Reporters sans frontières regrette cette politique timorée dont l’inefficacité a pu être constatée durant ces trois dernières années. Le Conseil a lui-même reconnu que « la situation des droits de l’homme à Cuba (s’était) encore détériorée depuis juin 2005 » et que « le nombre de prisonniers politiques avait augmenté au cours des douze derniers mois ».
Face à ce triste constat, une redéfinition de la position de l’Union européenne envers Cuba semble logique. Certes, la mise en place de sanctions économiques n’est pas souhaitable, mais l’utilisation de sanctions politiques permettrait de rappeler le gouvernement à ses obligations. Ces dernières seraient un outil de pression approprié pour inciter les autorités cubaines à prendre leurs responsabilités en ce qui concerne les droits fondamentaux.
Reporters sans frontières rappelle que vingt journalistes sont encore emprisonnés depuis la vague de répression de mars 2003 et que quatre autres ont été arrêtés au cours de l’été 2005. Depuis le « printemps noir » de 2003, les journalistes encore en exercice sont soumis à une pression constante des autorités. Une nouvelle vague de répression politique sévit depuis le début de l’année 2006.
Elle prend la forme d’actions violentes et intimidantes, notamment envers la presse indépendante, comme l’illustre l’arrestation d’Armando Betancourt, journaliste indépendant, arrêté le 23 mai. Enfin, le gouvernement refuse d’accorder une connexion Internet à Guillermo Fariñas dont l’état de santé s’est dramatiquement détérioré depuis le début de sa grève de la faim, le 31 janvier 2006.
La décision de l’UE est en effet difficile à comprendre alors même qu’elle indique dans son rapport que :
« L’organisation, depuis 2005, de dizaines d’actes violents de harcèlement et d’intimidation, y compris d’actes dits de répudiation, est un sujet de préoccupation particulière. Le Conseil a fait part de l’inquiétude que lui inspirent les informations selon lesquelles certains actes de « répudiation » ont lieu avec la complicité de la police et des forces de sécurité. En tout état de cause, les autorités cubaines ne respectent pas l’obligation qui leur incombe de protéger tous les citoyens. Le Conseil a invité instamment le gouvernement cubain à prendre sans tarder des mesures visant à mettre fin à la vague actuelle de harcèlement et à s’efforcer d’empêcher réellement qu’elle reprenne. »