Mois : janvier 2007

  • Le président vénézuélien Hugo Chávez, rééllu récemment pour un nouveau mandat, a déclaré que dans « quelques jours » doivent voyager à Caracas le vice-président cubain Carlos Lage et un groupe de ministres pour « signer pas moins de 11 conventions stratégiques, structurelles et structurantes » .

    Une d’entre elles permettra la mise en marche de projets conjoints dans le secteur technologique, qui inclut des projets pour faire une entreprise mixte de télécommunications et placer de manière commune un câble sous-marin de fibre optique pour « avancer dans l’indépendance des communications internationales « .

    Hugo Chávez a précisé qu’actuellement le point de connexion d’appels internationaux reçus et sortants avec des pays l’Amérique du Nord, le Centre et de l’Amérique du Sud, « passent d’abord par l’Europe… ceci est absurde ». Chávez maintient des liens étroits avec le chef cubain Fidel Castro. Les deux pays ont souscrit de nombreux accords de coopération dans les secteurs commercial, pétrolièr, éducatif et sportif. Cuba a envoyé au Vénézuéla des dizaines de de milliers médecins et d’infirmiers cubains et de centaines de formateurs sportifs. Le Vénézuéla a envoyé à plusieurs centaines de jeunes étudier dans des centres éducatifs cubains et des milliers de patients à Cuba pour recevoir une attention dans des hôpitaux de l’île des Caraïbes.

    Le Venezuela fournit à Cuba 100.000 barils de pétrole par jour soit l’équivalent de près de 2 milliards de dollars par an à des conditions très préférentielles : un quart de ce montant est payable avec un crédit sur 15 ans à un taux de 2%, et le reste par l’exportation de « services » cubains au Venezuela (environ 23600 médecins cubains seraient présents au Venezuela). Cette coopération économique comporte aussi un volet politique important et même policier : Cuba et le Vénézuela ont signé une convention autorisant les juges, et policiers de la sécurité de l’État cubain, à agir en territoire vénézuélien. La police cubaine pourra donc interroger, rechercher, et même arrêter des Cubains au Venezuela où résident plus de 30000 exilés cubains.

  • Dans sa dernière édition (janvier/février 2007) le magazine américain Foreign Policy donne la parole à Carlos Alberto Montaner, journaliste cubain exilé en Espagne. Comme beaucoup de Cubains, il pense que la disparition de Fidel Castro ne pourra se faire sans d’importants changements. «  Le pouvoir de Fidel Castro n’est pas transférable. Il a beau être communiste, il appartient au même stock anthropologique que Francisco Franco ou Rafael Trujillo : le militaire autocratique. Ce type d’autorité basée sur un mélange de respect et de peur ne peut pas être transférée. » prédit Carlos Alberto Montaner.

    Le point central est que seul Fidel paraît avoir l’autorité et le charisme pour gérer la situation. L’exemple le plus souvent cité est celui du « maleconazo » de 1994. C’était en pleine crise économique, un jour de chaleur, quand la police s’était affrontée durement avec un grand groupe de Cubains qui se préparaient à prendre la mer vers Miami. Des centaines de personnes avaient attaqué la police à coups de pierres et le désordre s’était généralisé sur le Malecón, en plein centre ville. C’est alors que Fidel en personne avait fait son apparition, et le combat s’arrêta net. La foule lâcha les pierres, applaudit le dirigeant et commença à se disperser petit à petit. Lorsque Fidel s’en alla, des dizaines de camions anti-émeute et des ouvriers sélectionnés pour leur loyauté apparurent et réprimèrent durement ceux qui restaient.

    En six mois d’absence du pouvoir de Fidel Castro, la dissidence cubaine a commencé à tester la direction intérimaire menée par son cadet Raul, pour obtenir des améliorations de la situation des droits de l’homme, sans espérer néanmoins des changements profonds. Souvent qualifiés de «mercenaires» de Washington, les dissidents ont d’abord opté pour la prudence quand celui-ci a fait annoncer à la télévision le 31 juillet qu’il avait été opéré et devait céder «provisoirement» le pouvoir à son cadet, Raul, 75 ans.

    Fin 2006, la commission de défense des droits de l’homme (illégale mais tolérée) de M. Elizardo Sanchez a chiffré à 283 le nombre de prisonniers politiques, soit 50 de moins qu’un an auparavant. Mais selon lui, le gouvernement a seulement changé de «stratégie», abandonnant les détentions longues pour des peines courtes et un strict contrôle.

    La libération pour raisons de santé le 6 décembre d’Hector Palacios, l’un des dissidents les plus combatifs du groupe des 75 arrêtés en mars 2003, n’a aucunement été perçue comme un signe d’assouplissement. Quinze autres ont été relâchés pour les mêmes raisons depuis deux ans. Mais les autorités de La Havane ont déjà averti qu’elles prendront «toutes les mesures nécessaires» envers la dissidence y compris pour l’empêcher de recevoir des aides de Washington.

    Cette année, « un ami de Castro et vétéran du parti » a confié à Jon Lee Anderson, de la revue New Yorker, que le dirigeant cubain « est angoissé par le fait de vieillir et obsédé par l’idée que le socialisme cubain pourrait ne pas lui survivre ». C’est pour cela, explique Anderson, que Castro s’est lancé dans son ultime combat, la « Bataille des idées ». Son objectif est de renouveler l’engagement des Cubains envers les idéaux de la révolution, surtout celui des jeunes qui ont atteint leur majorité durant la « Période spéciale ». C’était au début des années 90, lorsque la dissolution de l’Union soviétique laissa Cuba sans allié stratégique, sans pétrole subventionné et sans achats garantis des produits de base.

    En privé, raconte le journaliste Anderson, « beaucoup de Cubains considèrent la Bataille des idées comme un spectacle qu’ils doivent tolérer mais qui n’affecte en rien leurs vies. Peu gagnent assez pour bien manger et encore moins, pour vivre à l’aise. Conséquence des carences endémiques de l’île : presque tout le monde a un contact avec le marché noir ». Anderson signale qu’il y a une tension toujours plus grande entre la vie publique cubaine, avec ses rassemblements et ses marches, et la vie privée, où chacun cherche comment gagner un peu plus. A l’intérieur et en-dehors de l’île, l’une des craintes est que la mort de Fidel Castro n’engendre une explosion de violence, accompagnée de pillages et de répression.

    Raúl Castro ne laisse pas beaucoup d’illusions d’ouverture du système. Bien qu’il soit une personne affable et connu pour sa cordialité, il a été le protagoniste de quelques moments d’une extrême dureté dans l’histoire de la révolution. En 1959, il assumait le commandement des troupes révolutionnaires qui prirent Santiago de Cuba, la seconde ville de Cuba ; il y ordonna l’exécution sommaire de 70 officiers et soldats qui s’étaient rendus. Après avoir été fusillés, les prisonniers furent jetés dans une fosse commune. Raúl, qui avait formé « l’Armée rebelle » à une discipline reconnue comme étant de fer, fut aussi l’organisateur, en 1996, d’une purge d’intellectuels du PCC qu’il accusa de déviations capitalistes en raison de leur appui à la politique d’ouverture économique.

    Entre temps, Cuba a du faire des concessions pour éviter la banqueroute généralisée de la « période spéciale » et les émeutes de la faim, comme celle a eu lieu à proximité du Malecon en 1994. L’ouverture au capital étranger et au tourisme a rouvert des plaies mal cicatrisées : les privilèges dont jouissent les investisseurs étrangers et les touristes sont mal supportés car ils ne sont accompagnés d’aucune ouverture en direction des Cubains. Avec Raul Castro, la junte au pouvoir entend bien conserver le juteux monopole des affaires en dollars avec les étrangers, en faisant miroiter au bon peuple de futures améliorations en pesos.

  • Le commandement militaire de la base de Guantánamo (Cuba) a commencé à planifier une possible exode en provenance de Cuba, avec la possibilité d’héberger temporairement les candidats à l’exil, bien que séparés des suspects soupçonnés d’appartenir à al-Qaida.

    Presque tous les prisonniers (près de 400 étrangers suspectés de terrorisme), capturés après les tentatives de du 11 septembre le 2001, se trouvent dans la base depuis le 2002 sans avoir comparu devant un juge. Une soudaine exode d’émigrants cubains en direction des Etats-Unis pourrait de nouveau voir Guantánamo servir à son affectation des années 90, quand quelques 40.000 Haitiens et Cubains ont été internés dans la base après avoir été capturés en haute mer.

    Mais cette fois l’opération risque d’être beaucoup plus difficile. Dans les années 90, Guantánamo, qui occupe une surface de 117 kilomètres carrés de terre et eaux territoriales, était une base navale tranquille avec plein d’espace. Maintenant, une grande partie de cet espace est occupé par le Camp Delta – la prison des islamistes. Les Etats-Unis devront augmenter le personnel sur la base pour la sécurité, en plus de stocker davantage d’aliments, la plupart arrivant par mer toutes les deux semaines.

    En 1998, la loterie (baptisée el bombo par les Cubains de la rue), organisée par les services consulaires américains pour filtrer l’afflux de candidats désireux d’obtenir un des 20 000 visas accordés chaque année, a enregistré plus de 500000 demandes.

    Castro, n’a pas été vu en public depuis qu’il a transféré temporairement le pouvoir en juillet à son Raúl frère, ministre de Défense, pour être opéré des intestins. Le journal madrilène El Pais a affirmé cette semaine que le président cubain se trouve dans un état « très grave » et qu’il souffre de péritonite suite à des complications de trois opérations auxquelles il a été soumis.

  • L’information publiée hier par El Pais révèle les vicissitudes de la santé de Castro en citant des sources de l’Hôpital Public « Gregorio Marañón » de Madrid, où travaille comme chef de service en Chirurgie le docteur José Luis García Sabrido. En décembre dernier García Sabrido a spécialement voyagé à Cuba pour examiner Castro et a démenti les rumeurs insistantes de cancer. « Une infection grave dans l’intestin, au moins trois opérations ratées et plusieurs complications maintiennent le dictateur cubain, prostré avec un pronostic très grave », assure la version publié par El Pais.

    Dans une première opération, le chirurgien a « retiré une partie de l’intestin, touché par la diverticulite », ajoute le rapport. Mais l’évolution de Fidel Castro n’a pas été bonne étant donné l’infection dont il souffrait, en empêchant la cicatrisation entre les deux parties de l’intestin. Ceci a causé que son abdomen soit inondé de matières fécales, ce qui a provoqué une seconde péritonite et un nouveau retour à la salle d’opération pour lui poser un anus artificiel.

    Après la seconde opération, Fidel Castro n’a pas non plus bien cicatrisé et sa santé s’ est aggravée avec une affection biliaire qu’une des sources consultées identifie comme « colecistitis alitiasica ». « Cette situation a une mortalité très élevée, autour de 80 pour cent, indique la note d’El Pais. Le journal indique que quand le docteur García Sabrido a rendu visite à Castro à Cuba le mois dernier pour évaluer une autre opération, l’actuel président de Cuba avait une blessure dans l’abdomen qui libérait plus d’un demi litre de fluides par jour, causant un manque important d’alimentation. L’information d’El Pais coïncide avec des rapports officieux qui signale que Fidel Castro souffrirait de thrombose veineuse mesentérica, une maladie intestinale qui empêche l’absorption d’aliments. Les dernières images du dirigeant cubain, diffusées par la télévision étatique, remontent à au 28 octobre.

  • Cuba a accueilli en 2005, 2 319 334 visiteurs étrangers, le plus grand chiffre atteint jusqu’à maintenant, ce qui représente une augmentation de 13,2% par rapport à 2004, a affirmé Manuel Marrero Cruz, ministre du Tourisme, pendant l’inauguration de la XXVIe foire internationale du Tourisme.

    Marrero a souligné la mise en œuvre de stratégies novatrices comme moyen principal pour atteindre de tels résultats, car cette période a été difficile pour le tourisme mondial. Lors des cinq dernières années, a-t-il indiqué, la rude campagne de propagande contre ce secteur a atteint son niveau maximum et le renforcement du blocus nord-américain a provoqué dans ce domaine des pertes d’ordre économique.

    Cependant, a-t-il précisé, « cette année nous espérons accueillir 2,5 millions de touristes et augmenter ainsi de 7,7% (à ce jour nous en sommes à 3,3%). Depuis le 6 mai nous avons atteint le premier million, avec un record de plus de 66 900 visiteurs quotidiens logés. »

    Le ministre a parlé de l’achèvement de 1500 chambres d’hôtel et la prochaine réception de 3000 chambres rénovées. Il a également parlé de l’intégration de plus de 1000 véhicules pour le transport touristique et le renforcement des vols sur diverses lignes principales, ainsi que de l’ouverture de nouveaux bureaux de promotion au Venezuela, en Chine et en Hollande.

    La nouvelle édition de l’événement le plus important de l’industrie touristique cubaine aura lieu à partir d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi prochain à proximité de la Forteresse de San Carlos de la Cabaña dans la capitale. Elle est dédié à la Chine et au Venezuela et des centaines de spécialistes étrangers de ce domaine vont s’y donner rendez-vous pour connaître les plus récentes innovations de ce secteur dans notre pays.

    Cuba a effectué à partir de 1994, une reconversion spectaculaire dans le domaine du tourisme longtemps qualifié de néfaste par Fidel Castro qui l’assimilait à une forme d’impérialisme. Le touriste, le yuma dans l’argot des Cubains, a remplacé dans la propagande officielle la canne à sucre en tant que pourvoyeur de devises venant de l’étranger.
    Alors que le nombre d’étrangers visitant l’île stagnait aux alentours de 300 000 en 1990, il passe à 600 000 en 1994 pour atteindre le million en 1996 et dépasse les 2 millions en 2005. Les principaux pays pourvoyeur sont le Canada, le Royaume Uni et l’Espagne, alors que la France enregistre une baisse régulière depuis 2003. Les recettes du tourisme représentent, le principal apport en devises pour Cuba, évalué à plus 2 milliards de dollars.

    Les communiqués victorieux du gouvernement sur le nombre record de touristes visitant l’île laissent de marbre la grande majorité des Cubains. Pas plus qu’au temps de Batista ils n’ont accès aux luxueux complexes hôteliers et aux restaurants dont se couvrent La Havane et les plages de Varadero, en grande partie grâce aux capitaux étrangers.

    Les chiffres eux mêmes doivent être considérés avec un certain recul : en fait sont comptabilisés comme « touristes », tous les voyageurs entrant sur le territoire cubain et de nationalité étrangère. Par les conséquents les dizaines de milliers de ressortissants de pays sud-américains (plus de 200 000 en 2006) soignés gratuitement à Cuba, entrent également dans cette statitisque. Quelques 80 000 cubano américains qui visitent leur famille sont aussi inclus dans le nombre des « touristes », par conséquent le chiffre réel du tourisme à Cuba est sans doute plus proche des 2 millions.

  • Comme prévu, Hugo Chavez avance rapidement vers la mise en place d’une dictature marxiste, calquée sur le modèle cubain.
    Il a annoncé la nationalisation des entreprises de télécommunications et d’électricité du pays, s’engageant à mettre en place un Etat socialiste.

    « Nous avançons vers une république socialiste du Venezuela, et cela nécessite une réforme profonde de notre constitution nationale », a déclaré Hugo Chavez lors d’un discours télévisé alors que son cabinet venait de prêter serment. « Nous sommes à un moment existentiel de la vie vénézuélienne. Nous avançons vers le socialisme, et rien ni personne ne pourra l’empêcher ».

    Le président vénézuélien, qui prêtera serment mercredi pour un troisième mandat qui s’achèvera en 2013, a également annoncé qu’il souhaitait un amendement de la Constitution pour supprimer l’autonomie de la banque centrale du pays. Il compte également demander bientôt à l’Assemblée nationale, contrôlée par son camp, de lui accorder des pouvoirs supplémentaires afin qu’il puisse légiférer par décrets.

    Avant sa réélection en décembre dernier, Hugo Chavez, proche du leader cubain Fidel Castro, avait promis d’amorcer un virage radical dans sa volonté d’établir un Etat socialiste au Venezuela. Dans son discours de lundi, il a fait référence à l’idéal communiste prôné par Karl Marx, Lénine et Léon Trotsky. « Je suis tout à fait dans la ligne de Trotsky, la révolution permanente », a-t-il indiqué.

    Hugo Chavez prend exemple sur le Cuba de 1960, lorsque Castro décida la nationalisation de tous les biens américains. Le téléphone de la compagnie ITT, les installations électriques de General Electric, les raffineries de pétrole de Texaco et de la Standard Oil, les raffineries de sucre, Coca Cola, les grands magasins Sears Roebuck passent sous contrôle cubain. Le capitalisme américain subit une véritable razzia sans la moindre compensation. On connait la suite : rupture des relations diplomatiques avec les Etats Unis, et mise en place d’un embargo sur le commerce avec Cuba.

  • En attendant l’issue inéluctable, la rumeur inspire les faussaires (voir photo) et les astrologues. Cette photo semble être un évident trucage, mais elle circule et alimente les commentaires les plus invérifiables sur les forum des Cubains de Miami. Et pas seulement : la mort de Fidel Castro figure, sans surprise, parmi les grands événements prévisibles de l’année 2007.

    Fidel Castro vivra quelques mois en 2007, Osama Bin Laden sera capturé et mourra, George W Bush court un danger d’une tentative d’attentat, le Pérou souffrira un grand séisme… l’année promet d’être animée si on prend en considération les événements prévus par plusieurs astrologues latino-americains.

    La santé du président cubain, Fidel Castro – convalescent depuis cinq mois -, qui l’a obligé à déléguer le pouvoir pour la première fois, n’a pas échappé cette année aux prévisions. Selon l’astrologue Chilien Nena Borrero, « les mois de juin et juillet seront très difficiles pour lui et pour Cuba ».

    Beaucoup plus précis, l’Uruguayen Boris Cristoff a prédit que probablement le chef cubain vivrait à peine sept semaines en 2007. Dans son annuaire astrologique 2007, Cristoff affirme que Castro aura « sa plus grande crise entre samedi 17 et lundi 19 février ». Prévenant par avance qu’il peut se tromper, ou que « par dissimulation politique du décès ou en cas de maintien de vie végétatif, la date probable du décès est autour du 26 mars par décès cérébral », assure l’astrologue, né en Bulgarie et nationalisé Uruguayen.

    Les dernières nouvelles de la santé de Fidel Castro, opéré le 27 juillet des suites d’une grave hémorragie intestinale, ont été livrées la semaine dernière depuis Madrid par un chirurgien espagnol, le docteur José Luis Garcia Sabrido, à son retour de La Havane où il a examiné le dirigeant cubain.

    Victime d’un « processus bénin qui a connu une série de complications », Fidel Castro n’a pas de cancer et est « dans un processus de récupération lent mais progressif » qui ne nécessite pas de nouvelle intervention, avait indiqué ce chirurgien lors d’une conférence de presse. Le Dr Garcia Sabrido avait qualifié de « bon » son état général et s’était déclaré admiratif de son « excellente et fantastique activité intellectuelle ». Des déclarations très optimistes qui contrastent avec le fait que Fidel Castro reste invisible depuis plusieurs mois.

    Aux Etats-Unis, des responsables de l’administration Bush estimaient que le président Castro était atteint d’un cancer en phase avancée et qu’il n’avait plus que quelques mois à vivre.

    Le 26 juillet 2006, cinq jours avant l’annonce de son opération, Fidel Castro ironisait à destination des États-Unis : « Que les petits voisins du Nord ne se préoccupent pas, je ne prétends pas exercer mes fonctions jusqu’à 100 ans… » . Aujourd’hui plus personne n’est dupe du discours officiel et rassurant sur la santé de Castro. La passation de pouvoirs « provisoire » annoncée à Cuba en juillet 2006 a toutes les chances de durer. L’ère post Castro a commencé.

  • « Cuba a enregistré en 2006 le plus faible taux de mortalité infantile de son histoire et d’Amérique latine, avec seulement 5,3 décès pour 1.000 naissances, ce qui a placé l’île caraïbe au deuxième rang du continent derrière le Canada, a indiqué mercredi le ministère de la Santé. » Voilà pour les faits que rappelle l’AFP dans un dépêche anodine. Mais la dépêche se termine par un autre commentaire qui reproduit, sans le vouloir, la légende de Cuba avant la révolution, à savoir un pays sous développé et arriéré.

    « Cuba, où les bébés de moins d’un an sont vaccinés systématiquement contre 13 maladies, avait un taux de mortalité infantile extrêmement élevé, 37,3 pour 1.000 en 1960, au début de la « révolution » menée par Fidel Castro. » écrit l’AFP.

    En vérité la mortalité infantile était à Cuba en 1958 de 36,7 pour 1000, (source : http://www.hist.umontreal.ca/U/morin/pub/Cubdemo.htm ) soit un taux comparable à ceux des pays développés de l’époque ( la France se situait à la même année à 31,4), et ensuite ce taux a augmenté pendant les premières années de la révolution pour atteindre un maximum de 45,2 pour 1000 en 1962.
    Par conséquent le taux de mortalité infantile était à Cuba, plutôt bas, puisque proche d’un pays développé, ce qui correspond d’ailleurs avec les autres indicateurs économiques de Cuba de l’époque qui plaçait Cuba dans le groupe de tête des pays les plus développés d’Amérique Latine.

    Mais la situation de Cuba avant la révolution est devenue comme beaucoup d’autres sujets historiques, un leitmotiv de la propagande cubaine, qui est souvent reproduit sans le moindre recul par les médias occidentaux.
    Or en 1958, Cuba n’est pas le pays arriéré que décrit systématiquement la propagande du régime cubain. Cuba se situe au troisième rang des pays d’Amérique latine pour le PIB par habitant, et au quatrième rang pour l’espérance de vie, mais aussi pour l’instruction, la santé et la protection sociale.

    En 1957, Cuba comptait parmi les pays d’Amérique Latine en pointe pour l’élevage du bovin et la consommation de viande (0,9 tête de bétail par habitant). Aujourd’hui la viande de bœuf a disparu de l’assiette des Cubains : il ne reste que 4 millions de tête de bétail pour une population de 11 millions d’habitants.
    Cuba comptait en 1958 une presse abondante : la troisième du continent latino américain en diffusion par habitant avec 58 quotidiens et 129 magazines.
    La grande île affichait aussi un santé financière insolente : le peso cubain est aligné sur le dollar américain et avec des réserves de changes évaluées à 387 millions de dollars, Cuba dispose de la troisième cagnotte de la région, derrière le Vénézuela et le Brésil.

    Même chose pour l’alphabétisation, qui est systématiquement présentée comme une grande conquête du socialisme. En vérité d’autres pays ont fait mieux que Cuba. En 1958 Cuba affiche un taux d’alphabétisation de 76%, en quatrième position des pays d’Amérique Latine (après l’Argentine, le Chili, et le Costa Rica), et il est aujourd’hui de 96%.
    Lorsqu’on adopte une vision relative des progrès du système éducatif cubain, les performances n’ont rien d’exceptionnel : d’autres pays d’Amérique Latine qui affichait des taux comparables à ceux de Cuba en 1957, ont réalisés des progrès similaires. Durant la même période, le Paraguay a augmenté son taux d’alphabétisation de 68 à 93% et la Colombie de 62 à 92%. (SOURCE: UN STATISTICAL YEARBOOK 1957, pp. 600-602; UN STATISTICAL YEARBOOK 2000, pp. 76-82. )

    Par conséquent ces évolutions positives ont eu lieu non pas grâce au socialisme, comme on le répète constamment, mais malgré le socialisme qui a appauvri considérablemeent Cuba et la population cubaine.