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  • L’Amérique latine a changé de cap, dit-on. En fait, les Chávez et autres Morales ne sont pas de gauche.
    A eux tous, ces pays comptabilisent plus des trois quarts de la population et de la richesse de la région. En ce sens, on pourrait dire que l’Amérique latine vire majoritairement à gauche. Mais cette affirmation est exagérée et superficielle. Ce qu’on voit se former n’est ni un nouveau bloc ni une entité de gauche au sens traditionnel du terme. Aucune des différentes gauches latino-américaines ne ressemble à celle du Cuba de Fidel Castro.

    Mais elles ne ressemblent pas non plus à celles de Salvador Allende [socialiste élu président du Chili le 4 novembre 1970, renversé par le coup d’Etat militaire du 11 septembre 1973] ou du premier gouvernement de Daniel Ortega [sandiniste, président du Nicaragua de 1985 à 1990]. L’effervescence politique que l’on observe dans la région correspond à un rejet calme et partiel de l’ordre établi par le “consensus de Washington” dans les années 1980 et 1990.

    Cet ordre – ou plutôt ce système – résulte de l’intégration de l’Amérique latine dans le processus de la mondialisation ; une mondialisation qui, certes, a créé beaucoup de richesses (quoique mal réparties) dans la région, mais qui a aussi engendré un fort mécontentement parmi les majorités populaires.

    Les mesures prescrites par le consensus de Washington ont laissé des traces : ouverture commerciale et financière des pays, acquisitions massives de banques et d’entreprises de services et d’énergie par des acheteurs étrangers. Ces acquisitions ont eu pour conséquence une augmentation considérable de la présence des multinationales dans la région. Cependant, la réaction de la population ne traduit pas une volonté d’implanter le socialisme – ni dans sa version plus dure, le communisme, ni sous sa forme plus douce, la social-démocratie.

    Les gens acceptent l’économie de marché avec la même neutralité – ou la même résignation – que celle qu’ils affichent face à la démocratie parlementaire. L’agitation politique du moment ressemble plus à une lutte, quelque peu spontanée et désorganisée, pour une meilleure répartition des avantages de la mondialisation, un désir qu’exprime la devise : “Une autre mondialisation est possible”.

    Agir dans le cadre de la démocratie parlementaire

    Dire que des mouvements populaires comme ceux des sans-terre, des producteurs de coca ou d’ethnies longuement ignorées, dirigés par des caudillos qui se croient élus non pas par les citoyens mais par la Providence, dépourvus de toute conception d’ensemble cohérente de la société qu’ils veulent créer, dire que de tels mouvements sont “de gauche” revient à dire que le soulèvement de Spartacus [révolte des esclaves contre l’Empire romain, 71-73 av. J.-C.], la révolte des paysans allemands à l’époque de Luther ou encore la révolte des Sioux étaient “de gauche”. Etre de gauche ne signifie pas monter les pauvres contre les riches et les impuissants contre les puissants, pas plus que cela ne signifie semer la haine et le désordre dans la société.

    En politique, être de gauche repose sur le respect de la dignité humaine, sur une conception de l’Etat solidaire, et sur la priorité accordée par les dirigeants à l’égalité de tous devant la loi et à la juste répartition des biens et valeurs créés par le travail et le capital. Et même si, dans la pratique, la défense de ces principes implique la limitation des privilèges des riches et des puissants, la gauche moderne doit agir dans le cadre de la démocratie parlementaire, c’est-à-dire en respectant les autres partis politiques qui lui disputent le pouvoir et en condamnant avantages, manœuvres politiques et abus.

    Par définition, les caudillos ne sont pas de gauche. La gauche latino-américaine a appris pendant la “décennie perdue” des années 1980 que la stabilité économique, sans inflation galopante, assortie d’une monnaie crédible au niveau international, d’un équilibre budgétaire raisonnable et d’un environnement favorable aux échanges commerciaux est une condition sine qua non d

  • Prix total : 54 millions de dollars (42 millions d’euros). L’accord prévoit également la construction d’usines au Venezuela pour la fabrication de kalachnikovs sous licence.

    Membre du comité d’état-major interarmes américain et directeur adjoint pour les affaires politico-militaires, le général Frederick Rudesheim estime que « lorsqu’un gouvernement fait un achat aussi important et aussi disproportionné par rapport à ses besoins, le résultat ne peut être qu’une déstabilisation de la région ».

    Pour sa part, le président Hugo Chávez affirme que « le Venezuela ne menace personne », mais que « personne ne doit s’y tromper : nous sommes prêts à tout pour défendre notre souveraineté ».

    Caracas a également acheté au moins quinze hélicoptères à la Russie et négocie la livraison de chasseurs Sukhoï.

    Accueillant en janvier dernier le Forum social mondial, Chavez développait son projet en parodiant le style de Che Guevara et affrimant son souhait de « créer une, deux, trois Bolivies en Amérique latine, dans les Caraïbes ». Che Guevara avait pour sa part exprimé le souhait en 1965 de créer « un, deux trois Vietnam en Amérique latine. »

    Hugo Chavez a cependant un avantage de taille sur le célèbre révolutionnaire cubano-argentin : le pétrole. Il s’en sert comme d’une véritable arme politique comme en ce moment au Nicaragua, où il appuie la candidature du sandiniste Daniel Ortega à la présidentielle de novembre, en livrant du pétrole à des prix avantageux à la cinquantaine de villes administrées par le parti sandiniste.

    Mais récemment il a encaissé une défaite avec l’élection d’Alan Garcia au Perou, contre le candidat populiste soutenu par Chavez.
    Le Pérou aurait pu être le quatrième membre de « l’axe chaviste », après la Bolivie et Cuba. Mais les électeurs en ont décidé autrement en accordant 53% de leurs suffrages à Alan Garcia face à Ollanta Humala, nationaliste de gauche dont Chavez soutenait la candidature.

    Hugo Chavez semble avoir trouvé au Pérou les limites de sa révolution bolivarienne pour l’Amérique latine. Malgré tous ses efforts et ses pétrodollars, le dirigeant populiste vénézuélien n’a pu faire élire son poulain Ollanta Humala qui, comme lui et le bolivien Evo Morales, s’était fait le chantre de l’«anti-impérialisme» radical.

    Avec pour modèle le «Libertador» Simon Bolivar, Chavez prétend libérer l’Amérique latine de l’impérialisme nord-américain. La nationalisation des hydrocarbures annoncée le 1er mai en Bolivie par Evo Morales a été une première extension du «modèle» chaviste hors des frontières du Venezuela.

    Mais en frappant les compagnies pétrolières internationales, la nationalisation a surtout pénalisé la Pétrobras brésilienne, suscitant les réserves du président Lula, jusque-là en bons termes avec Chavez.

  • Si le virage à gauche de l’Amérique latine, est incontestable il y a en fait deux gauches dans cette région : la première a des racines radicales, mais est aujourd’hui ouverte et moderne; la deuxième est fermée, marxisante (au moins dans son discours et avec son alliance avec Cuba) et bruyamment populiste.

    La gauche moderne acceptant l’économie sociale de marché serait celle du Brésilien Ignacio Luiz Lula da Silva, qui briguera en octobre un deuxième mandat, et de la Chilienne Michelle Bachelet, élue le 15 janvier; la gauche populiste serait celle d’Hugo Chavez et d’Evo Morales avec l’autocatre de Cuba Fidel Castro, en vedette américaine.

    Avec le « changement responsable » pour slogan, Alan Garcia se range lui-même dans le camp des « modernes ».

    La crise régionale née de la nationalisation du gaz et du pétrole boliviens, le 1er mai, illustre les divergences entre les « deux gauches » latino-américaines.

    De Saint-Domingue, où il participe à la réunion ministérielle de l’Organisation des Etats américains (OEA), Robert Zoellick, le numéro deux du département d’Etat de l’administration Bush, se réjouissait dimanche soir de « voir que des démocraties en Amérique latine ont le sentiment que le Venezuela empiète sur leurs propres processus démocratiques en prétendant parler en leur nom ».

    Lundi, il a enfoncé le clou: « La division à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés, a-t-il affirmé, ce n’est pas une division entre la gauche et la droite, mais entre les démocrates et les autocrates, qu’ils soient élus ou non. »

    Il s’agit bien évidemment d’une allusion à Hugo Chavez (élu) et au dictateur cubain Fidel Castro (au pouvoir depuis 47 ans sans élections démocratiques).

    L’ »axe alternatif » de l’alternative bolivarienne regroupe pour l’heure le Venezuela d’Hugo Chavez, le Cuba de Fidel Castro et la Bolivie d’Evo Morales, premier Indien élu à la présidence du plus pauvre des pays andins le 18 décembre dernier.

    Accueillant en janvier dernier le Forum social mondial, Chavez développait son projet en parodiant le style de Che Guevara et affrimant son souhait de « créer une, deux, trois Bolivies en Amérique latine, dans les Caraïbes ». Che Guevara avait pour sa part exprimé le souhait en 1965 de créer « un, deux trois Vietnam en Amérique latine. »

    Hugo Chavez a cependant un avantage de taille sur Che Guevara : le pétrole. Il s’en sert comme d’une véritable arme politique comme en ce moment au Nicaragua, où il appuie la candidature du sandiniste Daniel Ortega à la présidentielle de novembre, en livrant du pétrole à des prix avantageux à la cinquantaine de villes administrées par le parti sandiniste.

    En Equateur, où l’élection est fixée en octobre, il a conclu le mois dernier un accord de coopération gazière et pétrolière. « Nous respectons les politiques intérieures de chaque pays. Nous ne voulons que l’intégration, qui est essentielle à l’avenir de nos peuples », a-t-il dit à cette occasion Quito.

    Le Pérou aurait pu être le quatrième membre de « l’axe chaviste ». Mais les électeurs en ont décidé autrement en accordant 53% de leurs suffrages à Alan Garcia face à Ollanta Humala, nationaliste de gauche dont Chavez soutenait la candidature.

    Au Mexique, Andres Manuel Lopez Obrado, candidat de la gauche à la présidentielle du 2 juillet, était largement en tête des sondages. Un spot dévastateur du Parti de l’action nationale (PAN, droite au pouvoir) l’associant à Chavez a rebattu les cartes et le scrutin s’annonce très serré entre le chef de file du Parti de la révolution démocratique (PRD) et Felipe Calderon, l’héritier désigné du président Vicente Fox.

    Avec neuf élections présidentielles prévues en Amérique latine, l’année 2006 devait être celle d’une confirmation ou non du virage à gauche amorcé ces dernières années.

  • Les policiers cubains, pourront agir en territoire vénézuélien avec de vastes pouvoirs pour faire des recherches, capturer et meme interroger des Cubains qui résident au Venezuela (plus de 30000 réfugiés cubains sont déclarés). Des citoyens vénézuéliens qui sont requis par la justice cubaine, pourront aussi etre concerné.

    En même temps, cet accord pourrait être utilisé pour soumettre à la justice cubaine des activistes de l’opposition vénézuélienne dont les actions pourraient être considérées comme des attaques contre la sécurité ou à la souveraineté cubaines.

     »C’est une convention qui viole absolument la souveraineté du Vénézuéla. C’est une convention dangereuse, a déclaré au Nuevo Herald Tulio Alvarez, expert en droit constitutionnel à l’Université Centrale du Vénézuéla (UCV).

    L’académicien a expliqué que «  si comme Vénézuélien j’ émets un avis contre le régime cubain, comme qualifier de dictateur, Monsieur Fidel Castro, ici ils pourraient ouvrir une enquête pénale à la demande d’un tribunal cubain, je pourrait être extradé vers Cuba’.