Mois : juin 2007

  • Si le projet annoncé hier par Hugo Chavez se concrétise, il pourrait se prolonger probablement jusqu’à la péninsule du Yucatan au Mexique, et marquerait une étape décisive dans le développement de l’offensive « pétro-diplomatique » du Venezuela d’Hugo Chavez.

    Chavez a évoqué son nouveau projet dans un discours au sommet de PetroCaribe, qui réunissait ces jours-ci à Caracas des ministres de l’énergie et des chefs d’Etat de la région. Le discours était retransmis à la télévision vénézuélienne d’état.

    Cette proposition intervient juste deux semaines après que Chavez ait annoncé l’échec de son plan pour une « grande canalisation de gaz du sud » : un gazéoduc qui devait rejoindre l’Argentine par la forêt tropicale d’Amazonie, mais qui « avait été gelé » par l’opposition du Brésil.

    La canalisation gazière des Caraïbes fournirait également Porto Rico et Haïti, selon les indications de M.Chavez.

    Le concept d’une canalisation à travers les Caraïbes a par le passé reçu l’appui de la banque mondiale, malgré l’opposition des États-Unis.

    Au sommet, Chavez a également proposé de construire une raffinerie de pétrole en Guyane et a invité le gouvernement de Dominica (La Dominique) à accepter son offre d’une raffinerie de 10.000 baril/jour, un projet actuellement en attente d’une analyse environnementale.

    Hugo Chavez a également dit que la restauration par le Venezuela de la raffinerie de Cienfuegos à Cuba sera terminée en novembre.

  • Cette tentative d’assassinat a fait l’objet d’une enquête publique du Congrès américain en 1975. Toutefois, la CIA n’avait jamais admis, jusqu’à aujourd’hui, son rôle dans cette affaire.

    Le dossier désormais déclassifié par la CIA a été mis en ligne par un institut de recherche, la National Security Archive de l’Université George Washington (http://www.gwu.edu/~nsarchiv).

    Le document décrit ainsi comment l’agence de renseignement, grâce à un intermédiaire, avait pris contact en 1960 avec Johnny Roselli, un membre de la mafia à Las Vegas.

    Six pilules contenant un poison mortel furent livrées à un responsable cubain Juan Orta, qui avait accès à Castro. «Après plusieurs semaines de tentatives, Orta apparemment a eu peur et a demandé à se retirer» du projet, peut-on lire dans le dossier.

    Un autre Cubain fut recruté, le Dr Anthony Verona, un des principaux chefs de la «commission des exilés cubains». Contre 10 000 dollars, il se déclara prêt à organiser l’assassinat. Mais le projet fut annulé après l’épisode de la Baie des Cochons, une tentative ratée d’invasion de Cuba en 1961 par des exilés cubains soutenus par les États-Unis.

    Le dirigeant cubain, Fidel Castro, a accusé le président américain, George W. Bush, d’avoir ordonné de l’assassiner, a rapporté lundi le quotidien officiel Granma.

    Le plan a été préparé juste avant que M. Bush ne remporte l’élection de 2001, a précisé M. Castro dans un article publié dans le journal.

    Il est rapporté qu’il y a eu plus de 600 tentatives d’attaques contre la vie du dirigeant cubain.

    « Il est vraiment difficile de nommer tous les responsables des attaques à ma vie. Toutes les formes directes et indirectes ont été utilisées », a ajouté M. Castro.

    En août 2000, M. Castro a dénoncé les relations de M. Bush avec la méfia cubano-américaine à Miami, qui, selon lui, a tenté de l’assassiner à maintes reprises.

    Il a indiqué que Jimmy Carter et Bill clinton, deux anciens présidents américains, n’ont pas organisé de telles attaques.

    « Je suis sûr que M. Carter, à cause de sa religion basée sur des valeurs éthiques, n’a jamais ordonné un assassinat contre moi », a affirmé M. Castro, ajoutant : « Je suis sûr que M. Clinton n’a pas donné un ordre d’assassinat. Je ne peux pas l’imaginer signant un tel ordre ».

  • Un dossier complet contenant des révélations accablantes pour la Central intelligence agency (CIA) a été rendu public dans son intégrité, mardi dernier.

    Le document de 693 pages détaille des activités illégales menées par l’agence de renseignement lors de ses 25 premières années d’opérations.

    La CIA appelle ces révélations les « Bijoux de famille ». Il s’agit d’une série d’opérations clandestines, illégales, souvent même criminelles.

    Parmi la liste des confessions, figure la tentative d’assassinat de Fidel Castro, au début des années 1960. À l’époque la CIA a fait appel à un mafieux, Johnny Roselli, pour supprimer le lider maximo. L’agence lui avait promis 150 000 dollars en lui faisant croire que cette somme provenait d’entreprises américaines dont les intérêts à Cuba étaient menacés.

    Cette tentative d’assassinat a fait l’objet d’une enquête publique du Congrès américain en 1975. Toutefois, la CIA n’avait jamais admis, jusqu’à aujourd’hui, son rôle dans cette affaire.

    Le dossier désormais déclassifié par la CIA a été mis en ligne par un institut de recherche, la National Security Archive de l’Université George Washington (http://www.gwu.edu/~nsarchiv).

    Le document décrit ainsi comment l’agence de renseignement, grâce à un intermédiaire, avait pris contact en 1960 avec Johnny Roselli, un membre de la mafia à Las Vegas.

    Six pilules contenant un poison mortel furent livrées à un responsable cubain Juan Orta, qui avait accès à Castro. «Après plusieurs semaines de tentatives, Orta apparemment a eu peur et a demandé à se retirer» du projet, peut-on lire dans le dossier.

    Un autre Cubain fut recruté, le Dr Anthony Verona, un des principaux chefs de la «commission des exilés cubains». Contre 10 000 dollars, il se déclara prêt à organiser l’assassinat. Mais le projet fut annulé après l’épisode de la Baie des Cochons, une tentative ratée d’invasion de Cuba en 1961 par des exilés cubains soutenus par les États-Unis.

    «Verona fut prévenu que l’offre était retirée et les pilules furent récupérées», souligne le dossier.

  • Le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a en effet décidé de barrer Cuba et la Biélorussie de la  » liste noire  » des pays dont la situation était analysée par cette instance. Il a ainsi éliminé le poste de rapporteur spécial pour Cuba.

    Selon Felipe Perez Roque, le ministre des affaires étrangères de Cuba « Le gouvernement cubain considère que c’est une victoire retentissante, incontestable et historique de la diplomatie cubaine ».

    Comme d’habitude on a pas le triomphe très modeste à La Havane, mais pour une fois il faut reconnaître que le gouvernement cubain a raison. L’absolution de Cuba par l’ONU de tous ses crimes et violations des droits de l’homme est bien une victoire des bourreaux de Fidel Castro su ses dizaines de milliers de victimes.

    Pour sa part l’organisation de défense des journalistes Repoters sans frontières(26 journalistes sont encore emprisonnés à Cuba pour des peines allant jusqu’à 28 ans de prison) constate que :

    Comme la défunte commission, le Conseil des droits de l’homme se heurte aux manoeuvres des Etats les plus liberticides. Les mandats des rapporteurs spéciaux sur Cuba et le Belarus, deux des pires prédateurs de la liberté de la presse dans le monde, n’ont pas été renouvelés. C’est extrêmement inquiétant et révélateur de l’état d’esprit dans lequel le Conseil des droits de l’homme fonctionne depuis sa création, il y a un an.

    Le mandat sur le Belarus n’a pas été renouvelé alors même que ce pays n’a pas été élu comme membre du Conseil, en mai dernier, en raison de son bilan catastrophique en matière de droits de l’homme. Cette situation paradoxale illustre toute la difficulté qu’ont les vrais défenseurs des droits de l’homme présents au sein du Conseil, à faire leur travail. Par ailleurs, il est à craindre que l’abandon de ces deux mandats ouvre en fait la voie à la fin des rapports par pays, comme l’avaient exigé d’abord les intéressés avec le soutien actif de l’Iran, de la Chine et d’autres pays liberticides.

  • Parce que jamais
    une prise d’otage n’a duré aussi longtemps dans la bande de
    Gaza, la mobilisation pour Alan Johnston est essentielle. Reporters
    sans frontières a réuni, le 20 juin 2007, une centaine de
    militants et de bénévoles sur la pelouse du Champ-de-Mars, à
    Paris, en face de la tour Eiffel. Ils ont brandi les logos de 100
    médias du monde entier qui ont répondu à l’appel de
    l’organisation de défense de la liberté de la presse pour demander
    la libération d’Alan Johnston et des 14 autres journalistes
    kidnappés en Irak.

    La veille, Reporters sans frontières avait organisé une projection
    du portrait du journaliste britannique sur la façade du bâtiment
    de Battersea Station, à Londres. Par ailleurs, des portraits du
    journaliste ont été affichés à Gaza et à Beyrouth et
    prochainement dans d’autres capitales du Moyen-Orient. Et
    l’organisation a également réalisé un spot en langue arabe
    appelant à la libération des journalistes retenus en otages dans
    les Territoires palestiniens et en Irak. Il a été diffusé par
    plusieurs chaînes satellitaires et locales de la région.

    « Nous devons, plus que jamais, nous mobiliser pour réclamer la
    libération rapide d’Alan Johnston. Alors que la bande de Gaza ne
    cesse de traverser des crises toujours plus violentes, il est
    essentiel de ne pas oublier le journaliste de la BBC. Il est de la
    responsabilité du Hamas, désormais seul à contrôler la bande
    de Gaza, de tout mettre en oeuvre pour assurer la libération du
    reporter. Alan Johnston ne doit pas payer le prix de l’instabilité
    politique dans les Territoires palestiniens, dont il couvrait
    l’évolution depuis 2005 », a déclaré Reporters sans
    frontières

    « Ismaël Haniyeh et les autres responsables du parti doivent
    également ordonner à leurs services de s’assurer que les
    journalistes qui travaillent dans la région peuvent le faire
    librement et en toute sécurité. Sans cela, d’autres
    professionnels des médias seront, à leur tour, pris en
    otages », a ajouté l’organisation.

    100 jours de détention

    Alan Johnston est détenu à Gaza depuis le 12 mars 2007. Il a
    déjà passé 100 jours en captivité. Le chaos qui règne dans
    la bande de Gaza rend encore plus difficiles les négociations. Les
    promesses d’une libération rapide faites par différents
    officiels palestiniens n’ont pas été tenues. D’abord
    silencieux pendant près de deux mois, les ravisseurs du journaliste,
    un groupe connu sous le nom de « l’Armée de l’islam », ont
    revendiqué son enlèvement le 8 mai 2007 en demandant la
    libération de plusieurs musulmans détenus en Grande-Bretagne, dont
    celle de Abou Qatada, un Palestinien emprisonné depuis 2005. Près
    d’un mois plus tard, l’Armée de l’islam a diffusé une
    vidéo montrant des images du journaliste britannique. Dans cet
    enregistrement non daté, les ravisseurs ont réitéré leurs
    revendications.

    Liste des 100 médias mobilisés sur le Champ-de-Mars

    Algérie :  El Watan

    Allemagne :  ARD, Arte, Der Spiegel, Deutsche Welle,
    Die Tageszeitung, Die Welt, Focus, Frankfurter Rundschau, Stern,
    Süddeutsche Zeitung, ZDF
    Arabie Saoudite :  Al-Arabiya, Asharq Al-Awsat
    Autriche : Die Presse, ORF
    Azerbaïdjan : Turan

    Belgique : Belga, De Standaard, La Libre Belgique, Le
    Soir, RTBF TV, RTL TVI
    Bosnie : Oslobodjenje
    Brésil : O Globo
    Burkina Faso : L’Evénement

    Canada : CBC, Radio Canada, La Presse, The Gazette
    Corée du Sud : The Monthly Chosun
    Emirats Arabes Unis : Gulf News
    Espagne : ABC, Antena 3, Cadena SER, EFE, El País, El
    Periódico, Servimedia, TeleCinco, TVE, La Vanguardia

    Etats Unis : ABC News, AP, Boston Globe, CBS News, CNN
    France : 20 Minutes, AFP, Euronews, Europe 1, France 2,
    France 24, France 3, France Info, France Inter, I-Télé, La Croix,
    Le Figaro, Le Monde, Les Echos, L’Express, Libération, Métro,
    Nouvel Observateur, NRJ, Ouest France, RMC Info, RTL, TF1, TV5
    Monde

    Gambie : The Point
    Grande Bretagne : BBC, Channel 4 News, News of the World,
    The Guardian, The Sun, The Sunday Times, The Times

    Israël : Jerusalem Post
    Italie : Il Manifesto, Il Messaggero, La Stampa
    Japon : Asahi Shimbun
    Liban : As-Safir

    Maroc : Le Journal hebdomadaire
    Pays Bas : VRT
    Pakistan : Daily Times
    Pologne : Gazeta Wyborcza, TVN 24

    Qatar : Al-Jazira
    Suède : Aftonbladet, SVD, Svenska Daglabet
    Suisse : Giornale del Popolo, Le Courrier, Le Temps,
    Tribune de Genève
    Ukraine : Unian

    Venezuela : Tal Cual

    D’autres médias se sont associés à l’appel lancé par
    Reporters sans frontières

    Allemagne : EPD, Financial Times Deutschland, N-TV
    Autriche : APA, Der Osterreichische Journalist, Der
    Standard, Profil, Stadt Wien

    Belgique : Enjeux Internationaux, Le Vif / L’Express,
    Vers l’Avenir
    Biélorussie : BelaPan
    Brésil : FSB
    Cameroun : Le Jeune observateur

    Canada : Le Devoir, Le Journal de Montréal
    Corée du Sud : Busan Ilbo
    Espagne : Cambio 16, Cuatro, El Mundo, Grupo EIG, La
    Sexta
    Etats Unis : Newstatesman

    France : EMI CFD (école), LCI
    Grande Bretagne : CPU, ITN, ITV News, Skynews, The
    Independent
    Grèce : Infogrece
    Israël : Yedioth Ahronoth

    Italie : AGR , La Repubblica, What’s up
    Liban : Al-Akhbar, LBC
    Moldavie : Timpul
    Pakistan : Friday Times
    Pologne : Dziennik
    Suède : Daglabet, Göteborgs Posten, Svenska
    Suisse : Sonntags Blick
    Ukraine : Kanal 5

    Christine
    Leduc-Poumarède
    Responsable Presse et
    Parrainages
    REPORTERS SANS FRONTIÈRES
    Secrétariat international
    5, rue Geoffroy-Marie
    75 009 Paris – France
    France

  • La farce des droits de l’homme à l’ONU se termine en beauté : cette fois au moins les choses sont claires car on a décidé de ne même plus chercher à laborieusement sauver les apparences.

    Cuba qui a refusé de recevoir le rapporteur spécial des droits de l’homme de l’ONU pendant cinq années consécutives (Mme Christine Chanet) est récompensé pour sa bonne conduite. La mandat de Mme Chanet est tout simplement supprimé. Parmi les autres « lauréats » du nouveau « Comité » des droits de l’homme de l’ONU, on trouve également le Bélarus, une autre grande démocratie très respectueuse des droits de l’homme. La dictature communiste de Fidel Castro se retrouve donc en bonne compagnie.

    Les violations des droits de l’homme à Cuba et au Bélarus ne font plus l’objet d’enquêtes spécifiques de l’ONU à compter de lundi minuit aux termes des règles de fonctionnement adoptées par le Conseil des droits de l’homme.

    Le Conseil des droits de l’homme a fixé des critères pour procéder au renouvellement des rapporteurs spéciaux chargés d’enquêter dans les pays accusés de violations et les rapporteurs spéciaux sur Cuba et le Bélarus ne figurent plus dans la liste des dix rapporteurs spéciaux chargés d’enquêter sur la situation des droits de l’homme dans des pays.

    les victimes de la répression politique à Cuba apprécieront certainement le résultat de ces lamentables tractations qui réduit la défense des droits de l’homme à l’ONU à un décor de pacotille.

    Les 47 pays membres se sont mis d’accord sur leurs règles de fonctionnement. Celle-ci prévoient que tous les Etats du monde devront se soumettre tous les quatre ans à un « examen périodique universel » de leur respect des droits de l’homme. Il sera intéressant de voir la réaction de Cuba quand son tour arrivera : à Cuba la Croix rouge n’a jamais accès aux prisons, et les ONG chargées de faire respecter les droits de l’homme sont sytématiquement interdites de séjour.

    Les organisations de défense des droits de l’homme comme Human Rights Watch, a qualifié d’ »injustifiable » la décision du Conseil, « compte tenu du triste état des droits de l’homme à Cuba et au Bélarus ».

    Depuis sa création il y a un an, le nouvel organe a condamné Israël à plusieurs reprises pour sa politique dans les territoires palestiniens et au Liban, mais a peiné pendant des mois avant de nommer un groupe d’experts pour se pencher sur les exactions commises au Darfour (Soudan).

    Pour sa part, l’agence d’information officielle gouvernmentale cubaine ahora.cu, a publié le communiqué suivant :

    Le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a décidé de barrer Cuba et la Biélorussie de la  » liste noire  » des pays dont la situation est analysée par cette instance.

    Cette liste a toujours été, jusqu’à présent, confectionnée par le gouvernement des Etats-Unis.

    Le Conseil des Droits de l’Homme remplace depuis l’année dernière la Commission de Genève manipulée et assujettie aux diktats de la Maison-Blanche. Cette instance créée par l’Assemblée générale de l’ONU est formée de 47 Etats et cherche à améliorer l’image des Nations Unies dans le domaine de la protection des droits humains.

  • Dans cette nouvelle édition entièrement remise à jour, l’auteur continue de tordre le cou aux grands mythes de la révolution cubaine. Histoire, économie, société, culture, politique étrangère et embargo américain : les principales donnée de l’équation cubaine sont examinées.
    Cet ouvrage comprend également de nombreux articles de journalistes du Monde consacrés à Cuba, en particulier de Paulo Paranagua, le spécialiste de l’Amérique Latine au Monde. On pourra lire notamment des interviews récents de Manuel Cuesta Morua (opposition social démocrate) ou de Marifeli Perez-Stable (dialogue inter américain).

    présentation de l’éditeur

    Cet ouvrage est une référence par la qualité de son information comme par sa mise à distance de l’histoire officielle, quelle soit castriste ou anticastriste.

    Après une perspective historique critique (« De l’indépendance à la révolution » ; « Le socialisme des Caraïbes »), Olivier Languepin nous conduit dans le vif du sujet : « L’économie dans la tourmente » ; « Société : la fin des certitudes » ; « Le peuple : tensions et réconciliations » ; enfin, question longtemps tenue pour un tabou mais désormais ouvertement posée : « Quelle transition pour Cuba ? ». À l’heure d’une percée diplomatique rendue possible par le basculement de l’Amérique latine vers la gauche, social-démocrate ou populiste, le régime balance entre ouverture et raidissement répressif contre ses opposants, devinant combien l’alternative démocratique demeure aujourd’hui encore à construire.

    extrait

    Cuba sans Fidel Castro ? Depuis un certain temps toutes les interrogations et les prévisions semblent se concentrer autour d’un seul événement : la disparition de celui qui a personnalisé la révolution cubaine pendant près d’un demi siècle. La mort de Castro serait la clé de l’évolution, ou de la disparition, d’un système collectiviste et autoritaire qui régente l’île depuis 1959. Avec le cadavre du « comandante », on enterrerait ainsi paisiblement et sans remords, une sorte d’accident dans la chronologie cubaine. En vérité cette perspective ne semble pas très réaliste : il sera sans doute malaisé de rayer d’un trait de plume une expérience aussi radicale, ne serait ce que parce que Cuba a accumulé un retard économique considérable pendant cette période.

    Aujourd’hui encore Cuba n’a probablement pas retrouvé son niveau de vie de 1989, lorsque l’Union Soviétique subventionnait généreusement sa tête de pont dans le golfe du Mexique. Les années 1990 ont été une décennie perdue pour l’économie cubaine qui a fait un bond en arrière de dix ans. L’effondrement de la production suite à l’arrêt des subventions en provenance d’Union soviétique a amputé le revenu des Cubains d’au moins 40 %.

    L’ex-danseuse de l’Union soviétique n’en finit pas de payer son alignement sur Moscou : son mécène s’est évanoui et a laissé en héritage un appareil de production vieillot et inefficace. Privée des subsides du grand frère soviétique, le délabrement de l’économie cubaine est apparu au grand jour . Les réformes nécessaires n’ont pas eu lieu, et jusqu’au bout le caudillo vieillissant s’est accroché au modèle hyper centralisé et planificateur qui a fait la ruine de son pays. Dans sa volonté de tout régenter, de tout contrôler, Fidel Castro a tardivement accepté une timide ouverture vers le tourisme et les capitaux étrangers pour sauver son pays de la banqueroute. La « période spéciale » a réduit le quotidien des Cubains à une pénible survie au jour le jour avec comme seule perspective la fuite vers l’étranger.

    Pour commencer le troisième millénaire, Cuba s’est trouvé un nouvel et providentiel allié, un autre « comandante » en la personne d’Hugo Chavez. La phraséologie tropicalo communiste laisse place à la rhétorique « bolivarienne » du nouveau bienfaiteur de Castro : le Venezuela, dont la manne pétrolière arrive à point nommé pour sortir Cuba de son ataxie.

    Au prix de multiples contorsions idéologiques, le dogme reste intact, du moins en apparence, car les nécessités de la « lutte » au quotidien ont réduit le socialisme à un décor de pacotille.

  • Jamais une prise d’otage n’a duré aussi longtemps dans les Territoires palestiniens, fait remarquer à cette occasion l’oganisation de défense des journalistes RSF

    Reporters sans frontières lance un appel aux médias du monde entier afin qu’ils se mobilisent en demandant la libération d’Alan Johnston et des 14 autres journalistes actuellement retenus en Irak.

    Le mercredi 20 juin, sur la pelouse du Champs-de-Mars (en face de la tour Eiffel), 100 personnes masquées vêtues d’un tee-shirt noir Reporters sans frontières brandiront une pancarte illustrant le logo d’un des 100 médias appelant à la libération des journalistes.

    Rendez-vous le mercredi 20 juin à 10h30 à la sortie du métro Ecole militaire

    Reporters sans frontières est préoccupée par les signaux contradictoires envoyés par des représentants du Hamas et de l’Armée de l’islam, concernant le sort d’Alan Johnston.

    « Nous sommes très préoccupés par la tournure que prend la détention du journaliste britannique et notamment par les revendications irrationnelles des ravisseurs et la radicalisation de leur position, puisqu’ils menacent aujourd’hui d’exécuter leur otage. Par ailleurs, le chaos qui règne dans les Territoires palestiniens entrave la bonne marche des négociations, dont on ignore si elles sont menées par le Premier ministre palestinien limogé Ismaël Haniyeh à Gaza ou par le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah », a déclaré l’organisation.

    Le 16 juin 2007, au lendemain du contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, un représentant du parti islamiste en Iran, Abu Osameh al-Mo’ti, a déclaré à la presse qu’Alan Johnston serait libéré « dans les prochaines heures ». Un porte-parole du Hamas à Gaza s’est lui montré plus prudent en affirmant que le journaliste devrait être libéré dans les prochains jours. « D’importants efforts sont en cours et devraient aboutir bientôt pour libérer Alan Johnston », a déclaré Sami Abou Zouhri.

    Mais le groupe palestinien qui détient le journaliste a démenti être parvenu à un arrangement avec le parti d’Ismaël Haniyeh. « Si nous ne parvenons pas à conclure un accord et que la situation empire pour nous, nous devrons nous rapprocher de Dieu et nous n’aurons pas d’autre choix que d’égorger le journaliste », a déclaré un porte-parole masqué de l’Armée de l’islam devant une caméra d’Al-Jazira. L’un des reporters de la chaîne avait été transporté, les yeux bandés, dans un lieu inconnu pour filmer cette déclaration.
    Le 20 juin prochain, cela fera 100 jours qu’Alan Johnston est retenu en otage à Gaza.

    Reporters sans frontières a lancé un appel à 100 médias du monde entier afin qu’ils se mobilisent en demandant la libération du correspondant de la BBC et des 14 autres journalistes actuellement retenus en Irak. Ce jour-là, l’association de défense de liberté de la presse présentera les 100 logos de ces médias sur la pelouse du Champ-de-Mars, à Paris, en face de la tour Eiffel, afin de symboliser l’ampleur de la mobilisation internationale.