Cuba normalise ses relations avec 8 pays de l’Union européenne

« Cuba a pris la décision de rétablir les contacts officiels avec les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, d’Italie, d’Autriche, de Grèce, du Portugal et de Suède », a déclaré M. Pérez Roque au cours d’une brève conférence de presse.

La décision a été prise, a-t-il ajouté, « à partir de la décision prise par le COLAT (Comité pour l’Amérique latine de l’UE) le 14 décembre à Bruxelles de renoncer à inviter aux réceptions de leurs pays les mercenaires payés et dirigés par les Etats-Unis ».

Les « mercenaires » désignent dans le langage officiel cubain les dissidents, dont 75 d’entre eux ont été condamnés en avril 2003 à des peines de six à 28 ans de prison, en même temps que trois Cubains qui cherchaient à fuir le pays étaient passés par les armes.

En réaction à ces condamnations, l’UE avait adopté en juin 2003 des sanctions politiques contre Cuba et décidé d’inviter systématiquement les opposants en liberté aux fêtes nationales organisées dans les ambassades.

Cuba avait répliqué en « congelant » leurs personnels diplomatiques, privés de tout contact avec les responsables cubains.

La diplomatie espagnole a pris la tête du mouvement en faveur d’un assouplissement des sanctions et son ambassade à La Havane a été la première « décongelée » le 25 novembre.

Cinq jours après, le plus célèbre des 75 dissidents cubains emprisonnés, Raul Rivero, était libéré. En tout, six dissidents ont été remis en liberté en une semaine, s’ajoutant aux huit déjà libérés depuis avril cette année, une série de gestes interprétés comme visant à encourager la position espagnole au sein de l’UE.

Réunis à Bruxelles le 14 décembre, les responsables chargés de la politique cubaine des 25 Etats membres de l’UE ont préconisé un rapprochement avec La Havane, tout en recommandant d' »intensifier les contacts avec la dissidence » et de modifier le format des invitations aux fêtes européennes dans la capitale cubaine.

Jusqu’en juin ni les officiels cubains ni les dissidents ne devraient être invités à ces fêtes.

Ces propositions doivent être examinées pour éventuel accord par les chefs de la diplomatie de l’UE lorsqu’ils se réuniront le 30 janvier prochain, a ajouté le porte-parole.

Toutefois, a souligné le chef de la diplomatie cubaine, la normalisation « ne se fait pas avec tous les pays de l’Union européenne, mais avec un groupe » d’entre eux.

Le ministre cubain faisait allusion à l’existence d’une forte opposition de la part des Pays-Bas, de la Pologne et de la République tchèque à un assouplissement des sanctions.

Les mesures cubaines de « gel » des ambassades de l’UE ne concernent que celles présentes à La Havane, soit 14 des 25 pays-membres, 15 avec la représentation propre de l’UE.

Sur ces 14 pays, deux –la Belgique et la Hongrie– n’ont pas été « congelées » pour n’avoir pas organisé de fêtes nationales, et donc pas invité de dissidents.

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