Défaite du candidat pro-cubain en Equateur

Contre toute attente, M. Noboa, 56 ans, l’homme le plus riche d’Equateur, est arrivé en tête avec 26,7% des suffrages contre 22,5% pour M. Correa, 43 ans.

Aucun des deux candidats n’ayant rempli les conditions pour l’emporter dès le premier round (majorité absolue ou 40% des suffrages et 10 points d’avance sur le deuxième), les deux hommes se retrouveront le 26 novembre pour le second tour.
M. Correa a contesté lundi ces résultats, affirmant avoir remporté le premier tour. Il a estimé que le système informatique brésilien E-Vote, utilisé pour le dépouillement, avait « échoué » dans ses calculs et pouvait l’avoir privé d’un suffrage sur trois.

Pendant les jours précédant le scrutin, il avait déjà dénoncé une fraude électorale organisée, selon lui, avec la complicité tacite de l’Organisation des Etats américains (OEA) et de ses 150 observateurs dans le pays.

Il y a moins d’une semaine, les sondages le donnaient encore largement vainqueur dès le premier tour, avec une avance de dix points sur M. Noboa.

Le président sortant Alfredo Palacio et le chef de la mission de l’OEA, l’Argentin Rafael Bielsa, ont rejeté tout soupçon de fraude.

Pour El Comercio, l’avantage de M. Noboa s’explique aussi par un discours plus pragmatique que celui de son rival.

Le candidat de la droite a pour sa part estimé que l’amitié de son adversaire « avec Cuba et le président du Venezuela Hugo Chavez » était à l’origine de sa déroute.

Une dure confrontation gauche-droite est attendue pour la campagne du second tour dans ce pays très instable, dirigé par sept présidents en dix ans, dont trois destitués avant la fin de leur mandat. Le dernier en date, Lucio Gutierrez, avait vu son mandat abrogé par le parlement en avril 2005 et il avait été remplacé par M. Palacio, son vice-président.

M. Correa avait décidé de ne pas présenter de candidats aux législatives car il compte, s’il est élu président, convoquer une assemblée constituante pour réformer la Constitution et réduire le pouvoir du Congrès qu’il considère comme la cause de l’instabilité chronique du pays.

Sur le plan international, un gouvernement de Correa, consoliderait les relations avec Cuba, le Venezuela et la Bolivie, et renforcerait le bloc latino-américain de gouvernements de gauche. Pour Alan García au Pérou, cela peut impliquer à moyen terme plusieurs problèmes.

Si la politique de Correa consiste en la renégociation avec les entreprises pétrolières et l’application d’une politique anti libérale, cela donnerait plus de force aux mouvements d’opposition au Pérou et pourrait remettre en question les politiques économiques qui sont en train d’être suivies.

Avec la Colombie, la situation est déjà tendue à cause du refus de l’Equateur de participer au Plan Colombie, et des incursions des militaires colombiens sur le sol équatorien pour combattre la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), en plus des dizaines de milliers de réfugiés qui ont fui en Equateur à cause du conflit interne du voisin du Nord.

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