Fidel est tombé, mais Castro est toujours aux commandes

Conscient de l’importance mondiale de son état de santé, Castro a vite réagi mercredi soir après une chute dans l’escalier descendant du podium où il venait de prononcer un discours, à Santa Clara (est de Cuba). Il a demandé un micro malgré la douleur trahie par la sueur perlant sur son front pour affirmer devant les télévisions et radios qu’il était « entier ».

Avec l’instinct de conservation qui le caractérise, il a précisé à l’assistance qu’il restait aux commandes: « comme vous pouvez le voir, je peux parler et, même s’ils me plâtrent, je peux continuer mon travail ».

Sur le ton de la plaisanterie, il a ajouté: « maintenant, je serais très curieux de voir les photos (montrant) comment je suis tombé. La presse internationale les a prises et certainement que demain, elles seront en première page des journaux ».

Le « lider maximo » a la réputation de dormir très peu et de travailler jusqu’au petit matin, soutenant souvent de longues conversations avec ses conseillers. Son ami personnel, l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, a dit de lui que quand « il est fatigué de parler, il se repose en parlant ».

Sa curiosité est insatiable et nourrie par la lecture d’ouvrages très éclectiques puisque sa bibliothèque renferme aussi bien des romans d’Hemingway que des traités sur la culture hydroponique — culture des plantes terrestres réalisée avec des solutions nutritives sans le support d’un sol.

Il pratique de manière assidue la gymnastique et la natation même si ses préférences vont au basket, à la pêche sous-marine et au baseball, le sport national. Il a cessé de fumer depuis près de vingt ans alors qu’il consommait jusqu’à une demi-boîte de « Havane » par jour. Il est également parvenu à contrôler son goût pour les bons petits plats et une tendance à l’obésité.

Grâce à un dynamisme savamment entretenu, ses partisans sont habitués à le percevoir comme une sorte de phénix renaissant toujours de ses cendres.

Le 23 juin 2001, après une perte de connaissance de 10 minutes en raison de la chaleur lors d’un événement public, il était réapparu devant les caméras de télévision quelques heures plus tard et avait ironisé: « certains diront que j’ai fait le mort pour voir comment on m’enterrait ».

En décembre 2002, il avait dû garder le repos pendant 10 jours pour une inflammation à la suite d’une piqûre d’insecte à la même jambe que celle blessée mercredi soir. « On m’a recommandé du sérum physiologique et de placer la jambe de manière horizontale. De ne pas être debout et quelques pastilles pour aider », avait indiqué Castro pour justifier sa première absence en 25 ans à la session plénière du parlement.

Une équipe très restreinte de médecins veille sur l’état général de Castro, objet de fréquentes spéculations y compris au niveau international. Ils se déplacent toujours avec lui sous la houlette du docteur Eugenio Selman-Housein Abdo.

M. Selman qui a créé le « Club des 120 ans », un groupe de gens ayant adopté un style de vie particulièrement sain pour parvenir à cet âge, a assuré en mai dernier que Castro vivrait 140 ans.

« Lui (Castro) se dirige vers les 140 (ans) et je n’exagère pas parce que maintenant avec les progrès de la science et l’apparition des cellules souches, l’homme sera immortel », a déclaré le médecin. Il avait alors indiqué que Castro « allait formidablement bien », ajoutant qu’il « courait et nageait » comme toujours.

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