Cuba : une mise au point de M. Douste-Blazy sur la politique de la France.

Ce n’est pas la France qui a changé, seule, de politique vis-à-vis de Cuba ; ce sont les pays européens qui ont modifié ensemble, depuis le début de cette année, leur position vis-à-vis des autorités cubaines.

Ayant observé que la politique consistant à refuser tout contact officiel avec elles n’était parvenue à aucun résultat concret, les vingt-cinq membres de l’Union ont décidé d’une autre voie : parler à tous à Cuba, gouvernement comme opposition, et poursuivre nos efforts pour une plus grande ouverture.

Les autorités françaises ont appliqué cette politique avec mesure, y compris à l’occasion de notre fête nationale, quand nous avons reçu les représentants de l’opposition, à la veille de la réception à notre ambassade, pour avoir avec eux un échange approfondi, les informer de notre décision de ne plus fermer notre poste aux représentants de l’Etat cubain – car c’est bien de ces derniers que dépend, en fin de compte, la libération des dissidents emprisonnés – et recueillir leurs commentaires.

Ces membres de l’opposition n’ont pas marqué d’objection à notre attitude ; même s’ils restent sceptiques sur une évolution du régime cubain.

Comme nous l’avons tous appris depuis lors, les autorités cubaines ont procédé à des arrestations de personnalités de l’opposition, notamment le 22 juillet, pour les empêcher de participer à une manifestation à proximité de notre ambassade.

Cette action des autorités cubaines est inacceptable et nous sommes intervenus immédiatement pour exiger la remise en liberté des personnes arrêtées. Depuis lors, des libérations sont intervenues, d’abord celle de Martha Beatriz Roque, qui est l’une des principales responsables de l’opposition cubaine, mais aussi celle d’une quinzaine de ses compagnons. J’entends continuer à suivre cette affaire et je ne relâcherai pas ma vigilance tant que l’ensemble de ces personnes n’auront pas été libérées.

Au-delà de cet épisode malheureux, il ne faut pas douter de la détermination de la France : notre pays poursuivra ses efforts, comme nos partenaires européens, pour obtenir la libération de tous les prisonniers politiques détenus à Cuba et assurer en même temps que le plein respect des droits de l’homme. Pour cela la France restera en contact avec tous, opposition cubaine comme autorités de La Havane, en défendant sans relâche les valeurs de dialogue et de respect de l’autre.

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