Catégorie : libertés

Les libertés et la répression à Cuba

  • Alors que le 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale de la femme, une reporter française est actuellement prise en otage en Irak et quatre autres sont emprisonnées. Cinq femmes journalistes ont été tuées dans l’exercice de leur métier depuis le 8 mars 2004.

    Reporters sans frontières rend hommage aux femmes journalistes, cyberdissentes et internautes qui, au péril de leur vie et de leur liberté, ont accompli, pour nous, leur travail d’information. « Nous demandons à la communauté internationale de se mobiliser pour obtenir la libération des femmes retenues en Irak, au Rwanda, aux Maldives, en Turquie et en Iran. Dans la plupart des cas de journalistes assassinées, l’impunité règne. Les gouvernements doivent se mobiliser pour que justice soit faite. »

    Trente-huit des 636 journalistes tués dans l’exercice de leur fonction depuis 1992 étaient des femmes.

    Une femme prise en otage en Irak

    Florence Aubenas (photo), 43 ans, grand reporter pour le journal français Libération, a été enlevée le 5 janvier 2005 avec son assistant irakien, Hussein Hanoun Al-Saadi. Elle était arrivée à Bagdad le 16 décembre 2004. Journaliste chevronnée, Florence Aubenas a couvert depuis 1986 pour ce quotidien français les conflits au Rwanda, au Kosovo, en Algérie et en Afghanistan.

    Trois journalistes privées de leur liberté

    La jeune journaliste autrichienne Sandra Bakutz (photo) a été arrêtée par la police turque le 10 février 2005 à Istanbul. Elle est accusée d’ « appartenance à une organisation illégale » et risque 10 à 15 ans de prison. Elle venait en Turquie pour couvrir le procès d’une centaine de militants d’extrême gauche.

    Fathimath Nisreen (photo), 25 ans, est privée de sa liberté depuis janvier 2002 pour avoir collaboré à Sandhaanu, un bulletin d’informations diffusé par e-mail qui dénonçait les atteintes aux droits de l’homme aux Maldives. Accusée de « diffamation », elle a écopé de 10 ans d’emprisonnement. Elle est exilée sur l’île de Feeail où elle purge une peine réduite à cinq ans de bannissement.

    En Iran, la police a arrêté, le 2 mars 2005, Najmeh Oumidparvar, webloggeuse (http://www.faryadebeseda.persianblog.com – L’aube de la liberté) et épouse du weblogger Mohamad Reza Nasab Abdolahi, également emprisonné. Enceinte de trois mois, elle pourrait passer plus de dix jours en prison. Quelques jours avant son interpellation, elle avait publié sur son weblog un message écrit par son mari peu avant son interpellation. Dans ce texte, il clamait son droit à s’exprimer librement et disait « attendre les menottes de la police ».

    Au Rwanda, Tatiana Mukakibibi, animatrice et productrice de programmes de divertissement à Radio Rwanda, est emprisonnée depuis octobre 1996. Collaboratrice de l’abbé André Sibomana, ancien directeur du plus vieux journal rwandais, Kinyamateka, elle est détenue dans des conditions très pénibles à Ntenyo (Gitarama). Elle est accusée de meurtre mais Reporters sans frontières a pu démontrer qu’il n’existait aucune preuve solide contre elle.

    Au cours des derniers mois, une dizaine de femmes journalistes ont été interpellées dans le monde. Ainsi, la cyberjournaliste Mahboubeh Abbasgholizadeh a passé un mois dans une prison iranienne pour avoir collaboré à des sites Internet réformateurs. Sa consoeur, Fereshteh Ghazi a été détenue du 28 octobre au 7 décembre 2004 pour ses écrits en Iran. Elle est sortie de prison physiquement et mentalement très affaiblie.

    Des journalistes femmes tuées en Somalie, au Bélarus, au Nicaragua et en Irak

    Kate Peyton (photo), 39 ans, envoyée spéciale de la British Broadcasting Corporation (BBC) en Somalie, a été mortellement blessée, le 9 février 2005, par des inconnus qui ont tiré une balle de pistolet dans son dos, alors qu’elle entrait dans un hôtel de Mogadiscio pour rencontrer le président du Parlement de transition, Sharif Hassan Sheikh Aden.

    Dans le nord de l’Irak, à Mossoul, la journaliste irakienne Raeda Mohammed Wageh Wazzan a été retrouvée morte, le 25 février 2005, cinq jours après avoir été enlevée par des hommes masqués. La présentatrice de la chaîne de télévision publique régionale Iraqiya, âgée de 40 ans, a été tuée d’une balle dans la tête. L’assassinat de Raeda Wazzan a été revendiqué sur Internet par un groupe armé irakien affilé à Al-Qaïda, sans que l’on puisse vérifier l’authenticité de cette affirmation.

    La journaliste Véronika Cherkasova a été retrouvée assassinée à son domicile de Minsk le 20 octobre 2004, alors qu’elle enquêtait sur des ventes d’armes de son pays à l’Irak de Saddam Hussein. Malgré les preuves, la police s’obstine à privilégier la piste passionnelle. L’enquêteur harcèle le fils de 15 ans de la journaliste.

    Au Nicaragua, María José Bravo, âgée de 26 ans, a été tuée, en novembre 2004, alors qu’elle couvrait des affrontements à proximité d’un centre de décompte de votes.

    En Iran, la justice fait toujours obstruction pour empêcher que les auteurs du meurtre de la photographe irano-canadienne Zahra Kazemi (photo), âgée de 54 ans, soient jugés. Elle est décédée le 11 juillet 2003 à Téhéran, des suites de coups violents portés au crâne par les officiels qui l’interrogaient dans une prison de Téhéran.

    Des femmes journalistes harcelées pour leurs enquêtes

    La reporter Anna Politkovskaïa du quotidien russe Novaya Gazeta a fait l’objet de multiples menaces et entraves lors de ses enquêtes, notamment sur la Tchétchénie. En septembre 2004, elle a été intoxiquée, probablement par les services secrets russes, alors qu’elle tentait de se rendre à Beslan où venait de se produire un massacre dans une école.

    Aux Etats-Unis, la reporter du New York Times Judith Miller risque d’être incarcérée pour « outrage à la cour », après avoir refusé de révéler ses sources à la justice. Elle encourt une peine de 18 mois de prison pour avoir révélé une manipulation de la Maison Blanche.

    La journaliste indépendante colombienne Claudia Julieta Duque est victime depuis septembre 2004 de menaces de mort qui font suite à ses enquêtes sur l’assassinat du journaliste et humoriste Jaime Garzón.

    Des femmes qui se battent pour leurs maris emprisonnés ou disparus

    A Cuba, les Dames en blanc, les épouses des 75 prisonniers politiques cubains arrêtés en mars 2003, manifestent, tous les dimanches, dans les rues de La Havane, en silence, pour demander la libération de leurs maris.

    En Chine et en Birmanie, malgré les pressions des autorités, les épouses de journalistes emprisonnés rendent visite à leurs époux pour leur apporter la nourriture et les médicaments que les autorités leur refusent. En témoignant auprès de la presse internationale, elles s’exposent à des représailles. L’épouse du cyberdissident Huang Qi a perdu son travail et son logement suite aux pressions de la police.

    En Sierra Leone, Isatou Kamara, dont le mari croupit dans une prison de Freetown depuis octobre 2004, ne cesse d’alerter et de documenter les organisations internationales sur la situation du journaliste.

    En France, Osange Kieffer et Fabienne Nérac, dont les époux ont respectivement disparu en Côte d’Ivoire et en Irak, se battent pour les retrouver. « Tout le monde a tendance à me faire croire qu’il a été tué, je ne suis pas d’accord, il faut continuer à se battre, j’ai besoin de preuves, mes enfants aussi », a affirmé récemment l’épouse de Fred Nérac, disparu en mars 2003 près de Bassorah.

    source : www.rsf.org

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    Fidel est tombé, mais Castro est toujours aux commandesFidel est tombé, mais Castro est toujours aux commandes  27.10.04
    Sportif infatigable, lecteur insomniaque et curieux de tout, le président cubain Fidel Castro entretient soigneusement sa réputation d’homme à la vitalité à toute épreuve, mais tout ce qui touche à sa santé est couvert par une sorte de secret d’Etat. RSS Cuba
       
    Cuba annonce son bilan contre le trafic de drogueCuba annonce son bilan contre le trafic de drogue 

    04.10.04

    Cuba a rendu public pour la première fois le bilan de ses opérations antidrogue lancées il y a 18 mois, dans le souci manifeste de souligner que l’île communiste, au carrefour de la route des stupéfiants entre Amérique du sud et Etats-Unis, entend rester « propre ». RSS Cuba
       
    Cuba, l'économie passe du sucre au nickelCuba, l’économie passe du sucre au nickel  05.03.04
    A La Havane, au ministère de l’Economie, les dirigeants cubains consultent tous les jours l’évolution des cours mondiaux du nickel. Les collines de la région de Guantanamo, à proximité de la base américaine où sont détenus les prisonniers d’Al-Qaida, contiennent en effet d’énormes gisements de nickel. RSS Cuba
       
    Le poète et écrivain Raul Rivero condamné à 20 ans de prisonLe poète et écrivain Raul Rivero condamné à 20 ans de prison  07.04.03
    L’écrivain et poète cubain Raul Rivero, directeur de l’agence indépendante Cuba Press, accusé d’attenter à la sécurité de l’Etat a été condamné lundi 7 avril à 20 ans de prison. RSS Cuba
       
    Cuba atteint les 2 millions de visiteurs en 2004Cuba atteint les 2 millions de visiteurs en 2004  27.12.04
    Le ministre du tourisme de Cuba a indiqué que 2 millions de personnes ont visité l’île des Caraïbes depuis le début de l’année. RSS Cuba
       
    Cuba aurait enregistré une croissance de 5% en 2004.Cuba aurait enregistré une croissance de 5% en 2004. 

    24.12.04

    L’économie cubaine a connu en 2004 une croissance de 5% malgré « une année de difficultés extraordinaires », a indiqué jeudi le ministre de l’Economie José Luis Rodriguez devant l’Assemblée nationale. RSS Cuba
       
    Raul Rivero raconte ses conditions de détentionRaul Rivero raconte ses conditions de détention  22.12.04
    Le journaliste et poète cubain Raúl Rivero, emprisonné depuis mars 2003, avec 74 autres dissidents, a été libéré le 30 novembre 2004. Il a répondu aux questions de Libération (extraits choisis par Cubantrip). RSS Cuba
       
    31 députés français interpellent l'Espagne à propos de Cuba31 députés français interpellent l’Espagne à propos de Cuba  20.12.04
    Trente et un députés français parrainant des prisonniers politiques cubains ont recommandé aux autorités espagnoles « une extrême vigilance » et « la plus grande fermeté » dans leurs relations avec le gouvernement cubain. RSS Cuba
       
    Septième libération d'un dissident en une semaine à CubaSeptième libération d’un dissident en une semaine à Cuba  07.12.04
    Le journaliste indépendant et dissident cubain Jorge Olivera Castillo a été libéré de prison lundi pour raisons de santé, portant à sept le nombre des prisonniers politiques libérés par le régime communiste en l’espace d’une semaine. RSS Cuba
       
    Raúl Rivero prefiere vivir en Cuba y expresar libremente sus opinionesRaúl Rivero prefiere vivir en Cuba y expresar libremente sus opiniones  05.12.04
    Tras haber recuperado su libertad, el escritor disidente Raúl Rivero espera poder caminar por esta ciudad sin prisas y sin rumbo, escribir un par de libros y vivir en Cuba sin dejar de emitir sus opiniones, que a veces son contrarias al gobierno. RSS Cuba
       
    Bush veut liberer CubaBush veut liberer Cuba  04.12.04
    Le président américain George W. Bush va s’atteler lors de son deuxième mandat à la «libération de Cuba» en renforçant le soutien politique et moral de Washington au peuple cubain, a annoncé vendredi le chef du bureau pour l’Amérique latine du département d’Etat. RSS Cuba
       
    Raul Rivero enfin libreRaul Rivero enfin libre  01.12.04
    L’écrivain et journaliste cubain Raul Rivero, 58 ans, a été libéré mardi 30 novembre par les autorités de La Havane après avoir passé vingt mois en prison. RSS Cuba
       
    Libération d'au moins six dissidents du groupe des 75 arrêtés en 2003Libération d’au moins six dissidents du groupe des 75 arrêtés en 2003  29.11.04
    LA HAVANE (AFP) – Six dissidents cubains, faisant partie du groupe des 75 condamnés à de lourdes peines de prison en avril 2003, ont été libérés lundi, a annoncé à l’AFP l’opposant Elizardo Sanchez Santa Cruz. RSS Cuba
       
    Cuba et la Chine, championnes du monde de la repression contre les journalistesCuba et la Chine, championnes du monde de la repression contre les journalistes  25.11.04
    Actuellement, 128 journalistes et 70 cyberdissidents sont emprisonnés à travers le monde. Des chiffres sans précédent (voir le détail sur www.rsf.org). Les plus grandes prisons de l’information sont la Chine (26 journalistes et 62 cyberdissidents), Cuba (26 journalistes) RSS Cuba
       
    A Cuba, Castro le dogmatique reçoit Hu Jintao le pragmatiqueA Cuba, Castro le dogmatique reçoit Hu Jintao le pragmatique  24.11.04
    Le président chinois Hu Jintao a fait une escale de deux jours à Cuba, à l’invitation de Fidel Castro. En dépit de leurs évolutions politiques, et surtout économiques divergentes, les deux pays communistes ont resserré leurs liens commerciaux, faisant de la Chine le troisième partenaire commercial de l’île ces dernières années. RSS Cuba
       
    Le dollar disparait des transactions à CubaLe dollar disparait des transactions à Cuba  08.11.04
    Le dollar a vécu lundi son dernier jour à Cuba comme moyen de transaction, onze ans après sa réapparition dans l’ile communiste. RSS Cuba
  • Chef de file de la littérature latino-américaine, il était aussi un critique ardent du régime de Fidel Castro. Le romancier, âgé de 75 ans, a succombé à un staphylocoque contracté lors d’une hospitalisation la semaine dernière à la suite d’une chute, a précisé sa femme Miriam Gomez. « Il est mort loin de son pays, mais libre de tout maître », a-t-elle dit. « Il transportait Cuba en lui, mais son Cuba n’existe plus », a-t-elle ajouté.


    Jeune auteur et critique de cinéma, Cabrera Infante avait rallié la révolution de 1959 contre la dictature de Fulgencio Batista.

    Outre ses activités journalistiques, il prend part de manière très active à la vie intellectuelle de son pays : il fonde la Cinémathèque de Cuba, qu’il présidera de 1951 à à 1956. En 1959 il est nommé directeur de l’Institut du Cinéma. D’autre part, il dirige le magazine littéraire « Lundi de la Révolution » depuis sa fondation jusqu’à sa fermeture sur ordre de Castro en 1961.

    Après avoir collaboré au quotidien Revolucion, il avait été nommé attaché culturel de Cuba à Bruxelles.

    Mais à mesure que La Havane se rapprochait du communisme, l’écrivain avait pris ses distances avec le régime castriste avant de rompre en 1965. S’exilant d’abord en Espagne, il s’était ensuite installé en Grande-Bretagne.

    Guillermo Cabrera Infante était l’auteur de « Trois tristes tigres », paru en 1967. Il y recréait dans une langue novatrice l’univers des cabarets et de la vie nocturne à La Havane avant la révolution castriste. Ce roman a été qualifié de version cubaine de l’ »Ulysse » de James Joyce et présenté comme un des textes fondateurs du « boom littéraire latino-américain ».

    « Trois tristes tigres fut une révolution dans la littérature hispanique, il créait une langue originale et unique qui était caribéenne et cubaine », notait le journaliste Carlos Franqui, autre intellectuel cubain en exil.

    Dans son exil, il avait continué d’écrire sur son île, publiant une série d’essais et de recueils, dont sob oeuvre la plus achevée « La Havane pour un infante défunt » (1979), ou encore « Coupable d’avoir dansé le cha-cha-cha », « Le miroir qui parle » (nouvelles), « Mea Cuba » (1993) ou plus récemment « Premières lueurs du jour sous les tropiques » (Ed. Mille et une nuit).

    En 1997 il remporte le Prix Cervantes , la plus haute récompense littéraire pour un écrivain de langue espagnole. En 2004, Cabrera Infante avait préfacé un recueil de poèmes de Raul Rivero, prenant la défense du journaliste emprisonné par Castro.

  • Le groupe de femmes est parti à pied de la maison de Laura Pollán —
    ( Centre Havane) — jusqu’au siège du Conseil de l’État, Place de la Révolution.

    Le parcours de quelque deux kilomètres a duré 40 minutes et s’est déroulé
    sans incident.

    Laura Pollán est la femme du dissident Héctor Maseda, condamné à 20
    années de détention, et récemment soumis à un régime de haute sécurité dans
    une prison de Santa Clara.

    La demande d’amnistie comporte 1.043 signatures, ont déclaré
    les participantes, et a été à l’origine adressée à l’Assemblée
    Nationale du Pouvoir Populaire en mai et juin dernier, sans obtenir de
    réponse.

     »Pendant deux années nous nous sommes adressées aux autorités cubaines, à
    des personnalités, à des organismes, de manière collective, de
    manière individuelle et ce que nous avons obtenu jusqu’à présent
    est seulement l’inattention », a affirmé Loida Valdés, épouse d’
    Alfredo Felipe, condamné à 26 années de prison.

    La lettre-pétition exige l’amnistie pour «  tous les prisonniers, sanctionnés
    ou emprisonnés pour leurs activités pacifiques dissidentes ou
    d’opposition au gouvernement ‘.

    Laura Pollán, qui a été une des inspiratrices du mouvement des « Dames en
    Blanc », a déclaré
    que l’initiative a pour but de la démontrer au gouvernement «  que
    les conjoints et les parents des prisonniers politiques continuent à se battre ‘.

     »Nous démontrons au monde que nous ne sommes pas avec les bras
    croisés, que à Cuba, malgré les conditions que nous avons, nous
    continuons à combattre, a souligné Pollán.

    Les participantes ont dit de sentir appuyées par 25.000 autres
    signatures qui ont été données en soutien au Projet Varela, lequel
    demande la libération de tous les prisonniers politiques.

    source : el nuevo herald

  • Paradoxalement, cette distinction de la ville de Strasbourg tombe en même temps que la levée des sanctions diplomatiques de l’UE contre Cuba.
    Raul Rivero avait été placé sous la protection de la ville de Strasbourg jusqu’à sa libération conditionnelle le 30 novembre dernier. La ville de Strasbourg a décidé de parrainer désormais Ricardo Gonzalez Alfonso, un autre journaliste dissident emprisonné à Cuba, a indiqué lundi soir le président de la communauté urbaine, Robert Grossmann, à l’occasion de la remise du prix. L’universitaire cubain exilé Jacobo Machover, auteur d’un essai intitulé « Cuba, totalitarisme tropical » , a reçu le prix du Club de la presse de Strasbourg au nom de Raul Rivero, dont il est le traducteur en français d’un recueil de poèmes (« mandat de perquisition » aux editions al Dante). Après avoir lu un message écrit spécialement par le dissident cubain, Jacobo Machover a stigmatisé la suspension le même jour des sanctions de l’Union européenne contre le régime castriste, à l’instigation du gouvernement socialiste espagnol, la taxant de « lâcheté ». « Ce n’est pas (le président du gouvernement espagnol) José Luis Rodriguez Zapatero qui a fait libérer Raul Rivero, c’est vous tous en faisant pression sur les autorités cubaines… C’est encore vous, et vous seuls qui pouvez obtenir la libération des autres prisonniers politiques cubains », a martelé M. Machover.

    Raúl Rivero est né en 1945. Après des études de journalisme à l’université de La Havane, il se met au service de la révolution de Fidel Castro, et entre à l’agence de presse officielle Prensa Latina. Sa rupture avec le régime castriste date de la fin des années 80 : en 1989, il quitte l’Union des écrivains et artistes cubains, et signe en 1991  » La lettre des 10 « , pétition demandant à Fidel Castro des élections libres et la libération des prisonniers politiques. En 1995, il fonde l’agence indépendante Cuba Press. Il est aujourd’hui le seul cosignataire de  » La lettre des 10  » à demeurer à Cuba, en dépit des pressions, des menaces et des arrestations :  » dans l’espace qui existe entre partir et revenir, il faut fonder la permanence, parce que rester sera toujours un antidote contre le désenchantement et un venin contre l’oubli « .

    Sa liberté de circuler a été restreinte, il a été séquestré et menacé à plusieurs reprises, sa famille intimidée et ses documents confisqués. Depuis le mois de mai 2000, il faisait partie de la Société de Journalistes  » Manuel Marquez Sterling « , qui s’est donné pour mission la promotion de la liberté d’expression et d’information, ainsi que la formation professionnelle de journalistes cubains.

  • Toutes les mesures prises le 5 juin 2003 ont été temporairement suspendues », a affirmé Jean Asselborn au cours d’une conférence de presse, faisant référence aux mesures prises il y a dix-huit mois par l’UE pour protester contre la répression de dissidents cubains.

    Cette décision, qui sera réexaminée en juillet, se traduira notamment par la levée des restrictions concernant les visites à haut niveau à Cuba. Toutefois, l’UE préconise cependant qu’ »au cours de ces visites, la situation des droits de l’homme et la position des dissidents devront être évoquées avec le gouvernement cubain et la société civile », selon les conclusions qui devaient être formellement adoptées par les ministres lundi.

    Par ailleurs, les ministres ont affirmé leur intention de’ »renforcer les relations avec l’opposition pacifique » au régime, a indiqué M. Asselborn.

    La suspension des sanctions européennes intervient après la décision de La Havane début janvier de normaliser ses relations avec tous les pays de l’Union, y compris les plus hostiles à un assouplissement de ces sanctions contre le régime de Fidel Castro.

    Les sanctions politiques européennes avaient été prises en juin 2003 après la condamnation de 75 dissidents à des peines allant de six à 28 ans de prison après des procès sommaires et l’exécution de trois Cubains qui tentaient de fuir aux Etats-Unis.

  • Monsieur le Ministre,

    Suite à la libération de quatorze dissidents en 2004 et à la récente décision des autorités cubaines de rétablir leurs relations avec les pays de l’Union européenne (UE), vous vous prononcerez, le 31 janvier prochain, avec vos homologues des vingt-quatre autres pays membres, sur une révision des mesures prises en juin 2003 à l’encontre de Cuba. A cette occasion, Reporters sans frontières souhaite attirer votre attention sur l’absence de progrès sensible en matière de respect de la liberté de la presse dans ce pays et vous prie de prendre position pour que la politique de soutien à la dissidence soit maintenue, voire approfondie.

    Notre organisation s’est, bien entendu, félicitée de la libération de Raúl Rivero et de trois autres journalistes il y a quelques semaines. Cependant, vingt-deux de leurs collègues sont toujours emprisonnés, ce qui fait de Cuba la plus grande prison de journalistes au monde après la Chine (26 détenus).

    Dès juillet 2003, les Etats membres de l’UE avaient dénoncé les « mauvaises conditions de détention » des prisonniers politiques et s’étaient inquiétés de leurs problèmes de santé. Près de deux ans après leur arrestation, ces conditions de détention n’ont pas changé et l’état de santé de plusieurs des journalistes emprisonnés est préoccupant. Détenu à Pinar del Río (Ouest), Normando Hernández González a récemment été transféré dans un hôpital après que des examens ont révélé qu’il souffre de tuberculose. Ses confrères restés libres sont interdits de publier dans leur pays et souffrent d’un harcèlement constant visant à les contraindre à l’exil.

    Pour faire entendre leurs voix, les Etats membres de l’Union européenne ont décidé de réduire leur coopération avec les autorités cubaines, de limiter les visites gouvernementales de haut niveau effectuées dans le cadre bilatéral, de réduire l’importance de la participation des Etats membres aux cérémonies culturelles et d’inviter des dissidents cubains aux cérémonies organisées à l’occasion des fêtes nationales.

    Alors que le Comité de l’Union européenne pour l’Amérique latine (COLAT) préconise la suspension de ces mesures, Reporters sans frontières appelle au contraire à leur maintien, voire à leur renforcement. En premier lieu parce que ces mesures, et en particulier les invitations aux cérémonies officielles, permettent aux dissidents de sortir de la confrontation Cuba/Etats-Unis dans laquelle tente de les enfermer le pouvoir du président Castro.

    Ensuite, parce que jamais, dans le cadre du dialogue politique, La Havane n’a fait de concessions en matière de respect des droits de l’homme et du pluralisme politique.
    Le gouvernement cubain ne donne aucun signe aujourd’hui qu’un rétablissement du dialogue permettrait des avancées significatives dans ces domaines. Jamais le dialogue n’avait d’ailleurs été aussi approfondi entre l’Union européenne et Cuba que lors des mois qui ont précédé le « printemps noir » de mars 2003. A l’époque, Cuba était sur le point de bénéficier des accords de Cotonou.

    Par ailleurs, l’annonce par le gouvernement cubain de la normalisation des relations entre l’UE et Cuba ne constitue en rien une concession puisque leur rupture avait été décrétée à son initiative, en représailles des mesures prises par l’UE.

    L’Union européenne ne peut plus se contenter de dénoncer les incarcérations de prisonniers politiques, elle doit maintenant renforcer son soutien aux démocrates qui, à Cuba, se battent pour que les libertés fondamentales et le multipartisme soient reconnus et respectés.
    Comme pour les anciens pays du bloc soviétique, devenus aujourd’hui membres de l’UE, l’avenir du pays dépendra demain de la vigueur de la société civile. Sans fermer la porte aux autorités cubaines dès lors qu’elles donneraient de vrais signes d’ouverture au dialogue (tels que la fin du monopole d’Etat sur l’information), l’Union européenne doit développer des programmes de coopération destinés à la dissidence.

    C’est pourquoi Reporters sans frontières espère que vous vous prononcerez pour le maintien des mesures adoptées après la vague d’arrestations de mars 2003 et recommanderez de soutenir plus activement les démocrates et la société civile aujourd’hui réprimée.

    Convaincu que vous ne resterez pas insensible à notre appel, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

    Robert Ménard
    Secrétaire général

  • Je me souviens très bien des situations difficiles, quelque peu grotesques, risquées et affligeantes dans lesquelles les diplomates occidentaux se trouvaient pendant la Guerre froide, à Prague. Ils devaient régulièrement résoudre le délicat problème de savoir s’ils devaient ou non inviter aux soirées données dans leurs ambassades les signataires de la Charte 77, les militants des droits de l’homme, les critiques du régime communiste, les hommes politiques réfugiés, ou même bannir les écrivains, les universitaires et les journalistes : tout un peuple avec lequel les diplomates sont généralement très accueillants.

    Parfois, nous, les dissidents, n’étions pas invités mais nous recevions des excuses ; d’autres fois, nous étions conviés mais nous n’acceptions pas l’invitation pour ne pas compliquer la situation de nos courageux amis, les diplomates. Ou encore, nous étions invités bien avant l’heure dans l’espoir que nous serions déjà partis avant l’arrivée des représentants officiels, ce qui parfois se passait et d’autres fois non.

    Quand cela ne se produisait pas, il arrivait que les représentants officiels partent en signe de protestation face à notre présence, ou alors nous partions précipitamment ou prétendions tous ne pas avoir remarqué les autres, ou, en de rares occasions, nous entamions des conversations les uns avec les autres, ce qui souvent représentait les seuls moments de dialogue entre le régime et son opposition (si l’on excepte nos rencontres devant les tribunaux). Tout cela se passait à l’époque où l’Europe et le monde étaient divisés par le Rideau de fer. Les diplomates occidentaux devaient prendre en compte les intérêts économiques de leurs pays mais, contrairement aux Soviétiques, ils avaient une considération sérieuse pour la philosophie «dissidence ou commerce».

    Je ne me souviens pas d’avoir assisté, à cette époque, à la publication d’appels publics, de recommandations ou de décrets où l’Occident, voire ses institutions (Otan, la Communauté européenne, etc.), déclaraient qu’un groupe particulier de personnes à la pensée très autonome, quelle que soit la manière dont on définit cela, devait ne pas être invité aux soirées, célébrations ou réceptions diplomatiques.

    Pourtant, c’est bien ce à quoi nous assistons aujourd’hui. Une des institutions démocratiques des plus puissantes et des plus fortes au monde, l’Union européenne, n’a aucun scrupule à faire une promesse publique à la dictature cubaine pour instituer de nouveau un apartheid diplomatique. Les ambassades européennes de La Havane vont maintenant préparer leurs listes d’invités selon les souhaits du gouvernement cubain. La vision politique étriquée du premier ministre espagnol, le socialiste José Zapatero, l’a emporté (1).

    Imaginons un instant ce qui va se passer : dans chaque ambassade européenne, quelqu’un sera chargé d’examiner la liste des invités, nom par nom, pour déterminer si la personne en question peut, et dans quelle mesure, se comporter librement et parler en public, si elle se montre critique à l’égard du régime ou même, encore, si elle a fait l’objet d’un emprisonnement politique. Les listes vont être réduites et des noms supprimés.
    Cela finit fréquemment par l’élimination d’amis personnels des diplomates chargés de filtrer les personnes avec qui ils ont coopéré sous diverses formes : intellectuelles, politiques ou matérielles. Et cela sera du pire effet quand les ambassades essaieront de masquer leur tri en invitant uniquement des diplomates aux réceptions de leurs ambassades à Cuba.

    Je ne peux trouver aucun meilleur moyen pour l’Union européenne de salir le noble idéal de liberté, d’égalité et de respect des droits de l’homme qu’elle défend : les principes mêmes qu’elle réitère dans son traité constitutionnel. Pour protéger les profits des entreprises européennes dans l’île, les pays de l’Union représentés à La Havane (2) cesseront d’inviter des gens avec une certaine ouverture d’esprit dans leurs ambassades en biffant leurs noms sur un froncement de sourcil du dictateur et de ses complices. Il est difficile d’imaginer une pratique plus honteuse.

    Les dissidents cubains se passeront allégrement, bien sûr, des cocktails occidentaux et des conversations polies tenues dans ces réceptions. Ces persécutions aggraveront certainement leur difficile combat, mais ils y survivront, assurément. Reste à savoir si l’Union européenne, elle, y survivra. Elle danse, aujourd’hui, au son de la musique de Fidel. Cela veut dire que, demain, elle pourrait très bien répondre à des appels d’offre pour construire des bases de missiles sur les côtes de la République populaire de Chine.
    Le jour suivant, elle pourrait se faire dicter ses décisions sur la Tchétchénie par les conseillers de Vladimir Poutine. Puis, pour des raisons inconnues, elle pourrait décider de conditionner son aide à l’Afrique aux liens fraternels avec les pires dictateurs africains.

    Où cela s’arrêtera-t-il ? À la libération de Milosevic ? Au refus de visa pour le militant des droits de l’homme russe Sergey Kovalyov ? Aux excuses présentées à Saddam Hussein ? À l’ouverture de pourparlers de paix avec al-Qaida ? Il est suicidaire pour l’Europe de mettre en avant l’un de ses pires travers politiques qui consiste à dire que, pour parvenir à une certaine paix, le meilleur moyen est de rester indifférent à la liberté des autres.
    La vérité est à l’opposé : de telles politiques pavent le chemin de la guerre. Après tout, l’Europe s’unit pour défendre sa liberté et ses valeurs, pas pour les sacrifier à l’idéal de la coexistence harmonieuse avec des dictateurs et ainsi risquer l’infiltration progressive de son âme par un état d’esprit antidémocratique.

    Je suis fermement convaincu que les nouveaux membres de l’UE n’oublieront pas leur expérience du totalitarisme et de l’opposition non violente au mal, et que cette expérience se reflétera dans la manière dont ils se comporteront au sein des institutions européennes. Cela pourrait très bien être, en effet, la meilleure contribution qu’ils puissent apporter aux fondements communs spirituels, moraux et politiques d’une Europe unie.

    Vaclav Havel est ancien président de la République tchèque.