Mois : septembre 2006

  • L’Institut cubain de la Musique a confirmé que Manu Chao et le groupe musical Radio Bemba offriront au public cubain un grand concert en plein air sur la scène de la Tribune José Martí, située sur le Malecon, la grande avenue qui longe le littoral de la capitale cubaine.

    Aussi connu pour son activité artistique que pour son engagement aux côtés du mouvement altermondialiste, Manu Chao s’est distingué sur la scène musicale internationale en raison de sa capacité pour mélanger les musiques autochtones des diverses régions du monde, dont l’Amérique latine, la Caraïbe et l’Afrique, sonorités qu’il conjugue avec le rock et avec des paroles en français et en espagnol.

    Manu Chao fait partie des quelques rares artistes et personnalités qui continuent de se rendre à Cuba, et à cautionner par leur présence le régime de Fidel Castro.

    Après leur concert en plein air à La Havane, Manu Chao et Radio Bemba se présenteront aussi en Bolivie et au Venezuela.

  • Depuis l’annonce, le 31 juillet 2006, de l’hospitalisation de Fidel Castro et de la transmission (provisoire) de tous ses pouvoirs à son frère Raúl et aux membres d’une sorte de Junte composée de six personnalités, militaires et civiles, la population cubaine et l’opinion publique internationale fonctionnent au rythme de bulletins médicaux rédigés dans l’opacité la plus totale et de mises en scène aussi ridicules que manipulées afin de leur faire croire que la santé du Commandant en chef connaît une amélioration et qu’il pourra gouverner à nouveau.

    La vérité est toute autre : Fidel Castro n’exerce plus le pouvoir qu’il a dirigé d’une main de fer depuis près d’un demi-siècle. Mais sa présence, presque fantomatique, se fait toujours sentir, dans le but de permettre l’organisation de sa succession dynastique et d’éviter une remise en question de la dictature par un peuple qui ne supporte plus l’absence de liberté, les privations et la propagande outrancière. Quelle sorte de révolution est-ce là, dont la fin aboutit à la mise en place d’une monarchie castriste ?
    Quelle sorte de souveraineté est celle que le régime de facto continue à proclamer, alors que l’un de ses héritiers politiques, l’ex-militaire putschiste Hugo Chávez, se permet de s’attribuer le rôle de porte-parole non seulement du peuple vénézuélien mais aussi du peuple cubain, et prétend en outre être désigné comme « président à vie », à l’instar de son guide spirituel ? Qui gouverne réellement Cuba aujourd’hui ?

    La communauté internationale ne peut accepter ce successeur illégitime qu’est Raúl Castro, un homme aussi cruel que son frère aîné, désigné par le Parti communiste et par une Constitution résolument anti-démocratique, qui est responsable des premières exécutions massives à Cuba, coupable de l’assassinat de dizaines d’opposants et est aussi le chef des forces répressives et militaires qui ont semé la destruction et la mort aux quatre coins du globe sous prétexte de « solidarité internationaliste ».

    L’ouverture à Cuba ne peut venir ni de lui ni des hommes qui sont autour de lui. Tous ont un passé de complicité dans l’oppression des Cubains, de même que les militaires, qui ont toujours appuyé la répression et qui aujourd’hui contrôlent l’économie dévastée du pays.

    Les pays démocratiques du monde entier, particulièrement ceux de l’Union Européenne, les États-Unis et le Canada, ainsi que les nations latino-américaines qui ne sont pas soumises aux desseins politiques castristes, doivent refuser de reconnaître un nouveau dirigeant et une équipe qui ne disposent d’aucune reconnaissance populaire.

    Tous ont un devoir d’ingérence démocratique envers une île qui a battu tous les records dans la négation des droits les plus élémentaires et dans le culte de la personnalité d’un homme qui n’a réussi qu’à créer les plus grandes incertitudes quant au futur de Cuba. Un autre avenir est possible, avec la libération des prisonniers politiques, le rétablissement immédiat des libertés démocratiques, l’organisation d’élections libres, le droit au retour des exilés, la possibilité pour tous les Cubains de voyager quand bon leur semble et la justice pour tous les crimes et atteintes aux libertés commis au cours de la dictature

    . L’opinion publique internationale serait toute prête à appuyer, nous en sommes certains, les forces de la dissidence interne et les organisations démocratiques en exil, sans aucune exclusion.
    Le peuple cubain a droit à la transparence, à la vérité et à la liberté.
    À Cuba, l’heure du changement est venue.

    Premières signatures :
    Jacobo Machover, escritor, catedrático universitario (París) – Zoe Valdés, escritora (París)
    Jesús Zúñiga, periodista independiente (París)
    César Alarcón, ingeniero, présidente del Movimiento cubano de unidad democrática (MCUD) (Baltimore)
    Lázaro González, ex-preso político (Estados Unidos)
    Dariel Alarcón Ramírez (« Benigno »), escritor, ex-guerrillero (París)
    Laurent M. Muller, presidente de la Asociación europea Cuba libre (París)
    Olivier Languepin, journaliste (Paris)

    Contact : [email protected]

  • Le CICR n’est pas autorisé a visiter les prisons cubaines dans lesquelles sont détenues entre 100.000 et 150.000 personnes selon les estimations (le gouvernement cubain ne donne aucun chiffre officiel sur sa population carcérale). L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Seule la prison américaine de Guantanamo sera donc au programme du CICR.

    Une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a entamé lundi une visite de deux semaines de la prison spéciale de Guantanamo (Cuba), durant laquelle elle doit rencontrer pour la première fois les 14 suspects de terrorisme de haut niveau détenus dans les prisons de la CIA à l’étranger devant être transférés vers le pénitencier américain.
    Vincent Lusser, porte-parole du CICR, a affirmé qu’aucune date n’avait encore été fixée pour la rencontre avec ces prisonniers, dont le transfert à Guantanamo a récemment été annoncé par George W. Bush.

    « La date de la première rencontre sera décidée par les autorités qui détiennent les prisonniers », a-t-il expliqué. Il a toutefois précisé avoir une « confirmation » que le CICR pourrait voir ces prisonniers -parmi lesquels figure le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre Khalid Cheikh Mohammed- au cours des deux prochaines semaines.

    Le général américain Bantz Craddock a affirmé la semaine dernière que les détenus seraient visibles aux alentours du 1er octobre, mais seulement après avoir été interrogés à leur arrivée à Guantanamo.
    Le CICR, qui a commencé ses visites à Guantanamo en 2002, est la seule agence internationale neutre à avoir un accès total à la prison américaine. Se basant sur les Conventions de Genève, il exige à chaque visite le droit de voir tous les prisonniers et de s’entretenir en tête-à-tête avec chacun d’eux.
    Khalid Cheick Mohammed a été arrêté au Pakistan en mars 2003 et n’a plus eu aucun contact avec le monde extérieur depuis lors.

    Aucune statistique officielle connue ne permet de donner une idée de la délinquance à Cuba, et la presse officielle maintient un silence strict sur le sujet.

    Il en est de même pour le nombre de personnes emprisonnées à Cuba, régulièrement estimé entre 100 et 150.000. Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté « très confidentiel », selon M. Sanchez.

    « La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.

    De très nombreux témoignages ont permis d’établir que la torture a été pratiquée massivement à Cuba, et continue de l’être. Selon l’organisation CubaArchive.org, le castrisme aurait fait 9.240 victimes à Cuba.

    María C. Werlau et le directeur de recherches de cette organisation, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castro a exécuté davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus » durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau.

    « Mais les victimes de Castro qui sont souvent plus nombreuses– et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »

  • « Le gouvernement de Cuba m’a torturé pendant 8 années. Il m’a torturé en essayant de me rendre mentalement malade et, grâce à Dieu, j’ai pu maintenir ma raison, mais en réalité, il continue à me torturer en me laissant vivre dans une caisse sans fenêtre, sans illumination naturelle, sans eau… avec un matelas dur comme de la pierre, sans aucun confort… au milieu de prisonniers de droits communs délinquants très dangereux et sous la menace, comme cela s’est passée à d’autres occasions, d’une possible attaque du gouvernement en utilisant d’autres prisonniers. »

    « Je pense que le gouvernement me torture pour m’humilier et que je cesse de combattre pour la liberté de mon peuple mais, grâce à Dieu, j’ai pu suivre cette attitude et pense continuer à le faire avec l’aide de Dieu… »

    « Le peuple cubain doit faire tout ce qui est possible pour combattre et conquérir sa liberté et obtenir l’appui international de tous les pays démocrates et libres. J’espère que le peuple cubain montre sa dignité, comme il a fait à d’autres occasions, et nous pourrons atteindre la liberté. »

    Le Dr. Oscar Elías Biscet, médecin généraliste, noir, agé de 45 ans, est président de la Fondation Lawton de Droits de l’homme, organisation humanitaire établie au Cuba qui promeut les droits de l’homme à travers la lutte civique non violente. Il a été sorti de prison en décembre 2002, après avoir accompli trois années de prison dans une prison de rigueur maximale à 700 kilomètres de son logement. Il a été arrêté 36 jours plus tard et détenu sans jugement jusqu’à son procès en mars 2003 où il est accusé d’être « mercenaire au service d’un état étranger » pendant une vague répressive du régime cubain en mars-avril 2003.

    Il accomplit actuellement une condamnation de 25 années dans la prison de « Combiné de l’Est » à La Havane. Le régime carcéral violent dont il a souffert pendant huit ans et souffre actuellement a profondément détérioré sa santé physique.

  • À La Havane, depuis des semaines, des fonctionnaires de santé publique inspectent les logements et des voies publiques et coordonnent les tâches de fumigation, effectuées par des avions de tourisme qui survolent la ville, pulvérisant de l’insecticide.

    Dans les zones touchées, comme le secteur de Playa (quartier résidentiel situé à l’ouest de La Havane), les avions de tourisme ont repris leur activité après la pause obligée des 11 jours à l’occasion de la conclusion du sommet des Non Alignés.

    Entretemps, les brigades sanitaires armées avec « bazucas », comme on nomme populairement l’équipement de fumigation qui est utilisé dans l’offensive contre le moustique, n’ont pas cessé leur programme d’assainissement et d’inspections, qui comprend la visite « maison par maison », au moins une fois par semaine.

    Les autorités sanitaires ont déclaré une offensive contre le moustique nuisible avec l’adoption de mesures de prévention pour éviter la prolifération de la maladie, dont les principaux foyers ont été reportés à La Havane et dans les villes orientales de Ciego de Avila et Santiago de Cuba, selon des sources médicales.

    Les media de communication prennent part aussi activement à la campagne et demandent à la population de se rendre immediatement chez un médecin en présence des symptômes de la dengue: éruption cutanée, haute fièvre, douleurs musculaires, abdominales, de tête et dans des articulations, et vomissements.

    Dans sa version la plus grave, la dengue provoque des hémorragies et peut être mortel.

    Ceux qui sont susceptibles d’avoir contracté la maladie sont soumis à des analyses de sang et, avant de connaître le résultat, les médecins recommandent d’être maintenu au domicile et de dormir sous une moustiquaire, pour éviter la contagion d’autres personnes.

  • Le 16 septembre 2006, le journaliste Odelín Alfonso a été arrêté chez lui par la Sécurité de l’Etat. Le 13 septembre, Alberto Gil Triay Casales, détenu à la prison de Valle Grande (ouest de La Havane), a entamé un grève de la faim pour protester contre la peine de sept ans de prison qu’il encourt pour « propagande subversive ».

    « Nous condamnons fermement la détention arbitraire d’Odelín Alfonso, déjà retenu par la Police nationale révolutionnaire en mai dernier. Nous sommes très inquiets du sort d’Alberto Gil Triay Casales, dont l’état de santé s’aggrave.
    Après avoir fait plusieurs infarctus, le journaliste souffre d’hypertension et d’un sérieux problème aux hanches qui risque de le laisser invalide s’il ne prend pas de traitement adapté.
    Nous demandons aux autorités cubaines de libérer ces deux journalistes, conformément aux engagements qu’elles ont pris en matière de droits de l’homme à l’issue du dernier sommet des non-alignés », a déclaré Reporters sans frontières.

    Odelín Alfonso a été arrêté à son domicile de La Havane par des agents de la Sécurité de l’Etat le 16 septembre. Le correspondant du site Cubanet (publié à Miami) avait déjà été retenu par la police politique en mai dernier et sommé de mettre fin à ses activités journalistiques. Odelín Alfonso s’est vu également interdire de poursuivre son travail de technicien en électronique pour son propre compte, sous peine de prison. Le journaliste a expliqué qu’il ne céderait pas à ces exigences.

    Alberto Gil Triay Casales, 55 ans, a débuté, le 13 septembre, une grève de la faim pour protester contre la peine qu’il encourt. Fondateur du centre d’information La Estrella Solitaria, il publiait chaque semaine ses articles sur le site Payolibre, basé à Miami.

    Arrêté le 9 novembre 2005, le journaliste avait d’abord été détenu vingt jours dans un Département technique d’investigation. A la suite de plusieurs infarctus, il avait été hospitalisé, puis transféré début décembre à la prison de Valle Grande. Son procès a eu lieu le 22 juin 2006 sans aboutir à l’énoncé d’un jugement. Il risque une peine de sept ans de prison pour « propagande subversive ».

  • Hugo Chavez estime que les «révolutions» vénézuélienne et iranienne «se donnent la main», mais dément vouloir une coopération sur le nucléaire.

    Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l’homme qui a promis de «rayer Israël de la carte», réaffirma que le programme nucléaire de Téhéran n’avait été lancé qu’à «des fins pacifiques». La Corée du Nord, pays stalinien où la paranoïa est reine, justifia la possession de la bombe nucléaire au titre de la «dissuasion».
    Le Vénézuélien Hugo Chavez tint, comme à son habitude, un discours d’où il ressortait, semble-t-il, que «l’impérialisme américain est en déclin».

    Voila pour le show médiatique. Pendant ce temps des centaines de millions d’ infortunés habitant de ces pays Non-alignes continuent d’endurer la misere et le répression. Parmi eux 11 millions de Cubains dont la voix a été une fois de plus absente.

    Cuba, qui a pris lors du sommet la présidence du Mouvement des Non-Alignés jusqu’en 2009, a « l’occasion de changer de cap en s’ouvrant à sa propre diversité et pluralité et au respect des droits de l’homme », a indiqué le porte-parole de l’Arc progressiste (dissidence modérée) Manuel Cuesta Morua, dans un communiqué.

    Ce mouvement social-démocrate, qui plaide pour une transition graduelle, a dénoncé par ailleurs l’agression « verbale et physique » samedi de membres d’un groupe qui lui est affilié, et de trois personnes venues leur rendre visite, dénonçant « un acte de terrorisme d’Etat ».

    Les autorités cubaines qualifient régulièrement les dissidents de « mercenaires » financés par les Etats-Unis pour déstabiliser le pays.

    L’Arc progressiste a souligné que la veille de l’agression, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait prononcé à La Havane un discours appelant les 118 Non-Alignés à en « finir avec la répression des groupes d’opposition » et à respecter les libertés individuelles.

    L’opposant Oswaldo Paya du Mouvement Chrétien Libération, auteur du projet Varela de démocratisation de Cuba présenté en 2002 au parlement cubain, a au passage accusé M. Annan de n’avoir « pas voulu rencontrer à Cuba les représentants des organisations de défense des droits de l’homme ni les familles de prisonniers politiques ».

    M. Paya a estimé dans un communiqué que les 118 Non-Alignés avaient démontré « être alignés sur le pacte qui justifie, pour un bon nombre des membres du Mouvement, la possibilité d’écraser leurs peuples et de comprimer cruellement ceux qui élèvent la voix pour défendre les droits de l’homme ».

    Miriam Leiva, épouse du dissident Osvaldo Espinosa Chepe, 75 ans, en liberté provisoire et membre du mouvement des Dames en Blanc (épouse, soeur et mère de dissidents emprisonnés), a regretté que les Non-Alignés ne se soient pas « intéressés davantage à la situation des droits de l’homme et des prisonniers politiques » à Cuba.

    Pour Mme Leiva, c’est dû au fait qu’ »une grande majorité des participants (au sommet) enfreignent eux-même ces droits » tandis que les pays démocratiques « viennent uniquement pour parler des dossiers à l’ordre du jour sans causer de problèmes à leur hôte ».

    Cette Dame en blanc, dont le mouvement a marché silencieusement dimanche à la fin du sommet, a dénoncé « une grande répression à La Havane et à l’intérieur du pays », appelant le gouvernement à « libérer ces innocents ».

    Son époux a qualifié d’ »unilatérales » les analyses faites lors du sommet. « On rejette la faute sur les pays développés sans examiner les problèmes (de ceux du) Sud: corruption, dépenses militaires, bureaucraties inefficaces, pas plus que les problèmes de droits de l’homme », a-t-il souligné.

    L’économiste Martha Beatriz Roque, opposante virulente du régime, a estimé que le sommet n’avait eu « aucun effet » pour les dissidents car les problèmes de droits de l’homme et libertés étaient « absents des discussions ».

  • “L’arrestation d’Ahmed Rodríguez Albacia nous fait craindre de nouvelles détentions sans jugement après celles d’Oscar Mario González Pérez et de Roberto de Jesús Guerra Pérez, en juillet 2005, et d’Armando Betancourt, en mai 2006. Ahmed Rodríguez Albacia et sa famille ont été la cible de harcèlements continuels depuis plusieurs semaines.
    Nous demandons aux autorités de le libérer au plus vite. Cuba, qui assure la présidence du Mouvement des non-alignés, s’est engagée à veiller au respect des droits de l’homme et des libertés publiques dans les pays concernés à l’issue du Sommet de La Havane des 11 au 16 septembre”, a déclaré Reporters sans frontières.

    Le 15 septembre, Ahmed Rodríguez Albacia a été arrêté alors qu’il se présentait, pour des raisons personnelles, à l’unité de police « Dragones » dans le vieux centre de La Havane où il réside. Le jeune journaliste a été suivi par deux officiers de la Sécurité de l’Etat (police politique), qui ont procédé sur place à son arrestation. Selon Margarita Albacia, sa mère, le chef de la police a refusé de lui donner des explications et de la laisser voir son fils, l’informant seulement qu’il était interrogé et qu’il serait de retour dans quelques jours.

    Le matin même de son arrestation, Ahmed Rodríguez Albacia avait rapporté à la Fondation cubaine des droits de l’homme (FCDH) que des membres des Comités de défense de la révolution (CDR), des Brigades de réponses rapides et de la Sécurité de l’Etat avaient encerclé sa maison et menacé sa mère et lui-même de leur “casser la tête”.

    Le 4 août dernier, le journaliste et sa famille avaient déjà été victimes d’une opération similaire de la Sécurité de l’Etat, des CDR, de la Fédération des femmes cubaines et du Parti communiste dont une soixantaine de membres avaient entravé l’accès à la maison et averti que toute réunion “contre-révolutionnaire” qui s’y tiendrait ne serait plus tolérée. Ahmed Rodríguez Albacia avait alors crié “Vive les droits de l’homme !”, attisant la colère des assaillants.

    Créée en septembre 2005 par de jeunes journalistes, Jóvenes sin Censura subit depuis le début les pressions de l’Etat. Le 29 décembre 2005 à Holguín (Est), la directrice de l’agence, Liannis Meriño Aguilera, 21 ans, avait été sommée par deux agents de la Sécurité de l’Etat d’arrêter ses activités.

    Depuis l’hospitalisation de Fidel Castro et le transfert des pouvoirs à son frère Raúl le 31 juillet, le régime n’a desserré l’étau ni sur la presse indépendante ni sur la presse étrangère. Certains journalistes issus de pays non-alignés se sont vu refuser leur visa pour couvrir le Sommet de La Havane.