Deux journalistes étrangères arrêtées à Cuba

La journaliste suisse, qui a aussi la nationalité italienne, a été interpellée en compagnie d’une consoeur polonaise travaillant pour le quotidien « Gazeta Wyborcza » par la Sécurité cubaine à Santi Espiritu (450 km à l’est de La Havane), selon une source diplomatique polonaise. Elles venaient de rencontrer des opposants, animateurs des « bibliothèques indépendantes ».

Un militant de la Commission cubaine pour les droits de l’Homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, illégale), Gerardo Sanchez, 59 ans, a été arrêté avec elles, selon cette source. Ce militant est le frère d’Elizardo Sanchez, fondateur et président de la CCDHRN. Ce dernier a confirmé l’arrestation de son frère.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) confirme qu’une ressortissante helvétique « aurait été arrêtée » à Cuba. « L’ambassade de Suisse sur place fait tout son possible pour obtenir des précisions des autorités cubaines et apportera, le cas échéant, son assistance » à cette citoyenne suisse, a indiqué un porte-parole du DFAE à une agence suisse d’information (ATS).

Après avoir été interrogées par la police, les deux journalistes qui se sont vu confisquer leurs notes, leurs photos ainsi que leurs billets d’avion, ont été consignées dans leur hôtel pour la nuit. Elles devaient être emmenées en début de matinée dans la capitale pour un centre de détention, selon la source diplomatique polonaise.

La journaliste polonaise « n’a rien eu qui puisse menacer sa vie, sa santé ou sa sécurité », a déclaré à Varsovie un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. On ignorait pour l’heure pour quel organe de presse travaillait sa collègue suisse.

Les deux journalistes étaient entrées à Cuba avec un visa de touriste, ce qui est généralement sanctionné par une procédure d’expulsion lorsque des journalistes viennent pour travailler. « C’est malheureusement un incident classique qui n’arrive pas qu’à des journalistes polonais », a commenté le porte-parole polonais.

En 2002, Catherine David, de l’hebdomadaire français Le Nouvel Observateur avait été egalement expulsée. Munie d’un visa de tourisme, Catherine David s’était rendue à Cuba pour enquêter sur la situation des droits de l’homme et de la dissidence.

Catherine David, avait été retenue à l’aéroport international de La Havane et conduite dans une salle située au sous-sol de l’aéroport. L’ensemble des fichiers informatiques de l’ordinateur de la journaliste ont été copiés sur disquette. Ses cassettes audio contenant des interviews de dissidents ont été confisquées, ainsi que toutes ses archives. La totalité de ses pellicules photos et plusieurs livres ou rapports sur la situation des droits de l’homme sur l’île ont été saisis. L’intégralité du carnet d’adresses de Catherine David a également été recopié par les agents des douanes.

En mai 2005, plusieurs journalistes dont un cameraman d’ARTE avaient aussi été expulsés, alors qu’ils tentaient d’assister à une réunion de la dissidence prévue pour le 20 mai.

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