Mois : janvier 2005

  • Toutes les mesures prises le 5 juin 2003 ont été temporairement suspendues », a affirmé Jean Asselborn au cours d’une conférence de presse, faisant référence aux mesures prises il y a dix-huit mois par l’UE pour protester contre la répression de dissidents cubains.

    Cette décision, qui sera réexaminée en juillet, se traduira notamment par la levée des restrictions concernant les visites à haut niveau à Cuba. Toutefois, l’UE préconise cependant qu’ »au cours de ces visites, la situation des droits de l’homme et la position des dissidents devront être évoquées avec le gouvernement cubain et la société civile », selon les conclusions qui devaient être formellement adoptées par les ministres lundi.

    Par ailleurs, les ministres ont affirmé leur intention de’ »renforcer les relations avec l’opposition pacifique » au régime, a indiqué M. Asselborn.

    La suspension des sanctions européennes intervient après la décision de La Havane début janvier de normaliser ses relations avec tous les pays de l’Union, y compris les plus hostiles à un assouplissement de ces sanctions contre le régime de Fidel Castro.

    Les sanctions politiques européennes avaient été prises en juin 2003 après la condamnation de 75 dissidents à des peines allant de six à 28 ans de prison après des procès sommaires et l’exécution de trois Cubains qui tentaient de fuir aux Etats-Unis.

  • Monsieur le Ministre,

    Suite à la libération de quatorze dissidents en 2004 et à la récente décision des autorités cubaines de rétablir leurs relations avec les pays de l’Union européenne (UE), vous vous prononcerez, le 31 janvier prochain, avec vos homologues des vingt-quatre autres pays membres, sur une révision des mesures prises en juin 2003 à l’encontre de Cuba. A cette occasion, Reporters sans frontières souhaite attirer votre attention sur l’absence de progrès sensible en matière de respect de la liberté de la presse dans ce pays et vous prie de prendre position pour que la politique de soutien à la dissidence soit maintenue, voire approfondie.

    Notre organisation s’est, bien entendu, félicitée de la libération de Raúl Rivero et de trois autres journalistes il y a quelques semaines. Cependant, vingt-deux de leurs collègues sont toujours emprisonnés, ce qui fait de Cuba la plus grande prison de journalistes au monde après la Chine (26 détenus).

    Dès juillet 2003, les Etats membres de l’UE avaient dénoncé les « mauvaises conditions de détention » des prisonniers politiques et s’étaient inquiétés de leurs problèmes de santé. Près de deux ans après leur arrestation, ces conditions de détention n’ont pas changé et l’état de santé de plusieurs des journalistes emprisonnés est préoccupant. Détenu à Pinar del Río (Ouest), Normando Hernández González a récemment été transféré dans un hôpital après que des examens ont révélé qu’il souffre de tuberculose. Ses confrères restés libres sont interdits de publier dans leur pays et souffrent d’un harcèlement constant visant à les contraindre à l’exil.

    Pour faire entendre leurs voix, les Etats membres de l’Union européenne ont décidé de réduire leur coopération avec les autorités cubaines, de limiter les visites gouvernementales de haut niveau effectuées dans le cadre bilatéral, de réduire l’importance de la participation des Etats membres aux cérémonies culturelles et d’inviter des dissidents cubains aux cérémonies organisées à l’occasion des fêtes nationales.

    Alors que le Comité de l’Union européenne pour l’Amérique latine (COLAT) préconise la suspension de ces mesures, Reporters sans frontières appelle au contraire à leur maintien, voire à leur renforcement. En premier lieu parce que ces mesures, et en particulier les invitations aux cérémonies officielles, permettent aux dissidents de sortir de la confrontation Cuba/Etats-Unis dans laquelle tente de les enfermer le pouvoir du président Castro.

    Ensuite, parce que jamais, dans le cadre du dialogue politique, La Havane n’a fait de concessions en matière de respect des droits de l’homme et du pluralisme politique.
    Le gouvernement cubain ne donne aucun signe aujourd’hui qu’un rétablissement du dialogue permettrait des avancées significatives dans ces domaines. Jamais le dialogue n’avait d’ailleurs été aussi approfondi entre l’Union européenne et Cuba que lors des mois qui ont précédé le « printemps noir » de mars 2003. A l’époque, Cuba était sur le point de bénéficier des accords de Cotonou.

    Par ailleurs, l’annonce par le gouvernement cubain de la normalisation des relations entre l’UE et Cuba ne constitue en rien une concession puisque leur rupture avait été décrétée à son initiative, en représailles des mesures prises par l’UE.

    L’Union européenne ne peut plus se contenter de dénoncer les incarcérations de prisonniers politiques, elle doit maintenant renforcer son soutien aux démocrates qui, à Cuba, se battent pour que les libertés fondamentales et le multipartisme soient reconnus et respectés.
    Comme pour les anciens pays du bloc soviétique, devenus aujourd’hui membres de l’UE, l’avenir du pays dépendra demain de la vigueur de la société civile. Sans fermer la porte aux autorités cubaines dès lors qu’elles donneraient de vrais signes d’ouverture au dialogue (tels que la fin du monopole d’Etat sur l’information), l’Union européenne doit développer des programmes de coopération destinés à la dissidence.

    C’est pourquoi Reporters sans frontières espère que vous vous prononcerez pour le maintien des mesures adoptées après la vague d’arrestations de mars 2003 et recommanderez de soutenir plus activement les démocrates et la société civile aujourd’hui réprimée.

    Convaincu que vous ne resterez pas insensible à notre appel, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

    Robert Ménard
    Secrétaire général

  • Je me souviens très bien des situations difficiles, quelque peu grotesques, risquées et affligeantes dans lesquelles les diplomates occidentaux se trouvaient pendant la Guerre froide, à Prague. Ils devaient régulièrement résoudre le délicat problème de savoir s’ils devaient ou non inviter aux soirées données dans leurs ambassades les signataires de la Charte 77, les militants des droits de l’homme, les critiques du régime communiste, les hommes politiques réfugiés, ou même bannir les écrivains, les universitaires et les journalistes : tout un peuple avec lequel les diplomates sont généralement très accueillants.

    Parfois, nous, les dissidents, n’étions pas invités mais nous recevions des excuses ; d’autres fois, nous étions conviés mais nous n’acceptions pas l’invitation pour ne pas compliquer la situation de nos courageux amis, les diplomates. Ou encore, nous étions invités bien avant l’heure dans l’espoir que nous serions déjà partis avant l’arrivée des représentants officiels, ce qui parfois se passait et d’autres fois non.

    Quand cela ne se produisait pas, il arrivait que les représentants officiels partent en signe de protestation face à notre présence, ou alors nous partions précipitamment ou prétendions tous ne pas avoir remarqué les autres, ou, en de rares occasions, nous entamions des conversations les uns avec les autres, ce qui souvent représentait les seuls moments de dialogue entre le régime et son opposition (si l’on excepte nos rencontres devant les tribunaux). Tout cela se passait à l’époque où l’Europe et le monde étaient divisés par le Rideau de fer. Les diplomates occidentaux devaient prendre en compte les intérêts économiques de leurs pays mais, contrairement aux Soviétiques, ils avaient une considération sérieuse pour la philosophie «dissidence ou commerce».

    Je ne me souviens pas d’avoir assisté, à cette époque, à la publication d’appels publics, de recommandations ou de décrets où l’Occident, voire ses institutions (Otan, la Communauté européenne, etc.), déclaraient qu’un groupe particulier de personnes à la pensée très autonome, quelle que soit la manière dont on définit cela, devait ne pas être invité aux soirées, célébrations ou réceptions diplomatiques.

    Pourtant, c’est bien ce à quoi nous assistons aujourd’hui. Une des institutions démocratiques des plus puissantes et des plus fortes au monde, l’Union européenne, n’a aucun scrupule à faire une promesse publique à la dictature cubaine pour instituer de nouveau un apartheid diplomatique. Les ambassades européennes de La Havane vont maintenant préparer leurs listes d’invités selon les souhaits du gouvernement cubain. La vision politique étriquée du premier ministre espagnol, le socialiste José Zapatero, l’a emporté (1).

    Imaginons un instant ce qui va se passer : dans chaque ambassade européenne, quelqu’un sera chargé d’examiner la liste des invités, nom par nom, pour déterminer si la personne en question peut, et dans quelle mesure, se comporter librement et parler en public, si elle se montre critique à l’égard du régime ou même, encore, si elle a fait l’objet d’un emprisonnement politique. Les listes vont être réduites et des noms supprimés.
    Cela finit fréquemment par l’élimination d’amis personnels des diplomates chargés de filtrer les personnes avec qui ils ont coopéré sous diverses formes : intellectuelles, politiques ou matérielles. Et cela sera du pire effet quand les ambassades essaieront de masquer leur tri en invitant uniquement des diplomates aux réceptions de leurs ambassades à Cuba.

    Je ne peux trouver aucun meilleur moyen pour l’Union européenne de salir le noble idéal de liberté, d’égalité et de respect des droits de l’homme qu’elle défend : les principes mêmes qu’elle réitère dans son traité constitutionnel. Pour protéger les profits des entreprises européennes dans l’île, les pays de l’Union représentés à La Havane (2) cesseront d’inviter des gens avec une certaine ouverture d’esprit dans leurs ambassades en biffant leurs noms sur un froncement de sourcil du dictateur et de ses complices. Il est difficile d’imaginer une pratique plus honteuse.

    Les dissidents cubains se passeront allégrement, bien sûr, des cocktails occidentaux et des conversations polies tenues dans ces réceptions. Ces persécutions aggraveront certainement leur difficile combat, mais ils y survivront, assurément. Reste à savoir si l’Union européenne, elle, y survivra. Elle danse, aujourd’hui, au son de la musique de Fidel. Cela veut dire que, demain, elle pourrait très bien répondre à des appels d’offre pour construire des bases de missiles sur les côtes de la République populaire de Chine.
    Le jour suivant, elle pourrait se faire dicter ses décisions sur la Tchétchénie par les conseillers de Vladimir Poutine. Puis, pour des raisons inconnues, elle pourrait décider de conditionner son aide à l’Afrique aux liens fraternels avec les pires dictateurs africains.

    Où cela s’arrêtera-t-il ? À la libération de Milosevic ? Au refus de visa pour le militant des droits de l’homme russe Sergey Kovalyov ? Aux excuses présentées à Saddam Hussein ? À l’ouverture de pourparlers de paix avec al-Qaida ? Il est suicidaire pour l’Europe de mettre en avant l’un de ses pires travers politiques qui consiste à dire que, pour parvenir à une certaine paix, le meilleur moyen est de rester indifférent à la liberté des autres.
    La vérité est à l’opposé : de telles politiques pavent le chemin de la guerre. Après tout, l’Europe s’unit pour défendre sa liberté et ses valeurs, pas pour les sacrifier à l’idéal de la coexistence harmonieuse avec des dictateurs et ainsi risquer l’infiltration progressive de son âme par un état d’esprit antidémocratique.

    Je suis fermement convaincu que les nouveaux membres de l’UE n’oublieront pas leur expérience du totalitarisme et de l’opposition non violente au mal, et que cette expérience se reflétera dans la manière dont ils se comporteront au sein des institutions européennes. Cela pourrait très bien être, en effet, la meilleure contribution qu’ils puissent apporter aux fondements communs spirituels, moraux et politiques d’une Europe unie.

    Vaclav Havel est ancien président de la République tchèque.

  • Les policiers cubains, pourront agir en territoire vénézuélien avec de vastes pouvoirs pour faire des recherches, capturer et meme interroger des Cubains qui résident au Venezuela (plus de 30000 réfugiés cubains sont déclarés). Des citoyens vénézuéliens qui sont requis par la justice cubaine, pourront aussi etre concerné.

    En même temps, cet accord pourrait être utilisé pour soumettre à la justice cubaine des activistes de l’opposition vénézuélienne dont les actions pourraient être considérées comme des attaques contre la sécurité ou à la souveraineté cubaines.

     »C’est une convention qui viole absolument la souveraineté du Vénézuéla. C’est une convention dangereuse, a déclaré au Nuevo Herald Tulio Alvarez, expert en droit constitutionnel à l’Université Centrale du Vénézuéla (UCV).

    L’académicien a expliqué que «  si comme Vénézuélien j’ émets un avis contre le régime cubain, comme qualifier de dictateur, Monsieur Fidel Castro, ici ils pourraient ouvrir une enquête pénale à la demande d’un tribunal cubain, je pourrait être extradé vers Cuba’.

  • « Nous avons l’intention de nous réunir le 20 mai prochain pour organiser une réunion générale de notre coalition », explique le mouvement dans une lettre adressée à Fidel Castro précisant que la réunion ne s’effectuera pas dans un lieu public.

    Cette association qui, selon ses responsables, regroupe 343 organisations, est dirigée par Marta Beatriz Roque, 58 ans. Elle avait été incarcérée en mars 2003 après avoir été arrêtée en même temps que 73 autres dissidents par les autorités cubaines, puis libérée en juillet dernier pour des raisons de santé.

    Marta Beatriz Roque est la seule femme parmi les 75 dissidents et journalistes condamnés au cours de la vague de répression de mars 2003. Elle aussi la seule à avoir été emprisonnée deux fois par le gouvernement de Fidel Castro (elle a fait trois années de prison entre 1997 et 1999 avant d’être à nouveau arrêté en mars 2003).

    Le gouvernement cubain ne reconnait pas les groupes d’opposition dans l’île et les qualifie de mercenaires au service de puissances étrangères.

    Selon le secrétaire du mouvement, l’avocat Rene Gomez Manzano, il est peu probable que cette demande soit satisfaite par les autorités. En cas de refus, « nous leur ferons payer le coût politique d’une telle décision au niveau international », a averti M. Gomez Manzano.

  • Les deux journalistes ont vécu une aventure d’une année, infiltrés dans les maffias du trafic de drogues, pour démontrer que  »Cuba n’exporte pas de drogue, mais permet son trafic » a indiqué Botello.

    Cuba occupe une place privilégiée dans la carte des routes du trafic de drogues, et la plus grande partie de la cocaïne en provenance de la Colombie et du Vénézuéla fait escale dans l’île avant de partir vers l’Europe et les Etats-Unis, a expliqué Angulo.

    Il a souligné que «  Il est impossible que dans un pays où tout est contrôlé, on puisse déplacer des quantités de cocaïne aussi importantes que celles que nous avons déplacées, sans que le gouvernement ou la police soient au courant ‘.

     »En exprimant à nos contacts, notre peur de négocier une quantité aussi importante de drogue, autour des huit kilos de cocaïne,ils nous ils ont assuré qu’il n’y avait aucun problème »

  • Depuis la crise des balseros en 1994, quand les gardes cotes ont intercepté plus de 37.000 Cubains pour les interner dans les campements de réfugiés de Guantánamo, on n’avait pas enregistré un chiffre aussi important que celui de 2004.

    Le nombre de Cubains qui ont réussi à fuir avec des bateaux artisanaux ou des vedettes rapides de contrebandiers, et à fouler le territoire américain a continué sa tendance décroissante de l’année passée : 955 en 2004, en comparaison avec les 1.072 de 2003.

    Le rempart créée contre les flux migrateurs illégaux en provenance de Cuba a été consolidé avec les mesures de sécurité mises en oeuvre après les attentats terroristes du 11 septembre 2001. La Floride est en effet le second Etat américain avec la plus grande étendue de frontière côtiere (1.800 milles) après Alaska.

    L’efficacité des mesures de sécurité américaine a aussi encouragé les immigrants potentiels à chercher des itinéraires alternatifs, en se dirigeant vers l’Amérique Centrale.

    Ce  »canal du sud  » est fréquenté par des Cubains qui n’ont pas les ressources financières pour payer une opération de sortie illégale vers les Etats Unis avec des vedettes rapides louées par des contrebandiers. Ce type de voyage étant souvent facturé plusieurs milliers de $ par des traficants peu scrupuleux.
    L’option est alors de partir de la côte sud de Cuba, à partir de Cienfuegos, et de traverser la mer des Caraïbes en direction de l’Amérique Centrale, pour s’installer temporairement dans un pays de la région et essayer ensuite de rejoindre les Etats Unis par voie terrestre.

  • Rivero, poète et journaliste internationalement reconnu, pense
    voyager en Espagne avec sa famille et retourner à La Havane au bout d’un an, a déclaré
    Ricardo Trotti, ami de Rivero et directeur du
    Département de Presse Libre de l’Association Interaméricaine de
    Presse, établie à Miami.

    Rivero est un des 75 dissidents arrêtés en
    mars de 2003. Tous ont été condamné à de longues peines et accusés de collaborer avec les Etats-Unis
    pour miner le régime communiste de Fidel Castro. Rivero a été
    condamné à 20 années de prison.

    13 autres dissidents ont été mis en liberté conditionnelle
    en 2004 pour  »raisons de santé, mais’ils peuvent être
    remis en prison à tout moment où cas où ils feraient ou diraient
    quelque chose illégal.

    On espère aussi que deux autres dissidents récemment libérés, Manuel
    Vázquez Portal et Jorge Olivera, sortent de l’île prochainement.

    Les experts dans les affaires cubaines estiment que le gouvernement a libéré des prisonniers pour améliorer ses
    relations avec l’Union Européenne, qui avait invité des
    dissidents à ses réceptions à La Havane. Les dissidents ne sont désormais plus invités aux réceptions.

    Ricardo Trotti a indiqué avoir parlé avec Rivero mercredi.  »Il est
    ‘optimiste… et pense qu’ on lui permettra de sortir de Cuba au début de février, avec la condition qu’il retourne après une année ‘.

    Peu après son élargissement le premier décembre, Rivero avait déclaré vouloir
    prendre des vacances parce qu’il
    n’était pas sorti du pays depuis 15 ans.

    Rivero, ancien journaliste de la presse gouvernementale, a publiquement
    rompu avec le gouvernement après avoir signé une lettre en 1991
    demandant la liberation des prisonniers politiques. Rivero a reçu une
    invitation de la ville de Grenade pour y passer une année
    pour terminer deux livres. L’invitation inclut un traitement, une maison
    et des visas pour ses parents proche, y compris sa mère malade, a
    précisé Trotti.

    Mais Rivero et sa famille n’ont pas encore obtenu de passeports
    cubains, ni de visas espagnols et, plus important, l’autorisation du
    gouvernement cubain pour sortir de l’île. La Havane a souvent
    rejeté les autorisations de sortie aux dissidents, à moins qu’ils ne s’
    engagent à ne pas rentrer