Auteur/autrice : Info Cuba

  • Selon une note publiée par la « lettre de La Havane » (une publication de l’ambassade de France à Cuba), le nombre des entrées de touristes à Cuba en avril 2006 (230 048) a été
    supérieur de +6,7 % par rapport à la même période 2005. Pour les 4 premiers mois, 970 514 visiteurs sont venus, soit +3,3% par rapport à 2005, contre +9% pour 2004/2005.

    4 996 vénézuéliens sont entrés en avril, soit 34 769 (+38,5%) pour la période cumulée. Plus de 250 000 sont attendus cette année dans le cadre de l’opération « Milagro », contre 185 000 l’année dernière et 86 000 en 2004 (+115%). Il s’agit d’un programme de chirurgie oculaire dont Cuba s’est récemment fait une spécialité, et qui fait notamment partie du programme d’échange de services contre du pétrole avec le Venezuela

    On note une légère remontée des visiteurs canadiens de +2,4% en avril (26% des entrées à Cuba en 2005), mais une baisse globale de -2,1% sur les 4 mois.
    Les anglais (+22,4% globalement) et les espagnols (+8,4%) continuent de venir plus nombreux, tandis que le nombre des français en visite à Cuba régresse (-16,8% en avril et -7,1% jusqu’à avril).

    En fait sont comptabilisés comme « touristes », tous les voyageurs entrant sur le territoire cubain et de nationalité étrangère : par conséquents les dizaines de milliers de ressortissants de pays sud-américains soignés gratuitement à Cuba, entrent également dans cette statitisque.

  • Tati, « la fabulosa », s’est consacrée à la prostitution depuis son enfance et est morte à 19 ans des suites des blessures d’une bagarre de rue. L’auteur Amir Valle se rappelle d’elle comme d’une belle et jeune fille, entourée d’ une auréole d’innocence qui se brisait dès qu’elle ouvrait la bouche pour parler. Elle lui a compté sa vie dans un langage tellement grossier que le journaliste a dû consacrer plusieurs heures à le retranscrire.

    Les témoignages de Tati et d’autres prostituées cubaines apparaissent dans « Jineteras », le résultat de neuf années d’immersion d’Amir Valle dans le côté occulte de la société cubaine.

    Bien qu’il vienne d’être publié par la maison d’édition espagnole « Planeta », le texte s’était déjà converti en un best-seller clandestin à l’intérieur et hors de Cuba. Il y a six ans, Valle a présenté une version initiale de son essai au concours littéraire Casas de las Americas– où il a bien entendu été ignoré — mais quelqu’un l’a récupéré, scanné et l’a mis en circulation sur l’Internet sans sa permission.

    Dans « Jineteras » on écoute les voix de personnes de tous les niveaux de la société cubaine insérées dans le vaste réseau du jineterisme, certaines identifiées par leurs noms. Elles exposent sans tabou les mécanismes de survie et d’exploitation dans le vaste secteur marginal, minoré ou ignoré par le gouvernement cubain.

    Valle, âgé de 39 ans, croit au contraire que la prostitution a été étendue de manière alarmante, et calcule que quelques 20.000 prostituées exercent de manière régulière ou sporadique à Cuba. Le journaliste réside à Cuba et a récemment répondu au questions d’un journaliste du Nuevo Herald depuis Berlin, où il est actuellement grâce à une bourse littéraire.

    A quoi peut-on attribuer le fait que la jinetera soit devenu un symbole de réussite à Cuba ?

    Je crois qu’un changement dans la conscience sociale s’est produit à Cuba . Avant la Révolution, les figures les plus détestées étaient la pute et le mouchard (chivato). Aujourd’hui, pour beaucoup de familles cubaines ce n’est pas un traumatisme qu’une fille soit jinetera. J’ai même été avec des familles qui font des blagues sur un futur ainsi pour leurs petites filles.

    Depuis 20 années être un professionnel diplômé à Cuba ne signifie plus rien : les marginaux atteignent de meilleurs niveaux de vie que les universitaires. Les prostituées et les vendeurs clandestins de rhum et de tabac se sont transformés en symboles de succès.

    Bien que pendant des décennies on ait éduqué les gens dans la croyance que les stimulants moraux étaient plus importants que les stimulants matériels, cela n’a servi a rien dans la mesure où les Cubains ont commencé à entrer en contact avec les modèles de vie étrangers : d’abord avec les voyages de la Communauté [exilés cubains aux Etats-Unis], à partir de 1979, et ensuite avec le tourisme. Les gens ont commencé à remettre en question les choses imposées, parce qu’ils ont commencé à avoir des points de comparaisons.

    Ma thèse est que la prostitution n’a jamais disparu complètement de Cuba : ce qui s’est produit durant les années 90 a été une manifestation d’un mal social devant la pauvreté étendue à toutes les couches de la population. Dans une société emmenée presque à l’extermination, toute forme de survie est acceptable. Ce qui arrive à Cuba démontre que nous ne vivons pas dans une société différente des autres.

    Dans les sphères officielles il y a un certain triomphalisme à cause du supposé contrôle qui a été obtenu sur la prostitution. Partages tu cette opinion ?

    Ce qui s’est passé est qu’à la suite de la répression qui a commencé en 1997, le phénomène s’est complexifié. Si avant les jineteras étaient visibles, dans les secteurs des hôtels et dans les zones touristiques, maintenant elles opèrent subrepticement depuis les quartiers populaires, avec la complicité des voisins, qui prennent part souvent d’une certaine manière à l’affaire.

    Je crois que la société cubaine est passée par différentes étapes depuis qu’on a découvert le jineterisme. En 1996, on n’avait pas conscience de l’ampleur du phénomène. J’ai l’impression que les autorités l’ont minoré et qu’ensuite le contrôle leur a complètement échappé.

    Beaucoup des jineteras interviewées dans « Jineteras » sont mineures. Jusqu’à quel point est étendue la prostitution infantile à Cuba ?

    La majorité des jineteras sont mineures, et la majorité des garçons (qui offrent des services sexuels aux touristes] n’ont pas non plus l’age de 16 ans, qui est l’age de la majorité à Cuba.

    …/…

    J’ai été mis au courant de cas très alarmants de pédophilie avec des enfants handicapés mentaux entre 1995 et 1997, qui sont arrivés à être divulgués dans la presse officielle. J’ai compilé beaucoup d’information sur ceci, mais c’est un sujet très sensible. J’ai décidé de ne pas citer les noms de parents des victimes et j’ai finalement traité le sujet sur le terrain de la fiction dans mon roman « les portes de la nuit » (2001).

    …/…

    Je ne crois pas que les mesures répressives qui ont été adoptées — comme arrêter les jineteras et les envoyer dans des exploitations agricoles de rééducation — vont résoudre le problème.

    Extrait

    Témoignage de Myrna, avocate et ex militante du Parti Communiste de Cuba, sur son expérience comme prisonnière dans une exploitation agricole de rééducation.

    Il y a de tout dans ce monde : des pauvres filles qui sont entraîné par des souteneurs ; des peureuses qui ne peuvent pas affronter leur peur et qui cèdent aux pressions, même de leurs maris, pour qu’elle se prostituent. Il y a celles qui le font par plaisir sexuel pur ; celles qui ont parié sur le jineterisme pour sortir du pays, et beaucoup d’autres innocentes qui, comme moi, payaient une addition qu’elles n’aurait jamais pu imaginer.

    Je ne me rappelle pas combien de fois j’ai dû ouvrir les jambes pour que [un des gardes] se vide dans moi. Ils nous alternaient. Ils avaient choisi les plus jolies et ils alternaient. Une par jour. Avec la menace que leur influence pourrait faire que nous pourrissions ici à jamais

    [Il y avait aussi] des jeunes filles qui ne supportaient pas et se suicidaient, comme Claire, une camagüeyana de 21 années, qui s’est pendue à un arbre avec un fil de fer qu’elle avait elle même pris sur une clôture.

  • Dans son éditorial publié par le journal Granma (organe officiel du Parti communiste cubain, seule presse autorisée à Cuba) à propos du sommet de Vienne, Cuba a traité vendredi l’Union Européenne (UE) de «laquais» des États-Unis et qualifié de «pathétique» l’alliance transatlantique.

    Sous le titre «Bien faible est le pouvoir des laquais», l’organe officiel du Parti communiste cubain a estimé que lors du sommet mercredi à Vienne entre le président américain George W. Bush et l’UE, cette dernière avait «cédé lâchement sur tout».

    «Cela a été le sommet d’un seul côté de l’Atlantique», pour Granma, dont les éditoriaux sont souvent inspirés au plus haut niveau et en particulier par Fidel Castro lui même.

    À l’approche de la prise de direction par le président Fidel Castro du Mouvement des non-alignés, dont le sommet doit se tenir en septembre à La Havane, l’UE, «alliée mineure» de Washington, «a fait la preuve de sa honteuse double morale en matière de droits de l’homme et de sa traditionnelle subordination à la politique agressive des États-Unis contre le Tiers-monde», estime l’organe officiel cubain.

    La déclaration finale du sommet de Vienne présente «une vue hégémonique, néo-colonisatrice, menaçante et manipulatrice» de la situation internationale, poursuit le journal, jugeant que «le plus scandaleux» était l’absence «de référence la plus minimale» aux prisonniers détenus dans la base américaine de Guantanamo, sur le sol cubain.

    «Nouveau chapitre de soumission honteuse et cynique aux diktats de Washington», l’UE a en outre «accepté pour la première fois d’inclure dans un document commun avec les États-Unis son inquiétude sur la situation des droits de l’homme à Cuba», poursuit le journal.

    «L’UE démontre ainsi qu’elle manque de capacités pour résister aux pressions» de Washington, estime l’éditorial, selon lequel «l’Europe doit clarifier si cela signifie qu’elle a décidé de se rallier au «Plan Bush» contre Cuba» et à ses «méthodes fascistes» en faveur d’une transition démocratique.

    Relevant que le 12 juin dernier, les ministres européens des Affaires étrangères avaient décidé de prolonger la suspension des sanctions diplomatiques contre Cuba, le journal estime que «pour la première fois ils ont assumé le langage nord-américain en vue d’accélérer une soi-disant transition» dans l’île communiste, ce qui revient, pour le journal, à «soutenir pratiquement et de façon officielle la contre-révolution organisée et payée par les États-Unis».

    Cuba et son président Fidel Castro sont coutumiers des excès de langage et insultes contre les autres pays ou leurs gouvernements: en mai 2005, Fidel Castro avait traité Bush et les Etats Unis de régime « nazi-fasciste » et en mai 2004, une manifestation contre les sanctions européennes avec Fidel Castro avait montré des photos d’Aznar déguisé en Hitler avec la légende le « fuhrercito » (le petit furher).

    Cette nouvelle attaque contre l’UE survient alors que l’Europe a pourtant adopté une position particulièrement conciliante envers Cuba, et fortement critiquée par la dissidence interne. Ceci alors que les agressions physiques contre les opposants par la police politique cubaine sont en forte augmentation.

    Dans son rapport rendu public le 12 juin dernier l’UE avait reconnu que « L’organisation, depuis 2005, de dizaines d’actes violents de harcèlement et d’intimidation, y compris d’actes dits de répudiation, est un sujet de préoccupation particulière. Le Conseil a fait part de l’inquiétude que lui inspirent les informations selon lesquelles certains actes de « répudiation » ont lieu avec la complicité de la police et des forces de sécurité. En tout état de cause, les autorités cubaines ne respectent pas l’obligation qui leur incombe de protéger tous les citoyens. « 

  • Juan Carlos Robinson Agramonte, membre du Bureau politique du Parti communiste cubain (PCC) jusqu’en avril dernier, date de son exclusion du PCC, a été condamné à 12 ans de prison pour « trafic d’influence », a annoncé mercredi un communiqué du Bureau politique, publié en page deux de Granma, organe central du PCC.

    Comme toujours en pareil cas à Cuba, les véritables raisons de cette condamnation sont impossibles à deviner derrière l’intitulé des charges reprochées à l’accusé.

    « Après examen des preuves et des allégations de l’accusation et de la défense, le Tribunal a jugé l’accusé responsable du délit de trafic d’influence à caractère répété et lui a imposé une sanction de 12 ans de privation de liberté », précise le communiqué

    « Dans la sentence prononcée, il est démontré que Robinson Agramonte (…), a oublié ses hautes responsabilités et l’honnêteté exigée de la part d’un cadre révolutionnaire et a fait usage de son influence en vue d’en tirer des bénéfices », ajoute le communiqué, qui ne fournit toutefois aucune indication précise sur les faits reprochés à l’ancien responsable.

    Agé de 49 ans et depuis neuf ans l’un des 23 membres du Bureau politique, Juan Carlos Robinson avait été exclu à grand fracas du PCC le 28 avril dernier, au cours d’une réunion de cette instance présidée directement par le chef de l’Etat, Fidel Castro, également premier secrétaire du PCC.

    Selon le communiqué officiel d’alors, le dirigeant, « malgré des avertissements répétés » de ses pairs, avait conservé une attitude de « toute-puissance, de morgue, d’abus de pouvoir, d’ostentation dans ses fonctions, d’indiscrétions et d’affaiblissement de ses principes moraux ».

    En outre, Juan Carlos Robinson était accusé « d’attitudes malhonnêtes incompatibles avec la conduite d’un communiste et encore plus de la part d’un cadre du parti », d’après le communiqué qui concluait qu’ »une enquête était en cours sur les conséquences légales » de ses agissements.

    C’est la première fois qu’une sanction frappe publiquement un dirigeant cubain de haut niveau depuis l’exclusion en juillet 2002 du Bureau politique et des rangs du PCC de l’ex-chef de la diplomatie cubaine Roberto Robaina, limogé par Fidel Castro en mai 1999. Roberto Robaina n’avait cependant pas été traduit devant la justice, ni condamné, à l’issue de son exclusion du Parti Communiste et du gouvernement.

    Un autre membre du Bureau politique, Carlos Aldana, chargé de l’idéologie, avait également fait l’objet d’une exclusion, révélée en octobre 1992.

    Mais hormis plusieurs proches de Fidel Castro au début de la révolution, il faut remonter à 1989 et à « l’affaire Ochoa » pour qu’un membre de la haute hiérarchie cubaine -à l’époque le général José Abrantes, ministre de l’Intérieur et membre du comité central- soit jeté en prison.

    José Abrante avait été alors jugé par un tribunal militaire qui l’avait condamné en septembre 1989 à 20 ans de prison pour divers « abus de position ». Il est mort en prison d’un infarctus en janvier 1991.

    Son cas était lié à celui du général Arnaldo Ochoa, héros de l’intervention militaire cubaine en Angola, fusillé le 12 juillet 1989 avec son aide de camp Jorge Martinez Valdes, et deux haut responsables du ministère de l’intérieur (dont le colonel Antonio de La Guardia) sous l’accusation de trafic de drogue, au cours d’un procès expéditif sans aucune garantie de défense pour les accusés.

  • Reporters sans frontières regrette cette politique timorée dont l’inefficacité a pu être constatée durant ces trois dernières années. Le Conseil a lui-même reconnu que « la situation des droits de l’homme à Cuba (s’était) encore détériorée depuis juin 2005 » et que « le nombre de prisonniers politiques avait augmenté au cours des douze derniers mois ».

    Face à ce triste constat, une redéfinition de la position de l’Union européenne envers Cuba semble logique. Certes, la mise en place de sanctions économiques n’est pas souhaitable, mais l’utilisation de sanctions politiques permettrait de rappeler le gouvernement à ses obligations. Ces dernières seraient un outil de pression approprié pour inciter les autorités cubaines à prendre leurs responsabilités en ce qui concerne les droits fondamentaux.

    Reporters sans frontières rappelle que vingt journalistes sont encore emprisonnés depuis la vague de répression de mars 2003 et que quatre autres ont été arrêtés au cours de l’été 2005. Depuis le « printemps noir » de 2003, les journalistes encore en exercice sont soumis à une pression constante des autorités. Une nouvelle vague de répression politique sévit depuis le début de l’année 2006.

    Elle prend la forme d’actions violentes et intimidantes, notamment envers la presse indépendante, comme l’illustre l’arrestation d’Armando Betancourt, journaliste indépendant, arrêté le 23 mai. Enfin, le gouvernement refuse d’accorder une connexion Internet à Guillermo Fariñas dont l’état de santé s’est dramatiquement détérioré depuis le début de sa grève de la faim, le 31 janvier 2006.

    La décision de l’UE est en effet difficile à comprendre alors même qu’elle indique dans son rapport que :

    « L’organisation, depuis 2005, de dizaines d’actes violents de harcèlement et d’intimidation, y compris d’actes dits de répudiation, est un sujet de préoccupation particulière. Le Conseil a fait part de l’inquiétude que lui inspirent les informations selon lesquelles certains actes de « répudiation » ont lieu avec la complicité de la police et des forces de sécurité. En tout état de cause, les autorités cubaines ne respectent pas l’obligation qui leur incombe de protéger tous les citoyens. Le Conseil a invité instamment le gouvernement cubain à prendre sans tarder des mesures visant à mettre fin à la vague actuelle de harcèlement et à s’efforcer d’empêcher réellement qu’elle reprenne. »

  • Prix total : 54 millions de dollars (42 millions d’euros). L’accord prévoit également la construction d’usines au Venezuela pour la fabrication de kalachnikovs sous licence.

    Membre du comité d’état-major interarmes américain et directeur adjoint pour les affaires politico-militaires, le général Frederick Rudesheim estime que « lorsqu’un gouvernement fait un achat aussi important et aussi disproportionné par rapport à ses besoins, le résultat ne peut être qu’une déstabilisation de la région ».

    Pour sa part, le président Hugo Chávez affirme que « le Venezuela ne menace personne », mais que « personne ne doit s’y tromper : nous sommes prêts à tout pour défendre notre souveraineté ».

    Caracas a également acheté au moins quinze hélicoptères à la Russie et négocie la livraison de chasseurs Sukhoï.

    Accueillant en janvier dernier le Forum social mondial, Chavez développait son projet en parodiant le style de Che Guevara et affrimant son souhait de « créer une, deux, trois Bolivies en Amérique latine, dans les Caraïbes ». Che Guevara avait pour sa part exprimé le souhait en 1965 de créer « un, deux trois Vietnam en Amérique latine. »

    Hugo Chavez a cependant un avantage de taille sur le célèbre révolutionnaire cubano-argentin : le pétrole. Il s’en sert comme d’une véritable arme politique comme en ce moment au Nicaragua, où il appuie la candidature du sandiniste Daniel Ortega à la présidentielle de novembre, en livrant du pétrole à des prix avantageux à la cinquantaine de villes administrées par le parti sandiniste.

    Mais récemment il a encaissé une défaite avec l’élection d’Alan Garcia au Perou, contre le candidat populiste soutenu par Chavez.
    Le Pérou aurait pu être le quatrième membre de « l’axe chaviste », après la Bolivie et Cuba. Mais les électeurs en ont décidé autrement en accordant 53% de leurs suffrages à Alan Garcia face à Ollanta Humala, nationaliste de gauche dont Chavez soutenait la candidature.

    Hugo Chavez semble avoir trouvé au Pérou les limites de sa révolution bolivarienne pour l’Amérique latine. Malgré tous ses efforts et ses pétrodollars, le dirigeant populiste vénézuélien n’a pu faire élire son poulain Ollanta Humala qui, comme lui et le bolivien Evo Morales, s’était fait le chantre de l’«anti-impérialisme» radical.

    Avec pour modèle le «Libertador» Simon Bolivar, Chavez prétend libérer l’Amérique latine de l’impérialisme nord-américain. La nationalisation des hydrocarbures annoncée le 1er mai en Bolivie par Evo Morales a été une première extension du «modèle» chaviste hors des frontières du Venezuela.

    Mais en frappant les compagnies pétrolières internationales, la nationalisation a surtout pénalisé la Pétrobras brésilienne, suscitant les réserves du président Lula, jusque-là en bons termes avec Chavez.

  • Des entreprises comme Marathon Oil Corp. font pression au Congrès pour qu’on leur permette de présenter une offre pour exploiter les réserves de brut et de gaz naturel dans les eaux cubaines. Ils sont soutenus pas des élus républicains au Congrès qui demandent au président George W. Bush d’appuyer une loi pour exempter des entreprises pétrolières de l’embargo commercial contre Cuba qui date de 1962, ainsi que d’une interdiction d’exploration à moins de 100 milles (160 kilomètres) des côtes des USA.

    La demande croissante de combustible des USA et la possibilité que des entreprises étrangères exploitent ces ressources justifient l’exonération, affirment des partisans de du commerce avec Cuba.  »Crois t-on que l’on va rester les bras croisés et permettre que la Chine extraie du pétrole dans notre arrière cour ?  », a commenté le sénateur Pete Domenici, président de la Commission d’Énergie du Sénat et sponsor avec 12 autres législateurs du projet qui exempterait certaines entreprises américaines de l’embargo contre Cuba.

    Pour leur part, des groupes cubano américains considèrent que la loi renforcerait le régime de Fidel Castro, et en tout cas ils veulent plutôt que l’embargo se durcisse.

    « C’est une tentative contre l’embargo, déguisé en tentative d’obtenir de l’énergie parce qu’elle nous en avons besoin », a commenté Jorge Soriano, ex directeur de la Fondation Nationale Cubano Américaine (FNCA ou CANF en américain). « Il est hypocrite de vouloir aller à Cuba et aider Castro, alors que l’on exploite même pas dans nos propres eaux».

    Les entreprises américaines ont essayé d’assoupir l’embargo depuis longtemps. Bien que les restrictions agricoles aient été levées en 2000, d’autres tentatives ont depuis lors échouées.

    Toutefois, la combinaison d’inquiétude publique à cause des prix élev&s de l’essence et le pouvoir politique de l’industrie pétrolière pourraient augmenter cette fois les possibilités de succès.

    « Quand il s’agit d’une industrie nationale forte, à chaque fois qu’ils se battent contre l’embargo, ils gagnent », a assuré Robert Muse, un avocat de Washington qui représente des compagnies des USA qui ont un contentieux avec Cuba. « Quand les agriculteurs ont tenté leur chance en 2000, ils ont gagné. Le secteur énergétique a le même type de pouvoir, si non plus, à Washington. En outre, quand on parle du prix de l’essence, il y a une réelle pression».

    Le service géologique des USA estime qu’il pourrait avoir jusqu’à 4.600 millions de barrils de brut et 9.8 milliards de pieds cube (environ 140 millions de mètres cube) de gaz naturel dans le bassin nord de Cuba, presque la même réserve qur ce qui existe dans le refuge de faune et flore en Alaska, où le gouvernement de Bush veut autoriser l’exploration.

    Cuba adjuge 59 lots pour exploration pétrolières, certains à 45 milles (72 kilomètres) de Floride. Jusqu’à présent Cuba en a vendu 12 à Sherritt International Corp. du Canada et Repsol YPF de l’Espagne, et à des entreprises d’Inde et de Norvège.

    Karen Matusic, porte-parole de l’American Petroleum Institute, le groupe de pression d’entreprises comme Exxon Mobile Corp. Texas et Chevron Corp. de Californie, a affirmé que son groupe soutient l’exonération « dans le contexte d’augmenter l’accès à des réserves pétrole et gaz comme moyen de garantir la compétitivité des compagnies des Etats Unis dans le monde ».

    Le gouvernement de Bush s’oppose à l’exploitation pétrolière si près de Floride, a indiqué Dana Perino, porte-parole de la Maison Blanche. Bien qu’il soit trop tôt pour dire si Bush interdira la loi qui exempte les compagnies américaines d’embargo, le Président s’est dit « préoccupé par la destination de l’argent : le gouvernement [cubain] qui supprime les droits de son peuple », a souligné Perno.

  • Les 25 ont adopté lundi à Luxembourg une déclaration en ce sens, en soulignant qu’ils voulaient mener un «dialogue critique et complet» avec Cuba «à tous les niveaux».

    Dans cette déclaration, ils ont néanmoins «déploré la nouvelle détérioration de la situation des droits de l’Homme» sur l’île depuis un an, et redemandé «la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques».

    Les ministres se sont également dits inquiets du «retour en arrière» de Cuba qui avait fait de timides efforts d’ouverture économique, «limitant ainsi encore plus l’espace laissé aux initiatives économiques privées».

    Les 25 ont maintenu la suspension des sanctions malgré l’opposition de la Répulique Tchèque, qui demandait un retour à une politique plus dure envers le régime de Fidel Castro.

    La République tchèque est, au sein de l’UE, l’un des principaux partisans d’une reprise des sanctions.

    Avec l’appui de la Pologne et de la Slovaquie, Prague a souvent dénoncé l’échec de la politique de «dialogue» menée par l’UE avec Fidel Castro depuis 1995.

    L’UE avait décidé en juin 2003 d’imposer des sanctions contre Cuba, après l’arrestation de quelque 75 opposants au régime castriste.

    L’UE avait alors décidé de limiter les visites européennes de haut niveau sur l’île et d’inviter les dissidents aux fêtes nationales organisées par les ambassades de l’UE à La Havane, provoquant la colère des autorités cubaines.

    Sous l’impulsion de l’Espagne, les 25 avaient cependant décidé en janvier 2005 de suspendre ces sanctions. Cette suspension avait ensuite été renouvelée jusqu’au 1er juillet 2006, d’où la nécessité de se prononcer à nouveau pour la période commençant après cette date.

    extrait du texte officiel adopté par l’Union européenne.

    L’UE reprendrait avec plaisir un dialogue politique avec les autorités cubaines. Ce dialogue devrait porter notamment sur la question des droits de l’homme et avoir lieu sur une base réciproque et non discriminatoire. Le Conseil a engagé le gouvernement cubain, en vue de favoriser un dialogue positif et mutuellement bénéfique, à montrer qu’il était prêt au dialogue en apportant des améliorations concrètes à la situation en matière de droits de l’homme. Le Conseil a souligné que tous les visiteurs de haut niveau devraient faire part aux autorités cubaines des préoccupations que suscite la situation en matière de droits de l’homme.