Nouvelle offensive contre la dissidence à Cuba

L’ escalade de menaces et les harcèlements gouvernementaux, visent en premier lieu l’économiste et dissidente Martha Beatriz Roque qui préside l’Assemblée pour la promotion de la société civile.




 »Le gouvernement et ses agents essayent de nous maintenir sous tension pour nous empecher de nous consacrer au travail, mais nous n’allons pas perdre de vue notre but », a affirmé Roque.
Les signaux répressifs contre le groupe de Martha Beatriz Roque n’ont pas tardé à se produire : des membres des commissions de travail qui avaient fixé des réunions préparatoires lundi, ont été menacés par la policie politique.



Trois commissions ont été empechée de se réunir ce lundi dans des logements d’opposants à cause du harcèlement des « brigades réponse rapide » et de groupes d’étudiants mobilisés. L’immeuble du Vedado où réside l’activiste Manuel Fernández Roche, qui préside la Commission des Affaires Historiques, a été occupé par la police dès les premières heures du matin.



Hier, les téléphones de Roque et l’avocat René Gómez Pommier, fondateur de l’APSC, ont été coupé pour essayer d’empecher une conférence avec des opposants de l’exil, réunis dans un hôtel de Miami.

Roque a déclaré, en outre, que la semaine passée un chauffeur qui rend des services à l’APSC a été intercepté en pleine rue par trois voitures de patrouille de la police et a été conduit à une station de police, en alléguant que le moteur de sa voiture était d’origine illégale.

Entretemps, des délégués de provinces ont reçu des citations à comparaitre de la Sécurité de l’État pour le jour où ils avaient prévu de se rendre aux réunions préparatoires de l’opposition.


Cette nouvelle attaque contre l’opposition cubaine se produit à peine une semaine après l’organisation d’une contre manifestation destinée à empecher les « Dames en blanc » de défiler, comme tous les dimanche à Miramar.

Les « Dames en blanc » ont de leur côté défilé à La Havane, dimanche 27 mars, sur la Cinquième avenue, à la sortie de la messe de l’église de Santa Rita, en dépit de l’intimidation subie une semaine auparavant.

« Le 20 mars, la Fédération des femmes cubaines a mobilisé deux cents personnes pour faire face aux trente Dames en blanc, raconte Elizardo Sanchez. A Cuba, une telle action ne relève de l’initiative d’aucun ministre ou général, mais du seul Castro. Il n’y a pas eu d’affrontement physique parce que la presse internationale était présente. »

De son coté Elizardo Sanchez, le président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale a déclaré

« Depuis la modification de la politique de l’UE, nous assistons à un retour à des actions musclées contre les opposants, poursuit M. Sanchez. Outre la répression politique, il y a une recrudescence de la répression sociale.


Depuis janvier, des centaines de jeunes âgés de 16 à 20 ans ont été détenus dans des prisons de haute sécurité, comme Combinado del Este ou la prison 1580 à La Havane, accusés de dangerosité sociale, de conduite politiquement incorrecte, d’indifférence ou de non-participation aux mobilisations officielles. Cette répression massive est silencieuse, car il ne s’agit pas de dissidents, mais de victimes anonymes, sans relais auprès de l’opinion. »

Elizardo Sanchez dénonce la violence avec laquelle a été matée une mutinerie de 200 prisonniers de droit commun le 12 mars.

« Les détenus protestaient contre les conditions inhumaines d’incarcération, l’absence de garanties juridiques et leur transfert loin de La Havane, où résident leurs familles, explique-t-il. Les autorités ont reconnu une dizaine de cas de traumatismes multiples. Au moins l’un d’entre eux est mort. »