Le dollar disparait des transactions à Cuba

Le dollar a vécu lundi son dernier jour à Cuba comme moyen de transaction, onze ans après sa réapparition dans l’île communiste, la monnaie américaine laissant la place au peso convertible au terme d’une opération qualifiée par les autorités de « nouvelle victoire contre l’impérialisme ».

Magasins, hôtels, restaurants, loueurs de voitures et autres établissements commerciaux qui « travaillaient » avec le dollar n’acceptent plus que le « peso convertible », sous forme de billets colorés surnommés « chavitos », ou « billets de monopoly » par la population.
En dépit d’inquiétudes sur l’avenir de cette monnaie, les Cubains ont réagi dans l’ensemble avec calme et discipline. « Les gens ont été bien informés et, jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de problèmes.

Le président Fidel Castro en personne avait annoncé cette mesure le 25 octobre, donnant quinze jours à une population prise par surprise pour changer ses dollars contre des pesos convertibles, au taux de un pour un, avant l’application d’une taxe de 10% qui doit commencer le 15 novembre.
Selon le président cubain, l’opération est destinée à « répliquer » aux mesures de durcissement de l’embargo américain contre Cuba, qui faisaient peser des menaces sur les transactions commerciales de l’île et sur ses dépôts en dollars à l’étranger.

Dans un branle-bas de combat bancaire général, 1.663 points de vente ont été ouverts deux jours après dans toute l’île, dont 403 dans la capitale où, par milliers, les habitants ont ouvert des comptes d’épargne en dollars. Seules sont visées en effet les transactions en espèces. Les opérations de change, la détention de dollars et de comptes en billets verts demeurent autorisées, de même que les virements sur ces comptes, y compris par chèque.

En 1993, à contre-coeur, le président cubain avait légalisé la monnaie américaine devant l’effondrement économique du pays à la suite de la disparition du bloc communiste européen. Depuis, l’économie cubaine reposait sur trois monnaies : le dollar, de loin la plus appréciée, mais accessible seulement à une partie de la population, le peso cubain ordinaire, le plus répandu, et le peso convertible, généralement dédaigné.

Selon banquiers et experts occidentaux, l’opération doit permettre aux autorités de récupérer des dizaines, voire des centaines de millions de dollars en circulation. Cuba, exclu des organismes monétaires internationaux, est chroniquement à court de devises et emprunte au marché à court terme, sans pouvoir honorer sa dette qui s’élève à quelque 11 milliards de dollars. Jeudi, la BCC a repoussé d’une semaine, jusqu’au 15 novembre, l’échéance pour les opérations de change ou d’ouverture de comptes d’épargne en dollars. La presse officielle a qualifié l’opération de « nouvelle victoire contre l’impérialisme », affirmant que Cuba récupérait ainsi sa « souveraineté monétaire ».
Les touristes, principaux pourvoyeurs de devises de Cuba, de même que les résidents étrangers, devront eux aussi utiliser désormais le peso convertible.

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