Il faut reconnaitre à Laurent Fabius un certain mérite : il est le seul de sa formation politique à clairement dénoncer le régime cubain. Dans un précédent texte, publié par le « Nouvel Observateur » en juin 2003, il s’était déjà inquiété de l « étrange mansuétude » dont bénéficie le régime de Castro.
Plus de deux années ont passé depuis la publication de ce texte, et le constat est toujours le même : l’UE et la France n’ont guère fait avancer la cause de 75 prisonniers politiques embastillés en mars 2003.
La France s’est même distinguée en recevant avec tous les honneurs Felipe Perez Roque, le numéro deux officieux du régime. Une première fois à l’ambassade de France à La Havane pour les festivités du 14 juillet, et une deuxième fois à Paris au mois d’octobre.

Il est particulièrement navrant de constater que la quasi totalité des députés français qui ont accepté de parrainer des prisonniers politiques cubains, appartiennent à l’UMP, comme si la gauche se devait toujours de soutenir Fidel Castro.
Répression à Cuba, il faut agir
par Laurent Fabius
Lors de la vague de répression des dissidents cubains au printemps 2003, soixante-quinze combattants de la liberté ont été condamnés à des peines allant jusqu’à vingt-huit ans de prison. Ils sont soumis à des conditions de détention barbares. Quatorze ont dû être libérés l’an dernier pour raisons de santé.
Parmi les prisonniers encore détenus, Víctor Rolando Arroyo et Félix Navarro, condamnés respectivement à vingt-six et vingt-cinq ans de prison, ont mené, pour protester contre ces conditions de détention, une grève de la faim de plusieurs semaines. Leur situation reste précaire, ils sont affaiblis et malades.
En maintenant en détention Arroyo et Navarro, le régime Castro démontre une fois de plus son caractère odieux. Nous ne pouvons rester silencieux.
Fin septembre, l’Union européenne a protesté auprès du régime cubain. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons nous mobiliser. J’appelle le gouvernement français et l’Union européenne à faire pression sur le gouvernement cubain pour qu’Arroyo, Navarro et les autres prisonniers politiques cubains retrouvent la liberté.
J’apporte mon plein soutien au mouvement des «Dames en blanc», épouses et proches des prisonniers politiques cubains qui luttent pour leur libération. Leur combat est exemplaire. Tous les démocrates doivent le soutenir.