Le film de trop ? Cette fois ci la mayonnaise ne prend plus, ou bien elle a un sale goût rance d’agit prop à la sauce stalinienne. Michael Moore a beau refaire avec talent son numéro d’ingénu obèse qui découvre les infortunes de ses concitoyens, ça ne passe plus. Le dernier opus de Michael Moore est un amalgame sans queue ni tête de témoignages et d’affirmations jamais démontrées sur le système de santé américain. Certes les récits de patients américains abandonnés à leur sort par les compagnies d’assurance privées sont affligeants, mais la démonstration sur la puissance des lobbies qui ont empêché la réforme du système est complètement manichéenne. Elle se résume à des montages grotesques où l’on voit s’afficher un chiffre (plusieurs centaines de milliers de dollars) à coté de chaque membre du congrès, et pour finir d’Hillary Clinton, qui avait proposé cette réforme pendant le mandat de Bill Clinton.
Avec ce procédé digne des pires opérations de propagandes staliniennes, on est censé comprendre que la majorité des membres du congrès y compris Hillary Clinton ont été purement et simplement achetés pour ne pas réformer le système de santé américain. Un peu court.
Les motifs de refus de la part des assurances privées aux Etats Unis sont innombrables et ahurissants : une jeune femme de 22 ans atteinte d’un cancer de l’utérus n’a pas été couverte sous prétexte qu’elle était anormalement jeune pour avoir contracté une telle maladie. Une autre s’est vu opposer, lorsqu’elle est tombée gravement malade, qu’au moment de la signature de son contrat, elle avait omis de déclarer avoir été soignée pour une mycose.
Par contre les système britanniques et français sont présentés, un peu rapidement, comme des modèles où tout est gratuit et disponible immédiatement. On apprend ainsi qu’en Grande-Bretagne les plus pauvres reçoivent même de l’argent pour payer leurs frais de transport. On suit la tournée nocturne de SOS médecins à Paris sans jamais voir personne sortir son carnet de chèque comme si s’était un truc gratuit. Michael Moore met certes me doigt sur un sérieux problème aux Etats Unis, mais il nous prend aussi pour des abrutis, ce qui met en défaut sa crédibilité. Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin pour la France : un petit tour aux urgences et vous aurez compris. Si vous n’avez pas de mutuelle, je vous déconseille de vous faire hospitaliser : attendez vous à payer une facture très salée à la sortie (plus de 200 euros par jour). (suite…)