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  • Le commandement militaire de la base de Guantánamo (Cuba) a commencé à planifier une possible exode en provenance de Cuba, avec la possibilité d’héberger temporairement les candidats à l’exil, bien que séparés des suspects soupçonnés d’appartenir à al-Qaida.

    Presque tous les prisonniers (près de 400 étrangers suspectés de terrorisme), capturés après les tentatives de du 11 septembre le 2001, se trouvent dans la base depuis le 2002 sans avoir comparu devant un juge. Une soudaine exode d’émigrants cubains en direction des Etats-Unis pourrait de nouveau voir Guantánamo servir à son affectation des années 90, quand quelques 40.000 Haitiens et Cubains ont été internés dans la base après avoir été capturés en haute mer.

    Mais cette fois l’opération risque d’être beaucoup plus difficile. Dans les années 90, Guantánamo, qui occupe une surface de 117 kilomètres carrés de terre et eaux territoriales, était une base navale tranquille avec plein d’espace. Maintenant, une grande partie de cet espace est occupé par le Camp Delta – la prison des islamistes. Les Etats-Unis devront augmenter le personnel sur la base pour la sécurité, en plus de stocker davantage d’aliments, la plupart arrivant par mer toutes les deux semaines.

    En 1998, la loterie (baptisée el bombo par les Cubains de la rue), organisée par les services consulaires américains pour filtrer l’afflux de candidats désireux d’obtenir un des 20 000 visas accordés chaque année, a enregistré plus de 500000 demandes.

    Castro, n’a pas été vu en public depuis qu’il a transféré temporairement le pouvoir en juillet à son Raúl frère, ministre de Défense, pour être opéré des intestins. Le journal madrilène El Pais a affirmé cette semaine que le président cubain se trouve dans un état « très grave » et qu’il souffre de péritonite suite à des complications de trois opérations auxquelles il a été soumis.

  • Ces demandes apparaissent en même temps qu’une demande semblable formulée par l’opposition interne dans l’île et coïncident avec une offre de dialogue à Washington par le dirigeant par intérim cubain, le général Raúl Castro.
    Ceci devrait être accompagné, estime la coalition, par la fin de toute mesure restrictive mise en oeuvre par Washington, principalement depuis le 2004, qui compliquent l’envoi de ressources aux familles cubaines, et réduisent le nombre de voyages possible à Cuba pour les exilés cubanoamericains.

     »Les mesures imposées qui limitent ou nient aux cubains leurs droits fondamentaux, la liberté de pouvoir voyager librement pour sortir et retourner à Cuba à des fins humanitaires ou de réunification familiale, et de pouvoir envoyer et recevoir librement aide familiale et personnelle, violent des droits fondamentaux des cubains, portent un préjudice à la famille cubaine, et constituent des contradictions morales » a déclaré « Consensus cubain » dans un document divulgué hier en conférence de presse à Miami. Outre le Groupe d’Études cubaines et la Fondation Nationale cubano Américaine (FNCA), la coalition est formé, entre autres, par la Coordination Social Démocrate, le Parti Démocrate Chrétien de Cuba, le Parti Social Démocrate de Cuba et l’Union Libérale cubaine ; ainsi qu’Action Démocratique cubaine, Agenda Cuba, Arc Progressiste, Frères au Sauvetage et le Mouvement Démocratie.

    Dans la conférence de presse, les participants n’ont pas dissimulé que leur position peut être interprétée comme un changement dans les positions traditionnelles de l’exil cubain.  »Je suis venu d’une position de ligne dure, mais ce qui est certain c’est que isoler les gens (les Cubains resté à Cuba) n’a pas produit un changement durant les dernières 47 années. L’isolement des gens aide à soutenir à la dictature « , a dit le chef d’entreprise Carlos Saladrigas, vice-président du Groupe d’Études cubain. Saladrigas a rappelé que l’aide extérieure a eu un rôle prépondérant dans la désintégration du communisme en Europe de l’Est.

     »Le véritable consensus sur la crise cubaine doit se focaliser dans la liberté immédiate de tous les prisonniers politiques sans exception et dans la convocation d’élections pluripartites pour Cuba, et non dans des concessions unilatérales à la tyrannie, a commenté le congressiste républicain Lincoln Díaz-Balart, de la Chambre de Représentants. Samedi à La Havane, Raúl Castro a proposé d’établir un dialogue avec les Etats-Unis, dans le cadre du respect mutuel, mais Washington a rejeté de plan l’offre avec l’argument que le régime a besoin, d’abord avant tout, de dialoguer avec ses propres citoyens .  »Notre position claire d’appui à une transition démocratique a été déjà exprimé, a dit hier le porte-parole du Département d’État, Sean McCormack.  »Le dialogue qui devrait avoir lieu n’estpas entre Raúl Castro et un groupe étranger ou un autre pays, a dit McCormack.  »Il doit être entre le gouvernement cubain et le peuple cubain et devrait porter sur une transition à une forme démocratique de gouvernement à Cuba », a ajouté le porte-parole.

  • La nouvelle a été rendue publique à Miami par Alexander Acosta, procureur fédéral du district. Il a affirmé en conférence de presse que cette initiative avait pour objectif d’« isoler » économiquement le gouvernement cubain.

    Nous avons établi un «groupe de travail spécifique», avec d’autres agences gouvernementales, dans le but de faire respecter le programme de sanctions contre Cuba» et de «poursuivre» ceux qui les violent, a dit Acosta aux journalistes.

    Le groupe en question, dénommé «Groupe de travail pour l’exécution des sanctions contre Cuba» est formé par le FBI, le Service d’immigration et de douanes (ICE), le département du Commerce, la Garde côtière, le Bureau pour le contrôle des biens étrangers (OFAC) et le Bureau des douanes et de la protection des frontières (CBP).

    L’embargo, quel embargo ?

    Depuis le début de la Révolution, l’embargo américain a toujours été le principal argument du régime de Castro, et de ses partisans, pour justifier son économie de pénurie et sa quasi faillite financière.
    Cette position est-elle encore crédible alors que Cuba commerce librement avec plus de 120 pays dans le monde, et a reçu en 2004 quelque 2 millions de touristes (dont 170 000 cubano-américains et près de 60 000 citoyens américains) ?

    On sait aussi que la population cubaine survit principalement grâce aux « remesas », ces transferts d’argent en provenance de la communauté exilée, qui représentent près d’un milliard de dollars par an.

    Depuis 2001, date du premier assouplissement de l’embargo permettant à Cuba d’importer des produits alimentaires et des médicaments en provenance des Etats Unis, Cuba est devenu un très bon client des entreprises américaines : en 2004, les Etats-Unis sont le premier fournisseur de Cuba pour les importations agroalimentaires pour un montant de 400 millions de dollars. En réalité cette mesure anachronique, et sans doute contre productive tant elle sert les intérêts de Castro, est davantage une disposition de politique interne, qu’un outil destiné à déstabiliser le dictateur.

    L’embargo est un gage donné au million d’électeurs cubano-américains de Floride qui a toujours condamné tout assouplissement des sanctions contre Cuba. La famille Bush leur doit beaucoup : ils ont assuré l’élection de Jeb Bush, (le frère de Georges Bush) au poste de gouverneur de Floride et joué un rôle décisif pour l’élection et la réélection, de George Bush.

  • Une commission chargée de la politique américaine à Cuba recommande au président Bush un plan d’action dont l’objectif est de soutenir un éventuel gouvernement transitoire sur l’île de Fidel Castro.

    Ce rapport, rédigé par la Commission d’assistance à un Cuba libre (Commission for assistance to a free Cuba), que la secrétaire d’État Condoleezza Rice co-préside avec le secrétaire au Commerce Carlos Gutierrez, relève que le gouvernement cubain est entré dans un processus de succession cherchant à garantir la survie du régime.

    «Fidel Castro (qui aura 80 ans en août prochain) a conscience de sa propre mortalité et de la mortalité du régime en faillite qu’il dirige. Il travaille sans relâche à le faire survivre» au-delà de son «incapacité physique, de sa mort ou s’il est évincé», note le rapport.

    « Le gouvernement américain devra être prêt bien à l’avance pour fournir une assistance à un éventuel gouvernement transitoire cubain. » note la Commission pour l’assistance à une Cuba libre, instaurée par George W. Bush en 2003.

    L’un des principaux points de ce programme est l’octroi de 80 millions de dollars d’aides en faveur d’un gouvernement transitoire après la mort du leader communiste cubain. Il s’agit du deuxième rapport de cette commission, coprésidée par la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice et le secrétaire au Commerce Carlos Gutierrez.

    De son côté, le Miami Herald, quotidien de Floride a grand tirage, détaille la ventilation des 80 millions de dollars d’aides. « Le projet recommande d’utiliser 31 millions de dollars pour soutenir « la société civile sur l’île » ; 10 millions pour financer les échanges académiques et un nouveau programme de bourses pour que les Cubains puissent étudier à l’étranger ; 24 millions pour mettre fin « au blocus de l’information » du gouvernement castriste, en finançant la diffusion de programmes anticastristes par satellite et en installant des équipements permettant la réception d’émissions internationales ; et 15 millions de dollars pour soutenir les efforts internationaux en faveur de l’opposition cubaine et préparer une transition démocratique après Castro. » Outre ces 80 millions de dollars étalés sur deux ans, le plan prévoit ensuite une aide annuelle de 20 millions de dollars pour des programmes en faveur de la démocratie.

    Toujours selon le Miami Herald, la Commission « recommande un grand effort diplomatique pour contrer « l’axe Venezuela-Cuba » et identifie le président vénézuélien Hugo Chávez comme le personnage central dont la richesse pétrolière pourrait rendre possible la prolongation d’un régime communiste après la mort de Castro.

    Un durcissement de l’embargo en place depuis 1961 est également recommandé à travers notamment la création d’une équipe pour appliquer de manière plus stricte les sanctions existantes contre les sociétés faisant des affaires dans l’île.

    À la différence du premier rapport de cette commission, rédigé en 2004, le rapport 2006 contient une annexe gardée confidentielle pour des raisons de sécurité nationale, ce qui a conduit les autorités cubaines à dénoncer un plan «secret» des États-Unis pour précipiter la fin du gouvernement de Fidel Castro.

  • Des entreprises comme Marathon Oil Corp. font pression au Congrès pour qu’on leur permette de présenter une offre pour exploiter les réserves de brut et de gaz naturel dans les eaux cubaines. Ils sont soutenus pas des élus républicains au Congrès qui demandent au président George W. Bush d’appuyer une loi pour exempter des entreprises pétrolières de l’embargo commercial contre Cuba qui date de 1962, ainsi que d’une interdiction d’exploration à moins de 100 milles (160 kilomètres) des côtes des USA.

    La demande croissante de combustible des USA et la possibilité que des entreprises étrangères exploitent ces ressources justifient l’exonération, affirment des partisans de du commerce avec Cuba.  »Crois t-on que l’on va rester les bras croisés et permettre que la Chine extraie du pétrole dans notre arrière cour ?  », a commenté le sénateur Pete Domenici, président de la Commission d’Énergie du Sénat et sponsor avec 12 autres législateurs du projet qui exempterait certaines entreprises américaines de l’embargo contre Cuba.

    Pour leur part, des groupes cubano américains considèrent que la loi renforcerait le régime de Fidel Castro, et en tout cas ils veulent plutôt que l’embargo se durcisse.

    « C’est une tentative contre l’embargo, déguisé en tentative d’obtenir de l’énergie parce qu’elle nous en avons besoin », a commenté Jorge Soriano, ex directeur de la Fondation Nationale Cubano Américaine (FNCA ou CANF en américain). « Il est hypocrite de vouloir aller à Cuba et aider Castro, alors que l’on exploite même pas dans nos propres eaux».

    Les entreprises américaines ont essayé d’assoupir l’embargo depuis longtemps. Bien que les restrictions agricoles aient été levées en 2000, d’autres tentatives ont depuis lors échouées.

    Toutefois, la combinaison d’inquiétude publique à cause des prix élev&s de l’essence et le pouvoir politique de l’industrie pétrolière pourraient augmenter cette fois les possibilités de succès.

    « Quand il s’agit d’une industrie nationale forte, à chaque fois qu’ils se battent contre l’embargo, ils gagnent », a assuré Robert Muse, un avocat de Washington qui représente des compagnies des USA qui ont un contentieux avec Cuba. « Quand les agriculteurs ont tenté leur chance en 2000, ils ont gagné. Le secteur énergétique a le même type de pouvoir, si non plus, à Washington. En outre, quand on parle du prix de l’essence, il y a une réelle pression».

    Le service géologique des USA estime qu’il pourrait avoir jusqu’à 4.600 millions de barrils de brut et 9.8 milliards de pieds cube (environ 140 millions de mètres cube) de gaz naturel dans le bassin nord de Cuba, presque la même réserve qur ce qui existe dans le refuge de faune et flore en Alaska, où le gouvernement de Bush veut autoriser l’exploration.

    Cuba adjuge 59 lots pour exploration pétrolières, certains à 45 milles (72 kilomètres) de Floride. Jusqu’à présent Cuba en a vendu 12 à Sherritt International Corp. du Canada et Repsol YPF de l’Espagne, et à des entreprises d’Inde et de Norvège.

    Karen Matusic, porte-parole de l’American Petroleum Institute, le groupe de pression d’entreprises comme Exxon Mobile Corp. Texas et Chevron Corp. de Californie, a affirmé que son groupe soutient l’exonération « dans le contexte d’augmenter l’accès à des réserves pétrole et gaz comme moyen de garantir la compétitivité des compagnies des Etats Unis dans le monde ».

    Le gouvernement de Bush s’oppose à l’exploitation pétrolière si près de Floride, a indiqué Dana Perino, porte-parole de la Maison Blanche. Bien qu’il soit trop tôt pour dire si Bush interdira la loi qui exempte les compagnies américaines d’embargo, le Président s’est dit « préoccupé par la destination de l’argent : le gouvernement [cubain] qui supprime les droits de son peuple », a souligné Perno.

  • Les gardes-côtes américains ont arrêté 2 866 Cubains en mer en 2005, presque deux fois plus que l’année précédente et le chiffre le plus élevé depuis 1994. Plus que 200 émigrants sont morts en mer alors qu’ils se rendaient aux Etats-Unis durant les cinq dernières années.

    Le 20 février dernier, 14 Cubains ont tenté de passer un groupe d’enfants et de femmes depuis la plage de Guajaibon, dans la région de La Havane, avec un bateau qui a sombré quelque part entre Cuba et la Floride, aux Etats-Unis. Les autorités ont retrouvé le corps d’une femme sur le rivage et ont arrêté un homme et une femme impliqués dans cette affaire.

    Selon les autorités cubaines, des femmes et des enfants se trouvaient dans l’embarcation de type Escorpion, folio FL1186EY, de couleur blanche et bleue, avec une bâche blanche et deux moteurs Mercury de 250 chevaux chacun. Sur la rive côtière on a retrouvé le cadavre abandonné d’une femme dont on ignore jusqu’à présent les causes de la mort.

    Une embarcation de garde-côtes a poursuivi la vedette rapide jusqu’à ce que celle-ci s’éloigne cap au Nord à une vitesse de 20 nœuds par heure. Le service de garde-côtes de Miami et la liaison de garde-côtes de La Havane ont été prévenus.

    A 16 heures 53, la liaison a annoncé qu’un bateau du service de garde-côtes avait intercepté la vedette à 53 kilomètres au Nord de Mariel. 14 personnes s’y trouvaient à bord.

    Sur la rive de Cuba où a débarqué la vedette nord-américaine ont été arrêtés un homme et une femme impliqués dans les faits, qui n’ont pas pu monter à bord. Lors des derniers temps le nombre de bateaux pirates venant de la Floride qui se consacrent au trafic de personnes a augmenté.

    Granma, le journal officiel du Parti Communiste Cubain (seul les organismes du parti communiste ont le droit de publier des informations à Cuba) a rendu public le commentaire suivant

    Cuba a dénoncé les provocations de ce gouvernement génocide (NDLR : il s’agit du gouvernement des Etat Unis) pour empêcher la vente d’aliments à Cuba, réduire en miettes les accordes migratoires et rompre les liens diplomatiques tenus qui existent encore à grand peine.

    Chaque jour qui passe démontre d’une manière irréfutable que la morale et la politique de ce gouvernement sont de plus en plus basses, et que son discrédit augmente de plus en plus. Cuba, imperturbable et sereine, méprise le comportement de l’empire et n’a pas le moindre doute que, après 50 ans d’échecs pour détruire la révolution cubaine, il ne reste plus aux infâmes auteurs du blocus qu’à mordre la poussière humiliante de la défaite.

  • Depuis la crise des balseros en 1994, quand les gardes cotes ont intercepté plus de 37.000 Cubains pour les interner dans les campements de réfugiés de Guantánamo, on n’avait pas enregistré un chiffre aussi important que celui de 2004.

    Le nombre de Cubains qui ont réussi à fuir avec des bateaux artisanaux ou des vedettes rapides de contrebandiers, et à fouler le territoire américain a continué sa tendance décroissante de l’année passée : 955 en 2004, en comparaison avec les 1.072 de 2003.

    Le rempart créée contre les flux migrateurs illégaux en provenance de Cuba a été consolidé avec les mesures de sécurité mises en oeuvre après les attentats terroristes du 11 septembre 2001. La Floride est en effet le second Etat américain avec la plus grande étendue de frontière côtiere (1.800 milles) après Alaska.

    L’efficacité des mesures de sécurité américaine a aussi encouragé les immigrants potentiels à chercher des itinéraires alternatifs, en se dirigeant vers l’Amérique Centrale.

    Ce  »canal du sud  » est fréquenté par des Cubains qui n’ont pas les ressources financières pour payer une opération de sortie illégale vers les Etats Unis avec des vedettes rapides louées par des contrebandiers. Ce type de voyage étant souvent facturé plusieurs milliers de $ par des traficants peu scrupuleux.
    L’option est alors de partir de la côte sud de Cuba, à partir de Cienfuegos, et de traverser la mer des Caraïbes en direction de l’Amérique Centrale, pour s’installer temporairement dans un pays de la région et essayer ensuite de rejoindre les Etats Unis par voie terrestre.