Auteur/autrice : Info Cuba

  • Unique dictature du continent, Cuba n’est plus seule à incarcérer les journalistes, mais tient toujours son rang de deuxième prison du monde pour la presse avec vingt-quatre détenus. La succession de Fidel Castro par son frère Raúl à la tête de l’Etat, le 31 juillet, n’a rien modifié à l’attitude du régime envers les médias dissidents. Une multiplication des actes d’intimidation et des convocations par la police politique a marqué le second semestre.

    Deux journalistes, arrêtés en 2005, ont été libérés, mais deux de leurs collègues ont été envoyés derrière les barreaux : Armando Betancourt, collaborateur indépendant de Nueva Prensa Cubana à Camagüey, détenu sans jugement par la Sécurité de l’Etat depuis le 23 mai, et Raymundo Perdigón Brito, fondateur de l’agence Yayabo Press, condamné à quatre ans de prison, le 5 décembre, pour “dangerosité sociale”. Un troisième, Guillermo Espinosa Rodríguez, de la Agencia de Prensa Libre Oriental (APLO), a écopé de deux ans d’assignation à résidence.

    Un vingt-cinquième journaliste est détenu à Cuba, cette fois sous la garde de l’armée américaine, sur la base militaire de Guantanamo. Sami Al-Haj, cameraman soudanais de la chaîne qatarie Al-Jazira, fait partie des 400 “ennemis combattants” détenus, hors de tout cadre juridique, par les Etats-Unis au nom de la “guerre contre le terrorisme”. Incarcéré sans charge, soumis à des interrogatoires quasi quotidiens, Sami Al-Haj a entamé, le 13 juin, sa cinquième année de captivité au sein de cette base, dont la communauté internationale réclame désormais la fermeture.

    A ce scandale juridique et humanitaire s’ajoute une nette dégradation de la liberté de la presse aux Etats-Unis, qui s’est manifestée avec l’emprisonnement, à deux reprises, du blogueur californien Josh Wolf, en août puis en septembre. Le jeune homme risque de demeurer en cellule jusqu’en juillet 2007, tant qu’il ne livrera pas des archives vidéo à la justice. Une quinzaine d’affaires touchant au secret professionnel font l’objet d’une procédure au niveau fédéral, alors que 33 Etats de l’Union reconnaissent aux journalistes le droit à la confidentialité. Un projet de loi fédéral en ce sens, déposé en février 2005, n’a toujours pas été débattu ni voté.

    L’organisation a rendu public, le 1er février, son rapport annuel 2007 qui dresse un état des lieux de la situation de la liberté de la presse dans 98 pays. Ce document revient sur les principales violations des droits des journalistes survenues en 2006 et offre des perspectives thématiques et régionales sur l’état des libertés des médias et de l’Internet à travers le monde.

    Il est consultable en ligne sur www.rsf.org et téléchargeable en intégralité ou par zone géographique. Le rapport est disponible en quatre langues (anglais, français, espagnol et arabe).

    « Ce rapport recense les pires violations de la liberté de la presse commises dans les Etats répressifs, de la Corée du Nord à l’Erythrée, en passant par Cuba et le Turkménistan. Mais il s’intéresse également aux démocraties dans lesquelles des progrès restent à accomplir et des acquis sont menacés », a écrit Reporters sans frontières…/…

    En Amérique latine, l’assassinat de près d’une dizaine de journalistes au Mexique dans une quasi-impunité, le maintien en détention de plus d’une vingtaine de journalistes à Cuba, la dégradation de la situation en Bolivie, le pays du Sud pourtant le mieux placé jusqu’ici dans le classement établi chaque année par Reporters sans frontières, sont autant d’inquiétudes qui doivent inciter la communauté internationale à la plus grande vigilance.

  • Les liens étroits entre les gouvernements du Venezuela et de Cuba ont permis un développement important du commerce entre les deux pays qui devrait atteindre cette année les 3.500 millions de dollars, en hausse de 40% par rapport à 2005.
    Cuba est ainsi devenu le troisième partenaire commercial du Venezuela, après les Etats-Unis et la Colombie.

    Le plus gros des échanges se concentre sur le secteur pétrolier, représenté par les 90.000 barils quotidiens de bruts Vénézuélien que reçoit Cuba, qui ont allégé dans une large mesure les problèmes énergétiques et d’approvisionnement de combustible de Cuba.
    Bien que possédant des exploitations pétrolières, Cuba ne produit pas suffisamment pour approvisionner son marché de 11.2 millions d’habitants. Le pétrole en provenance de Caracas est payé par Cuba par l’envoi de médecins au Venezuela et grâce à des conditions financières de prêt très avantageuses (Prêt à 15 ans à 2 % d’intérêt).

    Avec les accords signés en décembre 2004 avec le Venezuela, les services de santé cubains, ont entamé la mission «Barrio Adentro » (assistance médicale dans les quartiers défavorisés) et « Operación Milagro ». En 2006 on estimait à 23 601 médecins cubains présents au Venezuela.
    Le plus spectaculaire est sans doute l’opération « Milagro » (miracle en espagnol) qui permet à des patients sans ressources de se faire opérer des yeux dans les hôpitaux Cubains. Pratiquées d’abord uniquement à Cuba, les opérations peuvent se dérouler depuis 2006 dans 13 centres ophtalmologiques au Venezuela, ainsi qu’en Équateur, au Guatemala, en Haïti, au Honduras et en Bolivie. Selon un rapport des autorités cubaines, près d’un demi million de Latino-américains et Caribbéens (dont 290 000 Vénézueliens) ont bénéficié de ce programme. Au delà du discours humanitaire du gouvernement cubain, ces actions ont permis à l’industrie pharmaceutique cubaine de s’ouvrir d’importants marchés vers l’étranger. Quant à la gratuité pour le patient, elle fait l’objet d’accords commerciaux avec le Venezuela : chaque opération étant facturée 2000$ en moyenne (source : La lettre de la Havane janvier 2006).

  • Grande admiratrice du dictateur cubain, Danielle Mitterrand n’a jamais marchandé son amitié à Fidel Castro, avec qui elle entretient de bons rapports depuis longtemps. Sa présence à Cuba constitue aussi un marque de reconnaissance pour son frère Raul Castro, qui assume le pouvoir depuis l’hospitalisation de Fidel Castro.

    La France, a été un des tout premiers pays à rompre l’isolement diplomatique cubain en 1995 grâce à Danielle Mitterrand. Certes il ne s’agissait pas d’une visite officielle mais d’une rencontre privée avec François Mitterrand : Fidel Castro était de passage en France, invité par l’UNESCO. Mais les faits sont là et les caméras de télévision ont abondamment diffusé les images de Danielle Mitterrand embrassant Fidel comme un vieil ami.

    La présidente d’une association qui a pour nom « France liberté » peut-elle continuer à soutenir une dictature communiste qui emprisonne journalistes et opposants pour 15 à 20 ans ?

    L’association de soutien aux prisonniers politiques cubains « Collectif Solidarité Cuba Libre » estime cette attitude indigne. Dans un communiqué diffusé à la presse elle fait valoir que « Qu’une organisation qu’elle quelle soit aide le régime cubain nous choque. La collaboration avec un régime totalitaire est inacceptable surtout lorsqu’elle se fait sous couvert d’une aide humanitaire utilisée à des fins de propagande. Mais lorsque cette organisation se réclame de la lutte pour les droits de l’homme et qu’en plus elle s’appelle France Liberté, la collaboration devient outrageuse, inacceptable. »

    Parmi les personnalités qui soutiennent Fidel Castro, et se rendent fréquemment à Cuba on compte aussi Gérard Depardieu, Ry Cooder, Manu Chao, Bernard Cassen, et Ignacio Ramonet.

  • Dès le départ Fidel Castro a su mettre en scène ses moindres faits d’armes pour en faire des batailles légendaires, jusqu’à la prise du pouvoir en 1959, sorte d’apothéose extatique qui donne à l’épopée castriste un caractère quasi messianique.
    « Expert dans l’art de transformer ses déconvenues en victoire, le premier des barbudos a su recouvrir l’extrême violence de son régime du voile du romantisme révolutionnaire. » (Jacobo Machover).

    « Fidel Castro Ruz, président du conseil d’État, président du conseil des ministres, chef suprême des armées et secrétaire général du parti communiste de Cuba. » Ces titres ronflants et hautes responsabilités à tiroir qui apparaissent aux détours des documents officiels sont parfaitement ignorés des Cubains pour qui Castro est simplement « Fidel ».

    Fidel Castro fait partie de la poignée de dictateurs que son peuple tutoie et ne désigne que par son prénom ou par un de ses nombreux surnoms : « le comandante » est le plus fréquent, mais aussi « el caballo » ou « el numero uno ».

    Ses ennemis n’ont d’autres ressources pour se défouler que les nombreuses, et parfois très irrespectueuses, « chistes » (histoires drôles) qui circulent sur son compte. En dehors de cet humour noir, toléré dans certaines limites, il est malvenu de critiquer « le commandant en chef » en public, comme en privé d’ailleurs, car on ne sait jamais vraiment à qui on s’adresse. En cas de doute mieux vaut adopter un signe discret pour désigner Castro (se toucher le menton pour désigner la barbe) ou à la rigueur l’expression en apparence neutre mais connotée « este hombre » (« cet homme » employé sans autre précision). Le culte de la personnalité présente une caractéristique bien spécifique à Cuba : une apparente discrétion, voire une certaine modestie.

    Castro n’est pas de ces dictateurs qui s’abaissent à placarder son effigie à tous les coins de rues comme un vulgaire Kadhafi ou Saddam Hussein : ce serait d’ailleurs parfaitement inutile et déplacé car « il » est toujours le seul et unique sujet de conversation lorsqu’il s’agit de débattre du passé, présent et avenir de Cuba. Même ceux qui le détestent doivent en convenir, Fidel est bien plus qu’un caudillo au bout du rouleau : il est Cuba.

  • Cette déclaration surprenante intervient alors que Fidel Castro n’a plus été revu en public depuis le 26 juillet, veille d’une grave intervention chirurgicale à la suite d’une hémorragie intestinale. Opéré en urgence d’une hémorragie intestinale, Fidel Castro n’est toujours pas rétabli et a dû égalemenr renoncer, sur avis de ses médecins, à paraître mardi au gala d’ouverture donné en son honneur devant quelque 1 800 invités étrangers.

    L’embargo américain (qualifié un peu excessivement à Cuba de « bloqueo » ou blocus) le leitmotiv de sa propagande. Il ne se passe guère plus de 24 heures sans que la presse ou qu’un responsable politique n’évoque la responsabilité de l’embargo pour justifier les piètres résultats de l’économie cubaine. Le gouvernement à estimé récemment que le coût cumulé de l’embargo depuis son entrée en vigueur en 1961 correspondait à une dépense supplémentaire de 80 milliards de dollars.

    Depuis le début de la Révolution, l’embargo américain a toujours été le principal argument du régime de Castro, et de ses partisans, pour justifier son économie de pénurie et sa quasi faillite financière. Cette position est-elle encore crédible alors que Cuba commerce librement avec plus de 120 pays dans le monde, et a reçu en 2004 quelque 2 millions de touristes (dont 170 000 cubano-américains et près de 60 000 citoyens américains) ?

    On sait aussi que la population cubaine survit principalement grâce aux « remesas », ces transferts d’argent en provenance de la communauté exilée, qui représentent près d’un milliard de dollars par an. Depuis 2001, date du premier assouplissement de l’embargo permettant à Cuba d’importer des produits alimentaires et des médicaments en provenance des Etats Unis, Cuba est devenu un très bon client des entreprises américaines : en 2004, les Etats-Unis sont le premier fournisseur de Cuba pour les importations agroalimentaires pour un montant de 400 millions de dollars.

    En réalité cette mesure anachronique, et sans doute contre productive tant elle sert les intérêts de Castro, est davantage une disposition de politique interne, qu’un outil destiné à déstabiliser le dictateur. L’embargo est un gage donné au million d’électeurs cubano-américains de Floride qui a toujours condamné tout assouplissement des sanctions contre Cuba. La famille Bush leur doit beaucoup : ils ont assuré l’élection de Jeb Bush, (le frère de Georges Bush) au poste de gouverneur de Floride et joué un rôle décisif pour l’élection et la réélection, de George Bush.

  • En présence de la presse française et étrangère, et de personnalités cubaines exilées, dont des journalistes dissidents, l’organisation a installé, sur la place du Trocadéro, vingt-trois cages, abritant chacune un détenu volontaire, masqué et vêtu d’un costume de prisonnier. Sur chaque cage figurait le nom, le média d’appartenance, la durée de la peine et les motifs d’incarcération de chaque journaliste emprisonné.

    « Le cinquantenaire de l’accostage du bateau Granma, le 2 décembre 2006, vient clôturer cinq jours de célébration des 80 ans de Fidel Castro, obligé de céder sa charge à son frère Raúl le 31 juillet dernier pour raisons de santé. Cette célébration devait coïncider avec son retour au pouvoir, compromis par l’évolution de son état. Que le Líder Máximo reprenne ou non ses fonctions de chef de l’Etat, Cuba reste la deuxième prison du monde pour la presse. Vingt-trois journalistes, pour avoir voulu informer hors du contrôle de l’Etat, le payent de leur liberté », a déclaré Reporters sans frontières.

    « Le gouvernement cubain s’honorerait en les libérant, comme il l’a fait le 20 novembre pour l’un de leurs collègues. Nous espérons que les personnalités étrangères, et notamment européennes, invitées aux cérémonies à La Havane, relaieront cette demande. Assumant depuis le 11 septembre 2006 la présidence tournante du Mouvement des non-alignés, Cuba se doit de remplir les engagements qu’elle a pris ce jour-là en matière de respect des droits de l’homme », a ajouté l’organisation.

    Vingt des vingt-sept journalistes arrêtés et condamnés lors de la vague répressive de mars 2003 sont toujours détenus, dont le correspondant de Reporters sans frontières, Ricardo González Alfonso. Accusés pour la plupart d’être des « mercenaires au service d’une puissance étrangère », ils ont écopé de peines allant de 14 à 27 ans de prison. Enfermés dans des cellules insalubres, parfois mêlés aux détenus de droit commun, ils subissent au quotidien les mauvais traitements de leurs gardiens, les privations de contact avec leur famille et le rationnement des médicaments qu’impose leur état de santé, de plus en plus dégradé. La médecine carcérale a elle-même estimé l’état de santé de ces prisonniers incompatible avec la détention dans la plupart des cas. L’un d’eux, Juan Carlos Herrera Acosta a régulièrement refusé de s’alimenter depuis huit mois pour protester contre son sort.

    Trois journalistes sont venus s’ajouter en 2005 et 2006 à cette longue liste : Alberto Gil Triay Casales, Roberto de Jesús Guerra Pérez et, en mai dernier, Armando Betancourt. Le premier est officiellement inculpé de « trouble à l’ordre public » mais attend toujours sa condamnation. Les deux autres sont détenus sans la moindre charge précise par la Sécurité de l’Etat (police politique). Un quatrième journaliste, Oscar Mario González Pérez, arrêté le 22 juillet 2005 sans motif, a été libéré le 20 novembre 2006 sans plus d’explication. Il aura purgé pour rien un an et quatre mois de prison.

    Enfin, le harcèlement, les intimidations et les violences envers la presse indépendante n’ont pas davantage cessé pendant les quatre mois de pouvoir intérimaire de Raúl Castro. A Cuba, un journaliste n’est en liberté que surveillée.

    Le 2 décembre 1956, le bateau Granma, en provenance du Mexique, accostait à Cuba, avec à son bord les frères Fidel et Raúl Castro, Ernesto « Che » Guevara et leurs principaux compagnons de lutte. L’épisode marqua le début de la Révolution castriste et le renversement, trois ans plus tard, de la dictature de Fulgencio Batista. A la veille du cinquantenaire de l’événement, Reporters sans frontières tient à rappeler que, depuis, une dictature a succédé à une autre et manifeste publiquement son soutien aux vingt-trois journalistes détenus dans les geôles cubaines pour avoir voulu informer librement.

    Toutes les informations actualisées sur les vingt-trois journalistes détenus figurent sur le site de Reporters sans frontières.
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  • Il n’y a pas si longtemps, évoquer Cuba c’était d’abord faire référence à un pays et une révolution mythique avec ses grandes figures romantiques : Che Guevara, Camillo Cienfuegos et bien sûr, l’inébranlable Fidel Castro. À ce dernier, on a beaucoup pardonné parce qu’il a au commencement incarné un épisode révolutionnaire bienvenu dans cette région, et surtout parce qu’il a su tenir tête aux Américains.

    Le plus surprenant n’est pas que le communisme ait produit à Cuba, comme partout ailleurs en son temps, une société totalitaire et policière. Qui s’en étonnerait aujourd’hui ? Mais plutôt que Fidel Castro continue curieusement à bénéficier d’un traitement de faveur assez singulier pour un dictateur.

    Difficile d’imaginer les touristes de l’époque se ruer dans la Roumanie de Ceausescu ou l’Albanie d’Enver Hodja pour y admirer les « conquêtes du socialisme », ou la « résistance héroïque » du peuple face à l’agression capitaliste ?
    C’est pourtant ce qui se passe à Cuba avec la caution bienveillante d’une bonne partie de la « gauche » politique et intellectuelle qui n’arrive pas à enterrer sa jeunesse idéaliste et néo guévariste. Cuba serait devenu le dernier rempart contre la mondialisation et la pensée unique. Une sorte de potion miracle anti Bush, une expérience intéressante, un laboratoire qui mérite d’être conservé.

    La vérité c’est que Fidel Castro laisse aujourd’hui en héritage un pays plus pauvre que celui qu’il a trouvé en 1959.

    Une des premières tâches l’ère post castriste sera donc de renouer les fils de l’histoire coupés en 1959.

    Fidel Castro a réécrit l’histoire du Cuba d’avant la Révolution pour en faire un repoussoir au service de sa propagande. Ce travail s’avère indispensable puisqu’il permet aussi de faire une sorte de bilan de presque un demi siècle de « socialisme héroïque ».

    Le discours officiel fait habituellement référence au Cuba d’avant la révolution comme à un pays arriéré, gangrené par la prostitution et le gangstérisme, et peuplé d’habitants en majorité analphabètes et livrés à eux-mêmes.

    Le milieu des gangsters américains est certes présent, prospérant du produit des jeux, de la drogue et de la prostitution, mais pour le reste il semble que l’on ait tendance à noircir un peu le tableau. En 1958, Cuba se situe au troisième rang des pays d’Amérique latine pour le PIB par habitant, et au quatrième rang pour l’espérance de vie, mais aussi pour l’instruction, la santé et la protection sociale.

    Concernant la mortalité infantile, avec un taux de 32 pour mille, Cuba arrivait en 1957, en 13 e position devant l’Irlande et la France. En 1957, Cuba comptait parmi les pays d’Amérique Latine en pointe pour l’élevage du bovin et la consommation de viande (0,9 tête de bétail par habitant). Aujourd’hui la viande de bœuf a disparu de l’assiette des Cubains : il ne reste que 4 millions de tête de bétail pour une population de 11 millions d’habitants.

    En 1958 Cuba affiche aussi une santé financière insolente : le peso cubain est aligné sur le dollar américain et avec des réserves de changes évaluées à 387 millions de dollars, Cuba dispose de la troisième cagnotte de la région, derrière le Vénézuela et le Brésil.

    Pendant de nombreuses années, les résultats calamiteux de Cuba ont été camouflés par les généreuses subventions de l’URSS et des pays de l’Est. La rupture intervient en 1990 : la génération élevée à l’ombre des principes de la révolution réalise subitement que le socialisme cubain ne doit sa modeste prospérité qu’aux subsides des « camarades » du Bloc de l’Est. En 1993, le grand frère russe ferme le robinet et l’économie cubaine sombre brutalement : le PIB enregistre une chute vertigineuse de 40% dont le pays ne s’est pas encore complètement remis.

  • Pour commencer l’année 2007, Fidel Castro s’était voulu rassurant sur son état de santé. Mais son absence continuait d’alimenter les rumeurs.
    « Je vous remercie de votre tendresse et de votre soutien. Au sujet de ma convalescence, j’ai toujours prévenu qu’elle sera un processus prolongé, mais elle est loin d’être une bataille perdue. Je collabore en patient discipliné avec l’équipe médicale confirmée qui s’occupe de moi », avait déclaré le chef de l’Etat cubain dans un communiqué diffusé par les médias officiels.

    « Je n’ai pas cessé de me tenir au courant des principaux événements et des informations. J’ai des échanges avec les camarades les plus proches chaque fois qu’une coopération sur les thèmes d’importance vitale s’avère nécessaire », avait ajouté le président cubain, rendant hommage à « la sérénité et la maturité avec laquelle s’est comporté » le peuple cubain et les institutions du régime.

    Cependant, Fidel Castro n’était pas apparu à la télévision, ni en public depuis le 28 octobre, rendant possible toutes sortes d’hypothèses, dont celles d’un cancer en phase terminale.

    Une hypothèse finalement démentie par le docteur José Luis García Sabrido, qui affirme que Fidel Castro a souffert de nombreuses complications, suite à trois opérations successives des instestins.

    Les informations publiées par le quotidien espagnol El Pais révèlent les vicissitudes de la santé de Castro en citant des sources de l’Hôpital Public « Gregorio Marañón » de Madrid, où travaille comme chef de service en Chirurgie le docteur José Luis García Sabrido. En décembre dernier García Sabrido a spécialement voyagé à Cuba pour examiner Castro et a démenti les rumeurs insistantes de cancer. « Une infection grave dans l’intestin, au moins trois opérations ratées et plusieurs complications maintiennent le dictateur cubain, prostré avec un pronostic très grave », assure la version publié par El Pais.

    Depuis six mois, la présidence de Cuba est assumée par Raul Castro, et un petit nombre de hauts responsables du parti, assurant une certaine stabilité.
    Selon Brian Latell, ex-analyste de la CIA « Raul Castro dirige Cuba avec un leadership décisif, Il a été l’organisateur du régime. Il a agi, tiré les ficelles dans l’ombre. Sans lui, le leader de la révolution aurait été incapable de se maintenir au pouvoir. Si je devais prendre une métaphore cinématographique, je dirai que Fidel, le visionnaire narcissique, est le metteur en scène, et Raul le producteur. C’est lui qui a structuré l’armée, organisé les redoutables services de sécurité et développé des secteurs entiers de l’économie. »

    Le Parti communiste, plus encore qu’avant, est entre ses mains. Quant au reste des institutions, elles se trouvent sous la coupe des « raulistes ». Alors oui, Raul est capable de rester en place. Je ne peux pas dire combien de temps. Mais il a ses chances. Il continuera à oeuvrer en coulisse, s’entourera de personnalités comme le vice-président Carlos Lage qu’il pourrait, le cas échéant, nommer à la présidence. » (Voit l’interview complet dans le Monde du 31 janvier 2007).