Auteur/autrice : Info Cuba

  • Le dirigeant cubain Fidel Castro a indiqué dans une intervention télévisée que le nombre de victimes et les dommages sont encore à préciser, et que « la Défense Civile nous a informé que le coup a été véritablement très dur».

    « Plus de 100 millimètres d’eau sont tombés en une heure, quelque chose d’ inhabituel, ….cet orage a été très soudain et a fait, des dégâts de différents types » a t-il spécifié.

    Une source de la Défense Civile, qui a requis l’anonymat, a assuré que trois personnes sont mortes à Marianao, commune populaire de l’ouest de La Havane, près du rivage de la rivière Quibú, dont le débit, « a monté de sept mètres ».

    Un nombre non précidé de familles ont dû être évacuées, beaucoup de logements ont été endommagés et on a aussi reporté des éboulements dans différentes zones de la capitale, surtout à Marianao.

    Dans quelques communes il y a eu des zones où l’eau a pénétré dans les quartiers et a atteint les deux mètres de hauteur.

    Dans le secteur résidentiel de Miramar –où sont située la majorité des ambassades–, l’eau a recouvert de vastes secteurs de la Cinquième Avenue.

    Le Centre de Prévisions de l’Institut de Météorologie (INSMET) a annoncé que les pluies vont continuer mais avec une plus faible intensité.

    A chaque fois qu’un ouragan passe sur La Havane, des centaines d’immeubles et de maisons s’effondrent dans les quartiers populaires de Centro Havana et de la vieille Havane. Après 50 années de socialisme, la capitale cubaine est un champ de ruine, et l’année 2006 s’annonce encore très dure pour le Cubains avec sa succession d’ouragans dévastateurs.

    Selon les propres chiffres du gouvernement cubain, près de 1,8 million de logements (soit plus de 50% des logements recensés à Cuba) sont en « mauvais état ». Plus de 500.000 ont été détruits entre 2001 et 2005 : dyès que le mauvais temps sévit à La Havane, on évacue des familles par dizaines, parce que leur immeuble est sur le point de s’effondrer sur eux.

  • Les restrictions à la liberté d’expression, d’association et de mouvement demeuraient un sujet de préoccupation majeur. Environ 70 prisonniers d’opinion étaient toujours incarcérés. Cette année encore, l’embargo des États-Unis a eu des effets négatifs sur les droits humains dans le pays. La situation économique s’est dégradée et les pouvoirs publics ont tenté de mettre fin à l’entreprenariat privé. Plus de 30 prisonniers se trouvaient encore dans le quartier des condamnés à mort ; aucune exécution n’a eu lieu.

    Contexte

    Au niveau international, la préoccupation suscitée par l’absence de progrès dans le domaine des droits civils et politiques n’a cessé de croître. En avril, dans un contexte fortement influencé par des enjeux politiques, la Commission des droits de l’homme [ONU] a une fois encore condamné le bilan cubain en matière de droits humains.
    Les autorités ont maintenu sous étroite surveillance ceux qui se montraient critiques à l’égard du régime, et elles ont gardé en détention plusieurs défenseurs des droits humains et opposants politiques. En mai, toutefois, l’Asamblea para promover la sociedad civil (Assemblée pour la promotion de la société civile), une coalition de plus de 350 organisations non gouvernementales (ONG) indépendantes, a organisé le plus grand rassemblement d’opposants jamais observé à Cuba.
    Les pouvoirs publics ont lancé une grande campagne de lutte contre l’économie informelle et contre la corruption généralisée dans le secteur public.

    Prisonniers d’opinion

    Les arrestations pour délit d’opinion ont continué et des personnes ayant exprimé leur point de vue, même de manière pacifique, ont été condamnées. Un certain nombre de détenus ont été libérés pour raisons de santé.
    René Gómez Manzano et César López Rodríguez figuraient parmi les personnes qui ont été arrêtées à La Havane pour avoir participé à une manifestation antigouvernementale pacifique le 22 juillet. De même que huit autres personnes, le premier, membre de l’Assemblée pour la promotion de la société civile, a été maintenu en détention dans l’attente de son procès.
    Le 13 juillet, une vingtaine de personnes ont été interpellées lors d’une cérémonie pacifique organisée à La Havane pour commémorer le naufrage du remorqueur 13 de Marzo : en 1994, environ 35 personnes avaient péri en tentant de fuir Cuba à bord de cette embarcation qui aurait été éperonnée par les autorités cubaines. Six d’entre elles sont restées en détention sans inculpation et une autre a été condamnée à un an d’emprisonnement pour « dangerosité prédélictuelle », définie comme la « propension particulière d’une personne à commettre des délits, attestée par une conduite en contradiction évidente avec les normes de la morale socialiste ».
    Le 1er décembre, le prisonnier d’opinion Mario Enrique Mayo Hernández, condamné à vingt ans de détention en 2003, a bénéficié d’une libération conditionnelle pour raisons de santé.

    Restrictions à la liberté d’expression, d’association et de mouvement

    Des militants des droits humains, des opposants politiques et des syndicalistes ont été la cible d’actes de harcèlement et d’intimidation souvent imputables aux Brigades d’intervention rapide, des groupes quasiment officiels qui auraient agi en collusion avec des membres des forces de sécurité.
    Cette année encore, la liberté d’expression et d’association a été visée. Tous les médias autorisés étaient sous le contrôle des autorités et les médias indépendants demeuraient interdits. Les journalistes indépendants qui publiaient des articles à l’étranger s’exposaient à des manœuvres d’intimidation et de harcèlement, et pouvaient être emprisonnés. Les défenseurs des droits humains risquaient eux aussi de faire l’objet d’actes d’intimidation et d’être arêtes arbitrairement ou pour des motifs politiques.
    Les lois relatives à la diffamation, à la sûreté nationale et au trouble à l’ordre public, invoquées pour arrêter et emprisonner les journalistes, n’étaient pas conformes aux normes internationales.
    Selon l’ONG internationale Reporters sans frontières, 24 journalistes étaient en prison à la fin de 2005.
    Oscar Mario González Pérez, journaliste indépendant, a été arrêté le 22 juillet après avoir couvert une manifestation. Il est resté en détention sans être inculpé.

    En 2005, des restrictions étaient encore imposes aux opposants tentant de se rendre à l’étranger.
    Miguel Sigler Amaya, membre du Movimiento Opción Alternativa (Mouvement d’option alternative), non officiel, et sa famille ont été arrêtés et places en détention à l’aéroport international de La Havane alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer dans un avion à destination des États-Unis, dûment munis des visas de réfugiés nécessaires à leur sortie du pays. Ils ont été remis en liberté plusieurs jours plus tard et sont finalement partis de Cuba le 5 octobre. Guido et Ariel, deux frères de Miguel Sigler Amaya et tous deux prisonniers d’opinion, continuaient de purger des peines de vingt et vingt-cinq ans d’emprisonnement respectivement.

    En décembre, des représentantes de Las Damas de Blanco (Les Dames en blanc), un groupe de parentes de prisonniers qui, depuis mars 2003, manifestent chaque dimanche pour demander la libération de leurs maris, de leurs frères ou de leurs fils, se sont vu refuser l’autorisation de se rendre à Strasbourg pour y recevoir le prix Sakharov de la liberté de pensée, décerné par le Parlement européen.

  • « Toutes les prévisions coïncident pour prévoir une saison (cyclonique) très active : on attend entre 15 et 17 tempêtes tropicales » a indiqué la spécialiste de l’Institut de Météorologie Cubain (IMC), Maritza Ballester.

    De ces tempêtes tropicales, 8 ou 9 pourraient atteindre la catégorie d’ouragan, a précisé Ballester, auteur du modèle cubain de prévision de cyclones pour la saison du 1 juin à au 30 novembre.

    Parmi les facteurs qui soutiennent ces prévisions, l’experte cubaine, citée par le journal officiel Granma, a indiqué l’affaiblissement de « el Nino », et la permanence de conditions neutres dans le Pacifique équatorial oriental pendant les prochains six mois, et le fait qu’à la fin de février 2006 « la température superficielle de la mer dans la zone des Caraïbes et du Golfe du Mexique montrait des valeurs légèrement plus chaudes à ceux reportés à date égale de 2005 ».

    « Tout ce qui précède confirme que la région (atlantique) se dirige vers une période de grande activité cyclonique entamée en 1995, laquelle de manière générale pourrait être prolongée pendant 15 à 20 ans » a déclaré Ballester.

    La spécialiste a souligné que « ces dernières huit saisons ont enregistré une quantité de cyclones tropicaux au-dessus de la moyenne historique (10), du jamais vu précédemment dans la chronologie enregistrée depuis 1986 ».

    Le Cuba a enregistré en 2005 à une saison cyclonique très active, qui a franchi tous les records, avec 27 tempêtes tropicales et 15 ouragans, trois d’entre eux (Katrina, Rita et Wilma) de catégorie maximale dans l’échelle Safrir-Simpson, de cinq degrés.

    Avant la saison passée le record était de 21 orages tropicaux en 1933 et 13 ouragans en 1969.

    Cuba a été frappée en 2005 par l’ouragan Dennis, provoquant 16 morts et des pertes de 1.400 millions de dollars ; par Wilma, qui a provoqué des inondations graves à La Havane, avec 704.2 millions de dollars de dégâts; et a reçu l’influence indirecte Rita et de Katrina.

    Indirectement, Wilma a fait trois morts à Cuba, trois touristes tués dans l’accident de leur autobus qui a heurté une voiture alors qu’ils regagnaient La Havane dans le cadre des opérations d’évacuation.

    Un total de 560.000 personnes, dont 250.000 dans la province occidentale de Pinar del Rio, ont été évacuées avant le passage de Wilma.

    A chaque fois qu’un ouragan passe sur La Havane, des centaines d’immeubles et de maisons s’effondrent dans les quartiers populaires de Centro Havana et de la vieille Havane. Après 50 années de socialisme, la capitale cubaine est un champ de ruine, et la saison 2006 qui commence la semaine prochaine s’annonce encore très dure pour le Cubains avec sa succession possible d’ouragans dévastateurs.

  • Votre dernier roman, Les Brumes du passé, évoque les changements qui ont marqué Cuba ces dernières années.

    Leonardo Padura : Le plus grand changement a été d’ordre économique. Avec la perte du soutien de l’ex-URSS, les Cubains ont dû trouver d’autres moyens de survivre et de faire du commerce. Les gens ont été obligés de se tourner vers l’extérieur. Cela leur a donné une plus grande liberté d’action et de mouvement. Cependant, ces évolutions débutées dans les années 1990 sont actuellement en phase de régression. La Chine et le Venezuela jouent aujourd’hui pour Cuba – dans un contexte différent, bien sûr – le rôle que remplissait l’Union soviétique autrefois. Cette aide permet en fait au gouvernement de refermer la porte aux mesures de libéralisation économique auxquelles il avait dû se résoudre en temps de misère extrême, comme celles concernant le développement de l’industrie touristique, par exemple.

    Comment les Cubains ont-ils vécu ces changements ?


    La crise économique des années 1990 n’a pas été uniquement matérielle. Elle s’est accompagnée d’un vrai désastre sur le plan idéologique. En ce sens, je pense que les changements engagés sont profonds et irréversibles. La confiance monolithique et absolue que nous avions dans le socialisme et les mensonges dont nous avons été abreuvés pendant trente ans se sont écroulés avec le mur de Berlin. Nous avons découvert le vrai visage du socialisme européen. Les gens se sont détournés d’un régime qui, au nom de l’égalité pour tous et d’un avenir meilleur, a engendré des génocides à grande échelle. Tout cela a laissé la place au désespoir, à la frustration et au sentiment d’avoir été abusé. C’est comme si nous avions tout à coup perdu la « foi ». La perte de confiance a conduit les gens à rechercher d’autres formes de croyances, comme la religion, par exemple. Elle les a également poussés à rechercher des solutions individuelles pour améliorer leur vie, comme l’émigration. La perte des illusions peut néanmoins conduire à une sorte d’hérésie. Je sens que beaucoup de Cubains aujourd’hui ne croient plus en rien. Ils se limitent à vivre au jour le jour, à survivre jusqu’au lendemain, sans grandes considérations philosophiques, religieuses ou même morales. C’est cette désillusion que je raconte dans mes romans. Je décris le désespoir des gens de la génération de mes parents qui doivent continuer à se battre malgré leur âge. J’écris sur la frustration des gens de ma génération auxquels on avait promis un avenir meilleur qui n’est jamais venu. Et sur l’incertitude, et la désorientation qui envahissent les plus jeunes.

    Les jeunes Cubains sont-ils impliqués politiquement ? A quoi rêvent-ils ?

    On ne peut pas généraliser, car, comme dans toutes les sociétés humaines, il y a de tout à Cuba : des jeunes qui pensent et vivent comme des ouvriers soviétiques modèles des années 1930, mais aussi des hippies tropicaux uniquement intéressés par le sexe, l’alcool et la drogue. Tout le monde cohabite dans un même espace. Mais j’observe actuellement chez les jeunes une tendance beaucoup plus inquiétante. Ils ne s’investissent dans rien. Ils n’attendent rien de la vie. Ils vivent dans l’instant, sans foi ni perspectives. Certains jeunes sont d’excellents étudiants, de chics types, mais ils ne sont pas naïfs non plus. Ils pensent désormais à construire leur vie de façon individuelle, parfois en émigrant. Malgré tout, je pense que la jeunesse cubaine est beaucoup plus saine que ce à quoi on aurait pu s’attendre après tant d’années de sacrifices, de manquements et de promesses non tenues.

    …/…

    Comment se déroule votre vie d’écrivain à Cuba ?

    Depuis quelques années, elle est très satisfaisante. Je peux me consacrer à plein temps à mon travail d’écriture. J’écris aussi avec une grande liberté – pas une liberté totale, mais une grande liberté tout de même. Je traite pourtant de problèmes sociaux épineux dans mes livres. Je ne fais pas de politique, ni dans le cadre de ma vie sociale, ni dans ma vie littéraire. Principalement parce que cela ne m’intéresse pas et parce que je refuse d’être un « argument » pour tel ou tel bord politique. Vivre ainsi comporte des risques, bien sûr : qu’un livre déterminé ne soit pas publié, par exemple. Cela ne m’est encore jamais arrivé. Tous mes livres ont été publiés à Cuba sans que la censure touche à un seul mot. Mais le fait est que l’on en parle à peine dans la presse cubaine. Autre inconvénient : les droits d’auteur que je touche à Cuba sont totalement insuffisants pour vivre.
    Je reconnais aussi que je réfléchis à deux fois avant d’écrire sur certains sujets ou avant de répondre à une de vos questions, car ce que j’écris peut toujours être considéré comme « inapproprié » pour la bureaucratie au pouvoir. Mais, même dans ces conditions, je préfère vivre à Cuba. Partager les incertitudes, les carences, les restrictions du peuple cubain. Au milieu des gens qui sont la source de mon inspiration littéraire et humaine. J’aime entendre battre le cœur de la vie cubaine et avoir les mêmes désirs ou les mêmes frustrations que mes concitoyens. Qu’ils m’offrent leurs souffrances et leurs espoirs pour que j’en fasse ma littérature.

    Note biographique
    Leonardo Padura est né à La Havane en 1955 et vit à Cuba. Il est romancier, essayiste et auteur de scénarios pour le cinéma. Ses romans sont publiés au Mexique, à Cuba, en Espagne, en Allemagne et en Italie. En France, il a publié : Le Palmier et l’Etoile, Electre à La Havane, L’Automne à Cuba, Passé parfait, Mort d’un Chinois à La Havane, Vents de carême et Adios Hemingway, tous parus aux éditions Métailié. Il a reçu le prix Hammett (1998 et 1999), le prix Café Gijon (1997) et le prix des Amériques insulaires (2002). Son dernier roman, Les Brumes du passé, sortira dans les librairies françaises le 24 août (éditions Métailié).

    Les Brumes du passé
    La Havane, été 2003. Il y a quatorze ans que l’inspecteur Mario Conde a quitté la police. Pendant cette période, Cuba a beaucoup changé : l’économie et les mentalités ont été bouleversées. Conde gagne désormais sa vie en vendant des ouvrages anciens, comme beaucoup de Cubains, obligés de se défaire de leurs livres pour subsister. Soudain, il tombe sur la page d’une revue, ornée de la photo de Violeta del Rio, une chanteuse de boléro des années 1950. Totalement séduit par la beauté et le mystère de cette femme, il se lance dans une enquête personnelle qui va l’emmener jusque dans les bas-fonds de Cuba qu’il n’a pas vu évoluer. Leonardo Padura évoque dans ce livre les changements qui ont marqué Cuba ces dernières années et les désillusions des gens de sa génération. Ces Cubains devenus presque des « étrangers » pour les plus jeunes, mieux adaptés à la circulation du dollar, aux combines et à la débrouille. Plus qu’un roman noir, Les Brumes du passé parle de l’amour des livres, de la culture, et de la poésie si populaire des boléros.

    Extraits d’un interview recueilli par Christine Lévêque pour Courrier International.

  • Selon le palmarès 2006 de Forbes, la fortune de Fidel Castro, la première des chefs d’Etat en exercice hormis celle des monarques, et la septième en incluant ces derniers, est évaluée à 900 millions de dollars.

    Elle s’appuierait sur un réseau formé d’institutions comme le Palais des conventions, la corporation d’Etat CIMEX, qui a le monopole des importations et exportations, et Medicuba, qui vend les vaccins et d’autres produits pharmaceutiques cubains.

    « Je leur offre, je leur fait cadeau de tout ce qu’ils ont recherché. Ils ont voulu m’éliminer, ils n’ont pas pu, ils ont voulu me faire abandonner la révolution, je les mets au défi de prouver ce qu’ils ont dit. Et s’ils le prouvent, pas besoin qu’ils préparent plus de plans, ni de transition ni de bêtises de ce genre », a ajouté Fidel Castro, apparement irrité.

    Pour répondre à ce qu’il a qualifié de « manoeuvre américaine », le chef de l’Etat avait convoqué une émission spéciale en soirée à laquelle ont participé le président de la Banque centrale (BCC) Francisco Soberon, le ministre de la Culture Abel Prieto et d’autres responsables cubains, qui ont assuré tour à tour sa défense après lui.

    Fidel Castro a salué la présence parmi les invités de « personnages aussi illustres » que le directeur du mensuel français Le Monde diplomatique, M. Ignacio Ramonet, proche du président cubain.

    « Je ne suis pas né totalement pauvre. Mon père possédait des milliers d’hectares de terre. A la victoire de la révolution, toutes ces terres ont été remises aux paysans », a-t-il rappelé.

    Pour sa part, le président de la Banque centrale, évoquant « une action des services de renseignements américain », a déclaré: « Avec une autorité morale absolue et en regardant en face notre peuple et l’opinion publique, nous affirmons que son plus haut dirigeant constitue un exemple de dignité et de netteté ».

    « Dans notre économie planifiée centralement et avec le système bancaire central qui gère la totalité des devises, il est totalement impossible que quelqu’un de la plus haute direction puisse disposer de comptes à l’étranger », a encore assuré le président de la BCC.

    L’an dernier, Forbes avait estimé la fortune personnelle du président cubains à 550 millions de dollars, et à 150 millions en 2004.

  • L’organisation non gouvernementale dont le siège est à Paris « Reporters sans frontières » dénonce la brutalité et l’arbitraire des arrestations d’Odelín Alfonso, correspondant régulier du site Cubanet (http://www.cubanet.org), et de Milisa Valle Ricardo, de l’agence Jóvenes sin Censura (jeunes sans censure), dans la journée du 13 mai 2006. La seconde a été relâchée, mais le premier reste détenu sans qu’aucune charge précise lui ait été notifiée.

    « Ces arrestations relèvent, une fois encore, de l’arbitraire et du déni de justice. Aucun motif réel ne vient expliquer ces actes de répression. Il s’agit d’une manoeuvre d’intimidation pure et simple, dirigée contre des opposants pacifiques dont le sort varie, semble-t-il, selon l’humeur de leurs geôliers. Nous espérons qu’Odelín Alfonso sera libéré dans les plus brefs délais », a déclaré Reporters sans frontières.

    Odelín Alfonso, membre du Parti libéral orthodoxe et correspondant du site Cubanet, a été arrêté avec son épouse, le 13 mai, dans un quartier de La Havane, alors qu’il revenait d’une réunion organisée par les Dames en blanc (collectif des mères et épouses de prisonniers politiques). Un officier de la Sécurité de l’Etat (police politique), surnommé Moísés, avait sommé le journaliste de ne pas se rendre à la réunion. Odelín Alfonso et sa femme ont été interpellés brutalement à leur domicile sous les yeux de leur petite fille, sur dénonciation d’un voisin. La Sécurité de l’Etat les a conduits dans un local de la Police nationale révolutionnaire (PNR) où le journaliste est toujours détenu. Sa femme a été relâchée quelques heures plus tard.

    Milisa Valle Ricardo, de la petite agence indépendente Jóvenes sin Censura, a été arrêtée le même jour à Gibara (province de Holguín, Est), avec son mari, Alexander Santos Hernández, membre du Mouvement libéral cubain (MLC) et directeur d’une bibliothèque indépendante. Le couple a été intercepté par la PNR à son retour de La Havane où se tenait une réunion du MLC. La police a investi le domicile conjugal et confisqué tous les livres de la bibliothèque indépendante « Guillermo Cabrera Infante II » et deux postes de radio, avant d’emmener la journaliste et son mari au commissariat. Milisa Valle Ricardo et Alexander Santos Hernández ont été prévenus que « leurs activités ne seraient plus tolérées » et que cet avertissement serait « le dernier ».

    Directrice de l’agence Jóvenes sin Censura, fondée en septembre 2005 par de jeunes journalistes indépendants, Liannis Meriño Aguilera, 21 ans, avait été menacée de prison, le 29 décembre dernier, par deux agents de la Sécurité de l’Etat à Obrero Banes, près d’Holguín.

    Rappelons que la semaine dernière le nouveau conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé de compter Cuba parmi ses membres, aux côtés d’autres « références » en matière de défense des libertés fondamentales comme la Chine ou l’Arabie Saoudite.

  • Cuba a lancé la semaine dernière l’exploitation d’un puits (72 000 tonnes par an) foré par le canadien Sherrit Oil and Gas International et l’entreprise d’État Cuba Petroleo et approuvé un accord entre la firme indienne Ongc Videsh, la norvégienne Norsk Hydro et l’espagnol Repsol YPF pour prospecter les eaux cubaines du golfe du Mexique.

    Ces annonces ont poussé des responsables du secteur pétrolier américain et des parlementaires à faire pression sur leur gouvernement pour assouplir l’embargo envers Cuba, réclamant que des firmes américaines soient autorisées à exploiter les gisements du détroit de Floride et à participer à l’exploration des côtes cubaines.

    « L’opinion publique américaine serait surprise et étonnée si elle savait, alors que le pays souffre d’une profonde crise énergétique, que des pays comme la Chine, l’Inde, le Canada, l’Espagne et la Norvège font des explorations à seulement 50 milles nautiques de nos côtes », a affirmé le sénateur républicain Larry Craig (Idaho, nord-ouest).

    « Il doit y avoir une raison convaincante pour que des entreprises étasuniennes ne puissent pas explorer des ressources énergétiques aussi près de chez nous et je ne suis pas sûr qu’un embargo de 45 ans, qui a échoué, mérite d’être mentionné comme une raison convaincante », a ajouté le représentant Jeff Flake (Arizona).

    Le projet de loi « permettrait aux entreprises américaines d’effectuer toute transaction nécessaire, de voyager pour raison d’affaires et de se passer d’une autorisation du gouvernement étasunien pour l’obtenir », comme l’exige actuellement la loi nord-américaine.

    Craig a mentionné aussi les problèmes environnementaux dans le détroit de la Floride, qui interdisent de faire des recherches pétrolières sur les côtes de cette péninsule pour leur importance touristique. Une récente initiative dans la Chambre cherche à éviter ces interdictions, en mentionnant les prospections réalisées dans l’île par des compagnies comme l’espagnole Repsol et la canadienne Sherrit, malgré les menaces de la loi Helms-Burton.

    Les eaux du Golfe du Mexique ont été divisées en zones d’exclusion économique entre les Etats-Unis, le Mexique et Cuba lors d’un accord signé lors de l’administration de Jimmy carter en 1977.

    Depuis 1999, quand Cuba a fait un appel d’offres concernant 59 blocs marins dans cette zone, plusieurs compagnies étrangères sont venues chercher du pétrole dans ses eaux territoriales en collaboration avec l’entreprise d’Etat Cupet.

  • Le journal gouvernemental officiel Granma (seule la presse du parti communiste est autorisée à Cuba) voit dans cette élection « un soutien international croissant à Cuba » et « une victoire fulgurante contre la puissance impérialiste et la preuve irréfutable du prestige international de Cuba »

    La position de l’ONU sur le droits de l’homme à Cuba semble toutefois comporter quelques contradictions, puisqu’en mars 2006 la représentante du Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU pour Cuba critiquait dans son rapport, les cas de mauvais traitement dans les prisons cubaines.

    Dans son rapport pour le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Mme Chanet a affirmé que sa principale source de préoccupation concernait le maintien en détention de dizaines de dissidents arrêtés en mars et avril 2003. Elle s’est dite « alarmée par les allégations de mauvais traitements en détention » rapportées par les familles de détenus.

    « L’alimentation et l’hygiène sont en-dessous des normes et les soins médicaux sont soit inexistants soit inadaptés », a jugé Mme Chanet, qui a été nommée à son poste en 2002.

    La magistrate, qui n’a toujours pas pu se rendre sur l’île, a affirmé que les arrestations pour délit d’opinion s’étaient multipliées au cours de l’année écoulée.

    À la mi-mars 2003, après une période d’ouverture apparente et de plus grande permissivité, les autorités cubaines ont mené une campagne de répression sans précédent envers le mouvement dissident de l’île. En l’espace de quelques jours, les forces de sécurité ont procédé à l’arrestation de 75 dissidents lors d’opérations ciblées.

    À l’exception d’une demi-douzaine de personnalités très connues et critiques à l’égard du régime, la plupart des chefs de file du mouvement dissident, des personnes militant depuis dix ans ou plus, ont été arrêtés. Ils ont été jugés de manière hâtive et inique et, quelques semaines seulement après leur arrestation, condamnés à de sévères peines de prison dont certaines allaient jusqu’à vingt-huit ans.

    Parallèlement, en avril 2003 le gouvernement cubain a mis fin au moratoire sur les exécutions qui était en vigueur de facto depuis trois ans,- en faisant fusiller par un peloton d’exécution trois hommes impliqués dans un détournement de ferry qui n’avait fait aucun blessé. Le procès et les procédures d’appel de ces accusés ont été expéditifs et sommaires ; les trois hommes ont été exécutés moins d’une semaine après le début de leur procès.