Mois : octobre 2007

  • Le film de trop ? Cette fois ci la mayonnaise ne prend plus, ou bien elle a un sale goût rance d’agit prop à la sauce stalinienne. Michael Moore a beau refaire avec talent son numéro d’ingénu obèse qui découvre les infortunes de ses concitoyens, ça ne passe plus. Le dernier opus de Michael Moore est un amalgame sans queue ni tête de témoignages et d’affirmations jamais démontrées sur le système de santé américain. Certes les récits de patients américains abandonnés à leur sort par les compagnies d’assurance privées sont affligeants, mais la démonstration sur la puissance des lobbies qui ont empêché la réforme du système est complètement manichéenne. Elle se résume à des montages grotesques où l’on voit s’afficher un chiffre (plusieurs centaines de milliers de dollars) à coté de chaque membre du congrès, et pour finir d’Hillary Clinton, qui avait proposé cette réforme pendant le mandat de Bill Clinton.

    Avec ce procédé digne des pires opérations de propagandes staliniennes, on est censé comprendre que la majorité des membres du congrès y compris Hillary Clinton ont été purement et simplement achetés pour ne pas réformer le système de santé américain. Un peu court.

    Les motifs de refus de la part des assurances privées aux Etats Unis sont innombrables et ahurissants : une jeune femme de 22 ans atteinte d’un cancer de l’utérus n’a pas été couverte sous prétexte qu’elle était anormalement jeune pour avoir contracté une telle maladie. Une autre s’est vu opposer, lorsqu’elle est tombée gravement malade, qu’au moment de la signature de son contrat, elle avait omis de déclarer avoir été soignée pour une mycose.

    Par contre les système britanniques et français sont présentés, un peu rapidement, comme des modèles où tout est gratuit et disponible immédiatement. On apprend ainsi qu’en Grande-Bretagne les plus pauvres reçoivent même de l’argent pour payer leurs frais de transport. On suit la tournée nocturne de SOS médecins à Paris sans jamais voir personne sortir son carnet de chèque comme si s’était un truc gratuit. Michael Moore met certes me doigt sur un sérieux problème aux Etats Unis, mais il nous prend aussi pour des abrutis, ce qui met en défaut sa crédibilité. Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin pour la France : un petit tour aux urgences et vous aurez compris. Si vous n’avez pas de mutuelle, je vous déconseille de vous faire hospitaliser : attendez vous à payer une facture très salée à la sortie (plus de 200 euros par jour). (suite…)

  • A Cuba tous les écoliers commencent leur journée par prêter serment d’allégeance à Che Guevara « pionniers, pour le communisme, nous serons comme le Che »

    Aujourd’hui le plus célèbre des guérilleros de la Sierra Maestra est devenu un produit touristique du régime cubain au même titre que le rhum et les cigares. Le Che est partout : sur les badges, les tee shirts, les porte clés, les montres, les posters, les cartes postales vendues dans les boutiques d’État.

    Triste fin pour un héros de la révolution : voir sa propre effigie délaissée au profit du dollar, le plus méprisable des symboles de l’impérialisme américain. Les gamins de La Havane ont flairé la bonne affaire : ils essaient de vendre aux touristes les pièces de trois pesos à l’effigie du Che, pour trois dollars. Bénéfice escompté : près de 60 pesos (un demi SMIC cubain) puisqu’aux dernières nouvelles, le dollar s’échangeait à 26 pesos. Même les boutiques d’État dans les hôtels pour touristes se livrent à ce trafic peu glorieux : vendre billets et pièces à l’effigie du Che pour leur valeur en dollar.

    Le Che est partout, mais il n’est nulle part dans ce qui reste du socialisme cubain dont il avait lui même posé les bases. Pourtant jamais un cadavre n’aura été aussi bavard. Pas un jour sans que la propagande officielle ne célèbre un des faits d’armes du « comandante » ou ne rappelle une de ses citations pour tenter de démontrer laborieusement la fidélité du régime castriste aux idéaux du Che.

    Granma a beau insister lourdement sur le goût du « comandante » pour le travail volontaire et ressasser ses efforts pour augmenter la productivité et l’émulation, il ne reste pas grand chose dans le Cuba d’aujourd’hui de « l’homme nouveau » que la révolution devait engendrer selon le Che. Ce qui n’empêche pas le régime castriste de chercher désespérément à recueillir un peu de l’immense popularité qu’a conservé le Che dans sa patrie adoptive.

    Aujourd’hui l’image du Che ne colle plus avec la réalité telle qu’elle apparait à travers plusieurs témoignages : le Che savait à l’occasion se montrer très cruel avec ses compagnons, et d’une inflexibilité qui confinait à la maniaquerie. Au moment de la crise des fusées en 1962, il se déclare pret à affronter le feu nucléaire pour sauver la révolution, faisant preuve d’un jusque boutisme inquiétant.

    Le héros révolutionnaire, a conservé cette image humaniste et romantique de toute une génération de militants et d’intellectuels contestataires dont le mythe perdure encore aujourd’hui avec des millions de T-shirts et autres produits à son effigie. Mais selon l’écrivain et journaliste cubain en exil en France, Jacobo Machover, dans un ouvrage intitulé « La face cachée du Che », Ernesto Guevara est un bourreau fanatique, imperméable à tout sentiment, se délectant, un cigare à la bouche, devant l’exécution sommaire d’opposants, un personnage brutal et sanguinaire.

  • Le cubain le plus célèbre du monde est né Argentin : Ernesto Che Guevara de la Serna voit le jour le 14 juin 1928 à Rosario dans une famille de la petite bourgeoisie aisée. Rien ne semble prédisposer le jeune Ernesto à prendre le chemin de la lutte armée : de constitution physique plutôt fragile, il est asthmatique.

    Le Che fait partie des 12 survivants débarqués clandestinement et en catastrophe en novembre 1956 sur les côtes cubaines avec Fidel Castro.

    A partir de 1959,durant les premiers mois qui suivent la victoire de la révolution cubaine, le comandante Guevara se retrouve à la tête de la prison de la Cabana, une ancienne forteresse coloniale de La Havane. Sa mission : superviser les exécutions des anciens du régime de Batista, puis de révolutionnaires jugés trop timorés. Les tribunaux révolutionnaires siègent sans discontinuer dans toutes les casernes, sous les ordres de Raúl Castro, le frère de Fidel et à la Cabaña sous les ordres de Guevara. Dariel Alarcón Ramírez, dit « Benigno » ancien compagnon d’arme du Che recueille les témoignages des soldats qui décrivent Guevara observant les exécutions, en fumant un cigare sur le mur qui surplombe le fossé de la forteresse. « Pour ces soldats qui, jamais auparavant, n’avaient vu le Che, c’était quelque chose d’important. Cela leur donnait beaucoup de courage », raconte-t-il aujourd’hui.

    Aujourd’hui le plus célèbre des guérilleros de la Sierra Maestra est devenu un produit touristique du régime cubain au même titre que le rhum et les cigares. Le Che est partout : sur les badges, les tee shirts, les porte clés, les montres, les posters, les cartes postales vendues dans les boutiques d’État.

    Triste fin pour un héros de la révolution : voir sa propre effigie délaissée au profit du dollar, le plus méprisable des symboles de l’impérialisme américain. Les gamins de La Havane ont flairé la bonne affaire : ils essaient de vendre aux touristes les pièces de trois pesos à l’effigie du Che, pour trois dollars. Bénéfice escompté : près de 75 pesos (un demi SMIC cubain) puisqu’aux dernières nouvelles, le dollar s’échangeait à 25 pesos. Même les boutiques d’État dans les hôtels pour touristes se livrent à ce trafic peu glorieux : vendre billets et pièces à l’effigie du Che pour leur valeur en dollar.

    Récemment un livre intitulé « La face cachée du Che » (Jacobo Machover) fait la lumière sur qui était véritablement le Che. Un stalinien intransigeant, loin, très loin du Robin des Bois tropical dans lequel des générations entières ont cru voir l’incarnation de l’idéal révolutionnaire.

    « J’ai longtemps figuré parmi les admirateurs de Che Guevara » confesse Jacobo Machover dans une phrase d’introduction quasi proustienne de son dernier essai. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas le seul à avoir commis cette erreur de jeunesse. En effet qui n’a jamais eu son T shirt, ou son poster « Che » pour souligner son esprit de rébellion, où son attachement, même très théorique, aux idéaux révolutionnaires ? « La figure du Che est devenue oecuménique » poursuit Machover « elle a perdu tout sens. Elle reflète un mélange de modernité, d’idéalisme vers un futur plus attractif, et de nostalgie envers un temps qui n’est plus. »

    Le Che est partout, mais il n’est nulle part dans ce qui reste du socialisme cubain dont il avait lui-même posé les bases. Pas un jour sans que la propagande officielle ne célèbre un des faits d’armes de l’autre Comandante, ou ne rappelle une de ses citations pour tenter de démontrer laborieusement la fidélité du régime castriste aux idéaux du Che. Granma a beau insister lourdement sur son goût pour le travail volontaire et ressasser ses efforts pour augmenter la productivité et l’émulation, il ne reste pas grand-chose dans le Cuba d’aujourd’hui de « l’homme nouveau » que la révolution devait engendrer selon le Che. « Le Che mort deviendrait le meilleur ambassadeur planétaire de la révolution cubaine, ce qu’il n’avait pas été de don vivant » résume Machover.