Mois : octobre 2005

  • Contrairement aux gouvernements européens, en particulier le gouvernement espagnol, le Parlement européen a su trouver la volonté de soutenir clairement les femmes de prisonniers politiques à Cuba, en leur attribuant le prix Sakharov 2005.

    Dans une geste de soutien clair à la défense des droits de l’homme à Cuba, le Parlement Européen a accordé hier le Prix Sakharov 2005 aux « Dames en Blanc », un mouvement civique qui regroupe les conjoints et parents de dissidents emprisonnés dans l’île.

    Le groupement cubain proamnistie partage cette distinction avec l’organisation internationale « Reporters sans Frontières » et l’avocate nigérienne Hauwa Ibrahim, qui défend les droits de la femme face au fondamentalisme religieux.

    Il y a quelques mois Laura Pollan nous déclarait :
    « Ils m’ont dit de ne plus aller à la messe à l’eglise de Santa Rita (Miramar), et que si j’etais croyante il fallait aller à l’église de mon quartier. Ils ont aussi fait pression sur ma fille à leur maniere en allant la voir en lui disant « parle avec ta mère et essaye de la raisonner, sinon elle va finir par avoir des ennuis ou aller en prison ».

    Je suis professeur dans une ecole secondaire et j’ai été convoquée par la directrice avec deux agents de la securité. La securité de l’Etat a parlé avec les autres professeurs pour qu’ils m’isolent dans mon travail, et j’ai fini par demissioner de mon travail a cause du harcelement constant. »

    « Ce prix est un défi pour nos activités pacifiques », a déclaré hier Laura Pollán, fondateur et principale animatrice des « Dames en Blanc ». « Dorénavant notre lutte va être plus difficile, parce que nous ne reposerons pas tant qu’il restera un prisonnier de conscience dans les prisons cubaines ».

    La distinction –dotée de 50.000 euros– sera délivrée le 10 décembre prochain au siège du Parlement Européen, dans la ville de Strasbourg. C’est la seconde fois que le prix récompense une personnalité cubaine : en 2002 le parlement européen avait accordé son prix à Oswaldo Payá Sardinas, dissident et chef du Mouvement Chrétien Libération et promoteur du Projet Varela.

    La maison de Pollán à La Havane a été envahie de membres du mouvement et d’autres militants des droits de l’homme depuis les premières heures de mercredi, dès la nouvelle connue. Des femmes de Santiago de Cuba, Matanzas et de l’Île de la Jeunesse avaient voyagé la veille jusqu’à la capitale cubaine pour attendre le résultat du vote de Strasbourg.

    « Ca a été très émouvant, parce que nous ne pensions jamais que ceci allait se produire », a déclaré Laura Pollán. « Ça a été un jour très spécial, parce que depuis que nous avons commencé à nous réunir dans cette maison il y a deux ans, une allégresse générale s’est produite entre nous et, pour la première fois, nous avons partagé un gateau pour la célébrer ».

    À midi les « dames en blanc » ont été invitées au siège de l’Union Européenne à La Havane et ont été reçues par le représentant Sven Burgsdoss, qui a proposé un toast pour fêter le prix.

    Laura Pollán, 57 ans, enseignante de profession, est l’épouse du journaliste indépendant Héctor Maseda, condamné à 20 années de prison après la vague répressive gouvernementale de mars 2003. Son logement, situé dans la commune de Centro Havane, a commencé à être le point de réunion de conjoints et des mères dont les parents ont été sommairement arrêtés et sanctionnés durant le procès des 75 dissidents et opposant cubains de mars 2003.

    « Nous avons commencé à nous réunir ici parce que c’était un lieu central où il y avait un téléphone « , a rappelé Pollán. « Quelques unes avec de l’entrain, d’autres plus découragées, et nous terminions en pleurant ensemble ».

    Mais les réunions spontanées ont évolué vers un thé littéraire mensuel pour lire des lettres et des chroniques de ceux emprisonnés, et ensuite dans des marches silencieuses sur la Cinquième Avenue, dans le quartier de Miramar, après la messe dominicale dans l’Église de Sainte Rita. La presse étrangère a commencé à les identifier comme les « Dames de Blanc » en référence à la couleur de leurs vêtements, qui symbolisait l’innocence et la pureté dont elle se réclament.

    Durant deux années le mouvement a effectué des marches de protestation dans les rues de La Havane, a récolté des centaines de signatures pour la libération des prisonniers de conscience et a envoyé des lettres jusqu’aux plus hauts niveaux et aux organismes gouvernementaux pour exiger la liberté inconditionnelle du Groupe de des 75.

    Pendant une marche dominicale le 20 mars dernier, le régime cubain a envoyé un groupe de militants communistes et d’agents de la sécurité de l’Etat pour injurier et brutaliser les « Dames en blanc », comme il est coutumier de faire à Cuba avec toute forme d’opposition ou de défense des droits de l’homme. Mais le mouvement a continué à effectuer ses activités traditionnelles et est arrivé même à étendre sa représentation à la ville de Camaguey.

    Le gouvernement doit sérieusement méditer toute action répressive contre le mouvement, a déclaré hier Miriam Leiva, conjoint du dissident Oscar Espinosa Chepe. « Ce prix est une reconnaissance de la Communauté internationale et un message clair que le monde suit avec une grande attention la situation des droits de l’homme à Cuba « .

    Laura Pollán a exprimé la volonté de de plusieurs membres du groupe pour prendre part à la cérémonie de remise des prix à Strasbourg.  »Tout repose maintenant entre les mains du gouvernement cubain, qui décide la sortie des citoyens » a signalé Pollan.

    Depuis son instauration en 1988, le Prix Sájarov a récompensé des célébrités politiques comme le chef sud-africain Nelson Mandela et la dissidente birmane Aung San Suu Kyi, tous les deux récompensés aussi avec le Nobel de La Paix.

  • Des vagues de plusieurs mètres ont frappé le Malecon à La Havane (Cuba) envahissant les quartiers proches de la mer, alors que les avenues voisines se sont transformées en rivières gigantesques. « L’eau a pénétré de plus de un kilomètre dans les zones proches du Malecon havanais, et le niveau de la mer a monté d’un mètre en moyenne » a affirmé un bureau de l’agence espagnole EFE.

    Des informations obtenues par le Nuevo Herald, qui ont été téléphoniquement confirmé par un résident du Vedado, ont reporté le pillage de plusieurs commerces situés dans les rues Linea et San Lázaro, des rues situées à quelques centaines de mètres du front de mer.

    « Un magasin a été pillé par quelques personnes qui ont volé des bicyclettes et des appareils électroménagers » a indiqué la source contactée par le principal quotidien de Miami de langue espagnole.

    Dans les premières heures de l’aube hier de l’eau atteignait l’intersection des rues Prado et Calzada, dans le Vedado.

    « Il s’agit d’une pénétration de la mer importante, et qui doivent affecter les cinq communes côtières de la ville : Place de la Révolution, La Vieille Havane, Centro Havane, La Havane de l’Est et Playa », a déclaré José Rubiera, chef du Centre de Prévisions de l’Institut de Meteorologie, qui a ajouté que les inondations pourraient être maintenues jusqu’à aujourd’hui.

    Peu après midi on informait hier que des unités amphibies des Forces Armées prenaient part à l’évacuation de personnes isolées par les inondations, qui à cette heure étaient particulièrement graves dans des rues centrales comme Prado, Avenue des Présidents, Linea, San Lázaro, ou la Cinquième Avenue.

    La violence des vagues a provoqué des ruptures dans plusieurs points du mur du Malecon.

    A La Havane on a déjà évacué 19.219 personnes, selon Carlos Amador, vice-président du Conseil de l’Administration Provinciale. Le principal danger auquel font face maintenant les résidents de la capitale est l’écroulement des bâtiments et des logements qui se trouvent pour la plupart dans un état désastreux.

    La plus grande partie de la capitale s’ est retrouvée sans électricité, bien que les autorités aient assuré que « grâce à l’installation des groupes électrogènes on peut garantir la production du pain ».

    Selon Jesus Enríquez Hernández, directeur de l’Hôtel Riviera, 169 touristes logés dans cet hôtel priche du Malecon, ont été transférés à l’hôtel Havana Libre, en prévision des inondations.

    L’Hôtel Meliá Cohiba, situé lui aussi face au Malecon, a été isolé par la montée du niveau de l’eau.

    Depuis Pinar del Rio (ouest de Cuba) ont été emmenés vers des hôtels de La Havane, 147 touristes étrangers. Selon des sources de la Défense Civile, on évalue maintenant à 261.000 le nombre de personnes évacuées dans des lieux sûrs.

  • « Des zones où se produisent rarement des inondations, sont déjà gorgées d’eau et l’accès par la terre est impossible », a informé le quotidien Granma.

    Bien que Wilma se soit encore trouvé hier à un peu plus de 200 kilomètres de l’extrémité occidentale de Cuba, il a provoqué des coupures du service électrique dans 101 points différents, selon des rapports des organismes locaux de la Défense Civile.

    Toutes les rivières de la région de Pinar des Rio, jusqu’à la ville de Sandino, sont sorties de leur lit.

    Le chef de la Défense Civile de Mantua, a déclaré que « les pluies intenses reportées dans le territoire -433 millimètres dans ces dernières 24 heures, ont obligé à prendre des mesures exceptionnelles ».

  • Gutiérrez a déclaré que la politique de l’administration du président George W. Bush en ce sens est « très claire » et que les Etats-Unis veulent « faire du commerce avec des pays démocratiques ».

    Le haut fonctionnaire américain a fait ces déclarations dans une conférence de presse tenue après une réunion avec quatre présidents, et un ministre d’Amérique Centrale, et le ministre des affaires étrangères de la République Dominicaine, où a été décidé pour le 1 janvier 2006 l’entrée en vigueur du traité de libre commerce entre ces pays.

    « Tant qu’il n’existera pas de liberté démocratique, tant qu’il n’existera pas de liberté d’expression, tandis que n’existera pas de liberté d’investissement, tant qu’il n’existera pas de libertés humaines à Cuba, les Etats-Unis n’ouvriront pas le commerce avec Cuba » , a affirmé Gutiérrez, arrivé aujourd’hui à El Salvador pour une visite de deux jours.

    Il a ajouté que « cela nous intéresse de faire commerce avec des pays démocratiques, c’est pourquoi le CAFTA-DR (Traité de libre Commerce entre l’Amérique Centrale, la République dominicaine et les Etats-Unis) est tellement important et nous focalisons notre attention et la priorité avec des pays démocratiques comme les pays d’Amérique Centrale ».

    Gutiérrez a abordé le sujet à propos d’une résolution du XV Sommet Latino-américain de Chefs d’État et de Gouvernement, qui a eu lieu les 14 et 15 de ce mois à Salamanque (Espagne), où on a demandé au gouvernement des USA que « il mette fin au blocus économique, commercial et financier qu’il maintient contre Cuba

    Peut-on encore parler d’embargo ou de « blocus » comme le font les Cubains, alors que les Etats-Unis sont devenus le premier fournisseur de Cuba en denrées agro alimentaires ? Les chiffres sont parlant : en 2004 le commerce avec les Etats-Unis a dépassé les 400 millions de $, soit plus de 50% de part de marché, devant La France et l’Espagne. Depuis la première brèche ouverte dans l’embargo par Bill Clinton en 2000, le montant total des importations américaines a dépassé le milliard de $.

    D’un coté comme de l’autre du détroit de Floride, on continue à parler d’embargo, alors que cette expression n’a plus lieu d’être pour décrire les relations entre Cuba et les Etats Unis : tout au plus pourrait-on parler de restrictions.

  • Reporters sans frontières publie son quatrième classement mondial de la liberté de la presse. En queue de peloton, la Corée du Nord (167e et dernière position), l’Erythrée (166e) et le Turkménistan (165e) constituent de véritables trous noirs de l’information. Dans ces pays, la presse privée n’existe pas et la liberté d’expression est nulle. Les journalistes des médias officiels ne font que relayer la propagande de l’Etat. Tout écart est sévèrement réprimé. Un mot de trop, un nom mal orthographié, un commentaire qui s’écarte de la ligne officielle peuvent conduire un journaliste en prison ou attirer sur lui les foudres du pouvoir. Harcèlement, pressions psychologiques, intimidations et surveillance permanente sont alors de mise.

    L’Asie orientale [Birmanie (163e), Chine (159e), Viêt-nam (158e), Laos (155e)], l’Asie centrale [Turkménistan (165e), Ouzbékistan (155e), Afghanistan (125e), Kazakhstan (119e)] et le Moyen-Orient [Iran (164e), Irak (157e), Arabie saoudite (154e), Syrie (145e)] sont les régions les plus difficiles au monde pour l’exercice de la liberté de la presse. Dans ces pays, la répression des autorités ou la violence exercée par des groupes armés à l’encontre de la presse empêchent les médias de s’exprimer librement.

    L’Irak (157e) a encore dégringolé par rapport à 2004, en raison de l’aggravation de la situation sécuritaire des journalistes. Au moins 24 professionnels des médias ont été tués dans ce pays depuis le début de l’année 2005, faisant de ce conflit le plus meurtrier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : au total, 72 journalistes et collaborateurs des médias ont été tués depuis le début de la guerre, en mars 2003. En revanche, de plus en plus de pays africains ou latino-américains [le Bénin (25e), la Namibie (25e), El Salvador (28e), le Cap-Vert (29e), l’île Maurice (34e), le Mali (37e), le Costa Rica (41e) ou la Bolivie (45e)] se glissent à des positions très honorables.

    Des démocraties occidentales en recul

    Quelques démocraties occidentales ont reculé dans le classement 2005. Ainsi, les Etats-Unis (44e) ont perdu plus de vingt places, principalement en raison de l’incarcération de la reporter du New-York Times, Judith Miller, et de mesures judiciaires qui mettent à mal la protection du secret des sources. Le Canada (21e) a également perdu quelques places, là aussi à cause de décisions qui fragilisent le secret des sources et transforment parfois les journalistes en « auxiliaires de justice ». La France (30e) est, elle aussi, en recul.
    Des perquisitions de locaux de médias, des gardes à vue de journalistes et la création de nouveaux délits de presse sont notamment à l’origine de cette nouvelle position.

    En tête du classement, on retrouve, comme en 2004, des pays d’Europe du Nord (Danemark, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pays-Bas) qui garantissent une réelle et durable liberté de la presse. Les dix premiers pays du classement 2005 sont européens. La Nouvelle-Zélande (12e), Trinidad et Tobago (12e), le Bénin (25e) et la Corée du Sud (34e) arrivent en tête pour les autres continents.

    Liberté de la presse, développement économique et indépendance

    Des Etats qui ont acquis ou retrouvé leur indépendance récemment se montrent très respectueux de la liberté de la presse. Ils coupent court ainsi aux arguments fallacieux invoqués par de nombreux leaders autoritaires selon lesquels il serait nécessaire de patienter plusieurs décennies avant que la démocratie ne puisse s’installer. En effet, neuf Etats qui comptent moins de quinze ans d’existence (ou bien qui ont récupéré leur indépendance depuis moins de quinze ans) se placent dans les soixante premiers du classement : Slovénie (9e), Estonie (11e), Lettonie (16e), Lituanie (21e), Namibie (25e), Bosnie-Herzégovine (33e), Macédoine (43e), Croatie (56e), Timor-Leste (58e).

    De même, ce classement tord le cou à la théorie – abondamment utilisée par les dirigeants des pays pauvres et liberticides – selon laquelle le développement économique est un préalable indispensable à la démocratisation et au respect des droits de l’homme. Si la tête du classement est très largement occupée par des Etats riches, plusieurs nations très pauvres (dont le PIB par habitant ne dépassait pas, en 2003, 1 000 dollars) figurent dans les soixante premiers. C’est le cas du Bénin (25e), du Mali (37e), de la Bolivie (45e), du Mozambique (49e), de la Mongolie (53e), du Niger (57e) et du Timor-Leste (58e).

    Les bons

    Le petit Etat caribéen de Trinidad et Tobago reste le premier de la zone (12e) en matière de respect de la liberté de la presse. Le Salvador, démocratie encore fragile après des années de guerre civile, se classe pourtant deuxième du continent (28e). Il est suivi, comme l’an dernier, par le Costa Rica (41e), la Bolivie (45e), l’Uruguay (46e) et le Chili (50e) où les atteintes à la liberté de la presse se résument le plus souvent à des actes d’intimidations ou des menaces. L’Argentine (59e) remonte nettement au classement. Les agressions contre les journalistes ont diminué, les médias ont obtenu gain de cause en matière de secret des sources et la législation sur les délits de presse a été assouplie.

    Au Brésil (63e), la loi sur la presse, qui date du régime militaire et prévoit des peines d’emprisonnement, n’a toujours pas été abrogée même si elle n’est plus appliquée. Par ailleurs, la presse locale reste exposée à de violentes représailles, comme en témoigne l’assassinat, le 1er juillet 2005, de José Cândido Amorim Pinto, directeur d’une radio communautaire.

    …. et les mauvais points du continent américain

    Au Pérou (116e), bien qu’aucun assassinat n’ait endeuillé la presse cette année, les actes de violences à l’encontre des journalistes atteignent des proportions vertigineuses : plus d’une trentaine de cas, une soixantaine si l’on y ajoute les menaces et les tentatives d’intimidations.

    En Haïti (117e), malgré une amélioration de la situation de la presse depuis la chute de Jean-Bertrand Aristide en février 2004, le pays demeure « à risque » pour les journalistes. L’année 2005 aura été marquée par l’assassinat, le 14 juillet, de Jacques Roche, du quotidien Le Matin, l’exil forcé, le 16 juin, de Nancy Roc, de Radio Métropole, à la suite de menaces de kidnapping et la tentative d’enlèvement du directeur de la même radio, Richard Widmaier, cinq jours plut tôt.

    Traditionnelle avant-dernière du classement pour le continent, la Colombie (128e) passe cette fois devant le Mexique (135e), où la situation de la liberté de la presse se détériore dans les Etats frontaliers des Etats-Unis. Les médias mexicains parlent d’un « avril noir » 2005, au cours duquel deux journalistes ont été assassinés et un troisième a disparu, le tout en une semaine. En Colombie, Julio Palacios Sánchez, de Radio Lemas, a été abattu le 11 janvier dans une région dominée par le narcotrafic et la corruption. Les installations audiovisuelles sont régulièrement les cibles d’actes de sabotage et sept journalistes ont dû quitter leur région ou le pays depuis le début de l’année.

    A Cuba (161e), deux journalistes sont venus s’ajouter aux 21 emprisonnés depuis la vague de répression de mars 2003. L’un d’eux, Oscar Mario González Pérez, risque 20 ans de prison au titre de la loi 88 sur la protection de « l’indépendance nationale et l’économie de Cuba ».

  • On entend souvent dire que les Cubains sont tous propriétaires de leur logement : c’est une contre vérité. C’est l’Etat qui est propriétaire de tout à Cuba, et il suffit d’afficher son désaccord avec le gouvernement de Fidel Castro pour se faire expulser se son logement dont on est « propriétaire ».
    C’est ce qui est arrivé hier à l’opposant membre du Mouvement Chrétien de Libération, Ernesto Martínez Fonseca, son conjoint, Judith Arbesú, et deux filles, de 8 et 10 années.

    Le harcèlement et les actes de « repudio » contre des dissidents et des journalistes indépendants au Cuba se sont intensifiés dans toute l’île dans les dernières semaines. Malgré cela les adversaires et activistes politiques continuent à réclamer la liberté au régime de Fidel Castro.

    Dans la ville de Camaguey, le groupe des « Dames en Blanc » a entrepris dimanche pour la première fois une marche silencieuse dans la rue centrale Général Gómez, pour réclamer la liberté de leurs parents emprisonnés, sous la surveillance de fonctionnaires de Sécurité l’État et la surprise des passant, peu habitués à ce type de manifestations.

    Les Dames de Blanc ont entamé leur marche après avoir assisté à la messe dans l’Église de Sainte Ana, habillées de pantalons et tee shirt blancs sur lesquels étaient imprimées les photos de leurs conjoints : Alejandro González Raga, Alfredo Manuel Pulido López, Normand Hernández González et Mario Enrique mayo Hernández, tous journalistes indépendants condamnés à de longues peines de prison pendant le printemps noir de 2003.

    Le groupe de Dames de Blanc de Camaguey était réprésenté par Bertha María Bueno, Rebeca Rodríguez Sauto, Yaraí Reyes Marin et Maidelín Guerra.

    « À toutes les organisations qui défendent les droits de l’homme nous voulons dire que nous n’avons pas peur ; nous ne faisons pas rien de plus que dire ce que d’autres pensent en silence, et nous continuerons à nous rendre à la maison de Dieu tous les dimanches habillées de blanc pour prier pour la santé de nos familles » , a affirmé depuis Camaguey, Maidelín Guerra.

    Pendant ce temps, un membre du Mouvement Chrétien de Libération, Ernesto Martínez Fonseca, son épouse, Judith Arbesú, et ses deux filles, de 8 et 10 années, ont été expulsés des les premières heures d’hier d’un petit logement dans un quartier populaire de la Havane où ils vivaient depuis 2000.

    Le couple a indiqué que des dizaines policiers et fonctionnaires ont pris part à l’expulsion et ont prétendu qu’ils occupaient la maison de manière illégale.

    « C’est une mesure arbitraire du gouvernement qui est le seul responsable de ceci » , a dénoncé l’opposant Ernesto Martínez Fonseca qui considère qu’il s’agit « des représailles à cause de mon militantisme et de ma condition de dissident ».

    « Je serai toujours celui que je suis, en réclamant les droits des cubains jusqu’à ce qu’un jour nous obtenions ce que ce peuple souhaite » , a affirmé Martínez dans des déclarations formulées à l’agence espagnole EFE.

    Le conjoint de Martínez assure que le logement appartient à un frère qui vit à Londres avec une autorisation de résidence à l’extérieur, lequel a laissé à la famille la maison en garde et a annuellement voyagé au pays, comme établit la loi, pour ne pas perdre sa propriété.

  • Raul Rivero, libéré en décembre 2004 pour raisons de santé, lira des poèmes de son livre plus récent, « Corazón sin furia »( « Coeur sans fureur  » ) (2005), publié en Espagne.

     » Ce ont des poèmes que j’ai composé dans un détroit cachot avec peu de lumière, et à la frontière de la mort », a commenté Rivero. « J’étai obligé d’écrire des poèmes d’amour, sur avertissement des gardiens de prison ; seulement s’ils ne contenaient pas de références politiques ou critiques à la prison, ils les laissaient sortir. Donc je dis toujours que le premier éditeur a été la Sécurité de l’État ».

    Rivero, un des plus importants poètes de sa génération, a été condamné à 20 années de prison au printemps de 2003, accusé de menacer la sécurité nationale avec les articles qu’il diffusait à l’extérieur. Après une campagne internationale intense pour sa libération, il a été libéré pour raisons de santé en décembre 2004 et à quitté Cuba pour l’éxil en avril 2005.

    C’ est sa première visite aux Etats-Unis, pendant laquelle il a pris la parole devant la 61e Assemblée Générale de la Société Interaméricaine de Presse (SIP), qui se tient cette semaine à Indianapolis.

    Devant la convention de la SIP, organisation dont il est vice-président régional depuis 1998, Raul Rivero a réclamé l’appui des moyens de communication pour maintenir la mémoire des prisonniers politiques cubains et « mettre en échec l’oubli » que tente de leur imposer le régime de Fidel Castro.

    Avant la lecture et le dialogue avec le public, Rivero recevra un hommage du Centre Littéraire de la Floride du Miami-Dade College, et sera décoré avec une médaille honorifique de l’institution académique.

  • Le 10 octobre 2005 au matin, jour de l’intervention à l’UNESCO de Felipe Perez Roque, ministre cubain des Relations extérieures, une vingtaine de militants de Reporters sans frontières ont manifesté, vêtus d’uniformes de prisonniers, devant le bâtiment de l’organisation internationale à Paris. Ils ont ainsi rappelé que 23 journalistes cubains sont actuellement détenus dans des conditions exécrables dans les prison cubaines.

    Felipe Perez Roque, souvent présenté comme un des possibles successeurs de Fidel Castro, avait parlé en ces termes des journalistes arrêtés lors du printemps noir de 2003 : « Ils contribuent au blocus nord-américain sur Cuba, fabriquent de fausses informations et conspirent pour déstabiliser le pays. Ils mettent en danger les droits de tous les Cubains.»

    Déguisés en prisonniers, numérotés, menottés et bâillonnés, les militants de Reporters sans frontières tapaient sur des gamelles et ont déployé une banderole sur laquelle on lisait : « Bienvenue à Cuba, où les journalistes n’ont aucun droit ! ».
    En fond sonore : une musique cubaine festive, soudainement interrompue par les bruits caractéristiques d’une prison, portes qui se referment, bruits de chaînes, appel des prisonniers.

    Selon RSF : « 21 journalistes, condamnés à des peines allant de 14 à 27 ans de prison, croupissent depuis plus de deux ans dans des cellules insalubres, dorment dans des draps répugnants (quand ils en ont), portent des uniformes qui passent de prisonnier en prisonnier sans être jamais lavés, et mangent des bouillies suspectes autant qu’infectes. La plupart ont contracté en prison des maladies chroniques et sont dans un état de santé très inquiétant. Comme si cela ne suffisait pas, ils sont régulièrement humiliés par les gardiens de prison ou enfermés avec des criminels.

    C’est cette situation que nous avons voulu rappeler, au moment où un ministre cubain vient parler, à Paris, de culture et d’éducation. D’autant plus que depuis juillet et août 2005, deux nouveaux journalistes sont enfermés dans les geôles cubaines, dont l’un, Oscar Mario González, qui attend toujours d’être jugé, risque plus de 20 ans de prison. »

    Il y a plus de 16 ans, Reporters sans frontières mettait en place « le parrainage » et appelait les médias internationaux à soutenir un journaliste emprisonné. Plus de 200 rédactions dans le monde soutiennent ainsi un confrère en demandant régulièrement sa libération aux autorités concernées et en médiatisant sa situation pour que son cas ne tombe pas dans l’oubli.

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