Des entreprises comme Marathon Oil Corp. font pression au Congrès pour qu’on leur permette de présenter une offre pour exploiter les réserves de brut et de gaz naturel dans les eaux cubaines. Ils sont soutenus pas des élus républicains au Congrès qui demandent au président George W. Bush d’appuyer une loi pour exempter des entreprises pétrolières de l’embargo commercial contre Cuba qui date de 1962, ainsi que d’une interdiction d’exploration à moins de 100 milles (160 kilomètres) des côtes des USA.
La demande croissante de combustible des USA et la possibilité que des entreprises étrangères exploitent ces ressources justifient l’exonération, affirment des partisans de du commerce avec Cuba. »Crois t-on que l’on va rester les bras croisés et permettre que la Chine extraie du pétrole dans notre arrière cour ? », a commenté le sénateur Pete Domenici, président de la Commission d’Énergie du Sénat et sponsor avec 12 autres législateurs du projet qui exempterait certaines entreprises américaines de l’embargo contre Cuba.
Pour leur part, des groupes cubano américains considèrent que la loi renforcerait le régime de Fidel Castro, et en tout cas ils veulent plutôt que l’embargo se durcisse.
« C’est une tentative contre l’embargo, déguisé en tentative d’obtenir de l’énergie parce qu’elle nous en avons besoin », a commenté Jorge Soriano, ex directeur de la Fondation Nationale Cubano Américaine (FNCA ou CANF en américain). « Il est hypocrite de vouloir aller à Cuba et aider Castro, alors que l’on exploite même pas dans nos propres eaux».
Les entreprises américaines ont essayé d’assoupir l’embargo depuis longtemps. Bien que les restrictions agricoles aient été levées en 2000, d’autres tentatives ont depuis lors échouées.
Toutefois, la combinaison d’inquiétude publique à cause des prix élev&s de l’essence et le pouvoir politique de l’industrie pétrolière pourraient augmenter cette fois les possibilités de succès.
« Quand il s’agit d’une industrie nationale forte, à chaque fois qu’ils se battent contre l’embargo, ils gagnent », a assuré Robert Muse, un avocat de Washington qui représente des compagnies des USA qui ont un contentieux avec Cuba. « Quand les agriculteurs ont tenté leur chance en 2000, ils ont gagné. Le secteur énergétique a le même type de pouvoir, si non plus, à Washington. En outre, quand on parle du prix de l’essence, il y a une réelle pression».
Le service géologique des USA estime qu’il pourrait avoir jusqu’à 4.600 millions de barrils de brut et 9.8 milliards de pieds cube (environ 140 millions de mètres cube) de gaz naturel dans le bassin nord de Cuba, presque la même réserve qur ce qui existe dans le refuge de faune et flore en Alaska, où le gouvernement de Bush veut autoriser l’exploration.
Cuba adjuge 59 lots pour exploration pétrolières, certains à 45 milles (72 kilomètres) de Floride. Jusqu’à présent Cuba en a vendu 12 à Sherritt International Corp. du Canada et Repsol YPF de l’Espagne, et à des entreprises d’Inde et de Norvège.
Karen Matusic, porte-parole de l’American Petroleum Institute, le groupe de pression d’entreprises comme Exxon Mobile Corp. Texas et Chevron Corp. de Californie, a affirmé que son groupe soutient l’exonération « dans le contexte d’augmenter l’accès à des réserves pétrole et gaz comme moyen de garantir la compétitivité des compagnies des Etats Unis dans le monde ».
Le gouvernement de Bush s’oppose à l’exploitation pétrolière si près de Floride, a indiqué Dana Perino, porte-parole de la Maison Blanche. Bien qu’il soit trop tôt pour dire si Bush interdira la loi qui exempte les compagnies américaines d’embargo, le Président s’est dit « préoccupé par la destination de l’argent : le gouvernement [cubain] qui supprime les droits de son peuple », a souligné Perno.