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  • « On lui a donné 20 ans de prison, c’est comme si on l’avait condamné à perpétuité, Raul a 57 ans et beaucoup de problèmes de santé » a déclaré son épouse Blanca Reyes, à la sortie du tribunal provincial de La Havane où le verdict a été prononcé. Raul Rivero et sept autres dissidents sont parmi les premiers de quelque 80 opposants arrêtés à se voir notifier leur sentence. Ils peuvent faire appel durant les prochaines 72 heures.

    Les autorités judiciaires ont requis de lourdes peines, dont la réclusion à perpétuité pour 12 des opposants — dont l’une des principales figures de la dissidence cubaine, et seule femme, l’économiste Marta Beatriz Roque — et des peines de prison de 10 à 35 ans pour les autres.
    D’autres sentences ont commencé à tomber lundi dont celle du leader de la dissidence, Hector Palacios, 62 ans, un des promoteur du projet Varela, une initiative réclamant un référendum en vue de réformes démocratiques, qui a été condamné lundi à 25 ans de prison, a indiqué son épouse.

    Les autorités judiciaires cubaines avaient requis à son encontre la prison à perpétuité de même que contre Oscar Alfonso Valdés et Ricardo González Alfonso qui ont été condamnés respectivement lundi à 18 et 20 ans de prison. Parmi les autres sentences prononcées lundi figurent celles de l’économiste Oscar Espinosa Chepe, condamné à 20 ans de prison de même qu’Héctor Maseda Gutiérrez. Deux autres militants d’un groupe de défense des droits de l’homme, Marcelo López et Marcelo Cano, ont reçu des peines de 18 et 15 ans de prison.

    Le procès de Raul Rivero, représentant de la Société Interamericaine de Presse (SIP) à Cuba, et président de l’organisation de journalistes indépendants « Manuel Marquez Stirling », et celui des autres dissidents ont suscité des critiques de la part de plusieurs pays et d’organisations internationales. Les opposants ont été arrêtés lors d’une des plus dures vagues de répression de ces dernières années.

    Ils sont accusés de tentatives de « complot » menées par le représentant américain à La Havane et sont poursuivis notamment en vertu de la loi 88 sur « la défense de l’indépendance nationale » datant de 1999 qui, jusqu’à présent, n’avait pas été invoquée.

  • Ces chiffres ont été communiqué par la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, illégale), dirigée par Elizardo Sanchez.

    « Le nombre de prisonniers de conscience dans les prisons du gouvernement cubain est le plus élevé au monde. Des 84 adoptés par Amnesty International, 70 sont maintenus dans des prisons de haute sécurité dans des conditions inhumaines et 14 ont reçu une autorisation extra-pénale l’année passée », déclare la CCDHRN dans son rapport annuel.

    Les « autorisation extra-pénales » équivalent à la mise en liberté conditionnelle.

    « Au-delà du nombre de prisonniers adoptés formellement jusqu’à aujourd’hui, nous sommes convaincus que cette catégorie de prisonniers, dans le cas de Cuba, dépasse largement la centaine », indiqué la CCDHRN, présidée par le dissident Elizardo Sanchez, .

    Fin 2004, le nombre de prisonniers politiques s’est maintenu autour de 300: ils étaient 317 enregistrés à la fin du premier trimestre l’an dernier, un chiffre qui s’est réduit à 294 en décembre, selon l’organisation, qui publie la liste des 294 et celle des 84 adoptés par Amnysty International.

    2004 aura vu « au moins 21 nouvelles incarcérations pour motif politique », ajoute la CCDHRN, précisant que ce chiffre ne comprend par « un nombre indéterminé d’opposants détenus durant quelques heures ou quelques jours ».

    Cuba, d’autre part, « continue à refuser la coopération offerte par la Croix-Rouge internationale, la Commission des droits de l’homme de l’ONU et d’autre organisation » pour améliorer son « immense système carcéral » et moderniser ses lois et son code pénal, accuse encore la CCDHRN.

    L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988.

    En mai l’an dernier, la CCDHRN avait fait connaître sa première étude sur l’évolution du système carcéral cubain. Selon elle, le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro en 1959.

    Si le chiffre de 100,000 détenus était confirmé (le gouvernement cubain ne donne aucun chiffre sur les prisons) les taux de détention serait de 888 pour 100,000 personnes à Cuba, loin devant les Etats Unis (un des pays les plus répressif en matière de détention) qui affichent un taux de 701 détenus pour 100,000.

    Au total, entre 0,7% et 0,9% de la population cubaine est sous les verrous, « un chiffre gigantesque » selon Elizardo Sanchez, vétéran de la dissidence.

    La population cubaine a doublé depuis 1949, passant de 5,5 millions à plus de 11 millions aujourd’hui.

    Sur les 200 prisons que compte le pays, 45 sont des établissements de haute sécurité –contre un seul avant 1959– autour desquels gravitent des dizaines de camps de travail et de centres d’internement secondaires, selon ce rapport.