Auteur/autrice : Info Cuba

  • « Je vous remercie de votre tendresse et de votre soutien. Au sujet de ma convalescence, j’ai toujours prévenu qu’elle sera un processus prolongé, mais elle est loin d’être une bataille perdue. Je collabore en patient discipliné avec l’équipe médicale confirmée qui s’occupe de moi », a déclaré le chef de l’Etat cubain dans un communiqué diffusé par les médias officiels.

    Il s’agit du premier message de Fidel Castro aux Cubains depuis son apparition à la télévision le 28 octobre, au cours de laquelle il avait démenti les rumeurs sur la gravité de son état.

    « Je n’ai pas cessé de me tenir au courant des principaux événements et des informations. J’ai des échanges avec les camarades les plus proches chaque fois qu’une coopération sur les thèmes d’importance vitale s’avère nécessaire », a ajouté le président cubain, rendant hommage à « la sérénité et la maturité avec laquelle s’est comporté » le peuple cubain et les institutions du régime.

    Cependant, Fidel Castro n’est pas apparu à la télévision, ni en public depuis le 28 octobre, rendant possible toutes sortes d’hypothèses, dont celles d’un cancer en phase terminale.

    Une option démentie par le par un chirurgien espagnol, le docteur José Luis Garcia Sabrido, à son retour de La Havane où il a examiné le dirigeant cubain le weekend dernier.

    Rentré de La Havane où il s’était rendu à bord d’un avion affrété par le gouvernement cubain, le médecin espagnol, spécialiste réputé de l’appareil digestif et des maladies intestinales, s’exprimait devant la presse à l’hôpital universitaire madrilène Gregorio Marañon, dont il dirige le département de chirurgie.

    « Pour autant que je sache, je démens absolument qu’il [Fidel Castro] ait un cancer. Il n’a aucune tumeur maligne » a insisté José Luis Garcia Sabrido en réponse à la question d’un journaliste.

    Selon José Luis Garcia Sabrido, une seconde opération du président Castro n’est pas envisagée actuellement. Son « activité intellectuelle excellente et fantastique », sa capacité de conversation, en particulier à propos « d’anecdotes historiques », et son sens de l’humour sont « surprenants » a révélé le chirurgien espagnol. Sans citer de date, ce dernier n’écarte pas l’hypothèse que Fidel Castro, « en réhabilitation surtout musculaire et nutritionnelle », puisse à nouveau assumer le pouvoir, transmis le 31 juillet à son frère Raul Castro, ministre des Forces armées

  • Le ministre de la Communication, Ramiro Valdes, a déclaré, le 12 février 2007, qu’il considérait Internet comme un « outil d’extermination globale » (Tool for global extermination) et qu’il fallait impérativement que cette « arme sauvage » (wild colt) soit « contrôlée ». L’officiel cubain a par ailleurs expliqué que si très peu de ses citoyens accédaient à Internet, la faute en revenait à l’embargo américain, qui empêche son pays de se raccorder au Web dans de bonnes conditions. Reporters sans frontières rappelle que le retard de Cuba en matière d’Internet résulte avant tout de la volonté du gouvernement de contrôler la circulation de l’information sur son territoire.

    « Il est évident que l’embargo américain, qui empêche Cuba de se raccorder au Réseau par des câbles sous-marins, ne facilite pas le développement du Net dans ce pays. Nous avons toutefois publié un rapport, en octobre 2006, qui démontre que les autorités brident délibérément l’accès à la Toile. Il eût d’ailleurs été étonnant que ce pays, qui ne compte aucun journal, radio, ou télévision indépendant, permette un accès libre à Internet. Nous attendons avec impatience qu’une meilleure connexion au Réseau soit établie, comme l’a annoncé le ministre, par l’intermédiaire du Venezuela. Nous verrons alors si le gouvernement accepte enfin que ses citoyens accèdent à un Web non censuré », a déclaré l’organisation.

    Ramiro Valdes a fait ces déclarations, rapportées par l’Associated Press, lors de l’ouverture d’une conférence sur les technologies de la communication qui se tenait à la Havane. Il a vivement critiqué les Etats-unis, accusés d’utiliser le Web pour « affaiblir le gouvernement communiste » (undermine the communist government).

    Internet à Cuba, un réseau sous surveillance (extrait du rapport de Reporters sans frontières d’octobre 2006) :

    « Avec moins de deux internautes pour 100 habitants, Cuba figure parmi les pays les plus en retard en matière d’Internet. Il est de loin le plus mal loti d’Amérique latine – le Costa Rica fait 13 fois mieux – et se situe au niveau de l’Ouganda ou du Sri Lanka. Sur une île qui se targue d’avoir l’un des niveaux d’éducation les plus élevés de la planète, ce constat a de quoi surprendre. Les autorités défendent ce bilan catastrophique en blâmant l’embargo américain, qui les empêcherait de s’équiper du matériel nécessaire au développement du Réseau. Elles expliquent notamment que, ne pouvant pas se raccorder à l’Internet mondial par le biais de câbles optiques sous-marins, elles en sont réduites à utiliser des connexions satellitaires coûteuses et moins efficaces. Cet argument peut en effet expliquer la lenteur de l’Internet cubain et les files d’attente interminables devant les cybercafés. Mais il ne justifie en rien le système de contrôle et de surveillance du Réseau mis en place par les autorités. Dans un pays où les médias sont à la botte du pouvoir, empêcher la circulation d’informations indépendantes sur Internet est naturellement devenu une priorité.

    Le gouvernement cubain utilise plusieurs leviers pour s’assurer que ce média n’est pas utilisé de manière « contre-révolutionnaire ». Tout d’abord, il a peu ou prou interdit les connexions privées au Réseau. Pour surfer ou consulter leurs e-mails, les Cubains doivent donc obligatoirement passer par des points d’accès publics (cybercafés, universités, « clubs informatiques pour la jeunesse », etc), où il est plus facile de surveiller leur activité. Ensuite, la police cubaine a installé, sur tous les ordinateurs des cybercafés et des grands hôtels, des logiciels qui déclenchent un message d’alerte lorsque des mots-clés « subversifs » sont repérés. Le régime s’assure par ailleurs que les opposants politiques et les journalistes indépendants n’accèdent pas à Internet. Pour ces derniers, communiquer avec l’étranger est un véritable chemin de croix. Enfin, le gouvernement mise sur l’autocensure. A Cuba, on peut être condamné à vingt ans de prison pour quelques articles « contre-révolutionnaires » publiés sur des sites étrangers et à cinq ans simplement pour s’être connecté au Net de manière illégale. Peu d’internautes osent défier la censure de l’Etat et prendre un tel risque. »

  • Reporters sans frontières déplore que le bilan de la liberté de la presse à Cuba se soit encore aggravé avec la détention de Ramón Velázquez Toranso, journaliste de l’agence indépendante Libertad. Arrêté le 23 janvier 2007 et détenu à la prison provinciale de Las Tunas (Est), le journaliste a entamé le 30 janvier une grève de la faim. Depuis la prise de fonctions de Raúl Castro à la tête de l’État, le 31 juillet 2006, une quarantaine de journalistes ont été interpellés, agressés ou menacés, dont certains à plusieurs reprises.

    « Les rares promesses d’ouverture du pouvoir intérimaire de Raúl Castro ne se sont traduites par aucune avancée en matière de liberté de la presse. Les journalistes indépendants continuent de subir les harcèlements et les brutalités de la Sécurité de l’État. Ramón Velázquez Toranso n’a commis d’autre crime que de manifester pacifiquement pour demander davantage de liberté d’expression. Le pouvoir croit-il sérieusement se rapprocher de la communauté internationale en persistant dans l’intransigeance et l’arbitraire ? Il aurait tout à gagner en libérant les prisonniers d’opinion », a déclaré Reporters sans frontières.

    Le 23 janvier, Ramón Velázquez Toranso a été arrêté avec sa femme et sa fille à la gare routière de Ciego de Ávila (Centre). La famille du journaliste avait été à l’initiative, le 10 décembre 2006, d’une Marche pour l’unité, reliant Las Tunas à La Havane, destinée à obtenir des autorités le respect des libertés fondamentales. Le 4 janvier, Rámon Velázquez Toranso, sa famille et d’autres marcheurs avaient été arrêtés une première fois à Ciego de Ávila puis relâchés. Renvoyé à Las Tunas, le journaliste avait été intercepté le lendemain à Camagüey (Centre), d’où il tentait de relancer la marche pacifique. Harcelé depuis plusieurs mois par la Sécurité de l’État (police politique), le journaliste avait été condamné à trois ans de « liberté surveillée » par le tribunal provincial de Las Tunas pour « dangerosité sociale prédélictueuse ».

    Le 23 janvier, la femme et la fille du dissident ont recouvré rapidement la liberté tandis que leur mari et père a été incarcéré dans les locaux de la troisième unité de la police nationale de Las Tunas. Transféré au mitard de la prison provinciale « El Típico » du département, le journaliste a entamé une grève de la faim le 30 janvier. La Sécurité de l’État a averti sa famille qu’il serait privé de visite tant qu’il s’abstiendrait de s’alimenter. Ramón Velázquez Toranso fait partie de l’agence indépendante Libertad, basée à Las Tunas, dont le directeur et fondateur, José Luis García Paneque, purge une peine de 24 ans de prison depuis le « printemps noir » de mars 2003.

    Directrice de l’agence La Voz de Oriente, Haydee Rodríguez a entamé, elle aussi, une grève de la faim après une perquisition musclée de la Sécurité de l’État à son domicile de Santiago de Cuba (Sud-Est), le 20 janvier 2007. La police politique lui a confisqué les livres, les revues et les crayons qu’elle devait livrer à une bibliothèque indépendante. Le capitaine Giovanis Durán a également emporté son matériel d’enregistrement, deux postes de radio et des documents de l’Union européenne que la journaliste, de nationalité espagnole, reçoit régulièrement.

    Le 29 janvier à Ciego de Ávila, selon le site Payolibre, José Mariño, chef provincial du contre-espionnage de la Sécurité de l’État, a violemment interpellé Luis Esteban Espinosa Echemendía, 20 ans, de l’agence Jóvenes sin Censura, avant de le soumettre à un contrôle au commissariat et de saisir son matériel journalistique. Le jeune journaliste avait déjà été arrêté et détenu pendant deux heures par la Sécurité de l’État le 10 janvier. Le 2 février, la police politique a mis à sac le domicile de son collègue de la même agence, Yosvani Anzardo Hernández, pour y chercher en vain de la « propagande ennemie ».

    Enfin, le 24 janvier, le tribunal provincial de Camagüey a décidé de reporter au 8 février prochain le procès du journaliste indépendant Armando Betancourt, 44 ans, détenu sans jugement depuis le 23 mai 2006. Selon sa femme, Mercedes Boudet, elle-même menacée d’emprisonnement par la police, Armando Betancourt est incarcéré pour « activités anti-gouvernmentales » mais pourrait être condamné pour un délit de droit commun.

    Benoît Hervieu
    Despacho Américas / Americas desk

    Reporters sans frontières

    5, rue Geoffroy-Marie

    75009 Paris – France

    www.rsf.org

    www.leblogmedias.com (en français)

  • Tout comme Fidel Castro, Chavez se présente comme un grand défenseur de la démocratie, avant de concentrer entre ses mains tous les pouvoirs. Une loi, votée par un Parlement qui lui est tout acquis depuis le boycottage des législatives de 2005 par l’opposition, permet désormais à Hugo Chavez de gouverner par simples décrets pendant 18 mois : Chavez se réclame souvent de Bolivar, mais là c’est plutôt Bonaparte qui est de retour.

    Les pouvoirs spéciaux, dont l’Assemblée nationale l’a doté couvrent la majeure partie des champs législatifs.
    Premières mesures : un vaste plan de nationalisation pour donner à l’État le contrôle de la production pétrolière, celui des compagnies d’électricité privatisées dans les années 1990 et la fin de l’autonomie de la banque centrale du Venezuela, jugée trop libérale.

    Plus inquiétant : un programme d’armement très consistant est à l’étude, avec l’achat de missiles à la Russie. Chavez a confirmé jeudi soir son intention d’acquérir prochainement des missiles russes de type TOR-MI, de courte portée. « Oui, nous allons acheter des missiles, des russes (…), les plus modernes, pour nous défendre, défendre les installations pétrolières, les installations stratégiques », a déclaré M. Chavez. Défendre contre quel envahisseur ? Hugo Chavez ne le précise pas. Comme son ami Fidel Castro, il pense peut être à un débarquement américain….

    Le Venezuela, cinquième exportateur mondial de brut, a acheté l’an passé à la Russie 24 avions de chasse Sukhoï 30, ainsi que 53 hélicoptères militaires MI-24 et un lot de 100.000 fusils Kalachnikov.

    Les Etats Unis vont certainement apprécier cette politique militariste à outrance, dont on ne voit pas très bien le but, sinon provoquer l’adversaire comme l’avait le mentor de Chavez en 1962 à Cuba, Fidel Castro. Certes les missiles en question ne sont pas des missilles nucléaires, mais Hugo Chavez a apporté son soutien au programme nucléaire du régime islamique iranien. Le Venezuela a annoncé en début de semaine une coopération avec Téhéran dans le domaine de l’aéronautique militaire. Les projets portent sur la fabrication d’appareils sans pilote et sur des avions de chasse F5 américains achetés avant l’arrivée de M. Chavez au pouvoir en 1999, et dont Washington refuse d’assurer la maintenance.

    Il y a un an, les États-Unis avaient interdit à l’Espagne de vendre au Venezuela des avions militaires comportant des composants électroniques américains. Caracas avait réagi en promettant de s’équiper auprès des pays partageant ses positions anti-américaines.

  • Fidel Castro n’était pas apparu à la télévision, ni en public depuis le 28 octobre, rendant possible toutes sortes d’hypothèses, dont celles d’un cancer en phase terminale.

    Une hypothèse finalement démentie par le docteur José Luis García Sabrido, qui affirme que Fidel Castro a souffert de nombreuses complications, suite à trois opérations successives des instestins.

    Les informations publiées par le quotidien espagnol El Pais révèlent les vicissitudes de la santé de Castro en citant des sources de l’Hôpital Public « Gregorio Marañón » de Madrid, où travaille comme chef de service en Chirurgie le docteur José Luis García Sabrido. En décembre dernier García Sabrido a spécialement voyagé à Cuba pour examiner Castro et a démenti les rumeurs insistantes de cancer. « Une infection grave dans l’intestin, au moins trois opérations ratées et plusieurs complications maintiennent le dictateur cubain, prostré avec un pronostic très grave », assure la version publié par El Pais.

    Depuis six mois, la présidence de Cuba est assumée par Raul Castro, et un petit nombre de hauts responsables du parti, assurant une certaine stabilité.
    Selon Brian Latell, ex-analyste de la CIA « Raul Castro dirige Cuba avec un leadership décisif, Il a été l’organisateur du régime. Il a agi, tiré les ficelles dans l’ombre. Sans lui, le leader de la révolution aurait été incapable de se maintenir au pouvoir. Si je devais prendre une métaphore cinématographique, je dirai que Fidel, le visionnaire narcissique, est le metteur en scène, et Raul le producteur. C’est lui qui a structuré l’armée, organisé les redoutables services de sécurité et développé des secteurs entiers de l’économie. »

    Le Parti communiste, plus encore qu’avant, est entre ses mains. Quant au reste des institutions, elles se trouvent sous la coupe des « raulistes ». Alors oui, Raul est capable de rester en place. Je ne peux pas dire combien de temps. Mais il a ses chances. Il continuera à oeuvrer en coulisse, s’entourera de personnalités comme le vice-président Carlos Lage qu’il pourrait, le cas échéant, nommer à la présidence. » (Voit l’interview complet dans le Monde du 31 janvier 2007).

  • Régulièrement, La Havane baigne dans une odeur tenace d’oeuf pourri, lorsque le vent pousse vers la capitale les fumées de la centrale électrique qui alimente, avec parcimonie, la capitale. Le pétrole cubain brulé dans ces centrales est riche en souffre : il sent mauvais et abime les turbines plus rapidement que le combustible de bonne qualité.

    Environ 95 pour cent de la production quotidienne cubaine de 85 000 barils de pétroles et de 3,4 millions de mètres cubes de gaz naturels viennent de la région près de la côte nord.

    Les autorités cubaines espèrent trouver des réserves encore plus importantes au large des côtes, et des entreprises étrangères participent déjà à l’exploration en partenariat avec le gouvernement cubain.

    Une étude géologique américaine a estimé que le nord de Cuba contient de 4,6 à 9,3 milliards de barils de brut et de 280 à 620 milliards de mètres cubes de gaz naturel.

    Depuis 2003, des entreprises de Norvège, d’Inde, de Malaisie, d’Espagne et du Venezuela ont réservé des blocs pour l’exploration pétrolière, doté d’accords de partage de la production avec Cuba.

    Au total, les compagnies étrangères ont investi 1,5 milliard de dollars dans l’exploration pétrolière à Cuba.

    Le potentiel du principal gisement du pays, celui de Varadero (terrestre), est estimé à 3,5 milliards de barils et un autre forage, au nord de La Havane, s’annonce prometteur.

    Jusqu’en 1990, Cuba recevait entre 10 et 13 millions de tonnes de pétrole par an de l’Union Soviétique, à des conditions très favorables, dont près de la moitié était revendue sur les marchés. La production nationale de Cuba est alors très faible (moins de 1 million de tonnes par an), et surtout d’assez mauvais qualité car très chargée en souffre.

    Plusieurs compagnies étrangères ont déjà passé des accords avec Cuba dont Repsol (Espagne), les compagnies canadiennes Sherritt International et Pebercan, auxquels s’ajoutent depuis cette année ONGC Videsh (Inde), Sinopec (Chine), la compagnie publique de Malaisie (Petroliam Nasional Berhad), et la norvégienne Norsk Hydro spécialisé dans les forages en eaux profondes.

    Les compagnies américaines sont interdites d’explorer à Cuba bien entendu, mais la possibilité de trouver du brut à seulement 150 kilomètres des États-Unis a encouragé des groupes de pression à demander un aménagement spécial de l’embargo.

  • Selon Roger Noriega, les Etats-Unis seront prêts à soutenir des réformes économiques et politiques d’importance à Cuba une fois que Fidel Castro ne sera plus au pouvoir, «afin d’assurer que les vestiges du régime disparaissent».
    Le responsable du département d’Etat a expliqué que la fragilité de l’état de santé de Fidel Castro, 78 ans, avait été démontrée par sa récente chute lors d’un discours à Cuba. Le chef d’Etat cubain s’était alors fracturé un genou et un bras. Les Cubains doivent d’ores et déjà réfléchir au fait que Fidel Castro est mortel et à leurs propres vies, selon Roger Noriega.
    «La transition est en grande partie en marche aujourd’hui», a-t-il assuré lors d’un rassemblement à Washington parrainé par le Centre d’études stratégiques et internationales.

    Roger Noriega a exhorté les pays européens à s’engager auprès du peuple cubain et pas aux côtés du régime de Fidel Castro. «Faire des concessions à un régime comme celui-là, c’est vraiment aller dans le mauvais sens», a-t-il estimé.
    Faisant référence aux récentes libérations de dissidents, il a ajouté qu’il était «cynique et vicieux» de la part du chef cubain de faire arrêter des personnes avant de les faire libérer en échanges de faveurs diplomatiques.
    Les plans de Washington concernant Cuba sont exposés dans un rapport publié en mai dernier et supervisé par le secrétaire d’Etat de l’époque Colin Powell, qui conditionne l’aide américaine aux preuves que Cuba est sur le chemin de la démocratie et qu’elle a réellement besoin de cette assistance. AP

  • « … Le peu de journaux qui se publiaient encore étaient dédiés à proclamer son éternité et à falsifier sa splendeur avec des images d’archives, ils nous le montraient jour après jour dans ce temps statique de la une, vêtu de l’uniforme tenace des cinq soleils tristes du temps de sa gloire, avec plus d’autorité, d’agilité, de santé que jamais, même si depuis des années nous avions perdu le compte de ses années à lui, il inaugurait à nouveau des monuments connus et des installations de service public que personne ne connaissait dans la vie réelle, il présidait des réunions solennelles que l’on disait d’hier et qui en réalité dataient du siècle dernier…
    … nous nous trouvions inertes devant cette évidence, face à un corps pestilentiel que nous étions incapables de remplacer dans le monde car il s’était refusé dans ses instances séniles à prendre aucune décision sur le destin de la patrie après lui, il avait résisté avec l’entêtement invincible de la vieillesse à toutes les suggestions qui lui furent proposées… il était si lucide et si têtu que nous n’avions obtenu de lui que des réponses évasives et des délais chaque fois que nous abordions l’urgence d’organiser son héritage, car il disait que penser le monde après soi était quelque chose qui portait autant malheur que la mort elle-même, au diable, si de toute façon après ma mort les politiciens reviendront pour se répartir ce fourreau, vous verrez, disait-il, ils se répartiront à nouveau tout entre les curés, les gringos et les riches, et rien pour les pauvres…»

    L’automne du patriarche, Gabriel Garcia Marquez, 1975.

    voir http://fragmentsdile.blogspot.com/ pour la citation complète

    Gabriel Garcia Marquez, ami personnel de Fidel Castro, n’a évidemment pas écrit ce texte en pensant à Castro, mais plutôt aux vieux caudillos latinos américains du style Trujillo. Mais de fait, le texte semble ironiquement avoir été écrit précisément pour décrire la fin de règne de Fidel. Dans sa dernière édition (janvier/février 2007) le magazine américain Foreign Policy donne la parole à Carlos Alberto Montaner, journaliste cubain exilé en Espagne. Lui aussi pense que Castro appartient à la même catégorie que l’ex président dictateur Dominicain.

    « Le pouvoir de Fidel Castro n’est pas transférable. Il a beau être communiste, il appartient au même stock anthropologique que Francisco Franco ou Rafael Trujillo : le militaire autocratique. Ce type d’autorité basée sur un mélange de respect et de peur ne peut pas être transférée. » prédit Carlos Alberto Montaner.

    En revanche, force est de constater que l’effacement de Castro, n’a pas provoqué de troubles majeurs à Cuba. Les ennemis de Fidel Castro en exil prédisent depuis longtemps que la fin de son règne à Cuba provoquera des scènes de liesse dans les rues de l’île communiste, un exode massif et une transition rapide vers une démocratie de type américaine ainsi qu’une économie de marché. Pourtant, six mois après le transfert du pouvoir au frère du Lider Maximo, la vie n’a guère changé sur l’île.

    Tandis que le vieux dirigeant se remet de l’opération aux intestins qui l’a forcé à transmettre le pouvoir exécutif à son frère Raul le 31 juillet 2006, les Cubains vaquent à leurs occupations.Les autorités ne parlent plus de son retour au pouvoir. On ne voit pas d’exode massif ni de signe de changement politique imminent. De toute façon, les responsables cubains ont déjà fait ce que leurs ennemis considéraient comme impossible: ils ont construit un système communiste post-castriste. Finalement, la seule chose différente à Cuba aujourd’hui, c’est que son gouvernement, au lieu d’être dirigé par une seule personne, est conduit par sept hommes, Raul Castro à leur tête.

    Six mois après que Fidel Castro a délégué « à titre provisoire » ses pouvoirs à son frère Raul, des signes timides d’ouverture se font jour à Cuba. Depuis octobre, les médias, contrôlés par l’Etat, diffusent des articles concernant des détournements et des vols au sein d’entreprises publiques et d’autres déficiences de l’économie cubaine dont la mention était naguère impensable.

    Dans des déclarations publiques inhabituelles, des intellectuels cubains ont dénoncé pour leur part la réapparition des censeurs responsables il y a trente ans des listes noires d’écrivains et d’homosexuels. Le gouvernement a reconnu avoir commis une erreur et autorisé quelque 400 écrivains et artistes à participer mardi à une réunion sans précédent consacrée aux purges culturelles des années 1970.

    Pour les spécialistes du régime, Raul, s’il n’a pas le charisme de son frère, tient fermement le pouvoir et gouverne sur un mode très différent, partageant les responsabilités et déléguant à d’autres dirigeants la représentation de Cuba lors de manifestations internationales.

    « Ce qu’il y a de bien avec Raul, c’est qu’il a une capacité d’écoute », relève sous le couvert de l’anonymat un autre économiste cubain qui souligne que le dirigeant intérimaire a commandé des études sur les moyens de relancer l’économie ou d’accroître la production alimentaire sans exclure la propriété privée des outils de production.

    Raul a surpris les Cubains en les incitant à plus de discussions sur les politiques du gouvernement et en appelant à une gestion plus transparente de l’Etat. Le pays, a-t-il dit, est fatigué des excuses et des retards, par exemple dans le paiement des agriculteurs indépendants qui fournissent 60% de sa production.

    « Raul s’est attaché à abandonner la quête de boucs émissaires que pratiquait Fidel. Au contraire, il admet que les problèmes de la révolution sont sérieux et d’origine interne », estime Brian Latell, ancien analyste de la CIA et auteur d’ »After Fidel », un ouvrage consacré à la succession du leader cubain.