Étiquette : Raul Castro

  • Cette déclaration surprenante intervient alors que Fidel Castro n’a plus été revu en public depuis le 26 juillet, veille d’une grave intervention chirurgicale à la suite d’une hémorragie intestinale. Opéré en urgence d’une hémorragie intestinale, Fidel Castro n’est toujours pas rétabli et a dû égalemenr renoncer, sur avis de ses médecins, à paraître mardi au gala d’ouverture donné en son honneur devant quelque 1 800 invités étrangers.

    L’embargo américain (qualifié un peu excessivement à Cuba de « bloqueo » ou blocus) le leitmotiv de sa propagande. Il ne se passe guère plus de 24 heures sans que la presse ou qu’un responsable politique n’évoque la responsabilité de l’embargo pour justifier les piètres résultats de l’économie cubaine. Le gouvernement à estimé récemment que le coût cumulé de l’embargo depuis son entrée en vigueur en 1961 correspondait à une dépense supplémentaire de 80 milliards de dollars.

    Depuis le début de la Révolution, l’embargo américain a toujours été le principal argument du régime de Castro, et de ses partisans, pour justifier son économie de pénurie et sa quasi faillite financière. Cette position est-elle encore crédible alors que Cuba commerce librement avec plus de 120 pays dans le monde, et a reçu en 2004 quelque 2 millions de touristes (dont 170 000 cubano-américains et près de 60 000 citoyens américains) ?

    On sait aussi que la population cubaine survit principalement grâce aux « remesas », ces transferts d’argent en provenance de la communauté exilée, qui représentent près d’un milliard de dollars par an. Depuis 2001, date du premier assouplissement de l’embargo permettant à Cuba d’importer des produits alimentaires et des médicaments en provenance des Etats Unis, Cuba est devenu un très bon client des entreprises américaines : en 2004, les Etats-Unis sont le premier fournisseur de Cuba pour les importations agroalimentaires pour un montant de 400 millions de dollars.

    En réalité cette mesure anachronique, et sans doute contre productive tant elle sert les intérêts de Castro, est davantage une disposition de politique interne, qu’un outil destiné à déstabiliser le dictateur. L’embargo est un gage donné au million d’électeurs cubano-américains de Floride qui a toujours condamné tout assouplissement des sanctions contre Cuba. La famille Bush leur doit beaucoup : ils ont assuré l’élection de Jeb Bush, (le frère de Georges Bush) au poste de gouverneur de Floride et joué un rôle décisif pour l’élection et la réélection, de George Bush.

  • Hugo Chavez, « représente une bouée de sauvetage qui a prolongé l’existence du régime, mais il ne pourra pas le sauver, car la situation à Cuba est terrible, tout est en train de s’effondrer », a-t-il affirmé lors d’un entretien avec l’AFP.

    La passation de pouvoir temporaire entre Fidel et son frère Raul, qui assume depuis fin juillet la présidence de Cuba, sonne « le début de la fin », « c’est une question de mois », a estimé le dissident cubain, en visite à San José.

    « Nous n’avons pas suffisamment d’éléments pour savoir si Fidel est condamné à mourir, mais il est mal en point, et je crois que son frère Raul n’est pas en mesure de lui succéder car c’est un incapable, c’est un éternel second », a-t-il affirmé.

    Par ailleurs, Huber Matos a regretté la division des groupes d’opposants cubains en exil, notamment à Miami, qui sont entrés dans un combat « à feu et à sang, au lieu d’unir leurs efforts pour être prêts lors de la chute du régime ».

    Le commandant Huber Matos a été un des principaux protagonistes de la révolution cubaine, aux cotés de Che Guevara, de Camilo Cienfuegos et de bien d’autres, qui ont lutté avec Fidel Castro pour jeter dehors Batista et rétablir la démocratie à Cuba. Car tel était bien le projet initial qui regroupait des hommes venus souvent d’horizons très différents : or comme l’immense majorité des membres de la guerilla, Huber Matos n’est pas communiste.

    Commandant de la région de Camaguey, Huber Matos commence à prendre ses distances avec Fidel Castro qui esquive ses questions sur la dérive communiste de la Révolution. Lassé de ne pas être entendu, il remet sa lettre de démission à Castro, qui est publiée en annexe de son livre. Ce sera d’ailleurs son seul crime. Une trahison inacceptable pour Castro qui le fait condamner à 20 ans de prison au cours d’un « procès », monté de toutes pièces, et qui ne sera pas le dernier de la sinistre histoire judiciaire de la révolution cubaine.

    Lorsqu’on demande à Huber Matos de porter l’uniforme des détenus de droit commun, il refuse. On lui confisque ses vêtements et il reste plus d’une année en caleçon dans sa cellule où les murs suintent l’humidité. Pour récupérer son uniforme il entame une grève de la faim : on le frappe et l’alimente de force avec un tuyau dans lesquels on verse de la soupe bouillante. Au bout de six mois de ce traitement , il pèse 55 kg et est à moitié sourd. Alors qu’il est en train de mourir , un « médecin » du G2 (la police politique cubaine) est chargé de le « soigner ». Pour s’assurer qu’il est encore en vie il lui enfonce régulièrement le talon de sa chaussure dans l’estomac, ou lui casse quelques cotes pour voir s’il a encore la force de crier. On lui arrache une dent en mauvaise état sans anesthésie, et autres traitement médical « de faveur ». A la suite d’un des nombreux tabassages dont il est victime, son bras est à moitié paralysé : on commence à le soigner au bout d’un an.

    Huber Matos a récemment publié ses mémoires dans un livre intitulé « Et la nuit est tombée » . Un livre bouleversant, par ce qu’il contient d’horreurs et d’espérances déçues ; il est aussi un document unique sur l’une des figures majeures de notre temps, Castro, dont Matos nous trace un portrait au quotidien, sans haine, et une exceptionnelle leçon de courage comment survivre au goulag cubain.

  • Depuis l’annonce, le 31 juillet 2006, de l’hospitalisation de Fidel Castro et de la transmission (provisoire) de tous ses pouvoirs à son frère Raúl et aux membres d’une sorte de Junte composée de six personnalités, militaires et civiles, la population cubaine et l’opinion publique internationale fonctionnent au rythme de bulletins médicaux rédigés dans l’opacité la plus totale et de mises en scène aussi ridicules que manipulées afin de leur faire croire que la santé du Commandant en chef connaît une amélioration et qu’il pourra gouverner à nouveau.

    La vérité est toute autre : Fidel Castro n’exerce plus le pouvoir qu’il a dirigé d’une main de fer depuis près d’un demi-siècle. Mais sa présence, presque fantomatique, se fait toujours sentir, dans le but de permettre l’organisation de sa succession dynastique et d’éviter une remise en question de la dictature par un peuple qui ne supporte plus l’absence de liberté, les privations et la propagande outrancière. Quelle sorte de révolution est-ce là, dont la fin aboutit à la mise en place d’une monarchie castriste ?
    Quelle sorte de souveraineté est celle que le régime de facto continue à proclamer, alors que l’un de ses héritiers politiques, l’ex-militaire putschiste Hugo Chávez, se permet de s’attribuer le rôle de porte-parole non seulement du peuple vénézuélien mais aussi du peuple cubain, et prétend en outre être désigné comme « président à vie », à l’instar de son guide spirituel ? Qui gouverne réellement Cuba aujourd’hui ?

    La communauté internationale ne peut accepter ce successeur illégitime qu’est Raúl Castro, un homme aussi cruel que son frère aîné, désigné par le Parti communiste et par une Constitution résolument anti-démocratique, qui est responsable des premières exécutions massives à Cuba, coupable de l’assassinat de dizaines d’opposants et est aussi le chef des forces répressives et militaires qui ont semé la destruction et la mort aux quatre coins du globe sous prétexte de « solidarité internationaliste ».

    L’ouverture à Cuba ne peut venir ni de lui ni des hommes qui sont autour de lui. Tous ont un passé de complicité dans l’oppression des Cubains, de même que les militaires, qui ont toujours appuyé la répression et qui aujourd’hui contrôlent l’économie dévastée du pays.

    Les pays démocratiques du monde entier, particulièrement ceux de l’Union Européenne, les États-Unis et le Canada, ainsi que les nations latino-américaines qui ne sont pas soumises aux desseins politiques castristes, doivent refuser de reconnaître un nouveau dirigeant et une équipe qui ne disposent d’aucune reconnaissance populaire.

    Tous ont un devoir d’ingérence démocratique envers une île qui a battu tous les records dans la négation des droits les plus élémentaires et dans le culte de la personnalité d’un homme qui n’a réussi qu’à créer les plus grandes incertitudes quant au futur de Cuba. Un autre avenir est possible, avec la libération des prisonniers politiques, le rétablissement immédiat des libertés démocratiques, l’organisation d’élections libres, le droit au retour des exilés, la possibilité pour tous les Cubains de voyager quand bon leur semble et la justice pour tous les crimes et atteintes aux libertés commis au cours de la dictature

    . L’opinion publique internationale serait toute prête à appuyer, nous en sommes certains, les forces de la dissidence interne et les organisations démocratiques en exil, sans aucune exclusion.
    Le peuple cubain a droit à la transparence, à la vérité et à la liberté.
    À Cuba, l’heure du changement est venue.

    Premières signatures :
    Jacobo Machover, escritor, catedrático universitario (París) – Zoe Valdés, escritora (París)
    Jesús Zúñiga, periodista independiente (París)
    César Alarcón, ingeniero, présidente del Movimiento cubano de unidad democrática (MCUD) (Baltimore)
    Lázaro González, ex-preso político (Estados Unidos)
    Dariel Alarcón Ramírez (« Benigno »), escritor, ex-guerrillero (París)
    Laurent M. Muller, presidente de la Asociación europea Cuba libre (París)
    Olivier Languepin, journaliste (Paris)

    Contact : [email protected]

  • Depuis l’ouverture du sommet des non-alignés lundi, tout le monde attendait l’apparition du líder máximo. Mercredi soir, la télévision nationale cubaine a diffusé des photographies de Fidel Castro, amaigri et en pyjama. Le président cubain apparaît en compagnie de l’émissaire argentin au sommet des non-alignés, le député et écrivain Miguel Bonasso.

    Fidel Castro a profité de cet entretien pour apporter son soutien à Hugo Chavez et à sa bataille pour obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies. Chavez, fils spirituel de Castro est selon lui un « leader mondial en train de créer un modèle indestructible ».

    Raul Castro, qui assure l’intérim de son frère Fidel à la tête de Cuba, a fait jeudi sa première apparition officielle lors d’un événement international à l’occasion d’une réunion du Groupe des 15 pays en développement, à la veille de l’ouverture du sommet des pays Non-alignés à la Havane.

    Il en a profité pour salué l’Iran et d’autres pays en développement pour leur action en vue d’un « monde meilleur et plus juste ».

    Le président vénézuélien Hugo Chavez était également invité à se joindre au groupe.
    Selon lui, Fidel Castro, toujours en convalescence après son intervention chirurgicale aux intestins, « marche et chante », et il est pratiquement en assez bonne forme pour « jouer au base-ball ».

    Même malade et absent, Fidel Castro a toujours le don de concentrer l’actualité sur lui. La grande inconnue du sommet des Non-alignés reste de savoir si Fidel Castro participera en personne aux activités.

    Reste que pour la première fois, Cuba est dans l’incertitude sur le réel détenteur du pouvoir : Fidel Castro demeure invisible depuis son opération, et son successeur désigné Raul Castro brille pas son absence.

    Si Fidel Castro se décidait à mourir aujourd’hui, la veillée funèbre serait peuplée de gens plus nerveux qu’affligés. Pour Raúl Castro, son frère et héritier désigné, la prise de pouvoir ne serait plus aussi facile. Et encore moins l’exercice réel du pouvoir. Les témoignages selon lesquels Raúl Castro aurait été très lié au cartel de Medellín dans les années 1980 viennent de refaire surface. La nouvelle a éclaté il y a quelques semaines, par le biais d’une dépêche de Televisión Española : John Jairo Velásquez, surnommé Popeye, le bras droit et le chef de la sécurité de Pablo Escobar – le baron du cartel de Medellín, tué par balle en 1993 –, est passé à table. Depuis la prison de Bogotá, où il est détenu pour assassinat, il a donné toutes sortes de détails sur les étroites relations existant entre Raúl Castro et les barons de la drogue colombiens.

    Les militaires, le Parti communiste, le ministère de l’Intérieur et d’autres instances gouvernementales cubaines en sont convaincus : après la mort du Líder Máximo, l’île aura désespérément besoin d’une personnalité qui confère une légitimité internationale à un régime impopulaire et chancelant, totalement anachronique.

    Aussi ne peuvent-ils voir d’un bon œil la désignation à la tête de l’Etat d’un homme ayant trempé dans le trafic de cocaïne. Ce serait même dangereux, comme on a pu l’observer à Panamá, après l’invasion qui a renversé Noriega en décembre 1989. Personne au monde n’avait alors remué le petit doigt pour le défendre.