Mois : mai 2005

  • Plutot ambigue, l’attitude de la France envers Cuba : après s’être tardivement émue des violations des droits des droits de l’homme à Cuba, la France était-elle vraiment obligée de se faire representer par un ministre pour inaugurer un banal salon commercial à Cuba ?

    La semaine dernière encore, Elizardo Sanchez, le dissident historique et défenseur des droits de l’homme à Cuba, dénonçait les arrestations massives de jeunes (plus de 400) en majorité noirs, sans qu’aucun délit n’ait été retenu contre eux. En effet à Cuba la loi sur la « dangerosité sociale » permet d’interner sans jugement quiconque se comporte de façon contraire « à la morale socialiste ».

    Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.
    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, souligne l’hypertrophie du système carcéral cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Au total, entre 0,7 % et 0,9 % de la population cubaine est sous les verrous, le taux d’enfermement le plus élevé du monde.

    Faut-il le rappeller : parmi les 75 dissidents et journalistes arretés en mars 2003, seulement une dizaine ont retouvé, provisoirement et pour raisons de santé, la liberté.

    « Le modèle du tout balnéaire est partout à bout de souffle », a diagnostiqué Léon Bertrand. Mais est ce que ce n’est pas plutôt le « modèle » socialiste cubain qui est au bout du rouleau ?

    Il faut une certaine dose de cynisme pour défendre le tourisme à Cuba, alors que les travailleurs qui servent les touristes y sont exploités comme nulle part ailleurs dans le monde : 210 pesos de salaires mensuels en moyenne, soit 8 euros environ, ou 5 centimes de l’heure.

    Lorsqu’un touriste déjeune à Cuba, il dépense entre deux et trois mois de salaire de la personne qui tavaille pour le satisfaire.

    En outre selon Reporters sans frontières,
    « La soixantaine de dissidents, dont 21 journalistes, emprisonnés depuis la vague répressive de mars 2003, sont eux aussi à bout de souffle. Confinés dans des cellules sans fenêtre, soumis à des conditions sanitaires exécrables, maltraités, mal nourris et mal soignés, ces prisonniers d’opinion ont quelques raisons de soutenir que le soleil cubain n’est plus ce qu’il était…/… Dommage donc, que la France, « invitée d’honneur » à Cuba, n’ait pas rappelé que dans l’île, l’hôtellerie n’a pas le monopole du « service » et de l’ « efficacité » et que des sites tels que la prison du Combinado del Este à La Havane ou de Kilo 8 à Camagüey font hélas, eux aussi, partie du « patrimoine ». Quant à la culture cubaine, elle ne se limite pas à la salsa, à la langouste et au cigare, mais en l’absence de liberté d’expression, ses autres richesses échappent largement au chaland touristique. »

  • Selon « el Universal », un des principaux quotidiens de Caracas, Il s’agirait de 30.000 médecins et de 5.000 formateurs sportifs cubains qui travailleraient dans des zones les plus pauvres du Vénézuela.

    Les accords passés entre le gouvernement de Fidel Castro et de Hugo Chavez, prévoient aussi la formation de 10.000 étudiants vénézuéliens dans des cours de médecine et d’infirmerie à Cuba.

    De même, ils stipulent la visite de cent mille Vénézuéliens pour recevoir un traitment de la vue dans des centres d’aide de Cuba. Les frais de ces traitements seront facturés sur le compte de Caracas, signale le journal. Selon  » el Universal », la quantité de conventions souscrites entre Chávez et Castro ont produit des problèmes administratifs dans la chancellerie de Caracas.

    Les conventions entre Cuba et le Venezuéla sont étendues dans les secteurs du pétrole, de l’agro-industrie, des infrastructures, aéronautique, douanier, entre autres, et elles aspirent à développer l’échange commercial des deux pays.

    Caracas et La Havane ont commencé à se rapprocher en octobre le 2000, quand Fidel Castro et Chávez ont signé un vaste accord de coopération, dans lequel le Venezuéla s’est engagé à vendre plus de 50.000 barils quotidiens de brut dans des conditions préférentielles à Cuba.

    Dans cet accord, Cuba s’engage à fournir l’assistance de ses experts dans des plans ou  » missions  » soutenues par Caracas envers les populations pauvres du Venezuéla.

  • Le colonel Robert Leon (aujourd’hui retraité) a révélé au joural des jeunesses communistes  » un des plus grande secrets  » de cette guerre, quand il a dirigé un groupe de 23 constructeurs militaires cubains et environ 50 Vietnamiens, qui ont travaillé à la construction de ce système de voies secrètes pendant sept mois.

    La route Ho Chi Minh, était un réseau de routes et de tunnels étendus sur plus de 16.000 kilomètres dissimulé au milieu de la jungle,  » Elle a permis l’avance vers le sud des troupes vietnamiennes dans sa lutte par la réunification du pays  » et a disposé de l’appui de Cuba à partir de 1973, a déclaré Roberto Leon à « Juventud Rebelde ».

    Le militaire retraité a rappelé que la construction du chemin d’approvisionnement entre le nord et le sud avait commencé en 1959 et a duré 15 années, mais c’est en septembre 1973, pendant la visite du dirigeant Fidel Castro au Vietnam, que les autorités du pays indochinois ont demandé à Cuba d’envoyer des techniciens, équipements et instructeurs pour travailler sur l’extension de la route.

    Un groupe de 43 Vietnamiens est arrivé à Cuba en novembre 1973 suite à ces accords, et a reçu une formation dans l’île, avant de retourner dans son pays, en compagnie des formateurs cubains.

    L’arrivée par voie maritime des équipements de construction achetés par Cuba au Japon s’est faite en octobre 1974, et après avoir parcouru 250 kilomètres de chemins détruits par les bombardements américains, ont commencé les travaux de pavage de la route.

    L’ex colonel Leon rappelle que à la fin d’avril 1975, lui et ses compagnons de travail avaient pavé 2.420 mètres de route, dont 1.710 entre des cordillères de montagnes d’accès difficile. Plus de 30 années après avoir dirigé les opérations d’extension de la fameuse route, Leon se souvient encore des intenses journées de travail et de sa participation comme un « des secrets les mieux gardés pendant la guerre du Vietnam ».

  •  » Moderniser la musique cubaine, c’est ma bataille. » a déclaré Raul Paz qui a conservé intact le feeling pop et les rythmes latino qui avaient fait le succès de son précédent album (« Mulata », sorti chez Naive en 2003).

    « Cuba est une carte postale avec des vieux qui fument le cigare sur une plage. On nous a figés dans un style folklorique des années 1950 », regrette ce musicien qui vit en France depuis trois ans.

    Pas facile de revenir quand on a sorti avant un album aussi réussi que « Mulata ». Mais il faut reconnaître que Raul Paz s’en sort plutôt bien : il a su garder l’essentiel avec des mélodies simples mais accrocheuses et un style bien a lui, mélange de pop latino et de salsa.

    Cette fois d’ailleurs, c’est plus le coté « trova » qui l’emporte sur le fond afro cubain qui dominait le précédent album.
    « Revolucion » et « Buena suerte »sont des titres taillés pour cartonner et qui devrait logiquement se retrouver au top dans pas longtemps.

    Son dernier album « Revolucion », a failli s’appeler Paz, tout simplement. Paz comme « paix », en espagnol. Paz comme Raul, car c’est son vrai nom.

    Revolución est le titre de l’une de ses douze nouvelles chansons. À propos, Raul, pourquoi Revolución ? « Parce que c’est sans doute le mot que j’ai le plus entendu depuis que je suis né, partout, tout le temps » répond Raul.

    Raul Paz est né en 1969 dans la province de Pinar del Rio, à l’ouest de Cuba et fait des études musicales très poussées, pendant dix ans, à l’Institut supérieur des arts de La Havane : violon, solfège, harmonie, chant, contrepoint, et même un peu de direction d’orchestre.

    Une formation très classique, en somme. Mais le jeune Raul se débrouille pour pimenter tout ça. Le rock est interdit sur les radios d’Etat ? « On magouillait pour se brancher sur les radios américaines, se souvient-il. C’est comme ça que j’ai découvert Deep Purple, Led Zeppelin ou Bob Marley ».

  • Le président de la CCDHRN, Elizardo Sánchez, a considéré que les sentences émises après le jugement le 12 janvier « ont été excessives », parce que, à son avis, « les personnes impliquées n’ont blessé personne, et le gouvernement du Mexique s’est abstenu de présenter des demande pour des dommages ».

    Le Mexique a sollicité l’aide de Cuba pour l’évacuation pacifique des personnes qui s’étaient introduites dans l’ambassade, 18 d’entre elles avaient forcé la grille de l’ambassade à bord d’un autobus de transport urbain.

    La CCDHRN a rappelé que quatre autres jeunes ont sauté la clôture depuis des bâtiments proches de l’ambassade mexicaine, et un cinquième est entré en marchant par le trou qu’avait laissé le véhicule, en profitant de la confusion .

    Les condamnés les plus lourdement sont Pedro Plasencia Achón (avec une peine de 18 années de prison) ; Serguey Cruz Rodriguez (condamné à 15) ; Bismar Echeverria Moreno, Osvaldo Ineraity Calvo et Yovani Alfonso Crespo (avec une peine de 12 années).

    Ramón Enríquez Méndez Sosa (condamné à 10 années de prison) ; et Henry Urrutia Pérez, Michel Iroy Rodriguez, Carlos Mateo López et Leonardo Alfonso Hernández (tous condamnés a neuf années de prison). Alexis Leal Contreras et Alexarsarais Pérez Alcina (à huit années de prison).

    Ernesto Oliva Mirabal ( à sept) ; Yunier Alberto Mosquera González et Luis Yurién Pérez Rivero ( à six) ; et Sachel Gil Pérez, Raybel García Borjas, José Luis Mulen Nodal ( à cinq).

  • Dans le rapport du Parlement, dont le rapporteur est le député irlandais du Groupe Populaire Européen Simon Coveney, on demande en outre « au gouvernement de Cuba de reconnaître le droit à la liberté d’expression et de réunion, et qu’il rétablisse le moratoire officieux sur la peine de mort ».

    Les 25 pays de l’UE ont décidé en janvier 2005 la  » suspension temporaire  » de toutes les sanctions diplomatiques » en vigueur contre Cuba depuis juin 2003. Ces sanctions ont été adoptées à la suite des condamnations contre 75 dissidents et jounalistes et l’exécution de trois jeunes gens qui avaient tentés de détourner un bateau pour s’enfuir en Floride.

    Ces sanctions comprenaient notamment la restriction des visites officielles de haut niveau à Cuba, la réduction de la participation européenne les actes culturels dans l’île et l’invitation des représentants de l’opposition cubaine aux festivités nationales des ambassades de l’UE à La Havane.

    Le document parlementaire  » condamne une fois de plus l’application de la peine de mort à Cuba » au bout d’une série d’années pendant lesquelles les exécutions avaient été suspendues. De même, il exige la libération immédiate des opposants au régime.

  • C’est peu dire que l’histoire de Cuba est riche en épisodes violents et conflictuels : rarement la colonisation et la décolonisation d’un pays auront suscité autant de batailles et d’amertume de part et d’autre. Des épisodes sanglants opposent d’abord les conquistadores Espagnols aux indiens qui seront presque totalement exterminés, puis les espagnols aux nationalistes cubains. Cuba est la dernière colonie espagnole de la région des Caraïbes à obtenir, non sans mal, son indépendance en 1898. Le départ des espagnols coïncida alors avec le débarquement des Américains, éphémères alliés avant de transformer à leur tour en puissance occupante.

    La révolution de 1959 mettra certes un terme à l’hégémonie américaine, mais sans pour autant donner à Cuba sa véritable indépendance. A peine débarrassé de Batista, Castro se tourne vers le camp socialiste et transforme son île en satellite soviétique. Cuba devient un pion dans la guerre des nerfs que se livrent les deux super grands et il collectivise son économie à grand renfort de subventions accordées par le grand frère russe.

    Après la chute de l’Union Soviétique et du COMECON, le désastre économique à Cuba atteignit des proportions gigantesques. En 1992, le niveau des échanges avec les pays de l’ex-COMECON représentait moins de 7% du niveau de 1989. Dans le même temps, le PNB cubain chuta de plus de 35%, les revenus par habitant de 39%, et les capacités d’achat à l’étranger chuta de 8.1 milliards de dollars à 2.2 milliards. Sans pétrole et par manque de matériel, l’agriculture cubaine fut décimée ; les coupures de courant étaient fréquentes, la faim et la sous-alimentation étaient répandues.

    1492 découverte de Cuba par Christophe Colomb

    1868-1878 première guerre d’indépendance

    1895-1898 deuxième guerre d’indépendance, intervention américaine et défaite des espagnols

    1953 échec de l’attaque de la caserne de la Moncada par Fidel Castro et ses hommes. Fidel Castro est arrêté et condamné. (26 juillet)

    1 janvier 1959 Batista s’enfuit, victoire de Fidel Castro, l’armée rebelle entre à La Havane.

    1962 Crise des fusées entre Cuba et les Etats Unis

    1980 130 000 cubains s’enfuient par le port de Mariel. Ouvertures des marchés libres paysans.

    1989 Affaire Ochoa : procès et exécution du général Ochoa et d’Antonio de la Guardia.

    1990 début de la « période spéciale en temps de paix »

    1994 crise des balseros : 30000 cubains quittent l’île sur des radeaux de fortune. Réouverture des marchés libres paysans.

    1998 visite du Pape. Échec de la « zafra » : 3,2 millions de tonnes.

    2003 mars – La répression s’accentue à Cuba : 75 dissidents et journalistes sont condamnés à de lourdes peines de prison.

    2003 juin – Sanctions diplomatiques de l’Union Européenne contre Cuba.

    2006 juillet – Fidel Castro hospitalisé est remplacé par son frère Raul Castro.