Auteur/autrice : Info Cuba

  • Comme la majorité des dictateurs, Fidel Castro est un menteur effronté, spécialement quand il parle de son régime. C’est ainsi qu’il a imprudement déclaré en avril 2001 dans une conférence internationale réunie à La Havane :


    « Dans notre pays il n’y a jamais eu d’escadron de la mort, aucun disparu, aucun meurtre politique, aucune victime de tortures. On peut voyager à Cuba, demander aux gens, de chercher seulement une preuve, essayer de trouver un seul cas où le gouvernement révolutionnaire a ordonné ou a toléré une action semblable. Et s’ils le trouvent, alors jamais plus je ne parlerai à nouveau en public « .

    Mais le défi de Fidel Castro– « Qu’ils essayent de trouver un seul cas » — ne va pas rester sans réponse. Le projet Cuba Archive (http://www.CubaArchive.org) travaille pour documenter le coût en vies humaines, de plus de cinq décennies de dictatures cubaines. Le personnel minuscule des archives, qui a son siège dans le New Jersey, s’est imposé la tâche monumentale d’identifier chaque homme, femme et enfant tués par les dirigeants de Cuba depuis le 10 mars 1952, le jour où Batista a renversé le dernier président de l’île élu démocratiquement. Méticuleusement, impartialement, les chercheurs de CubaArchive réunissent les preuves que Fidel Castro dit ne pas exister– victime par victime.

    Les victimes de la révolution sont tombées face à un peloton d’exécution, ont été frappées à mort par les matons de Castro; elles sont mortes pour avoir résisté au communisme sur leur terre ou quand on les a envoyé combattre pour le communisme à l’étranger. Entre les mains des gardiens de prison de Castro, certains ont été poussés au suicide; beaucoup ont disparu.

    C’est aussi une tâche lente et laborieuse. Chaque décès qui entre dans les archives doit être confirmé au moins par deux sources indépendantes et être documenté, dans la mesure du possible, avec des photographies, le témoignage de témoins oculaires et les mémoires des survivants. « Nous ne voulons pas simplement annoter des noms et des chiffres », dit María Werlau, presidente de Cuba Archive. « Nous voulons raconter chaque histoire. Nous voulons que le monde connaisse l’ampleur de la tragédie cubaine « .

    Jusqu’à présent, les archives ont enregistré les décès de 9.240 victimes du régime de Castro. Qui étaient ils ?
    La soeur Aída Rosa Pérez, envoyée en prison comme « ennemi de la révolution » est morte d’un arrêt cardiaque causé par la torture et les travaux forcés. Estanislao González Quintana, qui est mort tandis qu’il était sous garde policière, quatre jours après avoir été arrêté pour « activité économique illégale » ; son cadavre montrait des hématomes visibles et une profonde plaie sur le front. Les trois frères García-Marín Thompson, qui ont cherché asile dans la nonciature du Vatican à La Havane, puis être capturés par des troupes du ministère de l’Intérieur et exécutés après un jugement sommaire. Madame Alberto Lazo Pastrana, qui est morte avec ses trois fils quand le bateau dans lequel ils essayaient d’abandonner Cuba a été coulé par l’armée cubaine.
    Carlos Alberto Costa, américain de 29 ans, abatu par un avion de chasse à réaction cubain alors qu’il participait à une mission de recherche et de sauvetage au dessus des eaux internationales. Et 9.230 autres.

    María C. Werlau et le directeur de recherches des archives, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castroi a exécuté a davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus « durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau. « Mais les victimes de Castro — et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »

    « Simplement, nous devions faire quelque chose autour de cela ».

  • Le chef de l’État s’exprimait lors d’une cérémonie pour les 45 ans du ministère cubain de l’Intérieur, organisée au théâtre Karl Marx de la capitale en l’absence de la presse étrangère.

    «Cuba est le pays le plus sûr du monde et nos combattants du ministère de l’Intérieur peuvent être considérés également comme les plus sains et les plus honnêtes. Ce n’est pas par hasard que le peuple cubain jouit d’une tranquillité bien supérieure à celle des autres citoyens n’importe où sur la planète», a déclaré Fidel Castro, cité par le quotidien Juventud Rebelde.

    Le président cubain Fidel Castro a reproché à l’industrie touristique d’avoir provoqué le retour à Cuba de divers maux, tels que la drogue et, sans la nommer, la prostitution, tout en assurant que l’île restait le pays «le plus sûr du monde», a rapporté jeudi la presse officielle.

    Fidèles aux principes les plus éthiques, les membres du MININT travaillent pour que le peuple vive en paix, protégeant des vies et des biens sur la base du respect des normes et des lois établies et jamais avec l’emploi de la force, de la torture ou de la terreur, a ajouté Fidel Castro.

    Il a donné comme exemple que la police cubaine, en s’appuyant sur ces principes, «est la plus décente et honorable au monde dans sa tâche de veiller sur la sécurité publique et l’ordre interne, quelque chose que le système capitaliste ne peut résoudre».

    À ce sujet, Fidel a expliqué que la prolifération de maux comme le trafic et la consommation de drogue, le tourisme sexuel et la corruption rendent impossible de maintenir dans d’autres pays la tranquillité dont jouissent les Cubains.

    «Alors qu’avant on ne parlait même pas de drogue à Cuba, il n’existait pas tous ces délits qu’a apportés l’industrie touristique dans le pays, et nous n’avions pas à affronter autant d’illégalités que celles qui ont proliféré, ces dernières années surtout», a déclaré Fidel Castro.

    Mais «malgré les déficiences que nous avons encore, nous pouvons nous sentir fiers de vivre dans une des sociétés les plus organisées et les plus cultivées du monde», a-t-il ajouté, estimant que «le capitalisme ne résoudra jamais les problèmes d’ordre public».

    La puissante police cubaine, formée à l’école des ex-pays communistes européens, s’appuie en outre sur un réseau de citoyens dans les «comités de défense de la révolution» (CDR), qui quadrillent chaque paté de maisons et assurent le contrôle social de la population.

    Aucune statistique officielle connue ne permet de donner une idée de la délinquance à Cuba, et la presse officielle maintient un silence strict sur le sujet.

    Il en est de même pour le nombre de personnes emprisonnées à Cuba, régulièrement estimé entre 100 et 150.000. Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté « très confidentiel », selon M. Sanchez.

    « La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.

    De très nombreux témoignages ont permis d’établir que la torture a été pratiquée massivement à Cuba, et continue de l’être. Selon l’organisation CubaArchive.org, le castrisme aurait fait 9.240 victimes à Cuba.

    María C. Werlau et le directeur de recherches de cette organisation, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castro a exécuté davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus » durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau.

    « Mais les victimes de Castro qui sont souvent plus nombreuses– et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »

  • « Ce serait bien de faire un grand gâteau et de et l’envoyer au « grand-père sage », a déclaré Morales aux indigènes aymaras d’Escoma, un petit village d’accès difficile situé dans les montagnes andines, à quelque 50 kilomètres de La Paz. Avec l’aide du Venezuela, la Bolivie se propose d’industrialiser la feuille de coca, un arbuste andin d’attributs nutritifs vérifiés qui sert aussi de base pour la fabrication de cocaïne.

    Morales entend ainsi remercier Fidel Castro, président de Cuba, pour la donation d’un hôpital ophtalmologique a ce village bolivien isolé. Pendant une rencontre avec la presse étrangère , Morales a fait une vibrante éloge des quelques 700 médecins cubains, qui soignent gratuitement les pauvres, principalement dans le secteur rural bolivien.

    « Jusqu’à présent, 500.000 personnes ont été examinées et « l’Opération Miracle » a gratuitement opéré plus de 10.000 Boliviens dans les dernières semaines », malgré l’opposition tenace des organisations de médecins boliviens, a aussi indiqué Morales.

  • L’assemblée de l’Organisation des Etats américains (OEA), qui a pris fin le mardi 6 juin à Saint-Domingue, a-t-elle été marquée par les polémiques ?

    Il existe des difficultés entre le Venezuela et le Pérou, mais je ne crois pas qu’on puisse parler de division en Amérique latine. Sept élections ont eu lieu depuis décembre 2005. Après les six scrutins qui doivent être organisés d’ici fin 2006, le ton va baisser. Nous n’avons jamais connu une période aussi chargée, il est normal que les esprits s’échauffent durant une campagne électorale.

    L’OEA ne se préoccupe pas de savoir si les gouvernements sont de gauche, de droite ou du centre. L’important est qu’ils respectent les règles démocratiques, la charte de l’OEA. Je suis favorable au libre-échange, mais je n’ai pas, en tant que secrétaire général de l’OEA, à me prononcer sur le fait qu’un pays signe ou non un accord de libre commerce.

    La tension monte entre Washington et Caracas. Que pouvez-vous faire pour calmer le jeu ?

    Il faut distinguer entre la rhétorique, qui me semble excessive, et les relations économiques qui restent excellentes. Avec des exportations de 9,2 milliards de dollars au cours des premiers mois de cette année, le Venezuela figure parmi les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis.

    Je pense que les intérêts économiques prédominent même si des éléments idéologiques peuvent créer des difficultés. Mais lorsqu’il s’agit de problèmes entre deux pays, l’OEA ne peut agir qu’à leur demande commune.

    L’absence de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice est-elle une manifestation du manque d’intérêt des Etats-Unis pour l’Amérique latine ?

    Son absence a provoqué une certaine désillusion, compensée par le fait qu’elle a été remplacée par le sous-secrétaire Robert Zoellick, bien connu en Amérique latine en raison de son rôle dans les négociations commerciales. C’est une tradition regrettable, mais la diplomatie américaine consacre beaucoup plus de temps à ses adversaires qu’à ses amis.

    Cuba doit-il rester à l’écart de l’OEA ?

    Lorsque j’étais ministre des affaires étrangères (du Chili), j’ai toujours été favorable à la reprise du dialogue avec Cuba. Je n’ai jamais été optimiste au point de penser que l’ouverture de ce dialogue permettrait de réintégrer Cuba à l’OEA. Je continue néanmoins de penser qu’il serait bon d’établir ce dialogue. Ceux qui parlent de transition à Cuba vont devoir comprendre qu’il faudra parler avec ceux qui ont un minimum de relation avec l’île, avec le gouvernement de Cuba et les forces internes. Le retour de Cuba (à l’OEA) me paraît lointain et difficile car il suppose un minimum de consensus, mais il faudrait rétablir le dialogue et améliorer la connaissance de ce pays proche de nous.

    Propos recueillis par Jean-Michel Caroit correspondant permanent du Monde en République Dominicaine.

    Article paru dans l’édition du 08.06.06

  • Car tel était bien le projet initial qui regroupait des hommes venus souvent d’horizons très différents : or comme l’immense majorité des membres de la guerilla, Huber Matos n’est pas communiste.


    Cela ne l’empêche pas d’obéir loyalement aux ordres de Castro, (qui s’est toujours déclaré farouchement anti communiste à cette époque), dont il critique parfois ouvertement le coté autocrate et désordonné. On apprend d’ailleurs dans le récit de Matos, que la drogue, plus précisément la culture de marijuana servait déjà à financer Castro alors qu’il était encore dans la Sierra Maestra. On apprend aussi que Fidel Castro est un trouillard maladif et que ses faits d’armes sont tout simplement inexistants : il se débrouille toujours pour être très loin des tirs et des affrontements, toujours parce que « ses camarades l’ont supplié de ne pas prendre de risques ».

    Après la fuite de Batista et l’entrée de l’armée rebelle à La Havane en janvier 1959, Huber Matos assiste impuissant à l’infiltration progressive du mouvement par les communistes, alliés de Raul Castro, qui pour la plupart n’ont d’ailleurs jamais participé aux combats dans la Sierre Maestra. Beaucoup d’opportunistes médiocres affidés des bureaucrates du PC débarquent alors de La Havane pour donner des ordres à ceux qui ont combattu pour la liberté, et pas pour passer d’une dictature à une autre. C’est pourtant ce qui va se passer.
    Les exécutions sommaires avec ou sans « jugement » se multiplient dans tout le pays et en particulier à la prison de la Cabana à La Havane sous la direction de Che Guevara.

    Commandant de la région de Camaguey, Huber Matos commence à prendre ses distances avec Fidel Castro qui esquive ses questions sur la dérive communiste de la Révolution. Lassé de ne pas être entendu, il remet sa lettre de démission à Castro, qui est publiée en annexe de son livre. Ce sera d’ailleurs son seul crime. Une trahison inacceptable pour Castro qui le fait condamner à 20 ans de prison au cours d’un « procès », monté de toutes pièces, et qui ne sera pas le dernier de la sinistre histoire judiciaire de la révolution cubaine.

    Le témoignage d’ Huber Matos montre bien que dès le départ la révolution cubaine a été un régime parfaitement stalinien avec ses purges, ces procès truqués et ses camps de prisonniers. Ce témoignage capital est en fait l’équivalent des premiers témoignages sur le Goulag en Union Soviétique dans les années 50 : ignoré aujourd’hui, il sera un jour certainement redécouvert lorsque l’histoire des crimes du castrisme sera enfin clairement établie.

    Car la torture est pratiquée massivement dans le Cuba de Fidel Castro, non pas de manière brutale et sanglante comme dans les dictatures militaires d’Amérique Latine, mais avec le raffinement appris dans les écoles d’Allemagne de l’Est ou d’Union soviétique. A Cuba on a des principes : on assassine pas purement et simplement les opposants comme un vulgaire Pinochet. On les laisse pourrir dans un cachot humide sans fenêtres, éclairé en permanence, sans sommeil et en compagnie des rats et des cafards; pendant 10, 20 et parfois 30 ans. Parfois un simple cube de béton de 3 mètres sur 3, où le détenu dort à même le sol ou dans ses excréments afin de l’humilier le plus possible, suffit à pousser les récalcitrants vers la folie et le suicide.

    Harcelés, humiliés, interrogés au milieu de la nuit, puis emmenés au milieu de nulle part pour un simulacre d’exécution, jusqu’à l’épuisement, la démence, ou la rééducation, quand celle-ci fait éventuellement partie du programme. Car c’est toute la différence entre le bourreau communiste et le bourreau nazi : le bourreau communiste n’est pas une vulgaire brute avide de sang. Il veut le rachat de l’opposant qui n’a rien compris à toutes les merveilles du système, en un mot il rééduque. Nuance.

    Avec cette particularité du castrisme qu’est son exceptionnelle longévité. C’est ce qui permet d’infliger aux opposants des peines de 20 à 30 ans (Mario Chanes de Armas), que la plupart de ces prisonniers, tout comme Huber Matos, effectueront souvent jusqu’au dernier jour. Bon nombre de prisonniers politiques, verront aussi leur peine prolongée d’un ou deux ans(comme Angle de Fana) à l’issue de leur condamnation de 20 ans, pour achever de les briser psychologiquement.

    Lorsqu’on demande à Huber Matos de porter l’uniforme des détenus de droit commun, il refuse. On lui confisque ses vêtements et il reste plus d’une année en caleçon dans sa cellule où les murs suintent l’humidité. Pour récupérer son uniforme il entame une grève de la faim : on le frappe et l’alimente de force avec un tuyau dans lesquels on verse de la soupe bouillante.
    Au bout de six mois de ce traitement , il pèse 55 kg et est à moitié sourd. Alors qu’il est en train de mourir , un « médecin » du G2 (la police politique cubaine) est chargé de le « soigner ». Pour s’assurer qu’il est encore en vie il lui enfonce régulièrement le talon de sa chaussure dans l’estomac, ou lui casse quelques cotes pour voir s’il a encore la force de crier. On lui arrache une dent en mauvaise état sans anesthésie, et autres traitement médical « de faveur ». A la suite d’un des nombreux tabassages dont il est victime, son bras est à moitié paralysé : on commence à le soigner au bout d’un an.

    Toutes ces souffrances interviennent bien entendu dans l’isolement le plus total : la famille proche de Matos(sa femme et ses enfants) exilée au Costa Rica pense qu’il a été exécuté comme beaucoup d’autres opposants morts « accidentellement » ou de « maladie » à Cuba.
    La mère de Matos meurt pendant sa détention, mais il n’est pas autorisé à se rendre aux funérailles. Tout est prétexte aux humiliations et aux brimades et pressions psychologiques : plusieurs fois on le prépare à des visites de sa famille, qui n’auront jamais lieu, annulées au dernier moment. Sa cousine Tina et son père, très âgé, tous deux restés à Cuba se déplacent parfois de l’autre bout de l’île pour le voir : quand ils sont là , le G2 fait chanter Matos. « Signe ta confession et tu pourras voir ton père ». Résultat, Huber Matos ne vois pas sa famille pendant sept années de suite.

    Une autre méthode bien connue du G2 et qui ne sera pas épargnée à Matos : l’organisation d’un nouveau procès, juste avant la fin de sa peine. On le rejuge pour « conspiration » dans la prison et le menace de le recondamner à une nouvelle peine après ses vingt ans de prison. Cette petite « blague » a déjà réussi à pousser au suicide plusieurs compagnons de cellule de Matos, mais lui refuse de se prêter au jeu de ses tortionnaires.

    Quand aux intellectuels européens, ils sont trop occupés à encenser les bienfaits du castrisme (éducation, santé etc..) et ils conspuent ces contre révolutionnaires qui font le jeu de l’impérialisme américain. Certains n’ont d’ailleurs aujourd’hui pas beaucoup changé et préfèrent passer des centaines d’heures à jouir des privilèges, et de la compagnie de Fidel Castro, plutôt que d’entendre les cris de souffrances en provenance des cachots bondés du « paradis socialiste ».

    Leur argument est toujours le même : la répression est justifiée à Cuba à cause de l’embargo américain. Et puis c’est bien connu à Cuba les pauvres sont soignés et éduqués, ce qui n’est évidemment pas les cas aux Etats Unis. D’ailleurs c’est bien connu, chaque année, des milliers de pauvres américains tentent de gagner clandestinement Cuba en radeau pour se faire soigner correctement et apprendre à lire et à écrire à leurs enfants analphabètes.

    La vérité c’est que Cuba est un pays ruiné, que même la perfusion de pétrodollars de Chavez ne réussit plus à maintenir à flots. Après 47 années de dictature aux mains d’un mégalomane, tortionnaire méthodique de tous ses opposants et bourreau de son peuple (selon l’organisation cubaarchive.org, le régime castriste est directement responsable de la mort et de la noyade d’au moins 9240 Cubains), Cuba n’est plus qu’une ruine à reconstruire, un champ de bataille livré à la folie d’un homme seul, le « comandante », que les Cubains ont renommé el « coma andante » (le coma qui marche).
    Quand a Fidel Castro, sa fonction de chef d’Etat le met pour le moment à l’abri des poursuites judiciaires, contrairement à Pinochet, qui fait pourtant figure d’amateur avec ses quinze années de dictature et ses 3000 disparus.

  • Si le virage à gauche de l’Amérique latine, est incontestable il y a en fait deux gauches dans cette région : la première a des racines radicales, mais est aujourd’hui ouverte et moderne; la deuxième est fermée, marxisante (au moins dans son discours et avec son alliance avec Cuba) et bruyamment populiste.

    La gauche moderne acceptant l’économie sociale de marché serait celle du Brésilien Ignacio Luiz Lula da Silva, qui briguera en octobre un deuxième mandat, et de la Chilienne Michelle Bachelet, élue le 15 janvier; la gauche populiste serait celle d’Hugo Chavez et d’Evo Morales avec l’autocatre de Cuba Fidel Castro, en vedette américaine.

    Avec le « changement responsable » pour slogan, Alan Garcia se range lui-même dans le camp des « modernes ».

    La crise régionale née de la nationalisation du gaz et du pétrole boliviens, le 1er mai, illustre les divergences entre les « deux gauches » latino-américaines.

    De Saint-Domingue, où il participe à la réunion ministérielle de l’Organisation des Etats américains (OEA), Robert Zoellick, le numéro deux du département d’Etat de l’administration Bush, se réjouissait dimanche soir de « voir que des démocraties en Amérique latine ont le sentiment que le Venezuela empiète sur leurs propres processus démocratiques en prétendant parler en leur nom ».

    Lundi, il a enfoncé le clou: « La division à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés, a-t-il affirmé, ce n’est pas une division entre la gauche et la droite, mais entre les démocrates et les autocrates, qu’ils soient élus ou non. »

    Il s’agit bien évidemment d’une allusion à Hugo Chavez (élu) et au dictateur cubain Fidel Castro (au pouvoir depuis 47 ans sans élections démocratiques).

    L’ »axe alternatif » de l’alternative bolivarienne regroupe pour l’heure le Venezuela d’Hugo Chavez, le Cuba de Fidel Castro et la Bolivie d’Evo Morales, premier Indien élu à la présidence du plus pauvre des pays andins le 18 décembre dernier.

    Accueillant en janvier dernier le Forum social mondial, Chavez développait son projet en parodiant le style de Che Guevara et affrimant son souhait de « créer une, deux, trois Bolivies en Amérique latine, dans les Caraïbes ». Che Guevara avait pour sa part exprimé le souhait en 1965 de créer « un, deux trois Vietnam en Amérique latine. »

    Hugo Chavez a cependant un avantage de taille sur Che Guevara : le pétrole. Il s’en sert comme d’une véritable arme politique comme en ce moment au Nicaragua, où il appuie la candidature du sandiniste Daniel Ortega à la présidentielle de novembre, en livrant du pétrole à des prix avantageux à la cinquantaine de villes administrées par le parti sandiniste.

    En Equateur, où l’élection est fixée en octobre, il a conclu le mois dernier un accord de coopération gazière et pétrolière. « Nous respectons les politiques intérieures de chaque pays. Nous ne voulons que l’intégration, qui est essentielle à l’avenir de nos peuples », a-t-il dit à cette occasion Quito.

    Le Pérou aurait pu être le quatrième membre de « l’axe chaviste ». Mais les électeurs en ont décidé autrement en accordant 53% de leurs suffrages à Alan Garcia face à Ollanta Humala, nationaliste de gauche dont Chavez soutenait la candidature.

    Au Mexique, Andres Manuel Lopez Obrado, candidat de la gauche à la présidentielle du 2 juillet, était largement en tête des sondages. Un spot dévastateur du Parti de l’action nationale (PAN, droite au pouvoir) l’associant à Chavez a rebattu les cartes et le scrutin s’annonce très serré entre le chef de file du Parti de la révolution démocratique (PRD) et Felipe Calderon, l’héritier désigné du président Vicente Fox.

    Avec neuf élections présidentielles prévues en Amérique latine, l’année 2006 devait être celle d’une confirmation ou non du virage à gauche amorcé ces dernières années.

  • Václav Havel, ancien président de la République Tchèque, a fondé le Comité international pour la démocratie à Cuba. Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’État des États-Unis, André Glucksmann, philosophe français, Arpád Göncz, ancien président de Hongrie, Vytautas Landsberg, ancien président de Lituanie et Adam Michnik, ancien dissident polonais et rédacteur en chef de Gazeta Wyborcza, ont co-signé ce texte.

    Terreur tranquille chez Fidel Castro

    Ce printemps marque le troisième anniversaire de la vague de répression au cours de laquelle le régime de Fidel Castro a arrêté et infligé de longues peines d’emprisonnement à 75 dissidents cubains. Peu après, j’avais formé avec de nombreux amis le Comité international pour la démocratie à Cuba.

    La bravoure de ceux qui avaient obéi à leur conscience et vaincu leur peur pour se dresser contre la dictature communiste reste très présent dans ma mémoire.
    Cela me rappelle l’automne 1989 et l’irrésistible mouvement de libération qui, parti de la place Wenceslas à Prague, gagna l’ensemble de ce qui était encore la Tchécoslovaquie.

    C’est pour cela que j’ai sonné l’alarme lors de la Conférence pour la démocratie à Cuba que notre Comité avait tenue à Prague il y a trois ans. Je voulais attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des droits de l’homme à Cuba, soutenir l’opposition dans ce pays et y encourager toutes les forces démocratiques.

    L’Union européenne décréta alors des sanctions diplomatiques contre le régime de Castro. Même si elles étaient surtout symboliques, ces sanctions représentaient un geste important.

    Pourtant, c’est la position inverse qui peu de temps après s’imposa à Bruxelles.
    L’UE a ouvert le dialogue avec le régime cubain, les sanctions ont été suspendues sous condition et les dissidents se sont même clairement vu signifier qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans les ambassades de plusieurs pays démocratiques.

    Le lâche compromis et l’alibi politique, comme si souvent dans l’Histoire, ont ruiné une politique qui reposait sur des principes. En échange, La Havane a fait une fausse concession en libérant quelques-uns des prisonniers politiques, torturés et gravement malades, dont le régime craignait qu’ils ne meurent dans ses prisons tristement célèbres.

    Ceux d’entre nous qui vivent dans les nouvelles démocraties européennes post-communistes furent les victimes du même genre d’arrangements politiques à l’époque où ils étaient enfermés derrière le rideau de fer.

    Nous connaissons aussi très bien l’argument selon lequel la sagesse européenne a évité des arrestations de masse. Il reste que la démocratie a montré sa faiblesse et que, du coup le régime cubain a adapté sa tactique à ce constat.
    Des organisations respectées comme Reporters sans Frontières et Amnesty International ont recueilli de nombreuses preuves de violences et d’intimidations qui visent les esprits libres persistant à s’exprimer à Cuba.

    Dans leur cas, les choses se terminent plus souvent à l’hôpital que devant les tribunaux. Des groupes de «combattants de la révolution», en réalité la police secrète cubaine, brutalisent les opposants et les accusent de crimes absurdes dans l’espoir de les intimider ou de les forcer à émigrer. Sur l’île, de tels harcèlements organisés sont appelés «actos de repudio» des «actes de rejet».
    La violence politique qui se camoufle en agressions criminelles dans la rue n’est jamais facile à prouver.

    Contrairement aux longues peines de prison qui, ailleurs, frappent les dissidents, cette technique répressive n’attire pas comme elle le devrait l’attention du reste du monde. Pourtant, des milliers d’anciens prisonniers politiques d’Europe centrale et de l’Est peuvent attester du fait qu’un coup de pied flanqué dans la rue par un membre de la police secrète est aussi douloureux qu’un coup de pied asséné par un gardien derrière les portes d’une prison.

    L’impuissance de la victime face à de telles agressions organisées par l’État et aux menaces contre la famille est ressentie de la même manière que l’impuissance du suspect harcelé par la police lors d’une investigation des services de sécurité.

    Enfin, ils sont nombreux les hommes politiques européens qui, ayant cherché à enquêter, se sont retrouvés interdits d’accès au territoire cubain
    Certains Européens considèrent Cuba comme un pays lointain dont le sort ne peut que leur être indifférent car le Vieux continent est suffisamment occupé avec ses propres problèmes. Mais ce que les Cubains subissent aujourd’hui fait partie de notre histoire européenne.

    Ce sont les Européens qui, après avoir inventé le communisme, l’exportèrent dans le monde entier pour finalement en payer chèrement le prix des décennies durant.

    Qui donc mieux que les Européens peut être au courant de chacun des tourments infligés au peuple cubain ?
    L’humanité continuera de payer le prix du communisme aussi longtemps que nous n’aurons pas appris à affronter cette idéologie avec esprit de décision et responsabilité politique.

    Nous avons de nombreuses occasions d’agir dans ce sens, en Europe et à Cuba.
    Il n’est pas surprenant que les nouveaux pays membres de l’UE aient apporté à l’Europe une expérience historique nouvelle et, avec elle, beaucoup moins de compréhension et de tolérance à l’égard des concessions et des compromis.

    Les représentants des États-membres de l’UE se réuniront à Bruxelles à la mi-juin pour décider d’une politique commune vis-à-vis de Cuba. Les diplomates européens devraient soigneusement peser les conséquences d’une politique d’apaisement à l’égard du régime de Castro.

    Ils devraient en profiter pour démontrer qu’ils ne fermeront jamais les yeux sur les détestables pratiques de La Havane et qu’ils se refuseront toujours à ignorer les souffrances des prisonniers politiques cubains. Nous ne devons jamais oublier les victimes anonymes des «actes de rejet» de Castro.

    Par Václav Havel, Madeleine Albright, André Glucksmann, Arpád Göncz, Vytautas Landsbergis et Adam Michnik

    Copyright: Project
    Syndicate, 2006.
    www.project-syndicate.org
    Traduit de l’anglais par Bérengère Viennot.

  • Après son arrestation le journaliste a été placé à l’isolement dans une cellule de la Police nationale révolutionnaire (PNR).

    « Nous condamnons fermement l’arrestation arbitraire et la mise à l’isolement d’Armando Betancourt. Si la police de Camagüey était dans son droit en expulsant les occupants illégaux d’un terrain, en quoi la dérange-t-il qu’un journaliste en rende compte ? En arrêtant un journaliste devenu témoin gênant, les autorités avouent implicitement leur volonté de censurer l’information. Armando Betancourt doit être relâché sans délai », a déclaré Reporters sans frontières.

    Le 23 mai, la police a tenté d’expulser des familles qui squattaient dans une décharge à Camagüey. Armando Betancourt s’est rendu sur les lieux pour couvrir l’événement. Le journaliste a commencé à interroger les personnes présentes, qui protestaient contre le caractère musclé de l’intervention.

    Selon le dissident Ernesto Corría, le journaliste a été approché par la police à qui il a dû décliner son identité. Il se serait présenté comme journaliste indépendant. Il a aussitôt été arrêté, sommé de monter dans un camion puis transporté à un poste de la PNR, rue Avellaneda. Le 29 mai, il a été transféré à la troisième unité de la PNR à Camagüey. Ses parents et son épouse n’ont pas été autorisés à le rencontrer et sa situation actuelle demeure inconnue.

    La police a déclaré que le journaliste était inculpé de « désordre public ». Toujours selon Ernesto Corría, d’autres personnes présentes lors des expulsions ont été, elles aussi, arrêtées. Les forces de police ont, par ailleurs, annoncé que la famille d’Armando Betancourt serait autorisée à lui rendre visite le 31 mai, s’il est encore détenu au sein de la troisième unité. Il a, cependant, été refusé à la famille de lui faire parvenir des vêtements.

    Selon un interlocuteur de Reporters sans frontières, Armando Betancourt a reçu de nombreux coups de la part de la police et présente d’importantes contusions, ce qui expliquerait sa mise à l’isolement.
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