Cuba en bonne place sur la liste des ennemis de l’Internet

Premier obstacle pour acceder à l’Internet si vous êtes cubain : avoir une ligne de téléphone. Les lignes sont distribuées au compte goutte , et en priorité aux « camarades » méritants, c’est à dire ceux chosis par les organismes délégués du parti communiste.

Deuxième petit problème : la vente des ordinateurs est interdite aux particuliers. Seule solution : se procurer les pièces détachées au marché noir et assembler vous même votre PC….

Dans les point d’accès public pour Cubains (cartes payables en pesos cubains) ont ne peut accéder qu’à la fonction mail et pas à Internet : on est jamais trop prudent. Seuls les hôtels pour touristes proposent un accès libre à l’Internet : compter 6 dollars l’heure minimum, soit la moitié du salaire mensuel moyen d’un Cubain….

Les 15 ennemis d’Internet censurent les sites d’information indépendants et les publications d’opposition, surveillent le Net pour faire taire les voix dissidentes, harcèlent, intimident et parfois emprisonnent les internautes et les bloggers qui s’écartent de la ligne officielle.

Les «ennemis de l’Internet» sont l’ Arabie Saoudite, Bélarus, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Iran, Libye, Maldives, Népal, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan et Vietnam. Ils sont tous ou presque représentés au sommet de Tunis.

Premier au hit-parade de la répression : la Chine. Le régime réussit la gageure d’avoir aseptisé son réseau en le purgeant de toute information critique tout en le développant à grande vitesse. «Les Chinois ont créé une police spéciale de l’Internet, explique Julien Pain, de RSF, responsable du rapport. Elle filtre des milliers de sites [dont celui de Libération et le blog de son correspondant à Pékin, ndlr] et bloque des centaines de mots clés. Ce sont ceux qui sont allés le plus loin dans l’automatisation de la censure.»

L’agence gouvernementale saoudienne chargée d’ »assainir » le Web, l’Internet Service Unit (ISU), annonce fièrement qu’elle bloque près de 400 000 sites. Selon les termes de l’ISU, l’objectif du filtrage est de « préserver les citoyens de contenus offensants ou violant les principes de la religion islamique et les normes sociales ».

A Cuba on savait le gouvernement de Fidel Castro expert en matière d’écoutes téléphoniques, on le découvre également performant en matière d’Internet. Le modèle chinois – développer Internet tout en le contrôlant – étant trop coûteux, Fidel Castro a choisi une méthode plus simple pour assurer son emprise sur ce média : il a tout simplement tenu à l’écart du Réseau la quasi-totalité de sa population. A Cuba, accéder au Net est un privilège auquel très peu ont droit et qui nécessite une autorisation expresse du Parti unique. Même si on parvient à se connecter à la Toile, le plus souvent de manière illégale, c’est de toute façon à un Internet ultra-censuré qu’on accède.

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