Étiquette : prison

  • Le CICR n’est pas autorisé a visiter les prisons cubaines dans lesquelles sont détenues entre 100.000 et 150.000 personnes selon les estimations (le gouvernement cubain ne donne aucun chiffre officiel sur sa population carcérale). L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Seule la prison américaine de Guantanamo sera donc au programme du CICR.

    Une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a entamé lundi une visite de deux semaines de la prison spéciale de Guantanamo (Cuba), durant laquelle elle doit rencontrer pour la première fois les 14 suspects de terrorisme de haut niveau détenus dans les prisons de la CIA à l’étranger devant être transférés vers le pénitencier américain.
    Vincent Lusser, porte-parole du CICR, a affirmé qu’aucune date n’avait encore été fixée pour la rencontre avec ces prisonniers, dont le transfert à Guantanamo a récemment été annoncé par George W. Bush.

    « La date de la première rencontre sera décidée par les autorités qui détiennent les prisonniers », a-t-il expliqué. Il a toutefois précisé avoir une « confirmation » que le CICR pourrait voir ces prisonniers -parmi lesquels figure le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre Khalid Cheikh Mohammed- au cours des deux prochaines semaines.

    Le général américain Bantz Craddock a affirmé la semaine dernière que les détenus seraient visibles aux alentours du 1er octobre, mais seulement après avoir été interrogés à leur arrivée à Guantanamo.
    Le CICR, qui a commencé ses visites à Guantanamo en 2002, est la seule agence internationale neutre à avoir un accès total à la prison américaine. Se basant sur les Conventions de Genève, il exige à chaque visite le droit de voir tous les prisonniers et de s’entretenir en tête-à-tête avec chacun d’eux.
    Khalid Cheick Mohammed a été arrêté au Pakistan en mars 2003 et n’a plus eu aucun contact avec le monde extérieur depuis lors.

    Aucune statistique officielle connue ne permet de donner une idée de la délinquance à Cuba, et la presse officielle maintient un silence strict sur le sujet.

    Il en est de même pour le nombre de personnes emprisonnées à Cuba, régulièrement estimé entre 100 et 150.000. Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté « très confidentiel », selon M. Sanchez.

    « La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.

    De très nombreux témoignages ont permis d’établir que la torture a été pratiquée massivement à Cuba, et continue de l’être. Selon l’organisation CubaArchive.org, le castrisme aurait fait 9.240 victimes à Cuba.

    María C. Werlau et le directeur de recherches de cette organisation, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castro a exécuté davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus » durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau.

    « Mais les victimes de Castro qui sont souvent plus nombreuses– et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »

  • Comme la majorité des dictateurs, Fidel Castro est un menteur effronté, spécialement quand il parle de son régime. C’est ainsi qu’il a imprudement déclaré en avril 2001 dans une conférence internationale réunie à La Havane :


    « Dans notre pays il n’y a jamais eu d’escadron de la mort, aucun disparu, aucun meurtre politique, aucune victime de tortures. On peut voyager à Cuba, demander aux gens, de chercher seulement une preuve, essayer de trouver un seul cas où le gouvernement révolutionnaire a ordonné ou a toléré une action semblable. Et s’ils le trouvent, alors jamais plus je ne parlerai à nouveau en public « .

    Mais le défi de Fidel Castro– « Qu’ils essayent de trouver un seul cas » — ne va pas rester sans réponse. Le projet Cuba Archive (http://www.CubaArchive.org) travaille pour documenter le coût en vies humaines, de plus de cinq décennies de dictatures cubaines. Le personnel minuscule des archives, qui a son siège dans le New Jersey, s’est imposé la tâche monumentale d’identifier chaque homme, femme et enfant tués par les dirigeants de Cuba depuis le 10 mars 1952, le jour où Batista a renversé le dernier président de l’île élu démocratiquement. Méticuleusement, impartialement, les chercheurs de CubaArchive réunissent les preuves que Fidel Castro dit ne pas exister– victime par victime.

    Les victimes de la révolution sont tombées face à un peloton d’exécution, ont été frappées à mort par les matons de Castro; elles sont mortes pour avoir résisté au communisme sur leur terre ou quand on les a envoyé combattre pour le communisme à l’étranger. Entre les mains des gardiens de prison de Castro, certains ont été poussés au suicide; beaucoup ont disparu.

    C’est aussi une tâche lente et laborieuse. Chaque décès qui entre dans les archives doit être confirmé au moins par deux sources indépendantes et être documenté, dans la mesure du possible, avec des photographies, le témoignage de témoins oculaires et les mémoires des survivants. « Nous ne voulons pas simplement annoter des noms et des chiffres », dit María Werlau, presidente de Cuba Archive. « Nous voulons raconter chaque histoire. Nous voulons que le monde connaisse l’ampleur de la tragédie cubaine « .

    Jusqu’à présent, les archives ont enregistré les décès de 9.240 victimes du régime de Castro. Qui étaient ils ?
    La soeur Aída Rosa Pérez, envoyée en prison comme « ennemi de la révolution » est morte d’un arrêt cardiaque causé par la torture et les travaux forcés. Estanislao González Quintana, qui est mort tandis qu’il était sous garde policière, quatre jours après avoir été arrêté pour « activité économique illégale » ; son cadavre montrait des hématomes visibles et une profonde plaie sur le front. Les trois frères García-Marín Thompson, qui ont cherché asile dans la nonciature du Vatican à La Havane, puis être capturés par des troupes du ministère de l’Intérieur et exécutés après un jugement sommaire. Madame Alberto Lazo Pastrana, qui est morte avec ses trois fils quand le bateau dans lequel ils essayaient d’abandonner Cuba a été coulé par l’armée cubaine.
    Carlos Alberto Costa, américain de 29 ans, abatu par un avion de chasse à réaction cubain alors qu’il participait à une mission de recherche et de sauvetage au dessus des eaux internationales. Et 9.230 autres.

    María C. Werlau et le directeur de recherches des archives, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castroi a exécuté a davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus « durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau. « Mais les victimes de Castro — et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »

    « Simplement, nous devions faire quelque chose autour de cela ».

  • « La tension extrême entre Cuba et les Etats-Unis a créé un climat qui n’est pas du tout favorable à la liberté d’expression et à la liberté de réunion », a déclaré la magistrate française Christine Chanet.

    Dans un nouveau rapport pour le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Mme Chanet a affirmé que sa principale source de préoccupation concernait le maintien en détention de dizaines de dissidents arrêtés en mars et avril 2003. Elle s’est dite « alarmée par les allégations de mauvais traitements en détention » rapportées par les familles de détenus.

    « L’alimentation et l’hygiène sont en-dessous des normes et les soins médicaux sont soit inexistants soit inadaptés », a jugé Mme Chanet, qui a été nommée à son poste en 2002.

    La magistrate, qui n’a toujours pas pu se rendre sur l’île, a affirmé que les arrestations pour délit d’opinion s’étaient multipliées au cours de l’année écoulée.

    Le gouvernement de Fidel Castro a notamment utilisé le soutien apporté par les Etats-Unis à l’opposition cubaine comme un prétexte pour lancer une importante campagne de répression en 2003 contre les dissidents.

  • Jugé pour «contrebande» et «corruption» pour avoir introduit à Cuba du matériel de réception de télévision par satellite,
    Carlos Valdes Gonzalez, 29 ans, aurait déjà effectué 120 déplacements entre les États-Unis et Cuba.

    Actuellement détenu à La Havane, il a été interpellé le 24 juin 2005 alors qu’il tentait d’écouler une trentaine de décodeurs de télévision équipés de leur carte, ainsi que des câbles de connexion et des télécommandes.

    «Affaire rondelette. Tout avait été acheté à très bas prix à Miami pour être vendu pour une belle somme à Cuba», commente le quotidien Granma, organe du parti communiste cubain.

    Sur l’île, seuls les hôtels touristiques et les résidents étrangers sont autorisés à recevoir des chaînes de télévision par satellite que le régime castriste considère comme un vecteur idéologique et une porte ouverte pour les programmes de la TV Marti, lancés sur les ondes par le gouvernement américain.

    Le quotidien cubain dénonce «la déformation de la réalité cubaine» à la quelle se livrent selon lui ces chaînes «sur la base de soi-disant distractions et d’une caquetante et hypocrite information libre».

    Carlos Valdes Gonzalez, qui se rendait à Cuba également depuis les îles Caïmans, le Mexique, la Jamaïque et les Bahamas, risque entre six mois et trois ans de prison pour «contrebande» et entre 2 et 20 ans de prison pour «corruption».

    Deux résidents cubains sont en outre poursuivis dans ce dossier, un agent de sécurité à l’aéroport de La Havane accusé de lui avoir facilité le passage et un receleur présumé des équipements électroniques.

  • « Nous Dénonçons devant les organisations internationales de droits de l’homme, la Communauté des gouvernements démocratiques et l’opinion publique, la nouvelle vague de répression politique du gouvernement de Cuba contre des dizaines de dissidents pacifiques « , a indiqué un rapport de la Commission cubaine des Droits de l’Homme et Réconciliation Nationale (organisation illégale à Cuba).

    « Particulièrement inquiétant est le degré de violence physique et verbale, sans précédent durant les dernières années, qu’ ont employé les individus mobilisés par le gouvernement pendant ces actions répressives des dernières semaines sous la direction, maladroitement dissimulée, de la police politique secrète », a ajouté le groupe dirigé par le dissident historique Elizardo Sanchez.

    Selon ce rapport les actions, se sont produites dans huit des 14 provinces du pays sur une période de moins de 30 jours, ce qui démontre qu « il s’agit d’une opération répressive à grande échelle exécutée à partir d’une décision du gouvernement central ».

    La Commission, considérée illégale par les autorités cubaines, a dénoncé des actes de « répudiation » (« actos de repudio », une spécialité de la police politique cubaine qui varie de l’insulte au jet de pierre, en passant par le tabassage en régle par les membresdu CDR et les milices du partie communiste), agressions physiques, et violations de domiciles et confiscations de livres, et d’objets d’utilisation personnelle.

    L’organisation, conduite par l’Elizardo Sánchez, a affirmé que ces actions violent les lois cubaines et plusieurs articles de la Déclaration Universelle des Droits Humains, et a avancé qu’elle informera la Commission de Droits de l’Homme de l’ONU sur la situation dans l’île.

     » Devant la gravité de la situation et la possibilité que ces actions continuent à se produire dans les prochaines semaines ou les mois, on doit inciter le gouvernement de Cuba pour que sa police politique cessent d’inciter et organiser des actions répressives », a ajouté le rapport.

    La Commission a signalé que « il est totalement irresponsable et immoral de créer artificiellement un climat de violence politique qui ne peut que produire davantage de violence et de haine entre les citoyens ».

    Au printemps 2003, dans ce qui a été considéré comme la vague répressive la plus importante des dernières années, les autorités cubaines ont condamné 75 dissidents à des peines allant jusqu’à 28 années de prison, accusés de conspirer avec les Etats-Unis, et d’attenter contre l’indépendance de l’État et de miner les principes de la révolution.

    Depuis lors, 14 d’entre eux ont été libérés avec des licences extrapenales pour motifs de santé. Certains comme Raul Rivero, Manuel Vasquez Portal et Jorge Olivera ont été autorisé en outre à quitter le pays. D’autres souffrent cependant en prison de graves maladies, et sont toujours emprisonnés.

  • Un total de 30 nouveaux prisonniers de conscience a rejoint les prisons cubaines pendant 2005, soit un total de 330 opposants et journalistes cubains, selon le porte-parole de « Cuba Démocratie », Miguel Angel García Puñales, sur la base d’un document intitulé « Rapport sur la situation des Droits de l’homme à Cuba en 2005 ».

    Ce texte, élaboré à partir des informations transmises par des groupes de l’intérieur de l’île comme la « Commission cubaine des Droits de l’homme et Réconciliation Nationale » d’Elizardo Sanchez, ou « l’Assemblée pour Promouvoir la Société Civile », de marta Béatriz Roque, indique que 2005 « a été la pire depuis plus de une décennie, quant au respect aux Droits de l’homme » à Cuba.

    Outre l’augmentation de prisonniers de conscience et l’absence cette année d’élargissements par « licence extra-pénale » — il y a en avait eu 14 en 2004, dont le célèbre poète et journaliste Raul Rivero–, environ 400 jeunes ont été arrêtés sans motif apparent au début de 2005 a rappelé García Puñales.

    « Quand a commencé la vague répressive à Cuba, en 2003, il y avait quelque 300 prisonniers de conscience, et en 2005, à travers des subterfuges légaux, 30 autres personnes se sont transformées en prisonniers de conscience (…). En outre, au début de 2005 on a emprisonné 400 jeunes pour différer du Gouvernement d’une certaine manière, par la manière de s’habiller ou parce qu’un policier les a considérés dangereux ou suspects de pouvoir commettre des crimes dans le futur », a indiqué García Puñales.

    « Cette augmentation nette quant au nombre de personnes qui sont soumises à des condamnations pour motifs politiques est cohérente avec l’aggravation soutenue de la situation des droits civils, politiques et économiques à Cuba, spécialement pendant l’année 2005 où ont été condamnés ou jugées 53 autres personnes pour motifs politiques, 13 dans le premier semestre et 40 pendant la seconde moitié de l’année », a t’il ajouté.

    Selon García Puñales , depuis le discours du 26 juillet 2005 de Fidel Castro « il s’est avéré évident qu’on accordait « un feu vert » à la reprise systématique « des actes de répudiation », lesquels constituent une forme para policière de répression de violence et d’intimidation contre des dissidents pacifiques qui osent exprimer leur désaccord avec la situation qui règne au Cuba, spécialement en matière de droits civils, politiques et économiques ».

    400 JEUNES EMPRISONNÉS

    Selon Cuba Démocratie, « suite à une véritable opération de « nettoyage social » autour de 400 adolescents et jeunes ont été emprisonnés entre janvier et avril de cette année et condamnés, sous l’accusation de « danger pre délictueux », à des peines jusqu’à quatre années de prison ».
    Le code pénal cubain permet en vertu de la « ley de peligrosidad » (loi de la dangerosité)
    d’envoyer en prison n’importe qui pour « comportement contraire à la morale socialiste ».

    « Presque la totalité de ces adolescents et jeunes sont internés dans les prisons du Combiné de l’Est, Ivanov, le Pitirre, Toledo et Valle Grande, toutes situées dans les environs de La Havane ».

  • La libération de Raul Rivero est une nouvelle dont on ne peut que se rejouir, même si elle ne change rien au fond du problème, à savoir l’agonie d’un régime despotique et repressif, qui prive de liberté 11 millions de Cubains. Une fois de plus, Fidel Castro s’est livré à de sinistres marchandages pour obtenir, avec l’aide de l’Espagne, la levée des sanctions diplomatiques prises par l’Union Européenne, après la vague de répression de mars 2003. Nul doute qu’une fois la tension médiatique retrombée, d’autres opposants prendront le chemin de la prison, pour servir de monnaie d’échange pour d’autres maquignonages, dont le régime de castro est coutumier. En attendant il faut se réjouir, mais vite, car il reste encore plus de 300 prisonniers politiques à Cuba, et 11 millions de prisonniers tout court.

    Oswaldo Alfonso, du Parti libéral démocratique, est sorti de prison le même jour que Raul Rivero. Lundi, trois autres condamnés avaient été relâchés : l’économiste et journaliste Oscar Espinosa Chepe, le défenseur des droits de l’homme Marcelo Lopez et un membre de l’association nationale de « balseros » Paix, démocratie et liberté, Margarito Broche. Les mois précédents, sept détenus avaient été relâchés pour motifs de santé. Vendredi, les autorités avaient transféré à La Havane 19 prisonniers jusqu’alors détenus en province. Triés en fonction de leur état de santé physique ou psychique, plusieurs d’entre eux ont été renvoyés à leur prison d’origine.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale, Elizardo Sanchez y voit « la tradition macabre en vigueur à Cuba consistant à faire cadeau de ses prisonniers à des gouvernements ou à des dignitaires comme le commandant Cousteau, Jesse Jackson, Ted Kennedy ou Danielle Mitterrand. Le gouvernement cherche à éviter des décès en prison. A l’exception de Raul Rivero, qui se porte bien, les détenus relâchés sont les plus malades », ajoute-t-il.

    La perspective d’une amélioration des relations avec l’UE, sous l’initiative du nouveau gouvernement socialiste espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero, aurait précipité les élargissements.

  • Ces libérations interviennent au moment où le régime cubain semble avoir accepté un début de normalisation avec l’Espagne, qui, au sein de l’Union européenne (UE), demande un assouplissement des sanctions contre La Havane en échange de « gestes » du régime castriste.
    Le plus connu parmi les six dissidents libérés est l’économiste Oscar Espinosa Chepe, 64 ans, condamné l’an dernier à 20 ans de prison, qui a annoncé lui-même au téléphone à l’AFP sa libération.

    Les cinq autres dissidents sont Margarito Broche, condamné à 25 ans de prison, membre de l’Association nationale des Balseros, Paix, Démocratie et Liberté, Marcelo Lopez, 15 ans de prison, membre de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, illégale), Pedro Argüelles Moran, condamné à 20 ans, directeur de la Coopérative des journalistes indépendants de la province de Ciego de Avila, Pablo Pacheco, condamné à 20 ans, journaliste de l’agence indépendante Patria, et Jesus Mustafa Felipe, condamné à 25 ans, membre du Mouvement chrétien de libération (MCL, illégal).

    Selon Elizardo Sanchez Santa Cruz, président de la CCDHRN, qui a annoncé ces libérations, « dans certains cas, (les dissidents libérés) sont rentrés directement chez eux en province en autobus ».

    Ils ont bénéficié de la liberté conditionnelle, a-t-il ajouté.

    Ces libérations portent à 13 le nombre de dissidents du groupe des 75 libérés depuis le début de l’année.

    Le régime cubain avait lancé en mars l’an dernier la plus lourde vague de répression depuis des années en arrêtant 75 dissidents, dont 28 journalistes indépendants, parmi lesquels l’écrivain Raul Rivero, toujours emprisonné. Ils avaient été condamnés en avril à des peines de six à 28 ans de prison.

    Commentant au téléphone sa libération, l’économiste Oscar Espinosa Chepe a estimé qu’elle était due au fait qu’ »il y a des personnes très malades en prison ».

    « La situation est intenable. La pression internationale est également très forte, la presse a joué un rôle très important », a-t-il déclaré.

    « Réellement, le gouvernement a commis une très grande erreur avec nous, qui sommes des personnes totalement pacifiques et qui ne voulons que la réconciliation de la société cubaine », a-t-il estimé.

    L’économiste souffre de multiples problèmes de santé, à l’origine de son transfèrement de la prison de la province de Guantanamo (sud) à celle de Santiago de Cuba (sud) et dernièrement à l’hôpital militaire de La Havane.

    Dimanche, le président de la CCDHRN avait annoncé le transfert d’au moins 18 dissidents, détenus dans plusieurs prisons de l’île communiste, vers des centres de santé pénitentiaire à La Havane.

    Selon plusieurs sources, les transferts ont démarré vendredi, au lendemain de la rencontre à La Havane entre le ministre cubain des Relations extérieures, Felipe Perez Roque, et l’ambassadeur d’Espagne à Cuba, Carlos Alonzo Zaldivar, première rencontre officielle entre un haut responsable du gouvernement cubain et un représentant d’un pays européen depuis l’adoption en juin 2003 par l’UE de sanctions contre l’île communiste en raison de la vague de répression contre les dissidents.

    L’Espagne, ancienne puissance coloniale à Cuba, milite au sein de l’UE en faveur d’une reprise du dialogue avec les autorités cubaines.

    « Ce sont des pas en avant des deux côtés, cela donne cette impression, même s’il est encore très tôt pour tirer des conclusions », a estimé Elizardo Sanchez.