquérir la force nécessaire pour être indépendant pour toujours», a déclaré M. Chavez en se référant au projet d’agrandissement et de modernisation de la raffinerie dont la construction avec des technologies d’origine soviétiques s’est achevée en 1990. Le site industriel avait alors été presque immédiatement paralysé après la fin de l’URSS.

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Hugo Chavez veut construire un gazoduc jusqu’à Cuba

Si le projet annoncé hier par Hugo Chavez se concrétise, il pourrait se prolonger probablement jusqu’à la péninsule du Yucatan au Mexique, et marquerait une étape décisive dans le développement de l’offensive “pétro-diplomatique” du Venezuela d’Hugo Chavez.

Chavez a évoqué son nouveau projet dans un discours au sommet de PetroCaribe, qui réunissait ces jours-ci à Caracas des ministres de l’énergie et des chefs d’Etat de la région. Le discours était retransmis à la télévision vénézuélienne d’état.

Cette proposition intervient juste deux semaines après que Chavez ait annoncé l’échec de son plan pour une « grande canalisation de gaz du sud » : un gazéoduc qui devait rejoindre l’Argentine par la forêt tropicale d’Amazonie, mais qui « avait été gelé » par l’opposition du Brésil.

La canalisation gazière des Caraïbes fournirait également Porto Rico et Haïti, selon les indications de M.Chavez.

Le concept d’une canalisation à travers les Caraïbes a par le passé reçu l’appui de la banque mondiale, malgré l’opposition des États-Unis.

Au sommet, Chavez a également proposé de construire une raffinerie de pétrole en Guyane et a invité le gouvernement de Dominica (La Dominique) à accepter son offre d’une raffinerie de 10.000 baril/jour, un projet actuellement en attente d’une analyse environnementale.

Hugo Chavez a également dit que la restauration par le Venezuela de la raffinerie de Cienfuegos à Cuba sera terminée en novembre.

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Cuba et le Venezuela : la diplomatie des pétrodollars

Le président Hugo Chavez a annoncé que le Venezuela quittera la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) qu’il a qualifiés de “mécanismes de l’impérialisme” pour soumettre les pays en développement. “Nous n’avons plus besoin d’avoir un représentant dans ces organismes. Je veux signer tout de suite le document pour les quitter”, a dit Chavez lundi soir, lors d’un meeting durant lequel il a annoncé l’augmentation de 20 pour cent du salaire minimal national et la réduction de la journée de travail à 6 heures en 2010.

“Nous allons les quitter, nous ne voulons plus être là et qu’ils nous rendent l’argent, parce que maintenant ce eux qui nous en doivent”, a-t-il ajouté. Comme si ce n’était pas suffisant, le mandataire a asséné un autre coup au capital international après avoir occupé les puits pétroliers de la riche Bande de Orinoco, mettant fin à une décennie de présence étrangère.

En se détachant des organismes multilatéraux, la dette vénézuélienne avec les banques privées, qui atteint les 26 milliards de dollars, pourrait augmenter sur les marchés internationaux où elle est cotée, comme New York et Londres, étant donné que c’est le FMI qui émet les qualifications sur les risques de ces bons. Cependant, cet aspect semble peu préoccuper le gouvernement de Chavez, qui a réussi à accumuler plus de 29 milliards de réserves internationales et compte avec les hauts cours du pétrole pour maintenir un important niveau de revenus dans les prochaines années.

Lors du sommet de Barquisimeto, Chavez a offert du pétrole pour consolider l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour l’Amérique latine et les Caraïbes).

Les pays de l’Alternative Boliviarienne, la Bolivie, Cuba, le Nicaragua et le Venezuela ont décidé comme première mesure d’abandonner le Centre International d’Accord des Différents Relatifs aux Investissements (Ciadi), sorte de tribunal rattaché à la Banque Mondiale.

Le Venezuela a offert son pétrole comme impulsion aux mécanismes d’intégration basés sur des accords commerciaux. Chavez a proposé de créer un fonds régional pour favoriser les petits producteurs du Nicaragua, d’Equateur et de Haïti.

Au sommet de Barquisimeto (250 kilomètres au sud-ouest de Caracas) Hugo Chavez avec Evo Morales (Bolivie), Daniel Ortega (Nicaragua) et le vice-président de Cuba, Carlos lage, Chavez a offert de garantir tous leurs besoins en brut et de financer 50 pour cent de leur facture pétrolière.

L’offre très attrayante (déjà appliquée pour Cuba sous forme d’échange de services médicaux) consiste en un paiement à 90 jours de 50 pour cent de la facture, 25 pour cent à payer en 25 ans à un taux de 2 % par an, et les autres 25 % seront placés par l’entreprise publique Petroleos de Venezuela (Pdvsa) dans un fond ALBA pour des crédits dans le pays même, comme Chavez l’a expliqué.

Le Venezuela fournit déjà 92.000 barils quotidiens de pétrole à Cuba avec des facilités financières. Le président vénézuélien n’a pas spécifié le volume destiné au Nicaragua.

Evo Morales a aussitôt annoncé le retrait des pays de l’ALABA du CIADI en ces termes: “Les États qui font partis de l’ALBA se sont mis d’accord pour se retirer et pour dénoncer de manière conjointe la convention du Ciadi, en garantissant le droit souverain des peuples de régler l’investissement étranger dans leur territoire”. Le mandataire bolivien a expliqué que la décision a été prise parce que des entreprises étrangères qui ne s’acquittent pas des lois boliviennes ont décidé de recourir au Ciadi pour qu’il leur serve de protection.

Morales a expliqué qu’un examen des décisions du Ciadi, lié à la Banque mondiale, montre qu’il a toujours condamné les pays en faveur des entreprises, même quand celles-ci transgressent les lois.

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Cuba veut relancer sa production de pétrole

Régulièrement, La Havane baigne dans une odeur tenace d’oeuf pourri, lorsque le vent pousse vers la capitale les fumées de la centrale électrique qui alimente, avec parcimonie, la capitale. Le pétrole cubain brulé dans ces centrales est riche en souffre : il sent mauvais et abime les turbines plus rapidement que le combustible de bonne qualité.

Environ 95 pour cent de la production quotidienne cubaine de 85 000 barils de pétroles et de 3,4 millions de mètres cubes de gaz naturels viennent de la région près de la côte nord.

Les autorités cubaines espèrent trouver des réserves encore plus importantes au large des côtes, et des entreprises étrangères participent déjà à l’exploration en partenariat avec le gouvernement cubain.

Une étude géologique américaine a estimé que le nord de Cuba contient de 4,6 à 9,3 milliards de barils de brut et de 280 à 620 milliards de mètres cubes de gaz naturel.

Depuis 2003, des entreprises de Norvège, d’Inde, de Malaisie, d’Espagne et du Venezuela ont réservé des blocs pour l’exploration pétrolière, doté d’accords de partage de la production avec Cuba.

Au total, les compagnies étrangères ont investi 1,5 milliard de dollars dans l’exploration pétrolière à Cuba.

Le potentiel du principal gisement du pays, celui de Varadero (terrestre), est estimé à 3,5 milliards de barils et un autre forage, au nord de La Havane, s’annonce prometteur.

Jusqu’en 1990, Cuba recevait entre 10 et 13 millions de tonnes de pétrole par an de l’Union Soviétique, à des conditions très favorables, dont près de la moitié était revendue sur les marchés. La production nationale de Cuba est alors très faible (moins de 1 million de tonnes par an), et surtout d’assez mauvais qualité car très chargée en souffre.

Plusieurs compagnies étrangères ont déjà passé des accords avec Cuba dont Repsol (Espagne), les compagnies canadiennes Sherritt International et Pebercan, auxquels s’ajoutent depuis cette année ONGC Videsh (Inde), Sinopec (Chine), la compagnie publique de Malaisie (Petroliam Nasional Berhad), et la norvégienne Norsk Hydro spécialisé dans les forages en eaux profondes.

Les compagnies américaines sont interdites d’explorer à Cuba bien entendu, mais la possibilité de trouver du brut à seulement 150 kilomètres des États-Unis a encouragé des groupes de pression à demander un aménagement spécial de l’embargo.

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Quatre compagnies étrangères signent des accords pour chercher du pétrole à Cuba

« Nous commençons une nouvelle étape », a dit le directeur de CUPET, Fidel Rivero Prieto, en signant l’exploitation de deux blocs dans les eaux cubaines avec la division d’outre-mer indienne de l’India Oil and Naturel Gaz Corp ONGC Videsh.

La compagnie publique de Malaisie, Petroliam Nasional Berhad, la norvégienne Norsk Hydro et une compagnie non identifiée, probablement du Vénézuéla ou de la Chine, ont été également admis cette année à faire des recherches dans les eaux territoriales cubaines.

« C’est un grand pas en avant. Personne ne sait comment travailler dans des eaux profondes comme les norvégiens », a affirmé le professeur de l’Université du Nebraska Jonathan Benjamin-Alvarado.

Benjamin-Alvarado, qui a beaucoup écrit sur les questions d’énergie cubaines, a indiqué que l’annonce faite la semaine passée par Chevron, d’une importante découverte prévue au minimum de 3.000 millions de barils dans le Golfe du Mexique, « donne davantage de crédibilité aux prétentions de Cuba ».

Il a ajouté que « les signatures récentes indiquent que le gouvernement cubain est désireux d’ouvrir et de diversifier ses partenaires ».

« Si Cuba trouve des quantités importantes de pétrole, il pourrait attirer d’importantes quantités d’investissement américain, mais d’abord ils doivent se décider à lever l’embargo», a dit dans une conférence de presse le ministre cubain d’Économie, José Luis Rodriguez.

Les compagnies américaines sont interdites d’explorer à la recherche de pétrole à Cuba. Mais la possibilité de trouver du brut à seulement 144 kilomètres des côtes américaines a fait que des groupes de pression exhortent Washington à alleger l’embargo imposé en 1962 contre Cuba.

Le président de l’Association de Commerce États Unis – Cuba, Kirby Jones, a déclaré qu’il y a en suspens des projets de loi au Congrès américain pour permettre aux compagnies américaines « d’entrer dans des discussions avec des fonctionnaires cubains dès que possible ».

La zone économique exclusive de Cuba dans le Golfe du Mexique, de 112.000 kilomètres carrés, a été parcellée en 59 blocs pour l’exploration étrangère en 1999.

l’Enquête Géologique des Etats-Unis a estimé que le bassin du nord de Cuba pourrait contenir quelque 4.600 millions de barils de pétrole, avec un potentiel maximal de 9.300 millions de barils et près d’un milliards de pieds cube de gaz naturel (environ 13 million de mètres cube).

l’Espagnol Repsol-YPF a pris les droits en 2000 sur six blocs dans les eaux cubaines. Dans 2004 la compagnie a foré un puit d’essai, en trouvant des indications de pétrole de bonne qualité, bien que non dans des quantités commerciales.

La compagnie canadienne Sherritt International a ensuite opté pour quatre blocs.

Repsol-YPF, Norsk Hydro et ONGC Videsh ont formé un consortium pour perforer dans les six blocs de Repsol au plus tard en 2008.

Des études séismiques sont en cours ou commenceront dans 10 autres blocs contractés par des signatures étrangères, en accord avec des sources de l’industrie.

La portion cubaine du Golfe du Mexique a été tracée à travers des traités avec les Etats-Unis et le Mexique dans la décennie des années soixante-dix, avec des droits de pêche, et avant que soient développées des technologies pétrolières pour eaux profondes.

Cuba produit autour de 70.000 barils par jour de pétrole de basse qualité et importe autour de 98.000 barils quotidiens à des prix préférentiels de son allié Vénézuéla.

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Les compagnies pétrolières américaines veulent commercer avec Cuba

Des entreprises comme Marathon Oil Corp. font pression au Congrès pour qu’on leur permette de présenter une offre pour exploiter les réserves de brut et de gaz naturel dans les eaux cubaines. Ils sont soutenus pas des élus républicains au Congrès qui demandent au président George W. Bush d’appuyer une loi pour exempter des entreprises pétrolières de l’embargo commercial contre Cuba qui date de 1962, ainsi que d’une interdiction d’exploration à moins de 100 milles (160 kilomètres) des côtes des USA.

La demande croissante de combustible des USA et la possibilité que des entreprises étrangères exploitent ces ressources justifient l’exonération, affirment des partisans de du commerce avec Cuba. ”Crois t-on que l’on va rester les bras croisés et permettre que la Chine extraie du pétrole dans notre arrière cour ? ”, a commenté le sénateur Pete Domenici, président de la Commission d’Énergie du Sénat et sponsor avec 12 autres législateurs du projet qui exempterait certaines entreprises américaines de l’embargo contre Cuba.

Pour leur part, des groupes cubano américains considèrent que la loi renforcerait le régime de Fidel Castro, et en tout cas ils veulent plutôt que l’embargo se durcisse.

“C’est une tentative contre l’embargo, déguisé en tentative d’obtenir de l’énergie parce qu’elle nous en avons besoin”, a commenté Jorge Soriano, ex directeur de la Fondation Nationale Cubano Américaine (FNCA ou CANF en américain). « Il est hypocrite de vouloir aller à Cuba et aider Castro, alors que l’on exploite même pas dans nos propres eaux».

Les entreprises américaines ont essayé d’assoupir l’embargo depuis longtemps. Bien que les restrictions agricoles aient été levées en 2000, d’autres tentatives ont depuis lors échouées.

Toutefois, la combinaison d’inquiétude publique à cause des prix élev&s de l’essence et le pouvoir politique de l’industrie pétrolière pourraient augmenter cette fois les possibilités de succès.

“Quand il s’agit d’une industrie nationale forte, à chaque fois qu’ils se battent contre l’embargo, ils gagnent”, a assuré Robert Muse, un avocat de Washington qui représente des compagnies des USA qui ont un contentieux avec Cuba. « Quand les agriculteurs ont tenté leur chance en 2000, ils ont gagné. Le secteur énergétique a le même type de pouvoir, si non plus, à Washington. En outre, quand on parle du prix de l’essence, il y a une réelle pression».

Le service géologique des USA estime qu’il pourrait avoir jusqu’à 4.600 millions de barrils de brut et 9.8 milliards de pieds cube (environ 140 millions de mètres cube) de gaz naturel dans le bassin nord de Cuba, presque la même réserve qur ce qui existe dans le refuge de faune et flore en Alaska, où le gouvernement de Bush veut autoriser l’exploration.

Cuba adjuge 59 lots pour exploration pétrolières, certains à 45 milles (72 kilomètres) de Floride. Jusqu’à présent Cuba en a vendu 12 à Sherritt International Corp. du Canada et Repsol YPF de l’Espagne, et à des entreprises d’Inde et de Norvège.

Karen Matusic, porte-parole de l’American Petroleum Institute, le groupe de pression d’entreprises comme Exxon Mobile Corp. Texas et Chevron Corp. de Californie, a affirmé que son groupe soutient l’exonération « dans le contexte d’augmenter l’accès à des réserves pétrole et gaz comme moyen de garantir la compétitivité des compagnies des Etats Unis dans le monde ».

Le gouvernement de Bush s’oppose à l’exploitation pétrolière si près de Floride, a indiqué Dana Perino, porte-parole de la Maison Blanche. Bien qu’il soit trop tôt pour dire si Bush interdira la loi qui exempte les compagnies américaines d’embargo, le Président s’est dit “préoccupé par la destination de l’argent : le gouvernement [cubain] qui supprime les droits de son peuple”, a souligné Perno.

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La hausse des cours du pétrole relance l’exploration à Cuba

Cuba a lancé la semaine dernière l’exploitation d’un puits (72 000 tonnes par an) foré par le canadien Sherrit Oil and Gas International et l’entreprise d’État Cuba Petroleo et approuvé un accord entre la firme indienne Ongc Videsh, la norvégienne Norsk Hydro et l’espagnol Repsol YPF pour prospecter les eaux cubaines du golfe du Mexique.

Ces annonces ont poussé des responsables du secteur pétrolier américain et des parlementaires à faire pression sur leur gouvernement pour assouplir l’embargo envers Cuba, réclamant que des firmes américaines soient autorisées à exploiter les gisements du détroit de Floride et à participer à l’exploration des côtes cubaines.

« L’opinion publique américaine serait surprise et étonnée si elle savait, alors que le pays souffre d’une profonde crise énergétique, que des pays comme la Chine, l’Inde, le Canada, l’Espagne et la Norvège font des explorations à seulement 50 milles nautiques de nos côtes », a affirmé le sénateur républicain Larry Craig (Idaho, nord-ouest).

« Il doit y avoir une raison convaincante pour que des entreprises étasuniennes ne puissent pas explorer des ressources énergétiques aussi près de chez nous et je ne suis pas sûr qu’un embargo de 45 ans, qui a échoué, mérite d’être mentionné comme une raison convaincante », a ajouté le représentant Jeff Flake (Arizona).

Le projet de loi « permettrait aux entreprises américaines d’effectuer toute transaction nécessaire, de voyager pour raison d’affaires et de se passer d’une autorisation du gouvernement étasunien pour l’obtenir », comme l’exige actuellement la loi nord-américaine.

Craig a mentionné aussi les problèmes environnementaux dans le détroit de la Floride, qui interdisent de faire des recherches pétrolières sur les côtes de cette péninsule pour leur importance touristique. Une récente initiative dans la Chambre cherche à éviter ces interdictions, en mentionnant les prospections réalisées dans l’île par des compagnies comme l’espagnole Repsol et la canadienne Sherrit, malgré les menaces de la loi Helms-Burton.

Les eaux du Golfe du Mexique ont été divisées en zones d’exclusion économique entre les Etats-Unis, le Mexique et Cuba lors d’un accord signé lors de l’administration de Jimmy carter en 1977.

Depuis 1999, quand Cuba a fait un appel d’offres concernant 59 blocs marins dans cette zone, plusieurs compagnies étrangères sont venues chercher du pétrole dans ses eaux territoriales en collaboration avec l’entreprise d’Etat Cupet.

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