Catégorie : droits de l’homme

Situation des droits de l’homme à Cuba, répression et prisonniers politiques

  • Berta Soler, du mouvement de Dames en Blanc, a rapporté que
    les faits se sont produits dimanche, quand sept femmes sont allées à Jaimanitas, dans les environs de la Havane, pour rendre visite à Isabel Ramos, mère du prisonnier Arturo Suárez.

    Isabel Ramos avait entamé un jeûne pour réclamer des améliorations
    de la situation de son fils, qui a accompli 19 des 30 années de
    prison auxquelles il a été condamné pour piraterie aérienne (détournement d’un avion de ligne pour fuir aux Etats Unis).

    Après être sorti du logement de Ramos, des dizaines de personnes
    ont entouré les Dames en Blanc et les ont insulté tandis qu’ils lancaient
    des consignes en faveur du gouvernement, a dénoncé Berta Soler,
    épouse d’Angel Moya, un dissident condamné à 20 années de prison en mars 2003.

     »La police était au coin de la rue et surveillait tout », a dit Soler, et a assuré que « S’il nous arrive quelque chose, les responsables sont le gouvernement ».

    La dénonciation se produit après que le 13 juillet dernier, des centaines de
    personnes ont pris part un acte de répudiation à La Havane contre un
    groupe de dissidents qui commémorait l’anniversaire du sabordage
    d’un remorqueur en 1994 par les gardes cotes cubains.
    Au terme de ce dramatique épisode de la répression, 37 personnes qui tentaient de fuir Cuba sont mortes noyées volontairement par la police cubaine.

  • On raconte qu’un groupe d’idéologues s’est présenté un jour à l’université de La Havane avec pour mission d’expliquer aux étudiants les dangers du projet Varela, qualifié de « pervers ». Cette mission s’étendait à de nombreux secteurs du monde du travail et de l’université, ainsi qu’aux membres du Parti communiste, seul parti officiellement reconnu à Cuba.

    Après les avoir entendus exposer la version officielle, des étudiants ont dit : « Nous voulons connaître le projet Varela afin de mieux vous comprendre. » Certains ont même émis la suggestion suivante : pourquoi ne pas le publier, pour que le peuple puisse le connaître, pour qu’il sache se défendre et certainement le rejeter comme il convient ? La réponse n’a pas tardé : « Nous ne pouvons pas faire ça et nous ne le ferons pas. » Les étudiants ont échangé des sourires narquois et des regards amusés.

    En quoi consiste la campagne du projet Varela ? Il s’agit d’une proposition, émise par des citoyens, d’un projet de loi portant sur l’organisation d’un référendum à Cuba.

    Son nom lui vient du Père Félix Varela, prêtre cubain né au XIXe siècle, qui a été l’un des fondateurs de notre identité nationale et de notre indépendance. Le projet Varela se réfère à la Constitution actuelle qui, même si elle est pleine de contradictions internes et restreint les droits, affirme, dans son article 88, que des citoyens peuvent présenter un projet de loi s’ils parviennent à réunir au moins 10 000 électeurs.

    Le référendum proposé vise à ce que le peuple décide souverainement de modifications des lois permettant de garantir :

    1. la liberté d’expression et d’association ;

    2. la libération des prisonniers politiques ;

    3. le droit des Cubains à fonder des entreprises ;

    4. le droit des travailleurs à décider librement de leurs contrats de travail ;

    5. le droit des citoyens à choisir leurs députés dans des élections démocratiques.

    La loi électorale en vigueur dispose que seuls peuvent se présenter 609 candidats pour 609 postes de députés à « élire » . Je cite ici la loi n° 72. Celle-ci, de plus, dispose que ce sont des commissions de candidature, composées d’organisations dirigées par le Parti communiste, qui décident quels seront ces candidats uniques.

    C’est pourquoi le projet Varela propose une nouvelle loi électorale qui garantisse l’exercice de la souveraineté populaire.

    Malgré la répression gouvernementale contre les militants et les citoyens qui approuvent le projet, nous avons déposé, en mai 2002, une première liste de 11 020 signatures à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. En octobre 2003, nous avons présenté une liste de 14 384 signatures supplémentaires. Entre ces deux dates, on a assisté à l’arrestation et à la condamnation de 75 dissidents et journalistes indépendants, dont une cinquantaine sont des leaders du projet Varela. La répression n’a pas mis fin à la campagne de récolte des signatures : celle-ci continue avec succès.

    La même répression s’est abattue sur le Dialogue national, une activité parallèle au projet Varela, qui est d’ores et déjà une réalité à Cuba. Des milliers de Cubains participent à ce Dialogue, au sein de cercles de citoyens : ils rédigent leurs points de vue sur la transition pacifique à l’Etat de droit.

    Dans les semaines qui viennent, une commission nationale établira le programme de transition résultat de ce dialogue qui sera présenté à toute la société cubaine. Actuellement, la sécurité de l’Etat (la police politique) rend visite, maison par maison, à des milliers de personnes qui ont signé le projet Varela en les menaçant et en exerçant toutes sortes de pressions pour qu’elles se rétractent.

    Au cours de cette campagne de répression contre le référendum proposé par le projet Varela, on a pu entendre des officiers de la sécurité de l’Etat s’exclamer : « Nous devons empêcher les autres Cubains de prendre connaissance du projet Varela, sinon ils vont le soutenir. » Ces officiers, qui sont tout autant nos frères que leurs collègues qui nous persécutent et que nous ne haïssons pas, expriment une grande vérité : les Cubains veulent des changements pacifiques, ils veulent exercer leurs droits, et le référendum Varela leur donne la possibilité de s’exprimer en authentiques citoyens.

    C’est ce qu’ont fait les Chiliens, et le monde les a soutenus pour qu’ils puissent dire non à la poursuite de la dictature. De même, récemment, les Espagnols, les Français et les Hollandais ont décidé, par un référendum, d’une affaire aussi importante que la Constitution européenne.

    Qui peut imaginer que ce droit des peuples à décider démocratiquement de leur destin serait réservé aux seules sociétés européennes et que les Cubains en seraient privés ? Les Cubains attendent la solidarité de ces peuples européens et de leurs gouvernements ; ils attendent que l’on soutienne leur droit à se prononcer par un référendum sur les propositions du projet Varela.

    Il existe bien des opinions et des visions différentes sur la réalité cubaine et sur la solution du drame que vit Cuba. Mais c’est au seul peuple cubain, dont on ne peut pas entendre la voix, qu’il revient de s’exprimer sur l’avenir de la nation. Nous ne demandons pas qu’on soutienne un modèle politique particulier ni un programme idéologique, nous demandons qu’on soutienne le droit des Cubains à décider souverainement. Soutenir le projet Varela, c’est soutenir le référendum que demande le peuple cubain afin d’exiger son droit aux droits.

    Je vous en prie, assez de débats, de conjectures, de polémiques sur ce qui est souhaitable ou non pour le peuple cubain : lui seul a le droit de s’exprimer là-dessus. Il existe désormais un mouvement civique, à l’intérieur de Cuba, qui réclame ce droit. Donc, si l’on parle de solidarité avec le peuple cubain, qu’on le fasse en soutenant le référendum Varela.

    La force du projet est qu’il permet aux citoyens de se libérer de la peur de l’Etat totalitaire. C’est le citoyen qui, à visage découvert, dit : « Ici et maintenant, j’exige mes droits. »

    Traduit de l’espagnol par François Maspero

  • Le gouvernement canadien a demandé des
    explications à La Havane sur ce qui s’est produit alors que Ross
    a dénoncé des violences physiques contre sa personne pendant ses cinq jours de détention.

     »Ca a été cinq jours de terreur, a rapporté Olenia Ross dans une interview avec le Nuevo Herald. « je me suis vu frappée et humiliée
    dans un cachot, et j’ai senti la même peur de de quand je suis sorti
    de Cuba par première fois « .

    Onelia Ross agée de 48 ans, est la femme d’un diplomate canadien et réside
    à Ottawa depuis 1978, avait décidé d’accompagner une couple d’amis
    cubains en visite touristique dans la province de Holguín, dans l’est
    de l’île.

    Tous les trois ont voyagé depuis
    Montréal à Holguín le 6 février dernier, et tout paraissait prêt
    pour un séjour splendide, loin de l’hiver canadien rigoureux.

    Mais après l’attérrissage dans l’aéroport de Holguín, l’escapade dans les tropiques tourne au cauchemar.

    Les autorités cubaines lui ont affirmé qu’elle essayait d’entrer
    illégalement à Cuba et qu’elle devait immédiatement retourner au
    Canada.

     »C’était absurde, a rappelé Ross, le 3 février j’avais été à l’ambassade de Cuba à Ottawa, avec mon passeport cubain pour
    l’habiliter, et le consul m’avait traitée comme
    toujours, avec un reçu pour le paiement des 160 dollars »

    Notez au passage le prix d’un passeport pour un Cubain : 160 dollars, soit environ 20 mois de travail compte tenu du salaire mensuel moyen à Cuba (210 pesos, soit environ 8 dollars, le salaire mensuel le plus bas du monde, environ 5 centimes d’euro de l’heure)

    Mais les fonctionnaires d’immigration d’ Holguín ont considéré
    qu’il y avait une erreur de la date imprimée dans l’autorisation et
    ils lui ont dénié l’accès au territoire national.
    Quatre fonctionnaires ont sorti Ross de
    la salle par la force.

     »J’ai commencé à crier pour que les étrangers se rendent compte de ce
    qui arrivait . Ils m’ont frappée et deux femmes
    en uniforme ont commencé à me traiter vulgairement… alors je me
    suis jeté par terre pour essayer de me défendre « .

    Ross est restée cinq heures sans qu’on lui permette de prendre de l’eau ni
    d’utiliser les toilettes. À 11 heures du soir, elle a été transféré en avion à La
    Havane pour être inculpée.

    Ross a fait cinq jours de prison avant de pouvoir
    quitter l’île. On lui a confisqué les $500 qu’elle portait sur elles pour les vacances
    et pour être libérée, a dû payer tous les  »services reçus »
    soit $16 par jour pour la cellule, $12 pour les aliments qu’elle n’a jamais
    consommé et $42 pour le transport de d’allée et retour à
    l’aéroport.

    Grâce au fait que le couple d’amis qui l’accompagnait a pu joindre
    l’Ambassade du Canada à La Havane, le consul Nathalie Garon a pu la
    visiter dans la prison. Elle a finalement pu retourner à Ottawa le 10
    février.

     »Le gouvernement canadien a déposé plainte pour mauvais traitements
    physiques (violences physiques) envers Madame Ross devant le gouvernement cubain au moyen d’une note diplomatique  » a indiqué Cloé Rodrigue, porte-parole
    de l’ITC.

    La citoyenne mexicaine Eva Badillo, a
    partagé avec Ross l’expérience de la prison au Cuba.  »Deux heures après mon arrivée Mme Ross, est arrivée avec des hématomes
    sur les bras et les jambes », a témoigné Badillo, qui était détenue pour des
    soupçons de faux mariage avec un citoyen cubain.

     »Je récupère encore de ce traumatisme, a exprimé Ross, qui
    dirige une affaire de comptabilité à Ottawa. Je n’ai pas émigré
    pour des raisons politiques et je n’ai pas fait de politique hors de
    Cuba ; tout ceci fait partie des mesures arbitraires qui existent à Cuba pour
    raqueter les Cubains qui vivent à l’étranger « .

    Ross est diplomée d’ Économie et Sciences Humaines de l’Université d’Ottawa.
    C’ était son troisième voyage à Cuba depuis 1978, les deux
    précédents pour motifs familiaux.

    « Je veux que le monde soit au courant des
    vols et des abus commis à Cuba, en commençant par beaucoup de touristes canadiens qui voient Cuba comme un paradis « .

    Le Canada est le premier marché touristique de Cuba, avec 250.000
    visiteurs par an et des vols réguliers qui lient 15 villes
    canadiennes avec sept destinations à Cuba.

  • Plutot ambigue, l’attitude de la France envers Cuba : après s’être tardivement émue des violations des droits des droits de l’homme à Cuba, la France était-elle vraiment obligée de se faire representer par un ministre pour inaugurer un banal salon commercial à Cuba ?

    La semaine dernière encore, Elizardo Sanchez, le dissident historique et défenseur des droits de l’homme à Cuba, dénonçait les arrestations massives de jeunes (plus de 400) en majorité noirs, sans qu’aucun délit n’ait été retenu contre eux. En effet à Cuba la loi sur la « dangerosité sociale » permet d’interner sans jugement quiconque se comporte de façon contraire « à la morale socialiste ».

    Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.
    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, souligne l’hypertrophie du système carcéral cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Au total, entre 0,7 % et 0,9 % de la population cubaine est sous les verrous, le taux d’enfermement le plus élevé du monde.

    Faut-il le rappeller : parmi les 75 dissidents et journalistes arretés en mars 2003, seulement une dizaine ont retouvé, provisoirement et pour raisons de santé, la liberté.

    « Le modèle du tout balnéaire est partout à bout de souffle », a diagnostiqué Léon Bertrand. Mais est ce que ce n’est pas plutôt le « modèle » socialiste cubain qui est au bout du rouleau ?

    Il faut une certaine dose de cynisme pour défendre le tourisme à Cuba, alors que les travailleurs qui servent les touristes y sont exploités comme nulle part ailleurs dans le monde : 210 pesos de salaires mensuels en moyenne, soit 8 euros environ, ou 5 centimes de l’heure.

    Lorsqu’un touriste déjeune à Cuba, il dépense entre deux et trois mois de salaire de la personne qui tavaille pour le satisfaire.

    En outre selon Reporters sans frontières,
    « La soixantaine de dissidents, dont 21 journalistes, emprisonnés depuis la vague répressive de mars 2003, sont eux aussi à bout de souffle. Confinés dans des cellules sans fenêtre, soumis à des conditions sanitaires exécrables, maltraités, mal nourris et mal soignés, ces prisonniers d’opinion ont quelques raisons de soutenir que le soleil cubain n’est plus ce qu’il était…/… Dommage donc, que la France, « invitée d’honneur » à Cuba, n’ait pas rappelé que dans l’île, l’hôtellerie n’a pas le monopole du « service » et de l’ « efficacité » et que des sites tels que la prison du Combinado del Este à La Havane ou de Kilo 8 à Camagüey font hélas, eux aussi, partie du « patrimoine ». Quant à la culture cubaine, elle ne se limite pas à la salsa, à la langouste et au cigare, mais en l’absence de liberté d’expression, ses autres richesses échappent largement au chaland touristique. »

  • Le président de la CCDHRN, Elizardo Sánchez, a considéré que les sentences émises après le jugement le 12 janvier « ont été excessives », parce que, à son avis, « les personnes impliquées n’ont blessé personne, et le gouvernement du Mexique s’est abstenu de présenter des demande pour des dommages ».

    Le Mexique a sollicité l’aide de Cuba pour l’évacuation pacifique des personnes qui s’étaient introduites dans l’ambassade, 18 d’entre elles avaient forcé la grille de l’ambassade à bord d’un autobus de transport urbain.

    La CCDHRN a rappelé que quatre autres jeunes ont sauté la clôture depuis des bâtiments proches de l’ambassade mexicaine, et un cinquième est entré en marchant par le trou qu’avait laissé le véhicule, en profitant de la confusion .

    Les condamnés les plus lourdement sont Pedro Plasencia Achón (avec une peine de 18 années de prison) ; Serguey Cruz Rodriguez (condamné à 15) ; Bismar Echeverria Moreno, Osvaldo Ineraity Calvo et Yovani Alfonso Crespo (avec une peine de 12 années).

    Ramón Enríquez Méndez Sosa (condamné à 10 années de prison) ; et Henry Urrutia Pérez, Michel Iroy Rodriguez, Carlos Mateo López et Leonardo Alfonso Hernández (tous condamnés a neuf années de prison). Alexis Leal Contreras et Alexarsarais Pérez Alcina (à huit années de prison).

    Ernesto Oliva Mirabal ( à sept) ; Yunier Alberto Mosquera González et Luis Yurién Pérez Rivero ( à six) ; et Sachel Gil Pérez, Raybel García Borjas, José Luis Mulen Nodal ( à cinq).

  • L’armée cubaine déclenche une chasse à l’homme sans merci, on “peigne” les poches de résistance. Les combattants, désignés « bandits » par le discours officiel, lorsqu’ils sont faits prisonniers sont généralement passés par les armes. Sauf certains, qui voient leur peine commuée en longues décennies de prison (30 ans).


    C’est pendant cette période d’emprisonnement que va apparaître l’attitude de « plantado » – résistance à tout compromis avec les autorités carcérales – ou le corps, espace de défi infiniment châtié, devient le territoire de cette confrontation avec le pouvoir comme lieu d’une stratégie de résistance aux propositions de reniement.



    Cette recherche trouve sa source dans les récits autobiographiques de ceux qui survécurent à la longueur de leurs peines que nous nous sommes patiemment attachés à récolter de leur bouche propre même, ainsi que dans des témoignages écrits par certains survivants.



    Elisabeth Burgos, « Plantados jusqu’à la liberté : le corps comme territoire de résistance et d’affirmation de l’intégrité face au système carcéral à Cuba » , Nuevo Mundo Mundos Nuevos, Número 5 – 2005, Coloquio, mis en ligne le 19 mars 2005, référence du 16 avril 2005, disponible sur : http://nuevomundo.revues.org/document873.html.


  • Cet incident serait le deuxième incident arrivé dans ce centre pénitentiaire en moins de 20 jours.

    « Les faits sont extrêmement graves et il est très probable que plusieurs détenus décedent des suites de leurs blessures » a déclaré Elizardo Sánchez, président de la Commission cubaine des Droits de l’homme et de la Réconciliation Nationale (CCDHRN).


    « Mais le mutisme officiel est absolu bien que les incidents aient été rapportés à la population de la Capitale ».

    Comme a déclaré le militant des droits de l’homme au Nuevo Herald, la protestation collective s’est déclenchée dans le Bâtiment 3 du pénitencier, et a été maitrisée avec un fort déploiement de troupes du Ministère de l’Intérieur.

    Le ministre l’Intérieur, Abelardo Colomé Ibarra, et d’autres hauts gradés et chefs de la police, se sont présentés sur les lieux, et ont supervisé les opérations répressives.

    Sánchez a indiqué que son organisation a pu confirmer avec des sources familiales, que plusieurs prisonniers ont souffert de brulures et au moins un a perdu un oeil suite à l’impact d’une balle en plastique.



    Presque 72 heures après les événements, les autorités cubaines
    n’ont pas publiquement donné d’information sur ce qui s’est produit.

    Toutefois, les visites familiales au centre pénitentiaire ont
    reprise hier.

    « Ces protestations ont eu lieu étant donné les conditions
    infra-humaines d’internement qui caractérisent le système carcéral
    cubain, l’alimentation désastreuse, l’attention médicale insuffisante, l’extrême sévérité des peines, et le manque de protection juridique
    effective et la politique de transfert massif de prisonniers vers des
    prisons très éloignées de leur logement », a signalé une déclaration de la CCDHRN.

    Une mutinerie semblable s’est produite le 19 mars passé dans cette meme installation pénitentiaire, faisant des dizaines de blessés.

    Le Combiné de l’Est — une des plus grandes prisons du pays —
    abrite actuellement entre 4.000 et 5.000 prisonniers, chiffres non officiel, car le gouvernement cubain ne donne aucun chiffre sur la population carcerale de Cuba.

    Cuba compterait selon certaines sources plus de 100 000 détenus pour un population de 11 millions d’habitants, soit un taux d’emprisonnement proche de 1%, parmi les plus élévés du monde.

    Il y peu Elizardo Sanchez avait déclaré à un journaliste du Monde que « Depuis la modification de la politique de l’UE, nous assistons à un retour à des actions musclées contre les opposants. Outre la répression politique, il y a une recrudescence de la répression sociale. Depuis janvier, des centaines de jeunes âgés de 16 à 20 ans ont été détenus dans des prisons de haute sécurité, comme Combinado del Este ou la prison 1580 à La Havane, accusés de dangerosité sociale, de conduite politiquement incorrecte, d’indifférence ou de non-participation aux mobilisations officielles. Cette répression massive est silencieuse, car il ne s’agit pas de dissidents, mais de victimes anonymes, sans relais auprès de l’opinion. »

  • On le sait Cuba fait maintenant partie des destinations phares pour les célibataires (hommes et femmes) à la recherche d’aventures, le plus souvent payantes. La police a beau se montrer de plus en plus sévère avec les « jineteras », le phénomène réapparait dès que la pression se relache un peu.

    Pour le gouvernement c’est évidemment gênant de constater qu’il existe à Cuba, comme dans les autres pays pauvres d’Amérique Latine, des filles obligées de se prostituer pour survivre. Ca ne colle pas trop avec le « socialisme heroique » etc…



    Certes la prostitution n’a pas été inventée par Castro : elle existait déjà beaucoup sous Batista quand on disait « Cuba, bordel de l’Amérique ». Cette phrase maintes fois reproduite et un cliché qui n’a pas vraiment de fondement historique : le nombre de touristes américains sous Batista oscillait entre 250 et 300 000 par an. On est loin des hordes de touristes européens (près de 2 millions en 2004).



    Par conséquent si Cuba a jamais été un bordel, c’est aujourd’hui, bien plus que sous Batista. Pendant les années 1990 (de 1992 à 1995 en particulier), la prostitution était légale à Cuba, et les hotels de l’Etat cubain accueillaient sans sourciller les touristes « accompagnés » , moyennant un supplément qui allait directement dans les caisses de Castro : il y a eu, à cette époque un véritable proxénétisme d’Etat cubain, bien plus étendu que sous Batista.



    Mais il semble que lorsque le « client » est allemand, français ou espagnol, et sous Castro, c’est beaucoup moins grave que si il est américain et sous Batista.



    Aujourd’hui les Européens, les Canadiens et les Mexicains ont remplacé les Américains, mais le dollar fait toujours la loi sur les trottoirs de La Havane. Les cubains les appellent les « jineteras » (écuyères en espagnol) ou les « pingueros » (qui est à la « pinga » ce que le machetero est à la macheta) : de jeunes Cubaines et Cubains qui arpentent les alentours des hôtels à la recherche d’un touriste aux poches remplies de devises convertibles.



    Après avoir pratiqué pendant plusieurs années la politique de l’autruche le pouvoir tente aujourd’hui de reprendre les choses en main. Mais il paye au prix fort le laxisme des années précédentes qui a conduit au développement d’un tourisme bas de gamme : le pouvoir a tardé à interdire l’accès des prostituées aux hôtels jusqu’en 1995 et à démanteler les réseaux de proxénètes qui travaillaient avec des agences de voyages.


    Certes la perspective de gagner en une soirée le salaire de plusieurs mois continue à attirer beaucoup de cubaines (à Cuba le salaire mensuel et de 8 euros en moyenne, soit 5 centimes de l’heure environ) et de cubains vers le tourisme, mais la police procède désormais régulièrement à des rafles de grande envergure et embarque sans ménagement les suspects, réels ou supposés, en plein milieu des quartiers touristiques.



    Cuba a reconnu pour la première fois en 1999 l’existence d’une prostitution massive dans les rues de la Havane.



    Plusieurs milliers (au moins 7000 selon les chiffres officiels en 1998) de jeunes filles ont été arrêtées et détenues au « centre de réception et classification de la Havane ». La majorité originaires des provinces de l’île ont été réexpédiés manu militari dans leur foyer avec une « carta de advertencia » (avertissement sans frais) les plus récalcitrantes écopant d’un séjour dans une des prisons géantes des environs de La Havane ou dans un centre d’activité et de « rééducation à la campagne » véritables camps de travaux forcés.



    Des entreprises de promotion touristique ont aussi été sanctionnée pour avoir un peu trop axé leurs campagnes de promotions sur les charmes des jeunes cubaines.


    Par bien des cotés le jineterisme est une sorte paradigme de la société Cubaine des années 90 qui a décidé de vivre du tourisme et de l’argent des étrangers, autrefois vilipendé par le pouvoir.



    Le jineterisme, qui peut aller jusqu’au mariage avec un étranger pour pouvoir quitter le territoire, contient en lui même une forme de contestation de l’ordre socialiste : ceux qui le pratiquent vivent souvent en marge de la société et leur « travail » met au grand jour le phénomène de la « pyramide inversée ».