Catégorie : droits de l’homme

Situation des droits de l’homme à Cuba, répression et prisonniers politiques

  • Le groupe de femmes est parti à pied de la maison de Laura Pollán —
    ( Centre Havane) — jusqu’au siège du Conseil de l’État, Place de la Révolution.

    Le parcours de quelque deux kilomètres a duré 40 minutes et s’est déroulé
    sans incident.

    Laura Pollán est la femme du dissident Héctor Maseda, condamné à 20
    années de détention, et récemment soumis à un régime de haute sécurité dans
    une prison de Santa Clara.

    La demande d’amnistie comporte 1.043 signatures, ont déclaré
    les participantes, et a été à l’origine adressée à l’Assemblée
    Nationale du Pouvoir Populaire en mai et juin dernier, sans obtenir de
    réponse.

     »Pendant deux années nous nous sommes adressées aux autorités cubaines, à
    des personnalités, à des organismes, de manière collective, de
    manière individuelle et ce que nous avons obtenu jusqu’à présent
    est seulement l’inattention », a affirmé Loida Valdés, épouse d’
    Alfredo Felipe, condamné à 26 années de prison.

    La lettre-pétition exige l’amnistie pour «  tous les prisonniers, sanctionnés
    ou emprisonnés pour leurs activités pacifiques dissidentes ou
    d’opposition au gouvernement ‘.

    Laura Pollán, qui a été une des inspiratrices du mouvement des « Dames en
    Blanc », a déclaré
    que l’initiative a pour but de la démontrer au gouvernement «  que
    les conjoints et les parents des prisonniers politiques continuent à se battre ‘.

     »Nous démontrons au monde que nous ne sommes pas avec les bras
    croisés, que à Cuba, malgré les conditions que nous avons, nous
    continuons à combattre, a souligné Pollán.

    Les participantes ont dit de sentir appuyées par 25.000 autres
    signatures qui ont été données en soutien au Projet Varela, lequel
    demande la libération de tous les prisonniers politiques.

    source : el nuevo herald

  • Paradoxalement, cette distinction de la ville de Strasbourg tombe en même temps que la levée des sanctions diplomatiques de l’UE contre Cuba.
    Raul Rivero avait été placé sous la protection de la ville de Strasbourg jusqu’à sa libération conditionnelle le 30 novembre dernier. La ville de Strasbourg a décidé de parrainer désormais Ricardo Gonzalez Alfonso, un autre journaliste dissident emprisonné à Cuba, a indiqué lundi soir le président de la communauté urbaine, Robert Grossmann, à l’occasion de la remise du prix. L’universitaire cubain exilé Jacobo Machover, auteur d’un essai intitulé « Cuba, totalitarisme tropical » , a reçu le prix du Club de la presse de Strasbourg au nom de Raul Rivero, dont il est le traducteur en français d’un recueil de poèmes (« mandat de perquisition » aux editions al Dante). Après avoir lu un message écrit spécialement par le dissident cubain, Jacobo Machover a stigmatisé la suspension le même jour des sanctions de l’Union européenne contre le régime castriste, à l’instigation du gouvernement socialiste espagnol, la taxant de « lâcheté ». « Ce n’est pas (le président du gouvernement espagnol) José Luis Rodriguez Zapatero qui a fait libérer Raul Rivero, c’est vous tous en faisant pression sur les autorités cubaines… C’est encore vous, et vous seuls qui pouvez obtenir la libération des autres prisonniers politiques cubains », a martelé M. Machover.

    Raúl Rivero est né en 1945. Après des études de journalisme à l’université de La Havane, il se met au service de la révolution de Fidel Castro, et entre à l’agence de presse officielle Prensa Latina. Sa rupture avec le régime castriste date de la fin des années 80 : en 1989, il quitte l’Union des écrivains et artistes cubains, et signe en 1991  » La lettre des 10 « , pétition demandant à Fidel Castro des élections libres et la libération des prisonniers politiques. En 1995, il fonde l’agence indépendante Cuba Press. Il est aujourd’hui le seul cosignataire de  » La lettre des 10  » à demeurer à Cuba, en dépit des pressions, des menaces et des arrestations :  » dans l’espace qui existe entre partir et revenir, il faut fonder la permanence, parce que rester sera toujours un antidote contre le désenchantement et un venin contre l’oubli « .

    Sa liberté de circuler a été restreinte, il a été séquestré et menacé à plusieurs reprises, sa famille intimidée et ses documents confisqués. Depuis le mois de mai 2000, il faisait partie de la Société de Journalistes  » Manuel Marquez Sterling « , qui s’est donné pour mission la promotion de la liberté d’expression et d’information, ainsi que la formation professionnelle de journalistes cubains.

  • Toutes les mesures prises le 5 juin 2003 ont été temporairement suspendues », a affirmé Jean Asselborn au cours d’une conférence de presse, faisant référence aux mesures prises il y a dix-huit mois par l’UE pour protester contre la répression de dissidents cubains.

    Cette décision, qui sera réexaminée en juillet, se traduira notamment par la levée des restrictions concernant les visites à haut niveau à Cuba. Toutefois, l’UE préconise cependant qu’ »au cours de ces visites, la situation des droits de l’homme et la position des dissidents devront être évoquées avec le gouvernement cubain et la société civile », selon les conclusions qui devaient être formellement adoptées par les ministres lundi.

    Par ailleurs, les ministres ont affirmé leur intention de’ »renforcer les relations avec l’opposition pacifique » au régime, a indiqué M. Asselborn.

    La suspension des sanctions européennes intervient après la décision de La Havane début janvier de normaliser ses relations avec tous les pays de l’Union, y compris les plus hostiles à un assouplissement de ces sanctions contre le régime de Fidel Castro.

    Les sanctions politiques européennes avaient été prises en juin 2003 après la condamnation de 75 dissidents à des peines allant de six à 28 ans de prison après des procès sommaires et l’exécution de trois Cubains qui tentaient de fuir aux Etats-Unis.

  • Monsieur le Ministre,

    Suite à la libération de quatorze dissidents en 2004 et à la récente décision des autorités cubaines de rétablir leurs relations avec les pays de l’Union européenne (UE), vous vous prononcerez, le 31 janvier prochain, avec vos homologues des vingt-quatre autres pays membres, sur une révision des mesures prises en juin 2003 à l’encontre de Cuba. A cette occasion, Reporters sans frontières souhaite attirer votre attention sur l’absence de progrès sensible en matière de respect de la liberté de la presse dans ce pays et vous prie de prendre position pour que la politique de soutien à la dissidence soit maintenue, voire approfondie.

    Notre organisation s’est, bien entendu, félicitée de la libération de Raúl Rivero et de trois autres journalistes il y a quelques semaines. Cependant, vingt-deux de leurs collègues sont toujours emprisonnés, ce qui fait de Cuba la plus grande prison de journalistes au monde après la Chine (26 détenus).

    Dès juillet 2003, les Etats membres de l’UE avaient dénoncé les « mauvaises conditions de détention » des prisonniers politiques et s’étaient inquiétés de leurs problèmes de santé. Près de deux ans après leur arrestation, ces conditions de détention n’ont pas changé et l’état de santé de plusieurs des journalistes emprisonnés est préoccupant. Détenu à Pinar del Río (Ouest), Normando Hernández González a récemment été transféré dans un hôpital après que des examens ont révélé qu’il souffre de tuberculose. Ses confrères restés libres sont interdits de publier dans leur pays et souffrent d’un harcèlement constant visant à les contraindre à l’exil.

    Pour faire entendre leurs voix, les Etats membres de l’Union européenne ont décidé de réduire leur coopération avec les autorités cubaines, de limiter les visites gouvernementales de haut niveau effectuées dans le cadre bilatéral, de réduire l’importance de la participation des Etats membres aux cérémonies culturelles et d’inviter des dissidents cubains aux cérémonies organisées à l’occasion des fêtes nationales.

    Alors que le Comité de l’Union européenne pour l’Amérique latine (COLAT) préconise la suspension de ces mesures, Reporters sans frontières appelle au contraire à leur maintien, voire à leur renforcement. En premier lieu parce que ces mesures, et en particulier les invitations aux cérémonies officielles, permettent aux dissidents de sortir de la confrontation Cuba/Etats-Unis dans laquelle tente de les enfermer le pouvoir du président Castro.

    Ensuite, parce que jamais, dans le cadre du dialogue politique, La Havane n’a fait de concessions en matière de respect des droits de l’homme et du pluralisme politique.
    Le gouvernement cubain ne donne aucun signe aujourd’hui qu’un rétablissement du dialogue permettrait des avancées significatives dans ces domaines. Jamais le dialogue n’avait d’ailleurs été aussi approfondi entre l’Union européenne et Cuba que lors des mois qui ont précédé le « printemps noir » de mars 2003. A l’époque, Cuba était sur le point de bénéficier des accords de Cotonou.

    Par ailleurs, l’annonce par le gouvernement cubain de la normalisation des relations entre l’UE et Cuba ne constitue en rien une concession puisque leur rupture avait été décrétée à son initiative, en représailles des mesures prises par l’UE.

    L’Union européenne ne peut plus se contenter de dénoncer les incarcérations de prisonniers politiques, elle doit maintenant renforcer son soutien aux démocrates qui, à Cuba, se battent pour que les libertés fondamentales et le multipartisme soient reconnus et respectés.
    Comme pour les anciens pays du bloc soviétique, devenus aujourd’hui membres de l’UE, l’avenir du pays dépendra demain de la vigueur de la société civile. Sans fermer la porte aux autorités cubaines dès lors qu’elles donneraient de vrais signes d’ouverture au dialogue (tels que la fin du monopole d’Etat sur l’information), l’Union européenne doit développer des programmes de coopération destinés à la dissidence.

    C’est pourquoi Reporters sans frontières espère que vous vous prononcerez pour le maintien des mesures adoptées après la vague d’arrestations de mars 2003 et recommanderez de soutenir plus activement les démocrates et la société civile aujourd’hui réprimée.

    Convaincu que vous ne resterez pas insensible à notre appel, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

    Robert Ménard
    Secrétaire général

  • Selon « Reporters sans frontières » le journaliste emprisonné Normando Hernández González, souffrirait de la tuberculose.

    « Nous tenons les autorités cubaines pour responsables de l’état de santé du journaliste. Nous les exhortons à lui dispenser tous les soins nécessaires à une guérison rapide », a déclaré Reporters sans frontières. L’organisation a réitéré sa demande de libération. Elle a appelé l’Union européenne à maintenir sa pression sur les autorités cubaines pour obtenir la libération de l’ensemble des journalistes emprisonnés sur l’île.

    Malgré la libération de sept journalistes en 2004, dont celle du célèbre poète et dissident Raúl Rivero, la situation de la liberté de la presse à Cuba reste catastrophique. Avec 22 journalistes toujours détenus, le pays de Fidel Castro est la deuxième prison du monde pour la profession, après la Chine (26). Sur l’île, seule la presse officielle, placée « au service exclusif du peuple travailleur », est autorisée.

    Le 5 janvier 2005, Normando Hernández González, directeur de l’agence indépendante Colegio de Periodistas Independientes de Camagüey, a été transféré à l’hôpital provincial de Pinar del Río, pour y recevoir un traitement contre la tuberculose. Yaraí Reyes Marín, son épouse, a été informée de ce transfert par la femme d’un autre prisonnier politique. Lorsqu’elle a contacté l’hôpital, elle n’a pas été autorisée à parler à son mari.

    Celui-ci souffre également d’un ulcère, de douleurs abdominales aiguës et de difficultés pour ingérer aliments et médicaments, ce qui rend son traitement difficile. Normando Hernández González avait été placé en cellule d’isolement de mai à septembre 2004 pour avoir exigé que son statut de prisonnier politique soit reconnu. Depuis le 10 septembre dernier, il était incarcéré avec des détenus de droit commun, dont plusieurs seraient atteints de tuberculose.

    A Cuba, les journalistes emprisonnés ne reçoivent pas toujours les soins que requiert leur état de santé. En novembre dernier, Pablo Pacheco Avila, de l’agence indépendante CAPI, a rapporté que les autorités refusaient de lui remettre les médicaments donnés par sa famille pour traiter son hypertension artérielle et ses problèmes cardiaques.

    Normando Hernández González avait été arrêté le 24 mars 2003 avec 74 autres dissidents, dont 26 journalistes, puis condamné pour ses articles à 25 ans de prison, le 4 avril 2003. Des 75 dissidents et journalistes arrêtés, 14 ont depuis été libérés.

  • « Cuba a pris la décision de rétablir les contacts officiels avec les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, d’Italie, d’Autriche, de Grèce, du Portugal et de Suède », a déclaré M. Pérez Roque au cours d’une brève conférence de presse.

    La décision a été prise, a-t-il ajouté, « à partir de la décision prise par le COLAT (Comité pour l’Amérique latine de l’UE) le 14 décembre à Bruxelles de renoncer à inviter aux réceptions de leurs pays les mercenaires payés et dirigés par les Etats-Unis ».

    Les « mercenaires » désignent dans le langage officiel cubain les dissidents, dont 75 d’entre eux ont été condamnés en avril 2003 à des peines de six à 28 ans de prison, en même temps que trois Cubains qui cherchaient à fuir le pays étaient passés par les armes.

    En réaction à ces condamnations, l’UE avait adopté en juin 2003 des sanctions politiques contre Cuba et décidé d’inviter systématiquement les opposants en liberté aux fêtes nationales organisées dans les ambassades.

    Cuba avait répliqué en « congelant » leurs personnels diplomatiques, privés de tout contact avec les responsables cubains.

    La diplomatie espagnole a pris la tête du mouvement en faveur d’un assouplissement des sanctions et son ambassade à La Havane a été la première « décongelée » le 25 novembre.

    Cinq jours après, le plus célèbre des 75 dissidents cubains emprisonnés, Raul Rivero, était libéré. En tout, six dissidents ont été remis en liberté en une semaine, s’ajoutant aux huit déjà libérés depuis avril cette année, une série de gestes interprétés comme visant à encourager la position espagnole au sein de l’UE.

    Réunis à Bruxelles le 14 décembre, les responsables chargés de la politique cubaine des 25 Etats membres de l’UE ont préconisé un rapprochement avec La Havane, tout en recommandant d’ »intensifier les contacts avec la dissidence » et de modifier le format des invitations aux fêtes européennes dans la capitale cubaine.

    Jusqu’en juin ni les officiels cubains ni les dissidents ne devraient être invités à ces fêtes.

    Ces propositions doivent être examinées pour éventuel accord par les chefs de la diplomatie de l’UE lorsqu’ils se réuniront le 30 janvier prochain, a ajouté le porte-parole.

    Toutefois, a souligné le chef de la diplomatie cubaine, la normalisation « ne se fait pas avec tous les pays de l’Union européenne, mais avec un groupe » d’entre eux.

    Le ministre cubain faisait allusion à l’existence d’une forte opposition de la part des Pays-Bas, de la Pologne et de la République tchèque à un assouplissement des sanctions.

    Les mesures cubaines de « gel » des ambassades de l’UE ne concernent que celles présentes à La Havane, soit 14 des 25 pays-membres, 15 avec la représentation propre de l’UE.

    Sur ces 14 pays, deux –la Belgique et la Hongrie– n’ont pas été « congelées » pour n’avoir pas organisé de fêtes nationales, et donc pas invité de dissidents.

  • J’avais droit à vingt-cinq minutes de téléphone par semaine, et Blanca Reyes, ma femme, me faisait des synthèses de ce qui se passait. Et, tous les trois mois, pendant les deux heures de visite auxquelles nous avions droit, elle m’informait aussi, me disait que telle personne avait écrit tel article. Tout cela m’aidait à garder ma sérénité mentale. Car la première année a été très dure en prison : j’étais dans une cellule d’isolement, dans des conditions humiliantes. Je passais quatre heures à écrire, et autant à lire : comme une journée de travail. C’est ce que je m’étais fixé. Mais parfois, vu les conditions difficiles, ce rythme était bouleversé. Par exemple, il n’y avait de l’eau que quinze minutes par jour. Il fallait alors vite remplir les bouteilles, se laver rapidement. On nous sortait aussi quarante-cinq minutes au soleil, menottés, dans une cellule de mêmes dimensions (6 m2) mais sans toit. L’insomnie aussi pouvait influer sur ce programme : il y avait dans la cellule des grenouilles qui me sautaient dessus au milieu de la nuit et me réveillaient en sursaut, des grillons qui s’installaient dans un coin et m’empêchaient de dormir.

    Il faut se constituer une sorte de forteresse spirituelle pour s’en sortir. Ces nouvelles que me transmettait Blanca étaient très importantes. Savoir qu’un ami en Espagne avait écrit un article, que Gallimard avait publié un de mes livres (je mourais d’envie de voir la couverture ! C’est le genre de choses importantes pour un écrivain…). Savoir qu’il y avait des personnes que j’aime beaucoup, et qui ont été très impliquées, comme Zoé Valdés, et d’autres que j’admire sans les connaître. Je ne m’attendais pas à une telle réaction, de la même façon que le gouvernement cubain ne s’y attendait pas.

    Aviez-vous accès à des livres, à des journaux ?

    Ma femme pouvait m’apporter des livres, et j’avais aussi un petit poste de radio, qui transmettait les informations cubaines. Mais pas de télévision, et, seulement de façon sporadique, Granma (quotidien officiel du Parti communiste cubain, ndlr), rien de plus. Mais j’ai pu recevoir des livres de poésie, des romans, un dictionnaire de la langue espagnole, qui m’a aidé pour écrire mes poésies. La poésie a été un refuge ; j’ai même écrit un livre de poèmes en prison.

    C’était plus compliqué pour sortir les textes de la prison. La police avait fixé un thème : ce ne devait être que des poèmes d’amour. Alors je les donnais à un officier de la police politique et les poèmes «approuvés» étaient transmis à mon épouse. Ce livre, qui est donc passé par les yeux attentifs de la police, va bientôt sortir en Espagne. Ceux qui n’étaient pas approuvés m’étaient rendus, et il y en avait d’autres que je ne soumettais pas à la lecture, parce qu’ils touchaient à d’autres thèmes : l’expérience en prison, les histoires de détenus, des petits événements. Par exemple, un jour, un papillon est passé devant la fenêtre grillagée de la cellule, et j’ai passé toute la journée à attendre qu’il repasse. Il n’est pas revenu, alors je l’ai imaginé et j’ai écrit un texte.

    Dans une cellule d’isolement, la vie s’arrête, on reste seul avec ses souvenirs. ça a été une étape très sombre, j’avais une condamnation très lourde (vingt ans de prison, ndlr), j’avais déjà 57 ans au moment de mon arrestation, je ne savais pas quand j’allais sortir de là… parfois je me sentais étouffé, par l’éloignement de ma famille, de ma mère, très âgée, de mes filles.

    extrait d’une ITV de Jean Baret pour Libération

  • Trente et un députés français parrainant des prisonniers politiques cubains ont recommandé aux autorités espagnoles « une extrême vigilance » et « la plus grande fermeté » dans leurs relations avec le gouvernement cubain pour obtenir de nouvelles libérations, a-t-on appris lundi auprès du député du Bas-Rhin Yves Bur (UMP), à l’origine de l’initiative.

    Les élus français s’inquiètent de rester « sans nouvelles des prisonniers qu’ils parrainent » après la libération de 13 des 75 dissidents condamnés en avril 2003 à de lourdes peines de prison. « Ayant eu connaissance de l’implication de l’Espagne quant à ces récentes libérations, le groupe de parlementaires souhaite donc connaître la position exacte du gouvernement espagnol », a indiqué lundi un communiqué des députés.

    Dans ce but, ils ont adressé un courrier à M. Francisco Villar y Ortiz de Urbina, ambassadeur d’Espagne en France dans lequel ils s’affirment « certains que la poursuite du dialogue engagé avec les autorités cubaines pourrait déboucher sur de nouvelles libérations » tout en recommandant « une extrême vigilance doublée de la plus grande fermeté ». « Toujours mobilisés, les trente et un députés continueront à poursuivre leur engagement en faveur de leurs +filleuls+ jusqu’à leur libération », conclut le communiqué. Les parlementaires signataires sont associés à la campagne de parrainage lancée par le Collectif Solidarité Cuba Libre après une vague de répression sans précédent au printemps 2003 contre la dissidence cubaine, marquée par la condamnation de 75 opposants à des peines pouvant aller jusqu’à 28 ans de prison.