Certaines techniques d’humiliation ou de manipulation qui ont été utilisées par les forces américaines dans les prisons d’Abou Ghraib (Irak) ou de Guantanamo (Cuba) sont aussi traumatisantes que la torture physique, selon une étude publiée lundi aux Etats-Unis.
Pour conduire cette recherche, des médecins britanniques ont interrogé 279 victimes de tortures pendant la guerre en l’ex-Yougoslavie.
Entre 2000 et 2002, ces survivants, à 86% des hommes et âgés en moyenne d’une quarantaine d’années, ont été interrogés sur 54 causes de choc émotionnel liées à la guerre et sur 46 formes de torture auxquelles ils ont pu être soumis.
Plus des trois quarts d’entre eux avaient subi à un moment de leur vie un traumatisme résultant d’une torture physique ou psychologique et 55% le subissaient encore au moment de l’étude, selon le Dr Metin Basoglu, du King’s College à Londres, principal auteur de ce rapport paru dans le numéro de mars des Archives de psychiatrie générale.
Les troubles psychologiques et les dépressions sont aussi fréquents et durables chez ceux ayant subi des tortures physiques que chez les victimes de tortures psychologiques, expliquent encore ces psychiatres.
Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.
« La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.
De très nombreux témoignages ont permis d’établir que la torture a été pratiquée massivement à Cuba, et continue de l’être. Selon l’organisation CubaArchive.org, le castrisme aurait fait 9.240 victimes à Cuba.