Mois : août 2007

  • L’inflation annuelle a atteint 16 pour cent au Venezuela ces derniers mois, le taux le plus élevé d’Amérique latine.

    Le bolivar a dégringolé de 30 pour cent cette année à 4,85 pour un dollar au marché noir, le seul endroit où il s’échange librement en raison des mesures de restrictions du gouvernement sur les devises étrangères. Un taux plus de deux fois supérieur au taux officiel de 2,15 par dollar décrété en 2005 par le gouvernement. Chávez peut devoir dévaluer le bolivar cette année pour réduire cette incohérence et pour augmenter les recettes du pétrole, qui compose la moitié du revenu du gouvernement.

    « Cela été le boom pétrolier le plus mal géré de l’histoire du Venezuela, » a déclaré Ricardo Hausmann, un ancien ministre de la planification du gouvernement qui enseigne maintenant les sciences économiques à l’université de Harvard. « Une dévaluation est inévitable. La seule question est quand. »

    Merrill Lynch de JPMorgan s’attendent à ce que Chávez dévalue le bolivar de 14 pour cent au cours du premier trimestre de 2008 après avoir présenté une nouvelle devise le 1er janvier qui supprimera trois zéros sur tous les billets.

    La nouvelle devise, devrait s’appeler le bolivar fort, et aura un taux de change de 2.15 par dollar, l’équivalent du taux officiel actuel, selon Rodrigo Cabezas, ministre des finances. Les analystes ont prévu que le taux officiel diminuera de 13 pour cent vers la fin de 2008, selon une enquête de Bloomberg.

    Chávez, un allié du Président Fidel Castro de Cuba, a affaibli sa devise de 11 pour cent en 2005. Chávez a imposé des restrictions aux devises étrangères en 2003 pour stopper la fuite des capitaux qui a entraîné une dévaluation du bolivar de plus de 70 pour cent depuis qu’il a pris le pouvoir en 1999.

    Pour mémoire la devise cubaine (le peso) a perdu 95% de sa valeur par rapport au dollar depuis la prise de pouvoir de Fidel Castro en 1959. A l’époque un peso cubain valait environ un dollar, aujourd’hui il faut 26 pesos pour acheter un dollar.

    À mesure que l’espace entre le taux de change officiel et le cours au marché noir augmente, les petits trafics augmentent aussi. Un règlement permet à des personnes de dépenser $5.000 par année sur leurs cartes de crédit en voyageant à l’étranger.

    Quelques Vénézuéliens voyagent au Curaçao (Antilles néerlandaises) voisin, où ils achètent 5.000 dollars de jetons de casino avec leurs cartes de crédit, échangent les jetons pour de l’argent comptant et puis vendent les dollars au marché noir à Caracas.

    Les règlements de contrôles de devises étrangères font partie des lois que Chávez a créées dans sa « marche au socialisme. » avec le contrôle des prix et du crédit. Le gouvernement fixe des prix au détail sur des centaines de produits de consommation et fixe tous les deux ans le taux maximum auquel les banques peuvent prêter et l’intérêt minimum qu’elles peuvent sur les dépôts.

  • Selon le Financial Time, le ministère américain de la Justice et d’autres administrations du pays ont intensifié leurs investigations sur plusieurs grandes banques européennes soupçonnées de violation des sanctions économiques contre l’Iran, la Libye, Cuba et le Soudan.

    Certaines banques ont engagé des discussions dans l’espoir d’un règlement amiable du dossier et elles pourraient accepter de payer des pénalités financières avant la fin de l’année, précise le quotidien, citant une source proche des enquêtes.

    Certaines des banques concernées, dont les noms n’ont pas été dévoilés, sont sous surveillance depuis qu’elles ont alerté l’administration américaine de risques de violations des sanctions à la suite du règlement d’une affaire de blanchiment d’argent conclu par ABN Amro en 2005, écrit le FT, citant des sources proches du dossier.

    En 2005, La banque suisse UBS s’est vu infliger une amende par le Trésor américain de cent millions de dollars pour avoir accepté des transferts de fonds cubains, dans la cadre d’un programme de la Réserve Fédérale de New York.

    En 1996, UBS, par l’intermédiaire de l’Investment Bank, avait conclu avec la Réserve fédérale de New York (NY FED) un accord entrant dans le cadre de «l’Extended Custodial Inventory Program» (ECI). Cet accord autorisait UBS à conserver à Zurich un dépôt de billets en dollars pour le compte de la FED de New York. La constitution de ces dépôts auprès de banques du secteur privé vise à faciliter la mise en circulation de nouvelles coupures en dollars ainsi que le retrait des anciennes.

    Dans le cadre de cet accord, UBS a accepté de ne pas livrer, encaisser ou déposer de billets en dollars dans le dépôt de la Fed de New York ou hors de celui-ci en faveur ou en provenance de clients de pays faisant l’objet de restrictions commerciales de la part des Etats-Unis.

    Suite aux questions posées par la Fed de New York, UBS a constaté qu’en violation de cet accord, des transactions sur billets de banque avaient été effectuées avec Cuba, l’Iran, la Libye et la Yougoslavie.

    En coopération étroite avec les autorités, UBS a alors lancé une vaste enquête interne, qui a même fait appel à une task-force incluant des études d’avocats.

    Cette enquête a en outre révélé que les anciens employés impliqués avaient envoyé à la Fed de New York de faux rapports visant à dissimuler les transactions en question.

    A la suite de ces découvertes et compte tenu de la bonne coopération d’UBS, la Fed a annoncé qu’elle infligerait à cette dernière une amende civile de 100 millions de dollars. La CFB a blâmé UBS. Elle effectuera des contrôles en vue de vérifier l’efficacité des mesures de correction mises en place par la banque.

    Peter Wuffli, Chief Executive Officer d’UBS, a déclaré: «UBS reconnaît que de très graves erreurs ont été commises. Nous acceptons les sanctions, assumons l’entière responsabilité et exprimons nos regrets. Nous avons déjà mis en place un certain nombre de mesures correctrices et prononcé des sanctions. Les comportements mis en lumière par l’enquête ne peuvent être ni ne seront tolérés à l’avenir par UBS. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour prévenir de tels incidents et tirer un trait sur cette affaire».

    Plusieurs employés ont été licenciés et d’autres ont fait l’objet de sanctions.

    De plus, UBS a décidé de mettre un terme à son activité de négoce de billets avec des contreparties situées dans des pays hors de Suisse. A l’avenir, UBS limitera son activité en la matière à la livraison physique de billets à des établissements financiers en Suisse et au Liechtenstein. Les transactions sur billets de banque auxquelles il sera mis un terme ne représentent d’ailleurs qu’une part négligeable des activités de change d’UBS. UBS n’a aucunement l’intention de reprendre cette activité.

  • Cela fera pratiquement deux semaines que Fidel Castro ne s’est pas montré à Cuba, ni en public, ni à la télévision.

    Du coup les rumeurs s’intensifient à propos de son l’état de santé.

    À Miami, la communauté cubaine est fébrile : le Lider maximo que l’on sait très malade, n’a pas été vu en public le 13 août dernier, jour de son 81e anniversaire.

    Le ministre cubain des Affaires étrangères a fait savoir que Fidel Castro est en contact permanent avec les membres de son gouvernement.

    Une fois de plus Hugo Chavez a tenté de rassurer les partisans d’un des derniers dictateurs communistes encore vivant.

    Depuis un an, la présidence de Cuba est assumée par Raul Castro, et un petit nombre de hauts responsables du parti, assurant une certaine stabilité à Cuba.

    « Fidel Castro ne mourra jamais », a martelé Hugo Chavez lors d’une réunion publique. Castro « vivra toujours parmi les peuples qui luttent pour un avenir meilleur. Il vivra dans le peuple de Cuba, du Venezuela et de l’Amérique », a-t-il ajouté, en se gardant bien toutefois de donner des informations précises sur l’état de santé réel de Castro.

    Jeudi dernier, le ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque, a également démenti les rumeurs sur la mort de Fidel Castro, alors qu’il participait à une réunion de responsables latino- américains et asiatiques à Brasilia, capitale brésilienne.

  • La nouvelle a été rendue publique par l’organisation Reporters sans frontières qui se dit « scandalisée par la nouvelle condamnation dont a fait l’objet, le 15 août 2007, Alberto Santiago Du Bouchet Hernández, journaliste indépendant. Incarcéré pour « désobéissance civile » et « résistance » en 2005 puis libéré en août 2006, le journaliste de l’agence Havana Press a été condamné cette fois à des peines cumulées de deux ans de prison, deux ans de travaux en milieu carcéral et deux ans sous contrôle judiciaire.

    Il aurait prétendument volé un mouchoir dédicacé par Fidel Castro à María Encarnación González Guerra, membre actif de l’organisation politique Movimiento 26 de Julio à la fin des années 1950. »

    « Nous sommes indignés par l’acharnement dont font preuve les autorités cubaines contre Alberto Santiago Du Bouchet Hernández. Le condamner à une lourde peine pour un prétendu vol de mouchoir est grotesque et scandaleux. Son procès s’est déroulé de façon aussi expéditive qu’en 2005, sur la base de témoignages à charge qui ont très bien pu être obtenus sous la menace. Nous demandons que le journaliste soit acquitté en appel et laissé libre », a déclaré l’organisation RSF à Paris.

    Le tribunal municipal de Plaza (La Havane) a prononcé une sentence de deux ans de prison, auxquels s’ajoutent des travaux en milieu carcéral et un placement sous contrôle judiciaire pour une durée de deux ans chacun, à l’encontre du journaliste. Il est accusé de s’être « illicitement » approprié un mouchoir offert et signé par Fidel Castro à celle qui fut, en 1957, l’une des organisatrices du Movimiento 26 de Julio, organisation castriste créée en 1953. Selon Alberto Santiago Du Bouchet Hernández, il s’agissait d’un cadeau de María Encarnación González Guerra. Il soupçonne la police politique d’avoir fait pression pour qu’elle témoigne contre lui. Le journaliste a fait appel et n’a pas encore été incarcéré.

    Le 9 août 2005, Alberto Santiago Du Bouchet Hernández avait été condamné à un an de prison pour « désobéissance civile » et « résistance » lors de son arrestation, au cours d’un procès sommaire. Le journaliste n’avait pas pu prendre d’avocat.

    Les actes d’intimidation contre les journalistes indépendants et leur entourage se multiplient. Selon des informations diffusées récemment par Roberto de Jesús Guerra Pérez, correspondant des sites Payolibre et Nueva Prensa Cubana et de la station Radio Marti, la police politique harcèlerait sans cesse ses proches afin qu’ils ne le logent plus.

    Libéré en mai 2007 après avoir passé vingt-deux mois en prison dont dix-neuf sans jugement, le journaliste est dans un état de santé fragile en raison des grèves de la faim qu’il a menées en prison et craint de se retrouver sans logement si son entourage cède aux menaces répétées. Il a menacé de se remettre en grève de la faim en signe de protestation.

  • On est jamais trop prudent : pourtant à Cuba seuls les journalistes au dessus de tout soupçon (c’est à dire dûment encartés au Parti communiste ou dans une de ses innombrables officines) sont autorisés dans les médias officiels.

    Les choses sont donc claires dès le départ, et pour ceux qui n’auraient pas bien compris, un article de la constitution précise que  » Les libertés d’expression et de la presse sont reconnues, « en conformité avec les objectifs de la société socialiste ».(article 53 de la Constitution de 1976)
    Mais apparemennt le gouvernement cubain n’a même plus confiance en ses propres journalistes puisque le 13 août 2007, l’Institut cubain de radio et télévision (ICRT), sur ordre du ministre de la Communication, Ramiro Valdés, a envoyé une lettre aux dirigeants des médias officiels annonçant de nouvelles restrictions pour leurs personnels. Les sites Web et les services de messagerie électronique devront êtres consultés à partir d’un portail de l’entreprise cubaine de télécommunications, enet.cu, ce qui permet au gouvernement de contrôler facilement les utilisateurs et leurs activités sur la Toile.

    « Cette mesure est une preuve supplémentaire de la paranoïa du gouvernement, qui se donne les moyens de surveiller les faits et gestes sur la Toile des journalistes des médias officiels, en les forçant à s’informer et à communiquer via un site officiel. Il est important de rappeler que l’immense majorité des citoyens cubains ne peut pas avoir de connexion au Réseau, sous prétexte que l’embargo américain empêche son développement », a déclaré Reporters sans frontières.

    Selon l’agence Encuentro en la Red, ce document, envoyé le jour de l’anniversaire de Fidel Castro, somme également les médias de sélectionner de façon « appropriée » le personnel chargé de l’actualisation des sites Web. Les services de navigation, accessibles aux journalistes de « confiance » pourraient faire l’objet de contrôles renforcés.

    Les journalistes des quotidiens officiels Granma, Juventud Rebelde et Trabajadores, concernés par cette mesure, seront contraints d’utiliser le nouveau système de connexion.

    Cette décision fait suite aux déclarations de février 2007 du ministre de la Communication à propos d’Internet qu’il qualifiait d’ »outil d’extermination globale » qui devait être impérativement « contrôlé ».
    D’après Encuentro en la Red, le temps de navigation sur le Web des journalistes de la presse écrite a été limité à une heure par jour depuis 2003. En avril 2007, le gouvernement a bloqué l’accès aux sites Yahoo et Hotmail dans les radios et télévisions officielles.

    Internet à Cuba, un réseau sous surveillance (extrait du rapport de Reporters sans frontières d’octobre 2006) :

    « Avec moins de deux internautes pour 100 habitants, Cuba figure parmi les pays les plus en retard en matière d’Internet. Il est de loin le plus mal loti d’Amérique latine – le Costa Rica fait 13 fois mieux – et se situe au niveau de l’Ouganda ou du Sri Lanka. Sur une île qui se targue d’avoir l’un des niveaux d’éducation les plus élevés de la planète, ce constat a de quoi surprendre. Les autorités défendent ce bilan catastrophique en blâmant l’embargo américain, qui les empêcherait de s’équiper du matériel nécessaire au développement du Réseau. Elles expliquent notamment que, ne pouvant pas se raccorder à l’Internet mondial par le biais de câbles optiques sous-marins, elles en sont réduites à utiliser des connexions satellitaires coûteuses et moins efficaces. Cet argument peut en effet expliquer la lenteur de l’Internet cubain et les files d’attente interminables devant les cybercafés. Mais il ne justifie en rien le système de contrôle et de surveillance du Réseau mis en place par les autorités. Dans un pays où les médias sont à la botte du pouvoir, empêcher la circulation d’informations indépendantes sur Internet est naturellement devenu une priorité.

    Le gouvernement cubain utilise plusieurs leviers pour s’assurer que ce média n’est pas utilisé de manière « contre-révolutionnaire ». Tout d’abord, il a peu ou prou interdit les connexions privées au Réseau. Pour surfer ou consulter leurs e-mails, les Cubains doivent donc obligatoirement passer par des points d’accès publics (cybercafés, universités, « clubs informatiques pour la jeunesse », etc), où il est plus facile de surveiller leur activité. Ensuite, la police cubaine a installé, sur tous les ordinateurs des cybercafés et des grands hôtels, des logiciels qui déclenchent un message d’alerte lorsque des mots-clés « subversifs » sont repérés. Le régime s’assure par ailleurs que les opposants politiques et les journalistes indépendants n’accèdent pas à Internet. Pour ces derniers, communiquer avec l’étranger est un véritable chemin de croix. Enfin, le gouvernement mise sur l’autocensure. A Cuba, on peut être condamné à vingt ans de prison pour quelques articles « contre-révolutionnaires » publiés sur des sites étrangers et à cinq ans simplement pour s’être connecté au Net de manière illégale. Peu d’internautes osent défier la censure de l’Etat et prendre un tel risque. »

  • Le 22 juillet dernier, deux boxeurs cubains disparaissaient à Rio de Janeiro, au Brésil. Ils appartenaient à la délégation cubaine et participaient aux Jeux panaméricains. Une aventure qui met en lumière les nombreuses « désertions » qui affectent le sport cubain chaque fois que les athlètes participent à des compétitions à l’étranger.

    Les deux boxeurs ont été retrouvés le 3 août et expulsés le 13 vers La Havane. Le prétexte de leur expulsion ? Etre « sans papiers ». De retour à Cuba, les deux hommes sont actuellement détenus dans des « maisons de protocole », [résidences pour les invités des autorités] ouvertes à leurs proches, en attendant que soient définies « les tâches de promotion du sport conformes à leurs connaissances et à leur expérience », promises par Fidel Castro. Ce qui ouvre de nombreuses perspectives à Guillermo Rigondeaux, 26 ans, double champion du monde amateur des poids coq, et Erislandy Lara, 24 ans, champion du monde des poids welter : participer à des compétitions nationales et provinciales, entraîner de jeunes boxeurs, chercher de nouveaux talents ou encore balayer les rings.

    Tout sauf réintégrer une délégation de boxeurs cubains, a décidé Fidel Castro, qui s’en est pris aux deux boxeurs dans un article paru dans le journal officiel cubain Granma. « L’athlète cubain qui abandonne sa délégation est comme un soldat qui abandonne ses compagnons en plein combat », écrit le Líder Máximo. En vue des prochains Jeux olympiques et pour éviter les désertions, a-t-il par ailleurs annoncé, les administrations chargées des sportifs envisagent de réexaminer la liste des boxeurs, voire de « n’envoyer aucune délégation ». « Cuba ne bradera pas une once de son honneur ni de ses idées pour quelques breloques dorées », conclut le chef de l’Etat.

    Reste que les athlètes cubains sont nombreux à déserter, car les motivations idéologiques et matérielles offertes par le régime socialiste à ses sportifs de haut niveau ne peuvent guère rivaliser avec les millions du sport professionnel. Plus que les drogues qu’ils auraient prises à Rio, c’est le demi-million de dollars promis à Rigondeaux et Lara qui les aurait convaincus de ne pas se présenter aux Jeux panaméricains, qui se tenaient dans la métropole brésilienne. Les boxeurs, tous deux mariés et pères de famille, vivaient à Cuba sans grand luxe, même s’ils possédaient une voiture personnelle. Ce qui est déjà un privilège insigne dans un pays très défavorisé en termes de transports, de logement et d’alimentation.

    Triés sur le volet, les meilleurs reçoivent du gouvernement cubain des sommes rondelettes, mais sans comparaison avec les récompenses de certains grands rendez-vous sportifs internationaux ; d’autres, comme le champion de saut en hauteur Javier Sotomayor, vivent à Cuba dans l’aisance. Ces compensations restent quoi qu’il en soit insuffisantes face à des requins comme Ahmet Oner. Cet Allemand d’origine turque de 34 ans, directeur d’Arena Box-Promotion, est à l’origine de la désertion de Guillermo Rigondeaux et d’Erislandy Lara. Il a réussi à les séduire avec un contrat d’un demi-million de dollars d’une durée de cinq ans à compter de leur arrivée en Allemagne. Il leur avait même avancé de l’argent pour le voyage. Le plan a été mis sur pied à Rio. Les deux boxeurs ne se sont pas présentés pour le pesage préalable aux combats, ce qui a entraîné leur disqualification.

    A partir de là, l’enchaînement des événements est un peu confus. « Vous avez évoqué des pressions du gouvernement cubain sur les familles [des boxeurs], quel type de pressions en particulier ? » a demandé la chaîne allemande Deutsche Welle à Ahmet Oner. « Mais enfin, il s’agit d’un pays communiste. Ils perdent leur voiture, on leur prend leur maison, on leur fait peur, ils reçoivent des visites à l’improviste. » La société d’Ahmet Oner compte déjà parmi ses poulains les champions olympiques cubains Odlanier Solís, Yan Barthelemy et Yuriorkis Gamboa, qui ont fui en décembre dernier alors qu’ils étaient au Venezuela pour s’entraîner en vue des Jeux panaméricains. ²

    C’est à cette occasion également qu’ont fui le handballeur Rafael Da Costa Capote et l’entraîneur de gymnastique Lázaro Lamelas. Mercredi 8 août, Guillermo Rigondeaux a déclaré pour sa part à l’agence espagnole EFE qu’il n’avait pas déserté mais avait rencontré « un problème de discipline ». Il dit désormais « attendre les instructions » des autorités cubaines quant à son avenir.