Auteur/autrice : Info Cuba

  • Dans ce calcul donné par les autorités cubaines entrent  » les frais de mesures préventives et de reconstruction, et les pertes en production et services non exécutés pendant les sept jours qu’a duré le passage de Wilma ».

    Les plus grands dommages ont été enregistrés  »par les pénétrations de la mer, sans précédent, qui se sont produites dans les secteurs côtiers de l’ouest deCuba les 23, 24 et 25 octobre  » a ajouté le communiqué, publié au journal officiel Granma.

    Bien qu’on ne déplore aucun décès du à Wilma, les pluies ont paralysé le pays pendant une semaine et ont provoqué des pertes dans les récoltes de grains et de tabac, selon un rapport publié hier dans Granma.

    Pendant les jours qu’a duré le passage de Wilma et il y a eu une  »phase d’alarme cyclonique  » et 760.168 résidents cubains ont été évacués, et 246.631 animaux transférés à des zones sûres.

    Quelque 7.589 logements ont été détruits, dont 446 l’ont été totalement et le reste avec des dommages principalement dans les toitures.

    Parmi les cultures les plus touchées, on trouve le tabac, parce que beaucoup de maisons de séchage se sont effondrées.

    Le café a aussi souffert dans sa récolte parce qu’étant donné les pluies intenses on n’a pas pu reprendre le grain, dont la maturation a été accélérée par l’humidité et la chute rapide au sol.

    Quant à la pêche, a expliqué le rapport, les dommages ont touché en particulier le secteur langoustier à cause de l’évacuation obligatoire des travailleurs côtiers, et la retraite de quelque 550 bateaux vers des zones de haute mer.

    Dans le secteur du tourisme, un des plus dynamiques du pays, Wilma a affecté 41 installations hôtelières, dont la plupart on pu fonctionner de nouveau en peu de temps.

    Mais la plus spectaculaire des conséquences de Wilma a été l’inondation de La Havane, où des bâtiments ont parfois eu jusqu’à deux et trois mètres d’eau, provoquant des dégâts importants.

  • Bien que l’internet ait prospéré de façon importante à Cuba, côté officiel et gouvernemental (le gouvernement a développé plus 200 sites de propagande politique et de promotion du tourisme), son utilisation par la population est une des plus faibles dans l’Hémisphère Occidental.

    « A Cuba, il y a une crainte pratiquement pathologique de l’accès à l’information », a déclaré Oscar Visiedo, qui a travaillé dans le bureau gouvernemental chargé de l’internet à Cuba. Il travaille aujourd’hui à l’ administration de systèmes d’information à l’Université Carlos Albizu de Miami.

    Bien que Cuba affirme qu’il y a des ordinateurs dans toutes les écoles, un rapport sur le Développement Humain des Nations Unies (ONU) a indiqué que seulement 9 Cubains sur 1.000 (0,9%) utilisent l’internet, comparés avec 288 au Costa Rica et 44 au Honduras. Jusqu’à Haïti où il a 500.000 utilisateurs, est plus avancé que Cuba. D’autres rapports calculent que le chiffre d’utilisateurs au Cuba est plus proche de 150.000.

    Le citoyen ordinaire à Cuba n’a pas le droit d’acheter un ordinateur légalement, ni de s’abonner à un service d’accès à internet sans autorisation du gouvernement, qu’il est presque impossible d’obtenir. Les 335.000 ordinateurs présents à Cuba appartiennent presque tous au gouvernement, à des entreprises étatiques et à quelques personnes « de confiance » comme des médecins, ou des chercheurs universitaires.

    Les cybercafés pour étrangers perçoivent jusqu’à 15 dollars pour une heure de connexion,l’ équivalent d’un mois de salaire à Cuba. Mais il est apparu un marché noir de mots de passe illégaux.

    Le gouvernement cubain assure que ses problèmes sont causés par les USA. Dans une conférence sur l’internet effectuée en Tunisie le mois dernier, le Cuba a déclaré que l’embargo non seulement lui empêche d’acquérir des programmes, mais aussi des câbles de fibre optique qui leur permettraient d’être reliés avec l’internet à une plus grande vitesse et à moindre coût.

    La délégation cubaine et d’autres ont essayé de casser le monopole américain des adresses dans internet :
     »Notre pays dispose accès par l’intermédiaire de satellite comme seule connexion à l’internet, a indiqué Ignacio González Plates, ministre d’information de Cuba. » Nous n’avons pas pu mettre en oeuvre des plans d’utiliser des câbles de fibre optique pour connexions internationales principalement étant donné le manque des autorisations requises par le gouvernement américain ».

    Mais les fonctionnaires des USA et d’autres experts considèrent que l’embargo est un rideau de fumée du gouvernement cubain pour couvrir les véritables problèmes de Cuba.

    Selon les experts, l’internet dans l’île est plutôt comme une sorte d’  »intranet », un réseau interne de plus de 200 emplacements électroniques gouvernementaux et avec accès contrôlé à l’extérieur.

    Le gouvernement cubain reconnait qu’il bloque tous les sites à caractère terroristes, subversifs, ou pornographiques. En fait, cette censure est étendue à la plupart des sites de l’opposition cubaine qui sont installés aux Etats Unis ou en Europe.Quand quelqu’un essaye d’obtenir l’ accès aux sites bloqués, comme celui de la Fondation Nationale cubano Américain (FNCA), ou encore Cubanet (presse indépendante à Cuba), il obtient le message suivant « cette page n’est pas visible »‘.

    Pour contourner les contrôles, il existe un marché d’ordinateurs assemblés à la maison avec des pièces obtenues au marché noir, et des employés du gouvernement avec accès légal à l’internet qui revendent des mots de passe et des heures d’accès sur le marché noir.

    La Section d’Intérêts des Etats Unis à La Havane dispose de 46 terminaux disponibles pour les dissidents, étudiants et activistes qui sont inscrit préalablement, un service que le gouvernement cubain décrit comme « un acte illégal ».

  • Trois décrets divulgués dans les medias officiels ont annoncé des hausses échelonnées dans les tarifs électriques pour sanctionner ceux qui consomment plus de 100 kilowatts/heure, ainsi que des augmentations des pensions et salaires –le minimum est de $9 dollars et la moyenne de $15– selon les catégories de diplômes.

    Adressées aux professionnels, les hausses salariales paraissent conçues pour pallier le fossé croissant dans la société cubaine entre ceux qui perçoivent des pesos cubains (secteur étatique) et ceux qui gagnent des dollars (secteur privé et marché noir). On cite souvent l’exemple des médecins ou des professeurs d’université qui délaissent souvent leur emploi officiel, pour en faire d’autres plus lucratifs comme chauffeur de taxi.

    Fidel Castro, a justifié les nouveaux tarifs par le prix élevé du pétrole, le gaspillage, et les augmentations salaires et des pensions par la nécessité de lutter contre la fracture sociale ouverte par la crise économique de 1991 provoquée par la chute de l’Union Soviétique.

     »Il existe de grandes inégalités de revenus entre ceux qui reçoivent des pensions et des salaires relativement faibles (de l’Etat) et ceux qui profitent de la spéculation, des détournement de ressources et autres formes d’enrichissement illicite », a souligné le document signé par Fidel Castro.

    Les mesures étaient attendues depuis que jeudi dernier, dans un discours de presque six heures, Castro a tracé une nouvelle direction pour la révolution socialiste qu’il dirige depuis 46 ans, avec comme base une « bataille morale » et une plus grande centralisation de l’économie étatique.

    Sa cible est désormais les « nouveaux riches » (agriculteurs privés, commerçants, propriétaires de restaurants privés (paladares), loueurs de chambres à des étrangers) autorisés au début des années 90 pour palier les effets de la crise économique.

    Les augmentations salariales, qui s’ajoutent à celles de mai et juillet, entraineront un accroissement moyen mensuel de 43 pesos cubains ($1.80) à partir de décembre pour 2.2 millions de travailleurs.

    Les pensions de retraite minimales passeront de 150 pesos cubains par mois ($6.25) à 164 ($6.80), –ce qui profitera à plus de 1.2 million de retraités–, tandis que les prestations de l’assistance sociale minimale resteront dans 122 pesos ($5).

    Une chose est sûre : le Cubain devra toujours se contenter d’un salaire mensuel médian de 250 pesos (soit 9 euros). Une rémunération misérable dont ne voudrait pas un journalier de l’Uttar Pradesh (en Inde le salaire horaire d’un travailleur non qualifié est de 0,5 dollar, 1 dollar pour un employé d’un centre d’appel). Le résultat édifiant de 47 ans de « socialisme héroïque au service du peuple combattant », auxquel s’ajoutent les menus inconvénients propres au système socialiste réputé sans classe, donc sans conflit : un syndicat unique au service du parti unique, et l’interdiction de faire grève.

    Devant la chute brutale de l’économie cubaine après la disparition du bloc soviétique, le gouvernement cubain avait légalisé l’utilisation du dollar en 1993, permis les envois de devises de l’extérieur, autorisé le travail d’indépendant pour une centaine de profession artisanales, et tolérés quelques services privés tout en donnant la priorité au tourisme.

    « Nous ne sommes pas néo-libéraux », a tenu à préciser Castro. D’autres mesures restent à venir, comme la disparition du carnet de rationnement, et la limitation des taxis collectifs privés.

    Castro a aussi suggéré une future réévaluation de la monnaie locale face à la devise convertible ($0.80 par un pesos convertible ou CUC), ce qui pénaliserait ceux qui reçoivent des devises en provenance de l’étranger.

    L’économiste dissident Oscar Espinosa Chepe a affirmé que la corruption est  » un cancer en augmentation  », et le dirigeant dissident Manuel Cuesta a demandé des « réformes en profondeur  ».

  • Dans son discours de plusieurs heures à l’université de La Havane, Fidel Castro a analysé la situation internationale et les « dernières nouvelles » autour de la découverte de prisons clandestines américaines et de la CIA installées à l’étranger. « C’est une honte pour le monde », a déclaré Castro.

    Fidel Castro a aussi violemment attaqué Israël, qualifiant le pays dirigé par Ariel Sharon de « pro-nazi ». Les raisons de cette attaque tiennent sans doute au fait qu’Israël a été le seul pays (avec les Etats Unis) à voter contre la levée de l’embargo américain sur Cuba à l’ONU.

    « Il y a peu de temps ont été publiées des nouvelles comme quoi le Gouvernement de ce pays (USA) avait des prisons secrètes dans des pays de l’est de l’Europe, ceux-là même qui votent contre Cuba dans la Commission des droits de l’homme de Genève », a déclaré Castro, en assurant que personne « n’a été torturé à Cuba depuis le triomphe de la révolution ».

    Le dirigeant cubain a souligné que pendant un vote passé à l’ONU il y a eu une condamnation massive de l’embargo que maintient Washington contre La Havane. Seul Israël s’est rangé aux cotés des Etats Unis contre Cuba.

    « Un grand complice de ce bandit (USA) est l’Etat pro- nazi d’Israël », a déclaré Castro en qualifiant de « holocauste » la situation en Palestine.

    Les termes exacts utilisés par Castro (rapportés par AP) sont les suivants : « Gran cómplice de ese bandido (EEUU) es el Estado pro-nazi de Israel »

  • L’orage tropical Gamma, 24e tempête d’une saison cyclonique record (lorsque les noms propres de A à Z ont été épuisés, on utilise l’alphabet grec : Alpha, Beta etc…) devrait atteindre Cuba prochainement, sans toutefois provoquer les conséquences désatreuses de Wilma.

    Le chef du Centre de Prévision de l’Institut de Météorologie de Cuba (IMC), José Rubiera a déclaré attendre « une situation météorologique complexe, qui affectera l’ouest de Cuba avec de fortes pluies et un front froid »

    L’ orage tropical Gamma « va s’associer à un front froid, des pluies fortes et intenses, mais pas très prolongées, avec des vents jusqu’à 90 km/h dans l’ouest du pays ».
    L’ IMC a coïncidé dans ses prévisions avec le Centre National des Ouragans de Miami, en indiquant que Gamma se déplace lentement (7 km/h) avec direction nord- nord-est, avec des vents maximaux soutenus de 75 km/h et une pression centrale de 1005 hectopascals. Les experts espèrent que Gamma ne se transforme pas en ouragan car les conditions dans les Caraïbes lui sont actuellement défavorables.

    A chaque fois qu’un ouragan passe sur La Havane, des centaines d’immeubles et de maisons s’effondrent dans les quartiers populaires de Centro Havana et de la vieille Havane. Après 50 années de socialisme, la capitale cubaine est un champ de ruine, et l’année 2005 s’annonce comme une des pires avec sa succession d’ouragans dévastateurs.

    Lors de la précédente alerte crée par Wilma, à Cuba les vagues géantes, ont provoqué d’importantes inondations, les pires depuis 12 ans, causant de nombreux dégâts.

    Le Malecon, la célèbre promenade de bord de mer de La Havane, avait été totalement envahi par les eaux qui se sont avancées d’environ 800 mètres dans la ville, touchant hôtels et centres commerciaux.

    La mer a provoqué le plus de dégâts dans les villages côtiers de la province occidentale de Pinar del Rio, à 150 km à l’ouest de la capitale, où 640.000 personnes ont été évacuées des zones à risques.

    Quatre personnes, dont trois touristes étrangers, sont mortes dans un accident d’autocar alors qu’elles tentaient de quitter l’île avant l’arrivée de Wilma, faisant de 2005 une des années les plus meurtrières pour les cyclones à Cuba.

  • Fidel Castro : ex révolutionnaire, aujourd’hui détenteur du record absolu de longévité au pouvoir. 46 ans de règne sans partage, sans élections, sans la moindre ouverture démocratique.

    L’après Castro ? La question est bien sûr dans toutes les têtes mais par sur toutes les lèvres. A Cuba, dans les hautes sphères du pouvoir on évite soigneusement d’y faire allusion , preuve s’il en était besoin que Fidel tient encore fermement les rênes du pouvoir.

    L’ avenir sans Fidel est bien entendu une certitude biologique mais à l’instar des fin de règne des grands caudillos, il serait indécent d’évoquer la succession du « lider maximo » de son vivant. Dans les chancelleries les rumeurs, toujours contradictoires et invérifiables, vont bon train sur l’ état de santé de Castro et on se perd en conjecture sur l’intronisation d’une nécessaire relève.

    Fidel Castro, âgé de 79 ans, est au pouvoir depuis la révolution de 1959. Sa santé fait régulièrement l’objet de spéculations qui alimentent les interrogations sur sa possible succession.

    Récemment, la CIA a acquis la conviction que le président cubain, souffre de la maladie de Parkinson. Il pourrait avoir des difficultés à poursuivre sa tâche si son état empire, prévient le rapport de la CIA, dont les conclusions ont été exposées aux membres de l’administration Bush et du Congrès.

    »Ils ont tenté de me tuer tellement de fois», a commenté Fidel Castro devant des responsables étudiants rassemblés jeudi pour célébrer l’anniversaire du début de ses études de droit à l’université de La Havane il y a 60 ans. «Et maintenant ils disent que la CIA a découvert que j’ai Parkinson»!

    »Cela ne m’ennuirait pas si j’avais Parkinson, le pape -Jean Paul II- avait Parkinson», a-t-il noté ironiquement avant d’étendre le bras pour montrer qu’il ne tremblait pas: «Regardez Parkinson»! Ceux qui croient et font circuler ces rumeurs vont de «déceptions en déceptions», a ajouté le «Lider Maximo». «Je me sens, heureusement, mieux que jamais».

    Vêtu de son éternel uniforme vert olive, Fidel Castro semblait apparemment en bonne forme et l’a démontré avec un discours de plus de quatre heures et demie.

    Au pouvoir depuis près de 47 ans, Fidel Castro a assuré qu’il ne s’accrocherait pas au pouvoir si son état de santé ne lui permettait plus de gouverner le pays.
    «Si je sens que je ne suis pas en état, j’appellerai le Parti et leur dirais que je ne me sens pas en état (…) et que quelqu’un prenne le commandement».

    Pour ceux qui auraient l’intention d’y croire, le dirigeant cubain a tenu à souligner qu’un tel scénario n’était guère susceptible d’arriver prochainement, assurant aux étudiants qu’il fait régulièrement de l’exercice, surveille son alimentation et ne se «néglige en aucune façon».

  • Alors que s’annonce la tempête Alpha qui touche déjà le sud de Cuba (lorsque les noms propres de A à Z ont été épuisé ont entame l’alphabet grec), Wilma continue de semer la dévastation à Cuba, un pays qui n’a vraiment pas besoin de cela.

    A chaque fois qu’un ouragan passe sur La Havane, des centaines d’immeubles et de maisons s’effondrent dans les quartiers populaires de Centro Havana et de la vieille Havane. Après 50 années de socialisme, la capitale cubaine est un champ de ruine, et l’année 2005 s’annonce comme une des pires avec sa succession d’ouragans dévastateurs.

    Comme toujours en pareille occasion; le président Fidel Castro est apparu à la télévision aux côtés de M. Rubiera (chef de la météo cubaine) pour déplorer « le spectacle déprimant de la mort et des désastres » laissé par l’ouragan dans la péninsule mexicaine du Yucatan et offrir les services des médecins cubains, dont près de 200 sont »prêts à partir» pour aider le Mexique, a-t-il dit.

    Le chef des prévisions de la météo cubaine a indiqué que l’oeil de Wilma, vers 21H00 locales, était situé à environ 220 km au nord-ouest de La Havane, accompagné de vents de 175 à 200 km/h, s’éloignant de la province occidentale de Pinar del Rio.

    L’oeil du cyclone a doublé en diamètre, passant de 55 km samedi à 100 km, a-t-il précisé. Wilma, qu’il a qualifié d’ »ouragan record à bien des égards », a un diamètre total de 800 km.

    A La Havane, où des rafales de 138 km/h ont été enregistrées, de fortes précipitations sont attendues dans »deux ou trois heures», a encore indiqué le météorologue cubain.

    L’élévation du niveau de la mer est le »risque principal» durant la nuit et pour lundi matin sur la côte nord-ouest de Cuba et à La Havane en particulier, où elle pourrait monter de 1,5 mètre, a-t-il prévenu.

    Aucune victime n’était signalée dimanche soir sur l’île, dont l’extrémité sud est également affectée par les pluies de la tempête tropicale Alpha.

    Mais, indirectement, Wilma a fait trois morts à Cuba, trois touristes tués vendredi dans l’accident de leur autobus qui a heurté une voiture alors qu’ils regagnaient La Havane dans le cadre des opérations d’évacuation, a-t-on indiqué de source diplomatique.

    Seize autres ont été blessés et hospitalisés à La Havane. Un Cubain a également été tué dans l’accident, survenu à 86 km au sud-est de la capitale.

    Un total de 560.000 personnes, dont 250.000 dans la province occidentale de Pinar del Rio, ont été évacuées dans l’ouest de Cuba, la plupart accueillies chez des proches ou des amis, les autres dans un millier d’abris prévus à cet effet.

  • Parmi les auteurs sollicités par l’organisation que dirige Robert Menard, on trouve entre autres Henri Amouroux, Fernando Arrabal, Didier Daeninckx, Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet, Jean Lacouture, Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann, Eduardo Manet, Erik Orsenna, André Comte-Sponville, Zoé Valdès ou encore Raoul Vaneigem.

    Nous avons choisi de reproduire ici le texte de Zoé Valdés, qui fait référence à la situation des Cubains en matière de liberté d’expression.

    Survivre bâillonné

    Pour moi, la liberté d’expression fait partie inhérente de la liberté et de la condition humaine. La liberté d’expression c’est faire confiance à la pensée, et exprimer cette confiance par la parole c’est réaliser une des principales fonctions de l’être humain : la communication à travers la raison et l’entendement, mais aussi à travers la polémique, la poésie, en comprenant la réalité et ses concepts en leurs multiples variations. Quand l’homme commence à redouter sa propre pensée, à se défiler et à fuir ses propres mots, par crainte de la censure, alors là il a perdu sa liberté.

    Donner libre cours à l’imagination, à l’analyse, au raisonnement est aussi naturel que d’apprendre à parler, à jouer, à ordonner ses sentiments. La liberté d’expression naît dans l’esprit, à l’instant même où une personne relie un mot à un autre, autrement dit, dès l’enfance. Et c’est terrible quand, depuis tout petit, tu es obligé de vivre dans la double morale, et qu’on t’impose de camoufler ou de dissimuler tes opinions.

    Quand tu es né et as poussé en voyant fouler aux pieds la liberté, comme c’est le cas pour nous qui sommes nés et avons poussé dans cet horrible méli-mélo créé par Castro – le facho-castro-communisme -, nous débarrasser de ce casque de fer qui emprisonne notre esprit se révèle très difficile et douloureux. Le blocage mental peut durer toute la vie.

    Car vivre sans pouvoir exprimer ses opinions constitue une des pires tortures psychologiques, et s’il est déplorable de grandir dans une société où l’on censure toutes les libertés, il est plus triste encore de découvrir un jour qu’on y a vécu complètement adapté.

    Et si la censure nous traque et nous tue à petit feu, c’est pire encore de sentir que l’autocensure s’est installée dans notre cerveau en faisant de nous des robots, des cadavres.
    Le pire c’est de vivre dans l’ignorance totale du droit à la liberté d’expression, dans la méconnaissance de toute espèce de liberté. C’est tout simplement pathétique.

    Ce qui est terrible c’est quand les dictatures totalitaires parviennent à te convaincre que la vie est normale de cette façon, sans avoir droit à rien qui ne soit le paternalisme et l’obéissance aveugle. Alors tu survis bâillonné, en te croyant heureux. Il n’est pas normal qu’encore aujourd’hui, en plein XXIe siècle, il y ait des personnes qui doivent parler à voix basse chez elles, au milieu de leur famille, par crainte d’être écoutées. Et qu’à la seule énonciation d’un mot, on imagine déjà le châtiment du bourreau.

    Le grand poète José Martí a écrit que « l’homme vit de se donner ». Et dans ce don humain et infini, ce qui a le plus de prix, sans aucun doute, c’est la pensée, la valeur de pouvoir l’exprimer, et d’échanger librement ses idées avec les autres.

    On m’a demandé, en maintes occasions, quels sont mes héros, et je réponds toujours que mes héros ce sont mes amis : les poètes et les journalistes emprisonnés à Cuba et dans le monde. Mes amis, ce sont aussi les journalistes de Reporters sans frontières qui, comme je l’ai dit auparavant, sont mes héros, parce qu’ils luttent inlassablement pour la liberté d’expression. C’est avec eux que j’ai appris à connaître le sens véritable du mot liberté, qui est vie.

    Zoé Valdés
    (trad.A.Bensoussan)