« Nous commençons une nouvelle étape », a dit le directeur de CUPET, Fidel Rivero Prieto, en signant l’exploitation de deux blocs dans les eaux cubaines avec la division d’outre-mer indienne de l’India Oil and Naturel Gaz Corp ONGC Videsh.
La compagnie publique de Malaisie, Petroliam Nasional Berhad, la norvégienne Norsk Hydro et une compagnie non identifiée, probablement du Vénézuéla ou de la Chine, ont été également admis cette année à faire des recherches dans les eaux territoriales cubaines.
« C’est un grand pas en avant. Personne ne sait comment travailler dans des eaux profondes comme les norvégiens », a affirmé le professeur de l’Université du Nebraska Jonathan Benjamin-Alvarado.
Benjamin-Alvarado, qui a beaucoup écrit sur les questions d’énergie cubaines, a indiqué que l’annonce faite la semaine passée par Chevron, d’une importante découverte prévue au minimum de 3.000 millions de barils dans le Golfe du Mexique, « donne davantage de crédibilité aux prétentions de Cuba ».
Il a ajouté que « les signatures récentes indiquent que le gouvernement cubain est désireux d’ouvrir et de diversifier ses partenaires ».
« Si Cuba trouve des quantités importantes de pétrole, il pourrait attirer d’importantes quantités d’investissement américain, mais d’abord ils doivent se décider à lever l’embargo», a dit dans une conférence de presse le ministre cubain d’Économie, José Luis Rodriguez.
Les compagnies américaines sont interdites d’explorer à la recherche de pétrole à Cuba. Mais la possibilité de trouver du brut à seulement 144 kilomètres des côtes américaines a fait que des groupes de pression exhortent Washington à alleger l’embargo imposé en 1962 contre Cuba.
Le président de l’Association de Commerce États Unis – Cuba, Kirby Jones, a déclaré qu’il y a en suspens des projets de loi au Congrès américain pour permettre aux compagnies américaines « d’entrer dans des discussions avec des fonctionnaires cubains dès que possible ».
La zone économique exclusive de Cuba dans le Golfe du Mexique, de 112.000 kilomètres carrés, a été parcellée en 59 blocs pour l’exploration étrangère en 1999.
l’Enquête Géologique des Etats-Unis a estimé que le bassin du nord de Cuba pourrait contenir quelque 4.600 millions de barils de pétrole, avec un potentiel maximal de 9.300 millions de barils et près d’un milliards de pieds cube de gaz naturel (environ 13 million de mètres cube).
l’Espagnol Repsol-YPF a pris les droits en 2000 sur six blocs dans les eaux cubaines. Dans 2004 la compagnie a foré un puit d’essai, en trouvant des indications de pétrole de bonne qualité, bien que non dans des quantités commerciales.
La compagnie canadienne Sherritt International a ensuite opté pour quatre blocs.
Repsol-YPF, Norsk Hydro et ONGC Videsh ont formé un consortium pour perforer dans les six blocs de Repsol au plus tard en 2008.
Des études séismiques sont en cours ou commenceront dans 10 autres blocs contractés par des signatures étrangères, en accord avec des sources de l’industrie.
La portion cubaine du Golfe du Mexique a été tracée à travers des traités avec les Etats-Unis et le Mexique dans la décennie des années soixante-dix, avec des droits de pêche, et avant que soient développées des technologies pétrolières pour eaux profondes.
Cuba produit autour de 70.000 barils par jour de pétrole de basse qualité et importe autour de 98.000 barils quotidiens à des prix préférentiels de son allié Vénézuéla.