Raúl Rivero a quitté Cuba pour l’Espagne

Raul Rivero, agé de 59 ans, symbole de la dissidence et reconnu comme l’un des plus grands poètes cubains contemporains, est ainsi le premier dissident du Groupe appelé des 75 (75 dissidents et journalistes condamnés en mars 2003) qui obtient l’autorisation de sortir de Cuba après son élargissement pour motifs de santé.


 »Je viens en Espagne avec l’idée d’écrire et travailler comme journaliste, mais je ne vais pas cesser de me battre pour la libération de mes collègues emprisonnés et de tous les prisonniers politiques qui sont restés à Cuba », a déclaré hier Raul Rivero.

Le dissident a voyagé de La Havane à Madrid avec sa femme, Blanca Reyes, 56 ans, sa fille adoptive, Yenia, 11 ans, et sa mère, Hortensia Castañeda, 85 ans, tous avec l’autorisation des autorités cubaines pour passer deux années à l’étranger.

Étant donné les difficultés légales pour voyager temporairement à l’étranger avec l’enfant, Raul Rivero avait sollicité une sortie définitive. Mais, vendredi passé, de façon inattendue, les autorités lui ont donné la possibilité de s’absenter pour deux années.



Raúl Rivero est né en 1945. Après des études de journalisme à l’université de La Havane, il se met au service de la révolution de Fidel Castro, et entre à l’agence de presse officielle Prensa Latina. Sa rupture avec le régime castriste date de la fin des années 80 : en 1989, il quitte l’Union des écrivains et artistes cubains, et signe en 1991  » La lettre des 10 « , pétition demandant à Fidel Castro des élections libres et la libération des prisonniers politiques.

En 1995, il fonde l’agence indépendante Cuba Press. Il était jusqu’ à aujourd’hui le seul cosignataire de  » La lettre des 10  » à demeurer à Cuba, en dépit des pressions, des menaces et des arrestations :  » dans l’espace qui existe entre partir et revenir, il faut fonder la permanence, parce que rester sera toujours un antidote contre le désenchantement et un venin contre l’oubli « . Sa liberté de circuler a été restreinte, il a été séquestré et menacé à plusieurs reprises, sa famille intimidée et ses documents confisqués.


En mars 2003, il est condamné à 20 ans de prison, puis libéré en décembre 2004 pour raisons de santé.