Un court métrage tourné à Cuba tourne en dérision la police politique

« Bonjour, mon nom est Rodriguez et voici le camarade Segura : nous venons installer les microphones ».
C’est en prononcant cette phrase, plutôt surprenante que se présentent les deux fonctionnaires de la Sécurité de l’État qui frappent à la porte de Nicanor ÓDonell (Luis Alberto Garcia).

Pendant 15 minutes, Nicanor essayera de comprendre la nouvelle politique dans laquelle on lui demande que continuer à dire du mal du gouvernement, mais dorénavant dans la chambre dans laquelle va installer les microphones.

Tout ceci assaisonné avec beaucoup de la « cotidianidad cubana », depuis les jerricans d’essence volée qui trainent chez Nicanor, jusqu’à l’offre de l’un des agents de la Sécurité de lui vendre en douce une antenne parabolique (installation interdite à Cuba).

« Notre mission est d’installer des microphones dans ta maison pour écouter directement tes commentaires antigouvernementaux », explique un des agents à Nicanor ÓDonell qui au début, n’en croit pas ses oreilles.

Nicanor passe de la surprise à l’indignation, en affirmant à propos des agents de la Sécurité « ils ne prennent même plus la peine de se cacher » .
Ce à quoi l’agent répond de façon très professionnelle et un peu à la manière d’un fonctionnaire dépité « Les clients, personne de les comprend : avant ils se plaignaient de ne jamais nous voir en face ».

Un des fonctionnaires lui demande sur un ton très professionnel « Où vous parlez généralement mal du gouvernement, dans quelle partie de la maison? » et Nicanor répond « dans toutes les parties, ici, dans la chambre, dans la cuisine, dans la cuisine! ».

Les agents racontent à Nicanor qu’il a été choisi parce que ses critiques sont « réellement sagaces » et en outre parce que sa maison est près de leurs bureaux et qu’ils n’avaient pas d’automobile disponible.

Le court métrage bascule ensuite dans l’absurde, au moment ou Nicanor se scandalise de n’avoir droit qu’à deux microphones, sur le mode des Cubains qui se plaignent sans arret des pénuries incessantes.

Comme tous les Cubains, il proteste contre le manque de moyens de l’Etat….. même quand il s’agit de l’espionner à des fins politiques : une façon de montrer que cette attitude ne choque plus personne à Cuba, ou le respect de a vie privée n’existe pas.
Les deux agents expliquent qu’il doit s’estimer content, « Vous vivez seul et l’État vous assigne deux microphones » dit le fonctionnaire Rodriguez et il ajoute qu’il y a des familles de dix personnes qui n’ont eu droit à aucun microphone.

Quand ils lui demanderont de faire un essai de son, le fonctionnaire Segura lui suggère qu’il dise « quelque chose de subversif, pour s’echauffer » et ÓDonell crie : « J’adorerais avoir une antenne parabolique ».

À la fin un des agents lui offre de lui vendre une de ces antennes de télévision satellitaire interdites à Cuba « mais ca reste entre nousmoi reste entre nous parce que ce type est un peu borné », ajoute t-il, en se référant à l’autre policier.

Ce court métrage parcourt Cuba sous forme de CD-ROM et est vu sur des ordinateurs particuliers, la plupart d’entre eux clandestins aussi, puisqu’à Cuba la vente de PC est interdite aux particuliers.

télécharger « Monte Rouge » au format Windoows Media Player

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