Contre toute attente, M. Noboa, 56 ans, l’homme le plus riche d’Equateur, était arrivé en tête au premier tour des élections avec 26,7% des suffrages contre 22,5% pour M. Correa.
L’Equateur, pays très instable, a été dirigé par sept présidents en dix ans, dont trois destitués avant la fin de leur mandat. Le dernier en date, Lucio Gutierrez, avait vu son mandat abrogé par le parlement en avril 2005 et il avait été remplacé par M. Palacio, son vice-président.
La perspective d’un duel serré avait créé un climat de tension et de suspicion dans tout le pays.
Le magnat de la banane Alvaro Noboa n’avait cessé d’accuser son concurrent de vouloir instaurer « un Cuba de plus » en plongeant le pays dans « la guerre civile » avec l’aide d’Hugo Chavez.
M. Correa, pour sa part, a comparé le milliardaire à un dictateur et l’a qualifié de « fondamentaliste d’extrême droite », accusé d’exploiter des enfants dans ses bananeraies, de mener une politique anti-syndicale brutale et de « voler l’Etat ».
L’ex-ministre prône la fermeture de la base américaine de Manta en Equateur et refuse de signer un traité de libre-échange avec Washington et est favorable à l’intensification des liens avec Fidel Castro et Hugo Chavez.
Sur le plan international, un gouvernement de Correa, consolide les relations avec Cuba, le Venezuela et la Bolivie, et renforce le bloc latino-américain de gouvernements de gauche. Avec la Colombie, la situation est déjà tendue à cause du refus de l’Equateur de participer au Plan Colombie, et des incursions des militaires colombiens sur le sol équatorien pour combattre la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), en plus des dizaines de milliers de réfugiés qui ont fui en Equateur à cause du conflit interne du voisin du Nord.