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  • « Ces 2 millions de visiteurs représentent une augmentation de 8 pour cent au-dessus de l’année dernière et sont une démonstration que Cuba n’est pas isolé » selon Manuel Marrero

    La plupart des citoyens des ETATS-UNIS sont interdits par leur gouvernement de déplacement à Cuba, et les visites des Cubain-Americans sont également limitées à une tous les trois ans (au lieu de 1 par an précedemment). Néanmoins, 200.000 personnes sont venues l’année dernière des Etats-Unis, dont 130.000 qui étaient d’origine cubaine.

    Le nombre de citoyens des ETATS-UNIS voyageant au Cuba a été réduit de plus de 50 % depuis juin (30% selon d’autres sources), quand le Président Bush a éliminé la plupart des échappatoires permettant de visiter Cuba avec une licence spéciale.

    Le tourisme et les activités relatives ont representé des revenus de $2.1 milliards de 2003, en augmentation de 15 % pour 2004, ce qui porterait les revenus bruts du tourisme à 2,4 milliards de $, selon le ministre de l’économie, José Luis Rodriguez.

    Cuba s’est tourné vers le tourisme après que l’effondrement du communisme européen ait plongé l’ économie socialiste dans la crise en 1990.

    « l’industrie de tourisme representait 4 % des revenus en devises étrangères en 1990, contre 41 % cette année, » a indiqué Manuel Marrero, ministre du tourisme.

    « le nombre de chambres d’hôtel était de 13.000 en 1990, et aujourd’hui il est de 41.000, dont 40 % quatre ou cinq étoiles » a t-il précisé.

    Les chaînes étrangères d’hôtel, telles qu’Accor et Sol Melia de la France et de l’Espagne, contrôlent la majorité des hôtels de luxe à Cuba.

  • Cependant, a précisé le ministre, ce chiffre de 5% est établi en incluant les dépenses sociales, ce qui « n’est pas pris en compte dans les autres économies ».

    Pour calculer l’évolution du produit intérieur brut (PIB), les autorités de l’île communiste prennent en compte les investissements réalisés dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la sécurité sociale.

    Autant de dépenses qui ne sont jamais prise en compte dans l’évaluation du PIB des autres pays. Par ailleurs, selon les normes de la comptabilité cubaine, ces dépenses effectuées en pesos, sont comptabilisées comme des dollars, soit 25 fois plsu que leur réelle valeur.

    Selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, organisme de l’Onu basé à Santiago du Chili, l’économie cubaine a connu une croissance de 3% ces 12 derniers mois.

    Selon M. Rodriguez, « à prix constants » le PIB s’est élevé à 36,453 milliards de dollars en 2004, mais il n’a pas donné le chiffre de 2003.

    Cette croissance économique s’est produite dans « une année de difficultés extraordinaires de différente nature, auxquelles nous avons fait face à un coût élevé », a-t-il dit.

    L’île a été touchée en 2004 par deux ouragans, Charley et Yvan, et par la plus forte sécheresse depuis 40 ans. Par ailleurs, en juin le président américain George W. Bush a renforcé l’embargo.

    La sécheresse a provoqué des pertes d’un montant de 834 millions de dollars, l’ouragan Charley des dégâts pour 1,223 milliard et Yvan 923 millions, a précisé le ministre.

    Les pénuries d’électricité depuis le milieu de l’année, avec des coupures constantes et des mesures de rationnement, sont venues s’ajouter aux difficultés.

    De nombreuses industries ont dû interrompre leur production et dans le secteur de la métallurgie, « 120.000 tonnes d’acier n’ont pas été produites, obligeant à réaliser des importations coûteuses », a expliqué M. Rdodriguez.

    Cependant, a-t-il ajouté, le tourisme, l’un des secteurs moteurs de l’économie cubaine, a connu une croissance de 7,6% du nombre de visiteurs, dépassant pour la première fois le chiffre de deux millions de touristes sur un an.

    Les 2,05 millions de touristes qui ont visité Cuba ont dépensé 15% de plus qu’en 2003, selon le ministre qui n’a cependant pas donné les chiffres précis.

    En ce qui concerne le commerce extérieur, les exportations ont augmenté de 32,5% avec des revenus « de plus de 2 milliards de dollars », alors que les importations ont connu une hausse de 14,3%, a-t-il dit.

    Par ailleurs on a appris que 70% des sols cultivables de Cuba souffrent de dégradation, en raison notamment de la déforestation ou des problèmes de pollution, selon un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture cité mercredi par la presse officielle.

    Abilio Fernandez, directeur des sols du ministère de l’Agriculture, a révélé l’état préoccupant des sols cultivables dans l’île communiste à la commission chargée de l’environnement à l’Assemblée nationale, qui s’est réunie avant la dernière session du parlement jeudi.

    Selon M. Fernandez, les principales causes sont la déforestation, la pollution, le non-respect des normes de protection de l’environnement, l’irrigation avec des eaux polluées et l’absence de rotation des cultures.

    Même s’il existe des programmes pour réhabiliter 475.000 hectares, cela prendra du temps, a-t-il averti.
    Selon les données officielles, le pays compte 10,5 millions d’ha, dont 5,5 millions appartiennent à l’Etat communiste.

  • Liberado esta semana tras 20 meses de cárcel, el escritor nacido en 1945 en Morón, Camagüey, fue uno de los 75 disidentes detenidos en el 2003 por acusaciones de colaborar con Estados Unidos para socavar el gobierno.

    Este año, las autoridades han excarcelado a 13 presos de ese grupo por problemas de salud, seis de ellos esta semana.

     »Tengo la impresión de que ese proceso va a seguir », pues el gobierno pretende mejorar su imagen, declaró Rivero.

    Las excarcelaciones de estos activistas obedecen a un complejo conjunto de factores y negociaciones internacionales, declaró el escritor, que durante años fue periodista de medios oficiales hasta que rompió con éstos en la década pasada.

    Tras las detenciones, el gobierno español del conservador José María Aznar impulsó duras sanciones contra la isla por parte de la Unión Europea, pero el nuevo gabinete de José Luis Rodríguez Zapatero, de corte socialista, reevaluó esa política y se pronunció por el diálogo.

    Para Rivero, las presiones iniciales y el posterior gesto negociador contribuyeron a las excarcelaciones.

    Sin embargo, no espera una apertura en el sistema de la isla en su conjunto y considera que el gobierno tuvo sus triunfos de esta contienda.

    El encarcelamiento masivo  »fue un golpetazo a la oposición interna y al periodismo independiente », manifestó Rivero.

    A la pregunta de por qué fueron tan pocos los que defendieron en Cuba a los disidentes condenados, el ex preso contestó que  »las estructuras de la sociedad son muy cerradas, hay mucho control », y que además, en los cubanos influye « el miedo ».

     »Pero sí creo que ha habido progresos muy lentos hacia zonas que uno no esperaba », indicó el disidente.

    Un ejemplo de ello, aseguró Rivero, fue la aparición de las  »damas de blanco », un grupo de esposas de disidentes presos. Hasta entonces, los familiares de los detenidos temían involucrarse para no verse perjudicados o aumentar las penas de los encarcelados.

    En los próximos años habrá movimientos  »lentos » de apertura, pronosticó Rivero, pero añadió: « No creo que los cambios sean mágicos ».

    El poeta niega tener las vinculaciones con Washington que le imputó el gobierno cubano, y por las cuales lo condenó a 20 años de cárcel.

    Ahora, Rivero prefiere mirar al futuro: aunque tiene ofertas para emigrar, no quiere hacerlo, desea escribir y disfrutar de su tierra.

  • Premier pays d’Amérique latine à avoir reconnu la Chine de Mao Tsé-toung en 1960, Cuba s’en est presque aussitôt détournée pour Moscou à l’heure du « grand schisme » avec Pékin. Mais c’était pour se retrouver ruinée et orpheline trente ans après, une fois l’URSS disparue en 1991.

    Depuis, Cuba est passée de la Lada soviétique à la bicyclette chinoise, et la quasi totalité des principaux dirigeants chinois ont visité l’île communiste.

    Mais les retrouvailles restent laborieuses et semblent reposer sur un malentendu permanent : alors que depuis vingt cinq ans, les communistes chinois ont fait de la « réforme » la clé de leur succès économique et l’emblème de leur politique, ce terme reste soigneusement banni à Cuba.

    Les slogans chinois répètent que « s’enrichir est glorieux ». Fidel Castro, lui, n’est jamais revenu sur son crédo de 1968, quand il déclarait « nécessaire de démythifier l’argent et non de le réhabiliter ».

    Egalitariste convaincu, il s’est toujours méfié de la renaissance d’un secteur privé, si mince soit-il, dénonçant jusqu’aux marchands de hot-dogs ou de glace privés.

    Chute des investissements étrangers, dénonciation du « consumérisme », effondrement de la production sucrière, pénuries d’électricité, remise à l’honneur de la « traction animale », interdiction des marchés libres pour les paysans : les recettes cubaine sont aux antipodes de celles appliquées en Chine, lancée dans un gigantesque « compromis historique » avec le capitalisme.

    Dans sa plus longue intervention publique connue sur la révolution chinoise, à l’occasion de son 50ème annniversaire en 1999, le dirigeant cubain, tout en saluant le rôle de Pékin, n’a pas fait une seule allusion aux réformes engagées après la mort de Mao par Deng Xiaoping.

    Il avait par contre souligné que « l’impérialisme a crée de nouvelles émissions (de radio) pour transmettre à 1,25 milliard de Chinois les idées occidentales, les habitudes de consommation occidentales, les folies occidentales, et principalement les folies américaines ».

    Fidel Castro revendique en outre avec les Etats-Unis une confrontation permanente, héritée de la guerre froide, très éloignée des préocupations chinoises.

    Il faudra attendre 1995 pour que le dirigeant cubain se rende à Pékin. Dans les milieux diplomatiques à La Havane, on affirme qu’il en est revenu « horrifié » par le foisonnement capitaliste et le consumérisme du géant chinois.

    Pourtant, les deux pays ont en commun les institutions-clé des régimes communistes : parti unique, monopole d’Etat sur la presse et la justice, et strict contrôle social.

    De retour en février 2003, il déclarera à Shanghai : « Nous voulons nous inspirer de l’expérience chinoise ». Mais, évoquant les « quelques difficultés » de l’économie cubaine, il suggerera des « ajustements structurels », se gardant de prononcer le mot de « réformes ».

    Héritier de la politique d’ouverture de Deng Xiaoping, Hu Jintao, qui effectue sa première visite à Cuba en qualité de chef d’Etat, a déjà rencontré au moins deux fois Fidel Castro dans les années 1990 à La Havane.

    Lundi et mardi, il prendra la mesure de la timide ouverture cubaine initiée en 1996, mais déjà sérieusement compromise par une recentralisation tous azimuths.

    A 61 ans, Hu Jintao symbolise la transition réussie vers une nouvelle génération de dirigeants communistes, après le retrait « en douceur » de la vieille garde chinoise.

    Mais Fidel Castro, 78 ans, dont 45 au pouvoir, a prévenu : « Les révolutionnaires ne se retirent pas ».

  • Conscient de l’importance mondiale de son état de santé, Castro a vite réagi mercredi soir après une chute dans l’escalier descendant du podium où il venait de prononcer un discours, à Santa Clara (est de Cuba). Il a demandé un micro malgré la douleur trahie par la sueur perlant sur son front pour affirmer devant les télévisions et radios qu’il était « entier ».

    Avec l’instinct de conservation qui le caractérise, il a précisé à l’assistance qu’il restait aux commandes: « comme vous pouvez le voir, je peux parler et, même s’ils me plâtrent, je peux continuer mon travail ».

    Sur le ton de la plaisanterie, il a ajouté: « maintenant, je serais très curieux de voir les photos (montrant) comment je suis tombé. La presse internationale les a prises et certainement que demain, elles seront en première page des journaux ».

    Le « lider maximo » a la réputation de dormir très peu et de travailler jusqu’au petit matin, soutenant souvent de longues conversations avec ses conseillers. Son ami personnel, l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, a dit de lui que quand « il est fatigué de parler, il se repose en parlant ».

    Sa curiosité est insatiable et nourrie par la lecture d’ouvrages très éclectiques puisque sa bibliothèque renferme aussi bien des romans d’Hemingway que des traités sur la culture hydroponique — culture des plantes terrestres réalisée avec des solutions nutritives sans le support d’un sol.

    Il pratique de manière assidue la gymnastique et la natation même si ses préférences vont au basket, à la pêche sous-marine et au baseball, le sport national. Il a cessé de fumer depuis près de vingt ans alors qu’il consommait jusqu’à une demi-boîte de « Havane » par jour. Il est également parvenu à contrôler son goût pour les bons petits plats et une tendance à l’obésité.

    Grâce à un dynamisme savamment entretenu, ses partisans sont habitués à le percevoir comme une sorte de phénix renaissant toujours de ses cendres.

    Le 23 juin 2001, après une perte de connaissance de 10 minutes en raison de la chaleur lors d’un événement public, il était réapparu devant les caméras de télévision quelques heures plus tard et avait ironisé: « certains diront que j’ai fait le mort pour voir comment on m’enterrait ».

    En décembre 2002, il avait dû garder le repos pendant 10 jours pour une inflammation à la suite d’une piqûre d’insecte à la même jambe que celle blessée mercredi soir. « On m’a recommandé du sérum physiologique et de placer la jambe de manière horizontale. De ne pas être debout et quelques pastilles pour aider », avait indiqué Castro pour justifier sa première absence en 25 ans à la session plénière du parlement.

    Une équipe très restreinte de médecins veille sur l’état général de Castro, objet de fréquentes spéculations y compris au niveau international. Ils se déplacent toujours avec lui sous la houlette du docteur Eugenio Selman-Housein Abdo.

    M. Selman qui a créé le « Club des 120 ans », un groupe de gens ayant adopté un style de vie particulièrement sain pour parvenir à cet âge, a assuré en mai dernier que Castro vivrait 140 ans.

    « Lui (Castro) se dirige vers les 140 (ans) et je n’exagère pas parce que maintenant avec les progrès de la science et l’apparition des cellules souches, l’homme sera immortel », a déclaré le médecin. Il avait alors indiqué que Castro « allait formidablement bien », ajoutant qu’il « courait et nageait » comme toujours.

  • Sous le titre « La bataille contre la drogue avance », le quotidien officiel Granma et l’hebdomadaire Trabajadores, citant les chiffres du ministère de l’Intérieur, ont annoncé qu’environ 400 personnes avaient été jugées à Cuba pour trafic de drogue entre janvier 2003 et le 31 juillet 2004, dans le cadre d’une grande opération contre l’apparition « d’un marché intérieur en phase initiale » et l’accroissement du trafic international autour de l’île.

    La publication de ces chiffres intervient à la veille de l’assemblée générale annuelle d’Interpol, qui débute mardi à Cancun, dans le sud-est du Mexique, et sera consacrée à la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et des êtres humains, ainsi qu’à la sûreté publique et la criminalité financière.

    Sur la période considérée, les forces de police ont saisi 7,8 tonnes de drogue, surtout de la marijuana et dans une moindre mesure de la cocaïne, en général dans des chargements « lancés » en mer à partir d’avions et destinés à être récupérés ensuite par des vedettes rapides venues de la région, ou abandonnés sur les côtes cubaines par des trafiquants repérés.

    « Par la voie maritime, quatre opérations de trafic de drogue international ont été déjouées, au cours desquelles 13 personnes ont été détenues », selon l’article, qui précise que les informations communiquées par les pays voisins, dont les Etats-Unis, ont permis la saisie de cinq bateaux, d’un avion et l’arrestation de 20 narcotrafiquants.

    Dans les ports et les aéroports cubains, 14 opérations de trafic de stupéfiants ont été déjouées avec l’arrestation de 24 personnes et la saisie de 30 kgs de drogue.

    L’arrestation la plus spectaculaire a été celle, le 2 juillet dernier à La Havane, du Colombien Luis Hernando Gomez Bustamante, alias « Rasguno », chef du cartel « Norte del Valle », responsable de 30 à 50% du trafic de cocaïne sur les Etats-Unis.

    Tête de liste des trafiquants dont l’extradition est demandée aux Etats-Unis, « Rasguno », entré à Cuba avec un faux passport mexicain, est également demandé par les autorités de son pays.

    316 étrangers ont été trouvés en possession de petites quantités de drogues pour leur usage personnel, selon les mêmes sources, laissant entendre qu’ils n’avaient pas été détenus.

    « 65,2% des condamnés ont écopé de peines de prison égales ou supérieures à six ans de prison », selon Granma et Trabajadores.

    L’opération, baptisée « Cuirasse populaire » à l’intérieur et « Aché III » pour les interventions douanières et dans les eaux autour de l’île, « a permis d’éloigner les actions des trafiquants de drogue de nos eaux territoriales », estiment les deux publications.

    A preuve, « les six premier mois de cette annnée ont vu une tendance à la baisse des quantités de drogue saisies (1.314,1 kg), soit un peu moins de la moitié » que durant la même période en 2003.

    Le trafic de drogue est un thème particulièrement sensible à Cuba, traumatisé il y a 15 ans par « l’affaire Ochoa », du nom du général Arnaldo Ochoa, héros de la guerre d’Angola, fusillé en juillet 1989 avec trois autres compagnons sous l’accusation de trafic de drogue, au terme d’un procès qualifié par la presse internationale de « dernier procès stalinien » du siècle.

  • A vrai dire ce n’est pas une nouveauté. Les premières traces d’exploitation de ce nickel remontent aux toutes premières années du XXe siècle. La première usine fut construite en 1944 par les Américains.

    Il y a quinze ans, la production de nickel s’était effondrée au moment du départ des Soviétiques. Pendant près de trente ans ceux-ci avaient porté l’économie cubaine à bout de bras. Une fois les grands frères partis, il a presque fallu repartir de zéro. Aujourd’hui, Cuba a une capacité de production de 78 000 tonnes de nickel. «D’ici deux ans, affirme un spécialiste, l’île devrait atteindre les 100 000 tonnes».

    Avec le tourisme, le nickel est devenu la première source de devises étrangères pour Cuba. L’an dernier, les exportations de ce métal ont rapporté environ 800 millions de dollars. Le pays a profité à plein de l’envolée des cours mondiaux et ce n’est pas fini.

    C’est trois fois plus que ce qu’a rapporté le sucre. Car le temps est révolu où Cuba comptait avant tout sur sa production de sucre et où Castro mobilisait la population toute entière pour aller dans les champs, machette à la main. Une seule difficulté pour les exportations de nickel: l’embargo américain interdit l’utilisation de nickel cubain jusqu’au troisième stade de transformation. C’est à dire qu’une petite cuillère fabriquée en Europe avec de l’acier inoxydable contenant quelques grammes de nickel cubain ne pourra être importée aux Etats-Unis.

    Cela explique une certaine discrétion du côté des exportateurs cubains quant à leurs clients, une discrétion qui va parfois même jusqu’à l’absence de documents de vente écrits.

  • Le dollar a vécu lundi son dernier jour à Cuba comme moyen de transaction, onze ans après sa réapparition dans l’île communiste, la monnaie américaine laissant la place au peso convertible au terme d’une opération qualifiée par les autorités de « nouvelle victoire contre l’impérialisme ».

    Magasins, hôtels, restaurants, loueurs de voitures et autres établissements commerciaux qui « travaillaient » avec le dollar n’acceptent plus que le « peso convertible », sous forme de billets colorés surnommés « chavitos », ou « billets de monopoly » par la population.
    En dépit d’inquiétudes sur l’avenir de cette monnaie, les Cubains ont réagi dans l’ensemble avec calme et discipline. « Les gens ont été bien informés et, jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de problèmes.

    Le président Fidel Castro en personne avait annoncé cette mesure le 25 octobre, donnant quinze jours à une population prise par surprise pour changer ses dollars contre des pesos convertibles, au taux de un pour un, avant l’application d’une taxe de 10% qui doit commencer le 15 novembre.
    Selon le président cubain, l’opération est destinée à « répliquer » aux mesures de durcissement de l’embargo américain contre Cuba, qui faisaient peser des menaces sur les transactions commerciales de l’île et sur ses dépôts en dollars à l’étranger.

    Dans un branle-bas de combat bancaire général, 1.663 points de vente ont été ouverts deux jours après dans toute l’île, dont 403 dans la capitale où, par milliers, les habitants ont ouvert des comptes d’épargne en dollars. Seules sont visées en effet les transactions en espèces. Les opérations de change, la détention de dollars et de comptes en billets verts demeurent autorisées, de même que les virements sur ces comptes, y compris par chèque.

    En 1993, à contre-coeur, le président cubain avait légalisé la monnaie américaine devant l’effondrement économique du pays à la suite de la disparition du bloc communiste européen. Depuis, l’économie cubaine reposait sur trois monnaies : le dollar, de loin la plus appréciée, mais accessible seulement à une partie de la population, le peso cubain ordinaire, le plus répandu, et le peso convertible, généralement dédaigné.

    Selon banquiers et experts occidentaux, l’opération doit permettre aux autorités de récupérer des dizaines, voire des centaines de millions de dollars en circulation. Cuba, exclu des organismes monétaires internationaux, est chroniquement à court de devises et emprunte au marché à court terme, sans pouvoir honorer sa dette qui s’élève à quelque 11 milliards de dollars. Jeudi, la BCC a repoussé d’une semaine, jusqu’au 15 novembre, l’échéance pour les opérations de change ou d’ouverture de comptes d’épargne en dollars. La presse officielle a qualifié l’opération de « nouvelle victoire contre l’impérialisme », affirmant que Cuba récupérait ainsi sa « souveraineté monétaire ».
    Les touristes, principaux pourvoyeurs de devises de Cuba, de même que les résidents étrangers, devront eux aussi utiliser désormais le peso convertible.