Hugo Chavez : vers une crise des missiles ?

Tout comme Fidel Castro, Chavez se présente comme un grand défenseur de la démocratie, avant de concentrer entre ses mains tous les pouvoirs. Une loi, votée par un Parlement qui lui est tout acquis depuis le boycottage des législatives de 2005 par l’opposition, permet désormais à Hugo Chavez de gouverner par simples décrets pendant 18 mois : Chavez se réclame souvent de Bolivar, mais là c’est plutôt Bonaparte qui est de retour.

Les pouvoirs spéciaux, dont l’Assemblée nationale l’a doté couvrent la majeure partie des champs législatifs.
Premières mesures : un vaste plan de nationalisation pour donner à l’État le contrôle de la production pétrolière, celui des compagnies d’électricité privatisées dans les années 1990 et la fin de l’autonomie de la banque centrale du Venezuela, jugée trop libérale.

Plus inquiétant : un programme d’armement très consistant est à l’étude, avec l’achat de missiles à la Russie. Chavez a confirmé jeudi soir son intention d’acquérir prochainement des missiles russes de type TOR-MI, de courte portée. « Oui, nous allons acheter des missiles, des russes (…), les plus modernes, pour nous défendre, défendre les installations pétrolières, les installations stratégiques », a déclaré M. Chavez. Défendre contre quel envahisseur ? Hugo Chavez ne le précise pas. Comme son ami Fidel Castro, il pense peut être à un débarquement américain….

Le Venezuela, cinquième exportateur mondial de brut, a acheté l’an passé à la Russie 24 avions de chasse Sukhoï 30, ainsi que 53 hélicoptères militaires MI-24 et un lot de 100.000 fusils Kalachnikov.

Les Etats Unis vont certainement apprécier cette politique militariste à outrance, dont on ne voit pas très bien le but, sinon provoquer l’adversaire comme l’avait le mentor de Chavez en 1962 à Cuba, Fidel Castro. Certes les missiles en question ne sont pas des missilles nucléaires, mais Hugo Chavez a apporté son soutien au programme nucléaire du régime islamique iranien. Le Venezuela a annoncé en début de semaine une coopération avec Téhéran dans le domaine de l’aéronautique militaire. Les projets portent sur la fabrication d’appareils sans pilote et sur des avions de chasse F5 américains achetés avant l’arrivée de M. Chavez au pouvoir en 1999, et dont Washington refuse d’assurer la maintenance.

Il y a un an, les États-Unis avaient interdit à l’Espagne de vendre au Venezuela des avions militaires comportant des composants électroniques américains. Caracas avait réagi en promettant de s’équiper auprès des pays partageant ses positions anti-américaines.

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